Africa for Women's Rights | L'afrique pour les droits des femmes

To content | To menu | To search

Tag - Souhayr Belhassen

Entries feed - Comments feed

Wednesday 8 April 2009

Burkina Faso - la FIDH et le MBDHP se font l'écho des revendications des ONG locales auprès des autorités

Fin février 2009, la Présidente de la FIDH, Souhayr Belhassen, a rencontré les points focaux de la campagne au Burkina Faso (le Mouvement Burkinabe des droits de l'Homme et des Peuples, Wildaf Burkina Faso, Réseau de Communication d’information et de formation des femmes dans les ONG). Lors de cette réunion, les différents défis auxquels les femmes burkinabées sont confrontées ont été abordés : violences conjugales, discriminations, sous représentation politique et sociale...

P1000301.JPG
P1000305.JPG
Réunion avec les points focaux de la campagne

Le combat actuel : la loi sur les quotas Outre ces violations des droits des femmes que l'on retrouve dans de nombreux pays africains, les femmes du Burkina se mobilisent en faveur de l'adoption du projet de loi sur les quotas, qui prévoit qu'un minimum de 30% des sièges de l'Assemblée nationale soient pourvus par des femmes. Par ailleurs, les dispositions du projet de loi prévoient que les partis présentant plus de 30% de femme aux postes de candidature recevront un bonus pour le financement de leur parti. Dans le cas contraire, 50% de leur budget de financement par l'Etat sera dégrevé. La délégation de la FIDH et le Mouvement Burkinabé des Droits de l'Homme et des Peuples (MBDHP) ont rencontré le 27 février 2009, le président Compaoré et se sont fait l'écho des revendications des organisations de défense des droits de l'Homme et des organisations de promotion des droits des femmes en demandant le soutien du chef de l'Etat pour supprimer les discriminations faites aux femmes et pour l'adoption de la loi sur les quotas.

P1000367.JPG P1000372.JPG
Souhayr Belhassen et Chrysogome Zougmoré, Président du MBDHP rencontrent le Président Compaoré pour lui faire part des revendications des ONG locales.

La veille de leur rencontre avec le président du Burkina, Souhayr Belhassen et Chrysogome Zougmoré avaient rencontré le président de l'Assemblée nationale afin de plaider auprès des députés pour l'adoption de mesures législatives progressistes.

P1000319.JPG P1000326.JPG
La FIDH et le MBDHP rencontrent Roch Marc Christian Kaboré, Président de l'Assemblée nationale du Burkina Faso.

Enfin, lors de la conférence de presse organisée le 27 février 2009 au cours de laquelle les présidents de la FIDH et du MBDHP ont présenté la campagne, Mme Belhassen a rappelé l'engagement de la FIDH et des ses organisations membres et partenaires consistant à mettre en oeuvre des actions nationales fortes en vue de faire évoluer concrètement les droits des femmes.

P1000374.JPG P1000377.JPG Conférence de presse sur la campagne "l'Afrique pour les droits des femmes".

Thursday 19 March 2009

La recherche d’une égalité en droit : un combat valable pour tous les continents

Extraits du discours de Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH prononcé à la veille de la journée internationale de la femme, le 7 mars 2009, à l'occasion d'un débat organisé par le mouvement laïque belge et la Ligue belge des droits de l'Homme, à Charleroi, Belgique

belhasen_s12b.jpg

(...) Pour nous, à la FIDH, la question du respect du droit des femmes est une priorité de notre action. Au quotidien.

Demain, ce 8 mars 2009, plus d’une centaine d’organisations, présentes sur tout le continent africain, lanceront une campagne de sensibilisation et de plaidoyer pour mettre un terme aux discriminations et aux violences à l’égard des femmes en Afrique.

En effet, dans la majorité des pays africains, la discrimination demeure ancrée en droit et en fait : les femmes se voient refuser l’égalité des droits à l’héritage, à la propriété, à la tutelle et à la garde des enfants, et doivent se soumettre à l’autorité du mari. Les femmes ont un accès restreint et inégalitaire à l’éducation, aux soins, aux affaires publiques et peinent à faire valoir leurs droits devant la justice. Les violences contre les femmes persistent dans les sphères publiques et privées. A travers tout ce continent, les femmes continuent à souffrir de violences domestiques et sexuelles, et de pratiques traditionnelles néfastes, telles que les mutilations génitales féminines, les rites de veuvage, le lévirat, les mariages forcés et précoces.

Le but ultime de cette campagne, lancée à l’initiative de la FIDH, est de mettre fin aux violences et discriminations dont les femmes sont victimes sur le continent africain.

Si la mobilisation autour de cette campagne est suffisamment importante pour exercer une réelle pression sur les Etats, les amenant à ratifier les conventions africaines et internationales protectrices des droits des femmes, à supprimer leurs lois et coutumes discriminatoires, à adopter d’autres lois protectrices des droits des femmes et à tout mettre en œuvre pour garantir leur application, la vie des femmes en Afrique pourra changer.

Certes, cette campagne ne va pas empêcher, du jour au lendemain, les viols d’être commis, les excisions d’être pratiquées ou modifier de façon immédiate les stéréotypes concernant le rôle des femmes dans les sociétés.

Toutefois, si des lois existent et sont appliquées pour sanctionner ces violences et pour donner aux femmes un statut égal à celui de l’homme, alors les auteurs de ces pratiques pourront être arrêtés et les femmes ne seront plus continuellement lésées face à leurs frères ou époux, ou marginalisées dans la sphère publique.

Ce n’est qu’avec l’obtention d’une égalité en droit et en fait, et la fin de l’impunité pour les auteurs de violences et crimes sexuels, que les mentalités pourront alors évoluer dans le sens du respect des droits humains des femmes.

Ce rappel de la recherche d’une égalité en droit n’est pas un combat uniquement valable pour tel ou tel continent. Il doit être accompli sous toutes les latitudes, y compris en Belgique.

La Convention internationale pour l’élimination de toutes les formes de discriminations à l’égard des femmes (CEDAW), adoptée par l’Assemblée générale de l’ONU en 1979, est le texte de référence en matière de protection des droits des femmes, au niveau international. Elle énumère les obligations des Etats de mettre un terme aux discriminations à l’égard des femmes dans les sphères publiques et privées et de promouvoir l’égalité et préconise la modification des schémas socioculturels de l’homme et de la femme afin d’éliminer les préjugés fondés sur l’idée d’infériorité des femmes et des rôles stéréotypés des deux sexes.

Ainsi, récemment, la FIDH a aidé son affilée belge, la Ligue des droits de l’Homme, en lui permettant d’évoquer le respect du droits des femmes en Belgique auprès d’un comité d’experts de l’ONU.

Dans ses recommandations émises à l’automne dernier, ce Comité a attiré, de façon récurrente, l’attention du Gouvernement belge sur les points suivants :

- le manque de coordination des actions entamées

- l’absence d’évaluation de l’impact des mesures,

- la persistance de bon nombre d’inégalités (sur le plan salarial par exemple)

Le Comité demandait aussi à la Belgique :

  • de veiller à ce que les hommes et les femmes puissent participer sur un pied d’égalité aux affaires politiques et publiques de l’État
  • de multiplier ses efforts pour éliminer les images et les attitudes stéréotypées concernant le rôle et la responsabilité des femmes et des hommes, qui perpétuent la discrimination directe et indirecte à l’égard des femmes

Je n’ignore pas que madame la Ministre pour l’égalité des chances, que je salue, a très rapidement fait part au Parlement de sa volonté d’appliquer au mieux ces recommandations internationales.

Tant mieux mais la vigilance de la société civile doit rester de mise. (...)

Tuesday 10 March 2009

Les femmes d'Afrique haussent le ton

belhasen_s12b.jpg

Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH

Le 8 mars, les organisations de femmes africaines ont lancé une vaste campagne visant à inciter les États à « ratifier et respecter » la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discriminations à l’égard des femmes (Cedef). Cette année, le plus important des textes internationaux relatifs aux droits des femmes fête en effet ses 30 ans. Et les femmes africaines ont bien l’intention de saisir cette occasion pour interpeller leurs dirigeants.

Jamais un texte aussi méconnu n’a eu autant d’implications au niveau local, en particulier sur le continent. Des centaines d’organisations s’appuient quotidiennement sur la Cedef pour dénoncer les carcans législatifs et sociétaux qui pèsent sur les femmes. Grâce au soutien de deux Prix Nobel de la paix, Shirin Ebadi et Desmond Tutu, ainsi qu’à l’appui de la FIDH et de cinq organisations régionales africaines luttant pour les droits de l’homme, de multiples actions de terrain seront entreprises durant les deux prochaines années. Marches, défilés, conférences de presse, caravanes, sensibilisation de lycéens et de collégiens, ateliers, pétitions et même propositions de loi pour des quotas de femmes dans les assemblées législatives… Une quarantaine de pays africains s’apprêtent désormais à vivre au rythme d’une mobilisation renforcée.

Il était temps. Car si la plupart des pays africains ont ratifié la Cedef, il s’agissait manifestement de faire bonne figure, notamment auprès de certains bailleurs internationaux. Pour preuve, beaucoup d’États du continent n’ont pas pris la peine de la faire respecter, ou émettent de telles réserves – notamment sur l’héritage, le mariage, ou le divorce – qu’elle se trouve vidée de tout son sens. Or elle concerne directement le respect et la protection de la dignité humaine des femmes.

Outre les atteintes intolérables à leur intégrité physique – traditionnelles comme les mutilations génitales, ou plus récentes comme les viols systématiques utilisés comme arme de guerre –, les inégalités devant la loi sont encore le lot quotidien de millions de femmes et de jeunes filles africaines. Le fait qu’elles soient souvent considérées comme le pilier économique et social de la famille ne les place pas à l’abri de toutes les formes de discriminations, bien au contraire…

Certes, des combats ont d’ores et déjà abouti dans certains pays, comme le Sénégal et le Burkina Faso, à une réelle prise de conscience et à un abandon progressif des mutilations génitales féminines. Au Bénin, la loi a été modifiée dans un sens plus favorable aux femmes. Au Mali, un nouveau code de la famille, moins discriminatoire, est en voie d’adoption par les députés. Mais ces avancées sont encore bien timides, et les inégalités en matière de droits des femmes demeurent criantes. De fait, seuls deux États du continent, le Cap-Vert et l’Afrique du Sud, peuvent se prévaloir d’une législation entérinant une véritable égalité entre les sexes.

N’oublions pas non plus que l’Union africaine vient de placer à sa tête, pour un an, le « Guide » libyen Mouammar Kaddafi, peu connu pour ses positions progressistes dans le domaine des droits de l’homme. Le « roi des rois traditionnels d’Afrique », comme il aime désormais se faire appeler, n’incitera certainement pas les autres chefs d’État à faire respecter la Cedef, du moins si l’on en juge par les réserves qu’il a lui-même fait poser à ce texte au nom du respect de la charia.

On le voit, le chemin est encore long avant que la situation des Africaines ne s’améliore durablement. Il faudra beaucoup de détermination de la part des sociétés civiles pour arriver à sensibiliser les dirigeants du continent au problème du respect des droits des femmes. C’est le sens de la campagne qui a été lancée lors de la Journée internationale du 8 mars. Les femmes africaines savent qu’elles n’obtiendront rien sans combattre. Et notre devoir à tous – hommes ou femmes – est plus que jamais de les y aider.

Tribune publiée dans la page "Forum" de l'hebdomadaire Jeune Afrique daté du 10 mars 2009