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Tag - Resolution 1325

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Tuesday 26 October 2010

10ème anniversaire de l’adoption de la Résolution 1325 des Nations Unies

DE GRAVES VIOLATIONS PERSISTENT: LES ETATS DOIVENT AGIR MAINTENANT

http://www.fidh.org/DE-GRAVES-VIOLATIONS-PERSISTENT-LES-ETATS-DOIVENT

ENGLISH VERSION

25 octobre 2010, Paris, New York – Il y a dix ans, en adoptant la Résolution 1325, le Conseil de sécurité des Nations Unies a affirmé la nécessité urgente des Etats d'intensifier leurs efforts afin de protéger les femmes contre les violences en période de conflit et d'assurer leur pleine participation aux processus de paix. Aujourd'hui, alors que le Conseil de sécurité se réunit pour discuter de sa mise en œuvre, la FIDH dénonce la faiblesse des mesures prises et appelle les Etats à passer aux actes. La FIDH appelle également à l'établissement d'un mécanisme international de contrôle de la mise en œuvre de cette résolution.

La Résolution 1325 a été adoptée à l’unanimité par le Conseil de sécurité, le 31 octobre 2000. Son adoption a marqué une étape importante dans la reconnaissance par les Etats de l’impact des conflits armés sur les femmes et de leur rôle important dans la prévention et la résolution des conflits. Sur cette base, les Résolutions 1820 et 1888, adoptées en 2008 et 2009, reconnaissent explicitement, pour la première fois, l'utilisation des violences sexuelles comme tactique de guerre, nécessitant des réponses politiques et sécuritaires spécifiques.

Mais ces engagements forts n'ont pas été suivis d'actes. Si une poignée d’Etats a adopté des Plans d’action nationaux (environ 20 Etats sur 192), nombre d’entre eux n’ont pris aucune mesure concrète. De plus, aucun mécanisme spécifique n’existe à ce jour pour évaluer la mise en œuvre de ces résolutions.

Or, les pires formes de violences à l'égard des femmes persistent dans les zones de conflit. Dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) les viols sont toujours perpétrés en masse. Les récents évènements dans la région de Walikale, où des groupes armés ont terrorisé la population pendant quatre jours d’affilée, violant plus de 300 personnes, rappellent ce terrible état de fait. De l’Afghanistan au Soudan, de la Tchétchénie à la Colombie, les violences sexuelles continuent d’être utilisées comme armes de guerre.

Malgré les engagements pris par les Etats, les femmes ne sont toujours pas présentes aux tables de négociations des accords de paix et aucune n'a été désignée médiatrice dans les processus de résolution des conflits.

Bien que la FIDH se félicite de certaines avancées récentes, notamment la création du poste de Représentante spéciale du Secrétaire général sur les violences sexuelles dans les conflits armés, la FIDH estime que les Etats et l’Organisation des Nations Unies doivent aller beaucoup plus loin.

Afin d'accélérer la mise en œuvre de la Résolution 1325, le Conseil de sécurité doit mettre en place un mécanisme efficace de contrôle, de suivi et d’évaluation. La FIDH appelle le Conseil de sécurité à adopter des indicateurs et à déterminer des échéances pour atteindre des objectifs spécifiques. Enfin, la FIDH demande aux Etats qui ne l’ont pas encore fait, d’adopter des Plans d’action nationaux sur la mise en œuvre de cette résolution.

« L’établissement d’un mécanisme de contrôle devrait permettre de faire de ces déclarations de volonté, un véritable outil d'action, afin d'apporter des changements réels dans la protection des femmes et la mise en place d’une paix durable” a déclaré Souhayr Belhassen, Présidente de la FIDH. « Les Etats réunis au sein du Conseil de sécurité ont aujourd'hui l'occasion de démontrer la sincérité de leurs engagements à mettre un terme aux violences sexuelles en temps de guerre et à assurer la participation des femmes aux processus de paix. »

Autres développements récents

Plusieurs développements récents dans la lutte contre les discriminations et les violences à l'égard des femmes suscitent un certain espoir. La Cour pénale internationale (CPI) mène actuellement plusieurs enquêtes et poursuites à l'encontre d'auteurs présumés de crimes sexuels, y compris de viols. A cet égard, la FIDH se félicite de la récente arrestation en France (en octobre 2010) de Callixte Mbarushimana, dirigeant des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), en exécution d’un mandat d’arrêt délivré par la CPI. Mbarushimana est accusé de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, y compris de viols, commis par les membres du FDLR dans les provinces du Kivu, dans l’est de la RDC 1. La FIDH espère que les activités de la CPI contribueront à la prévention de ces crimes et appelle le Procureur de la CPI à inclure de manière systématique les violences sexuelles dans sa stratégie de poursuite.

La FIDH se félicite également de l’adoption par le Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies, le 10 octobre 2010, d’un nouveau mécanisme de contrôle des lois discriminatoires à l'égard des femmes. La création de ce nouveau mécanisme constitue une étape importante dans la lutte contre les discriminations et représente un maillon supplémentaire dans la chaîne de responsabilité 2.

Notes
1 Voir le Communiqué de presse de la FIDH : Première arrestation d'un présumé responsable de crimes commis aux Kivus, 12 octobre 2010, www.fidh.org/Premiere-arrestation-d-un-presume-responsable-de

2 Voir la Note de position de la FIDH sur la création d'un nouveau mécanisme des Nations Unies sur les lois discriminatoires à l'égard des femmes, septembre 2010, http://www.fidh.org/Note-de-position-relative-a-la-creation-d-un ; et le Communiqué de presse de la FIDH (en anglais), 7 octobre 2010, FIDH welcomes establishment of new mechanism on laws that discriminate against women by United Nations Human Rights Council, 7 octobre 2010, www.fidh.org/FIDH-welcomes-establishment-of-new-mechanism-on

10th anniversary of the adoption of UN Resolution 1325 on Women, Peace and Security

GRAVE VIOLATIONS PERSIST: STATES MUST TAKE ACTION!

http://www.fidh.org/GRAVE-VIOLATIONS-PERSIST-STATES-MUST-TAKE-ACTION

VERSION FRANCAISE

25 October 2010, Paris, New York - As we mark the 10th anniversary of UN resolution 1325 on Women, Peace and Security, and the UN Security Council meets to discuss its implementation, FIDH calls upon states to intensify efforts to ensure that women are protected from grave abuses in times of conflict and can fully participate in preventing and resolving conflict and building lasting peace. FIDH calls for the creation of an international mechanism to monitor and evaluate implementation of this key instrument.

Resolution 1325 was unanimously adopted by United Nations Security Council on 31 October 2000. Its adoption represented an important milestone in the recognition by states of the impact of armed conflict on women and the importance of their roles in conflict prevention and resolution. Resolutions 1820 and 1888, adopted in 2008 and 2009 respectively, built upon these foundations, for the first time explicitly recognising sexual violence as a tactic of war, requiring specific political and security responses.

Yet progress in implementation has been slow, intolerably slow. While a handful of states has adopted National Action Plans (approximately 20 of 192 states), many states have failed to take any measures to promote implementation. Annual reports on Resolution 1325 have been submitted to the Security Council, but no focus has been determined and no specific targets have been fixed. No single mechanism exists to hold states and UN bodies accountable for results.

Meanwhile, women continue to suffer the most horrific abuses in times of conflict. The last year has seen the persistence of brutal rapes on a massive scale in eastern Democratic Republic of Congo (DRC) of which recent events in the Walikale region, where armed groups terrorized the population over four days, raping over three hundred people, were yet another appalling reminder. From Afghanistan to Sudan, Iraq, Chechnya and Colombia, sexual violence continues to be used as a weapon of war.

And women are still not at the negotiating tables for peace agreements. There are no women mediators and very few signatures for peace treaties are done by women.

Whilst FIDH has welcomed some recent steps, including the establishment of the post of Special Representative of the Secretary-General on Sexual Violence in Conflict, FIDH considers that states and the UN itself must do much more. FIDH considers that in order to accelerate the implementation of Resolution 1325, the Security Council must establish an effective monitoring, accountability, and evaluation system.

FIDH calls on the Security Council to adopt the set of indicators, prepared in accordance with Resolution 1889, which will serve to objectively analyse progress and to identify persisting obstacles. FIDH further calls upon the Security Council to establish time-bound goals for implementation of specific UNSCR 1325 provisions and a mechanism to monitor whether targets are being met. Finally, FIDH urges all states that have not yet done so to adopt National Action Plans to guide implementation.

“The establishment of a monitoring mechanism should transform the resolution from a paper declaration into a tool for action to make real change to protect women in conflict and achieve lasting peace for all”, declared Souhayr Belhassen, FIDH President. “States meeting at the UN Security Council have an opportunity to demonstrate whether they are really serious about ending sexual violence in war and empowering women to prevent conflict and contribute to peace”.

Other recent developments

Several recent developments in the fight against violence and discrimination against women have given some cause for encouragement. The International Criminal Court (ICC) is increasingly investigating and prosecuting crimes of sexual violence including rape. FIDH welcomed the recent arrest in October 2010, in France, of Callixte Mbarushimana, a leader of the Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), in execution of an ICC warrant. Mbarushimana is accused of war crimes and crimes against humanity, including rape, committed by members of the FDLR in the Kivu provinces in eastern DRC 1. FIDH hopes that the ICC's activities will contribute towards prevention of these crimes and calls on the ICC Prosecutor to integrate crimes of sexual violence systematically into his prosecution strategy.

FIDH also welcomed the adoption by the UN Human Rights Council in October 2010 of a new mechanism to monitor laws that discriminate against women, in the face of resistance from several states that maintain discriminatory laws. The first step in ending discrimination against women is to establish laws that guarantee gender equality and women's rights. The creation of this new mechanism represents an important step in the fight against discrimination and a further link in the accountability chain 2.

Notes
1 See further FIDH Press Statement Première arrestation d'un présumé responsable de crimes commis aux Kivus (in French), 12 October 2010, www.fidh.org/Premiere-arrestation-d-un-presume-responsable-de
2 See further FIDH Press Statement, FIDH welcomes establishment of new mechanism on laws that discriminate against women by United Nations Human Rights Council, 7 October 2010, www.fidh.org/FIDH-welcomes-establishment-of-new-mechanism-on ; and FIDH Position Paper on the creation of a new UN Mechanism on laws that discriminate against women, October 2010, www.fidh.org/Position-Paper-on-the-creation-of-a-new-UN