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Tag - Republique démocratique du Congo

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Wednesday 17 October 2012

RDC : DECLARATION DE L’ASADHO A L’OCCASION DE LA JOURNEE INTERNATIONALE DE LA FEMME RURALE

« ASADHO demande au Gouvernement Congolais d’appuyer les activités socio-économiques des femmes rurales »

En marge de la date du 15 octobre, Journée Internationale consacrée aux femmes rurales par l’Assemblée Générale des Nations Unies depuis 2008, l’Association Africaine de défense des Droits de l’Homme, ASADHO en sigle, saisie cette occasion pour rappeler au Gouvernement Congolais les engagements qu’il avait pris au mois de mars 2012 pour faciliter et améliorer le travail des femmes rurales.

Malgré le rôle majeur qu’elles jouent pour assurer la sécurité alimentaire et l’approvisionnement des grands centres urbain en produits agricoles, elles rencontrent beaucoup de difficultés pour accéder aux services essentiels tels que le crédit bancaire, les intrants, les outils de travail, l’eau, la formation et l’éducation.

En plus, il importe d’indiquer que leur contribution au sein de la société est largement méconnue quand bien même elles s’occupent non seulement des tâches agricoles mais également de celles propres à leurs foyers et à la communauté. En effet, la plupart de ces femmes font face à de véritables obstacles pour subvenir aux besoins de leur famille et pour leur épanouissement intégral.

C’est pourquoi, il est important à cette occasion de rappeler au Gouvernement de la R.D.Congo son engagement « d’investir dans la femme rurale et la jeune fille pour un avenir meilleur ».

Dans cette optique, le Gouvernement congolais devrait mettre en place des mécanismes qui permettent aux femmes rurales d’accéder au crédit bancaire à des conditions favorables et de leur fournir des outils et des intrants nécessaires à l’amélioration de leurs conditions de travail.

Face à cette situation, l’ASADHO recommande :

§ Au gouvernement :

- De poursuivre son projet tendant à réhabiliter et d’entretenir les routes de desserte agricole pour faciliter aux femmes rurales l’écoulement de leurs produits agricoles.

§ Au Ministère du genre, de la famille et de l’enfant :

- De mettre en place un programme d’encadrement des femmes rurales en vue de renforcer leur capacité de production ;

- De mettre à la disposition des femmes rurales des facilités tendant à l’amélioration de leurs activités (outils, accès au crédit bancaire, accès à des lopins des terres…)

§ Au Parlement :

- De voter une loi qui facilite l’accès de la femme à la propriété foncière et aux micros crédits ;

§ A la communauté internationale :

- De soutenir matériellement et financièrement les ONG nationales œuvrant dans les actions tendant à promouvoir et à protéger ces femmes rurales ;

Tuesday 26 October 2010

10ème anniversaire de l’adoption de la Résolution 1325 des Nations Unies

DE GRAVES VIOLATIONS PERSISTENT: LES ETATS DOIVENT AGIR MAINTENANT

http://www.fidh.org/DE-GRAVES-VIOLATIONS-PERSISTENT-LES-ETATS-DOIVENT

ENGLISH VERSION

25 octobre 2010, Paris, New York – Il y a dix ans, en adoptant la Résolution 1325, le Conseil de sécurité des Nations Unies a affirmé la nécessité urgente des Etats d'intensifier leurs efforts afin de protéger les femmes contre les violences en période de conflit et d'assurer leur pleine participation aux processus de paix. Aujourd'hui, alors que le Conseil de sécurité se réunit pour discuter de sa mise en œuvre, la FIDH dénonce la faiblesse des mesures prises et appelle les Etats à passer aux actes. La FIDH appelle également à l'établissement d'un mécanisme international de contrôle de la mise en œuvre de cette résolution.

La Résolution 1325 a été adoptée à l’unanimité par le Conseil de sécurité, le 31 octobre 2000. Son adoption a marqué une étape importante dans la reconnaissance par les Etats de l’impact des conflits armés sur les femmes et de leur rôle important dans la prévention et la résolution des conflits. Sur cette base, les Résolutions 1820 et 1888, adoptées en 2008 et 2009, reconnaissent explicitement, pour la première fois, l'utilisation des violences sexuelles comme tactique de guerre, nécessitant des réponses politiques et sécuritaires spécifiques.

Mais ces engagements forts n'ont pas été suivis d'actes. Si une poignée d’Etats a adopté des Plans d’action nationaux (environ 20 Etats sur 192), nombre d’entre eux n’ont pris aucune mesure concrète. De plus, aucun mécanisme spécifique n’existe à ce jour pour évaluer la mise en œuvre de ces résolutions.

Or, les pires formes de violences à l'égard des femmes persistent dans les zones de conflit. Dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) les viols sont toujours perpétrés en masse. Les récents évènements dans la région de Walikale, où des groupes armés ont terrorisé la population pendant quatre jours d’affilée, violant plus de 300 personnes, rappellent ce terrible état de fait. De l’Afghanistan au Soudan, de la Tchétchénie à la Colombie, les violences sexuelles continuent d’être utilisées comme armes de guerre.

Malgré les engagements pris par les Etats, les femmes ne sont toujours pas présentes aux tables de négociations des accords de paix et aucune n'a été désignée médiatrice dans les processus de résolution des conflits.

Bien que la FIDH se félicite de certaines avancées récentes, notamment la création du poste de Représentante spéciale du Secrétaire général sur les violences sexuelles dans les conflits armés, la FIDH estime que les Etats et l’Organisation des Nations Unies doivent aller beaucoup plus loin.

Afin d'accélérer la mise en œuvre de la Résolution 1325, le Conseil de sécurité doit mettre en place un mécanisme efficace de contrôle, de suivi et d’évaluation. La FIDH appelle le Conseil de sécurité à adopter des indicateurs et à déterminer des échéances pour atteindre des objectifs spécifiques. Enfin, la FIDH demande aux Etats qui ne l’ont pas encore fait, d’adopter des Plans d’action nationaux sur la mise en œuvre de cette résolution.

« L’établissement d’un mécanisme de contrôle devrait permettre de faire de ces déclarations de volonté, un véritable outil d'action, afin d'apporter des changements réels dans la protection des femmes et la mise en place d’une paix durable” a déclaré Souhayr Belhassen, Présidente de la FIDH. « Les Etats réunis au sein du Conseil de sécurité ont aujourd'hui l'occasion de démontrer la sincérité de leurs engagements à mettre un terme aux violences sexuelles en temps de guerre et à assurer la participation des femmes aux processus de paix. »

Autres développements récents

Plusieurs développements récents dans la lutte contre les discriminations et les violences à l'égard des femmes suscitent un certain espoir. La Cour pénale internationale (CPI) mène actuellement plusieurs enquêtes et poursuites à l'encontre d'auteurs présumés de crimes sexuels, y compris de viols. A cet égard, la FIDH se félicite de la récente arrestation en France (en octobre 2010) de Callixte Mbarushimana, dirigeant des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), en exécution d’un mandat d’arrêt délivré par la CPI. Mbarushimana est accusé de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, y compris de viols, commis par les membres du FDLR dans les provinces du Kivu, dans l’est de la RDC 1. La FIDH espère que les activités de la CPI contribueront à la prévention de ces crimes et appelle le Procureur de la CPI à inclure de manière systématique les violences sexuelles dans sa stratégie de poursuite.

La FIDH se félicite également de l’adoption par le Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies, le 10 octobre 2010, d’un nouveau mécanisme de contrôle des lois discriminatoires à l'égard des femmes. La création de ce nouveau mécanisme constitue une étape importante dans la lutte contre les discriminations et représente un maillon supplémentaire dans la chaîne de responsabilité 2.

Notes
1 Voir le Communiqué de presse de la FIDH : Première arrestation d'un présumé responsable de crimes commis aux Kivus, 12 octobre 2010, www.fidh.org/Premiere-arrestation-d-un-presume-responsable-de

2 Voir la Note de position de la FIDH sur la création d'un nouveau mécanisme des Nations Unies sur les lois discriminatoires à l'égard des femmes, septembre 2010, http://www.fidh.org/Note-de-position-relative-a-la-creation-d-un ; et le Communiqué de presse de la FIDH (en anglais), 7 octobre 2010, FIDH welcomes establishment of new mechanism on laws that discriminate against women by United Nations Human Rights Council, 7 octobre 2010, www.fidh.org/FIDH-welcomes-establishment-of-new-mechanism-on

Friday 5 March 2010

Cahier d'exigences : République Démocratique du Congo

Ratifier ! Si la République démocratique du Congo (RDC) a ratifié la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW), de même que le Protocole à la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples relatif aux droits des femmes en Afrique (Protocole de Maputo), l’Etat n’a toujours pas ratifié le Protocole facultatif à la CEDAW.

Respecter ! La Coalition de la campagne demeure particulièrement préoccupée par : la persistance de dispositions législatives discriminatoires, notamment dans le Code de la famille; l’ampleur des violences sexuelles perpétrées en toute impunité dans les zones de conflits de même que dans les zones de relative stabilité, les pratiques traditionnelles néfastes, telles que les mariages précoces et forcés, et l’accès limité des femmes à l’éducation, à la santé et au marché du travail.

QUELQUES AVANCÉES...
La Coalition de la campagne reconnaît plusieurs développements positifs relatifs aux droits des femmes en RDC au cours des dernières années, tels que :

  • L’adoption en juillet 2006, de deux lois sur les violences sexuelles (Lois n°06/018 et 06/019). Cependant ces lois souffrent depuis lors d’une absence d’application effective.
  • L’adoption en janvier 2009, de la loi portant protection de l’enfant (loi n°09/001) qui contient des dispositions protégeant l’enfant contre toutes les formes d’exploitation et de violences sexuelles et garantissant les droits de la femme enceinte.
  • La ratification, en février 2009, du Protocole de Maputo.



MAIS LES DISCRIMINATIONS ET LES VIOLENCES PERSISTENT

Dans la Loi
La persistance de violations des droits humains des femmes est favorisée par le maintien de législations discriminatoires. Par exemple :

Le Code de la famille contient des dispositions particulièrement discriminatoires à l’égard des femmes.
Parmi elles, l’article 352 impose aux femmes un âge minimal pour contracter le mariage différent de celui des hommes (18 ans pour les hommes et 15 ans pour la femme). L’article 355 stipule que “La femme ne peut se remarier qu’après l’expiration d’un délai de trois cents jours à compter de la dissolution ou de l’annulation du précédent mariage. Ce délai prend fin en cas d’accouchement”.
D’autres dispositions de ce Code consacrent clairement la mise sous tutelle maritale de la femme. L’article 444 stipule que le mari est chef de ménage, qu’il doit protection à la femme et que cette dernière lui doit obéissance. L’article 445 stipule que les époux concourent à la direction morale et matérielle du ménage, mais sous la direction du mari. Selon l’article 450, sauf exceptions, “la femme ne peut ester en justice en matière civile, acquérir, aliéner ou s’obliger sans l’autorisation de son mari. Si le mari refuse d’autoriser sa femme, le tribunal de paix peut donner l’autorisation. L’autorisation du mari peut être générale, mais il conserve toujours le droit de la révoquer”. Selon l’article 454, seul le mari a le pouvoir de fixer le domicile ou la résidence conjugale.
L’article 467 établit une discrimination en matière d’adultère puisqu’il ne réprime l’adultère du mari que dans certaines circonstances contrairement à la femme qui sera punie en toutes circonstances.
La Loi relative à la nationalité congolaise : Bien que l’article 5 de cette loi (Loi n° 004/24 de 2004) permette aux femmes de transmettre la nationalité congolaise par filiation de la même façon que les hommes, l’article 30 prévoit que les femmes ne peuvent pas conserver leur nationalité congolaise si elles épousent un étranger.

Dans la pratique
• Violences
Depuis de nombreuses années, la RDC est le terrain de conflits armés au cours desquels le viol a été utilisé comme une arme de guerre de manière massive et systématique. Banalisé sur l’ensemble du territoire, ce crime est désormais commis dans les zones de relative stabilité. Ainsi, malgré l’adoption en 2006 de deux lois particulièrement répressives, les cas de violences sexuelles continuent d’être quotidiennement rapportés, l’impunité quasi généralisée des auteurs en constituant l’une des principales causes.
Selon la Rapporteuse spéciale des Nations unies sur les violences contre les femmes, qui s’est rendue en RDC en juillet 2007, les allégations de viols de la part des membres des Forces armées de RDC (FARDC) et de la Police nationale congolaise (PNC) sont nombreuses. L’impunité dont bénéficient les auteurs est entre autres la conséquence de nombreux obstacles qui entravent la capacité ou la volonté des femmes à porter plainte : procédures judiciaires longues et coûteuses, crainte de la stigmatisation et des actes de représailles. Les défaillances du système judiciaire réduisent à néant les probabilités que les auteurs de crimes sexuels soient poursuivis et condamnés. Le manque de formation des personnels de police et judiciaires entravent également l’accès des femmes à la justice.

• Obstacles à l’accès à l’éducation, vulnérabilité économique
Si une grande partie de la population congolaise vit dans une situation économique particulièrement préoccupante, les femmes sont rendues d’autant plus vulnérables à ces difficultés d’ordre économique que persistent des comportements patriarcaux et stéréotypes fortement ancrés dans la société quant à leur rôle et leurs responsabilités. Si les dispositions des articles 43 et 44 de la Constitution prévoient la gratuité de l’enseignement primaire obligatoire et l’éradication de l’analphabétisme, il existe une forte disparité entre garçons et filles en matière d’éducation, notamment dans l’enseignement secondaire et supérieur. Le taux élevé d’abandon scolaire chez les filles est en grande partie imputable aux mariages précoces et forcés de même qu’aux grossesses précoces.

• Obstacles à l’accès à la santé
Le conflit armé prolongé a eu des effets extrêmement préjudiciables sur le taux demortalité maternelle qui s’explique, entre autres, par l’absence d’accès aux soins obstétriques, l’existence de centres de soins vétustes, ainsi que le recours limité aux services existants durant la grossesse et l’accouchement, l’accès limité à des services de santé procréative et d’hygiène sexuelle adéquats destinés aux femmes, en particulier celles qui vivent en zones rurales, et le faible niveau de l’éducation. Le manque d’informations fournies sur le VIH/Sida contribue à la propagation du virus dont les femmes sont les principales victimes.

• Sous représentation dans la vie publique et politique
En 2010, les femmes ne représentent que 8,4 % des députés à l’Assemblée nationale et 4.6 % des sénateurs. Aucune loi ni politique n’assure l’application des principes de représentation équitable et de non discrimination des femmes, pourtant prévus par l’article 14 de la Constitution. La loi électorale ne prévoit pas l’instauration de quotas minimums mais appelle simplement à la prise en compte de la représentation de la femme dans la confection des listes électorales.

LA COALITION DE LA CAMPAGNE DEMANDE AUX AUTORITÉS DE LA RDC DE :

  • Abroger l’ensemble des dispositions législatives discriminatoires, en conformité avec la CEDAW et le Protocole de Maputo, en particulier au sein du Code de la famille et de la Loi sur la nationalité.
  • Prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre un terme aux pratiques discriminatoires, en particulier les mariages précoces et forcés.
  • Prendre toutes les mesures nécessaires pour poursuivre et condamner les auteurs de violences sexuelles, notamment en dispensant des formations aux magistrats et aux forces de défense et de sécurité sur les dispositions des lois de 2006, en octroyant aux femmes des services d’assistance juridique et en organisant des campagnes de sensibilisation sur les moyens d’exploiter les voies de recours disponibles pour lutter contre les violences sexuelles.
  • Prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir l’égalité d’accès à tous les niveaux d’enseignement et à l’emploi, éviter les déperditions scolaires chez les filles ; relever le taux d’alphabétisation des femmes ; prendre des mesures visant à éliminer les stéréotypes quant au rôle et aux responsabilités des filles et des femmes.
  • Prendre toutes les mesures nécessaires pour accroître la participation des femmes sur la scène politique, y compris l’adoption du projet de loi sur le quota.
  • Améliorer l’accès des filles et des femmes aux services et soins de santé, notamment en intensifiant les efforts visant à améliorer l’ensemble de l’infrastructure sanitaire, en améliorant l’accès aux services prénataux, postnataux et obstétricaux ; et en dotant les centres de développement familial de ressources adéquates et de personnels qualifiés, en particulier dans les zones rurales.
  • Prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer l’accès des femmes à la justice, y compris la formation des juges,des avocats, des procureurs et des agents de police sur le contenu des textes nationaux et internationaux de protection des droits des femmes, la vulgarisation et la dissémination de ces textes de manière à les rendre accessibles et compréhensibles par toute la population,notamment en milieu rural ; la création de structures dédiées à l’assistance juridique ainsi que des aides financières pour permettre aux victimes de violences et de discriminations d’ester en justice.
  • Mettre en œuvre l’ensemble des recommandations émises par le Comité CEDAW, en août 2006.
  • Se conformer aux engagements pris lors de l’Examen périodique universel de la RDC devant le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies.
  • Ratifier dans les plus brefs délais le Protocole facultatif à la CEDAW.


PRINCIPALES SOURCES

  • Points focaux : LIFDED, Groupe Lotus, ASADHO, Ligue des électeurs
  • Recommandations du Comité CEDAW, août 2006
  • FIDH, République démocratique du Congo: Briser l’impunité, 2008, www.fidh.org
  • Union interparlementaire, www.ipu.org


LES POINTS FOCAUX DE LA CAMPAGNE EN RDC

Ligue des femmes pour le développement et l’éducation à la démocratie (LIFDED) La LIFDED, basée à Kinshasa, organise des campagnes de sensibilisation et des sessions de formation sur les droits des femmes, la résolution pacifique des conflits, la non-violence, la construction de la paix, les élections et la bonne gouvernance.

Groupe Lotus
Le Groupe Lotus est une ONG de défense des droits de l’Homme basée à Kisangani. Créée en 1991, à l’ini- tiative d’un groupe d’universitaires, elle a pour ambition de modifier les normes et les pratiques de la société congolaise pour le respect des droits de l’Homme.

Association africaine de défense des droits de l’Homme (ASADHO) L’ASADHO a pour mandat la promotion et la protection des droits de l’Homme. Elle regroupe 22 sections et repré- sentations à travers la RDC. L’ASADHO organise des conférences et ateliers sur les droits des femmes, et effectue un plaidoyer constant auprès des autorités congolaises pour l’amélioration des conditions des femmes.

Ligue des électeurs Créée en 1990, la Ligue des Électeurs a pour objectif le soutien au développement démocratique, notamment par la défense des droits de l’Homme et la promotion de la culture électorale. La Ligue effectue des activités de formation, de sensibilisation, des missions internationales d’évaluation et d’observation électorale.

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Thursday 10 December 2009

Journée internationale des droits de l'Homme : Une volonté politique ferme est nécessaire pour mettre fin aux violences contre les femmes

ENGLISH VERSION

La coalition de la campagne « L’Afrique pour les droits des femmes : Ratifier et Respecter » demande des mesures immédiates aux gouvernements

10 Décembre 2010, Nairobi, Paris – À l’occasion de la Journée internationale des droits de l’Homme, et alors que les ONG à travers l’Afrique concluent leurs actions marquant les 16 jours d’activisme contre les violences à l’égard des femmes, la Coalition de la Campagne « L’Afrique pour les droits des femmes : Ratifier et Respecter » appelle tous gouvernements africains à prendre des mesures urgentes pour éliminer les violences contre les femmes.

L’Afrique est le continent qui enregistre les niveaux les plus élevés de violences commises contre les femmes. Des pratiques traditionnelles néfastes, une protection juridique insuffisante et une impunité généralisée perpétuent les violences à l’égard des femmes. En période de conflit ou d’instabilité politique, les crimes sexuels continuent d’êtres commis à grande échelle.

Du 25 novembre (Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes) au 10 décembre (Journée internationale des droits de l’Homme), les ONG ont fait activement campagne pour mettre fin à de telles atrocités. La Coalition de la Campagne « L’Afrique pour les droits des femmes : Ratifier et Respecter » prête son soutien au thème de mobilisation de cette année : S’engager – Agir – Demander : Nous POUVONS mettre fin aux violences contre les femmes ! La Campagne souligne les besoins pour tous les acteurs, en commençant par les gouvernements, de donner leur entier soutien aux efforts entrepris pour mettre fin aux violences basées sur le genre et violences sexuelles.

La Coalition de la campagne a émis des recommandations spécifiques aux gouvernements du Burundi, du Botswana, de la République démocratique du Congo (RDC), du Togo et du Mali qui ont été l’objet d’une attention particulière lors de la Campagne de 2009.

Au Burundi, les auteurs de violences sexuelles et domestiques bénéficient d’une impunité généralisée. Il n’y a pas de loi spécifique pour réprimer les violences domestiques. Le règlement extrajudiciaire des cas de viols favorisent le mariage entre l’auteur du viol et la victime. Parmi les causes de ces violences persistantes se trouvent des lois profondément discriminatoires, et en particulier les dispositions du Code des personnes et de la famille ainsi que du Code pénal, de même que les coutumes locales.

La Coalition de la campagne demande donc au gouvernement du Burundi de :

  • d' abroger ou réformer les lois discriminatoires, notamment les dispositions du Code des personnes et de la Famille, du Code Pénal et des coutumes locales ;
  • de mettre en place une législation criminalisant les violences domestiques ;
  • d' adopter une stratégie compréhensive de lutte contre toutes les formes de violence contre les femmes ; et,
  • de ratifier le Protocole additionnel à la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples relatif aux droits des femmes

Au Botswana, le droit coutumier, qui contient de nombreuses dispositions particulièrement discriminatoires à l’égard des femmes, continue d’être appliqué à côté du droit commun. Selon le droit coutumier, par exemple, les hommes sont perçus en tant que détenteur d’un droit de « châtier » leur femmes.

La Coalition de la campagne demande donc au gouvernement du Botswana :

  • d' abroger ou réformer les lois discriminatoires de même que le droit coutumier et de s’assurer que le droit commun prévaut sur le droit coutumier ;
  • de criminaliser le viol conjugal et ;
  • d’adopter une stratégie compréhensive de lutte contre toutes les formes de violence contre les femmes.

En République démocratique du Congo, les crimes de violence sexuelle continuent d’être commis sur une large échelle, aussi bien dans les zones de conflits que dans les zones de relative stabilité. Les deux lois sur les violences sexuelles adoptées en 2006 ont été jusque là mise en place de manière inefficace et les auteurs de violence continuent de bénéficier de l’impunité. Les pratiques traditionelles néfastes telles que la dot, le lévirat, la polygamie, les mariages forcés ou précoces, les mutilations génitales féminines et les violences domestiques restent étendues.

La Coalition de la campagne demande à la République Démocratique du Congo de mettre en place les récentes recommandations sur la lutte contre les violences contre les femmes émises par le Comité sur les Droits Economiques, Sociaux et Culturels (Novembre 2009). En particulier, elle enjoint le gouvernement à :

  • accélérer l’adoption de la loi sur l’égalité des sexes et réformer les dispositions discriminatoires du Code de la Famille ;
  • mettre en place une législation qui interdit les pratiques traditionelles néfastes ;
  • élever l’âge minimum du mariage pour les filles à 18 ans ;
  • mettre en place la stratégie compréhensive de lutte contre les violences sexuelles adoptée par le gouvernement en Avril 2009 ; et
  • s’assurer de l’existence de réparation, de soutien psychologique et de soins médicaux pour les victimes de violence sexuelles.

Au Mali, les lois discriminatoires en particulier dans le domaine de la famille, mettent les femmes dans une situation de vulnérabilité extrême. Les pratiques traditionelles néfastes persistent, notamment les mutilations génitales féminines, les mariages forcés ou précoces et le lévirat. Après dix années de travail, la réforme du Code de la Famille a été adoptée par le Parlement en Août 2009 mais, suite à des protestations massives de la part de groupes ultraconservateurs, le Président a renvoyé la loi devant le Parlement pour une seconde lecture.

La Coalition de la campagne demande donc au gouvernement du Mali :

  • de s’assurer que la réforme proposée du Code de la Famille soit adoptée pleinement et sans délais ;
  • de criminaliser les mutilations génitales féminines et le viol entre époux ;
  • de ratifier le Protocole additionnel à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits des femmes.

Au Togo, les coutumes ou pratiques discriminatoires, notamment le mariage forcé ou précoce, les mutilations génitales féminines, le servage rituel, le lévirat et la répudiation sont étendues. Les attitudes patriarcales persistent et considèrent comme acceptable le châtiment des membres de la famille, notamment des femmes. Les réformes proposées du Code des Personnes et de la Famille qui auraient amendé certaines des dispositions discriminatoires ont été bloquées.

La Coalition de la campagne demande donc au gouvernement du Togo :

  • de réformer toutes les dispositions législatives discriminatoires notamment celles du code des Personnes et de la Famille
  • d' adopter des lois sur les violences domestiques, notamment le viol entre époux et sur toutes les formes d’abus sexuels, en particulier le harcèlement sexuel ;
  • d’ introduire immédiatement des mesures pour modifier et/ou éliminer les coutumes ou pratiques culturelles discriminatoires à l’encontre des femmes ;
  • de ratifier le Protocole additionnel à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits des femmes.

« Alors que nous célébrons la Journée internationale des droits de l’Homme, nous rappelons aux gouvernements le droit fondamental des femmes à être protégées contre toutes les formes de violence. Il est intolérable que les femmes soient encore victimes de telles atrocités, et ce de façon quotidienne, pendant que les gouvernements n’agissent pas », a souligné Souhayr Belhassen, Présidente de la FIDH. « Eliminer les violences contre les femmes avant tout une question de volonté politique » a-t-elle conclu.

Thursday 20 August 2009

RDC : La Ligue des Electeurs (LE), l'ASADHO et le Groupe LOTUS mobilisés pour la journée de la femme africaine

Kinshasa, Kisangani, le 31 juillet 2009 - La Ligue des électeurs, en collaboration ave l'ASADHO, a organisé le 31 juillet 2009, une conférence de presse à l'occasion de la journée des femmes africaines. Au total, 6 organes de presse écrite étaient au rendez vous (Tempête des Tropiques, Potentiel, Agence Congolaise de presse ACP, APA, Prospérité, La dépêche de Brazzaville), ainsi qu'une radio (RTNC) et une Télévision (Canal Numérique Télévision CNTV). Des membres des ONG soeurs et organisations communautaires de base étaient aussi présents.

Le point de presse a été co-animé par Grâce LULA (Ligue des Electeurs) et Maître JOSEPHAT (ASADHO), points focaux de la campagne "L'Afrique pour les Droits des Femmes, Ratifier et Respecter!". Elles ont parlé de la motivation, du pourquoi de la campagne, du lancement de la campagne le 8 mars (temps forts de la campagne), des actions de sensibilisation menées, des préoccupations (cahier d'exigeances), du plaidoyer fait avec la Présidente de la FIDH, Souhayr Belhassen, lors de sa dernière mission en RDC, des organismes qui soutiennent la campagne et des personnalités qui la portent. Elles ont particulièrement parlé de la journée du 31 juillet, des avancées timides au niveau de la RDC pour ratifier certains instruments, et ont longuement évoqué le protocole de Maputo qui vient d'être ratifié en février 2009 et du travail qui reste à faire pour la ratification du Protocole à la CEDAW.

Le communiqué de presse de la journée de la femme africaine, ainsi que la déclaration de campagne et la charte de coopération ont été largement diffusés. Un échange très interressant s'en est suivi et la presse audio et visuelle ont accordé des interviews.

A Kisangani, Betty LIKOKE du groupe LOTUS a elle aussi organisé une activité pour commémorer la journée des femmes africaines; et c'est avec la radio OKAPI et quelques membres des organisations de la société civile que cela s'est tenue.

Friday 31 July 2009

Journée des femmes africaines : « Nous exigeons de l'action ! »

Communiqué

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ENGLISH VERSION

Le 31 juillet 2009 - A l'occasion de la journée de la femme africaine, la coalition de la campagne, soit plus d'une centaine d'organisations présentes sur l'ensemble du continent africain, soutenues par des Prix Nobel de la paix, Desmond Tutu et Shirin Ebadi, des Prix Nobel de littérature, Wole Soyinka et Nadine Gordimer, et de nombreux artistes (comme Youssou N'Dour, Angélique Kidjo ou Tiken Jah Fakoly...), renouvellent leurs appels aux autorités pour la ratification des instruments internationaux et régionaux de protection des droits des femmes et leur respect en droit et en pratique. Les organisations de la campagne organiseront des conférences, des manifestations, des émissions sur les radios nationales...etc, afin de sensibiliser leurs populations et porter le message de la campagne haut et fort.

Cette journée est également l'occasion de dresser un bilan des avancées accomplies depuis le lancement de la campagne « l'Afrique pour les droits des femmes » début 2009.

RATIFIER ! La Coalition de la campagne se félicite tout d'abord de la ratification par la République démocratique du Congo (DRC) en février et par le Cameroun en mai 2009 du Protocole à la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples relatif au droit de la femmes en Afrique.

« Si ces engagements constituent des pas importants vers le respect des droits humains des femmes, ils ne suffisent pas. Nous demandons qu'ils soient suivis de réformes des lois et des politiques dans ces deux pays où les droits des femmes continuent à être bafoués au quotidien » a souligné le Comité de pilotage de la campagne.

RESPECTER ! Considérant que le respect concret et durable des droits des femmes passe par la modification de l'environnement législatif, la Coalition de la campagne se félicite de l'adoption de nouvelles lois destinées à promouvoir et protéger les droits des femmes, comme la loi du 16 avril sur les quotas au Burkina Faso qui exige un minimum de 30% de personnes de chaque sexe sur les listes électorales municipales et législatives.

« Nous reconnaissons le travail de longue haleine mené par les organisations de la société civile burkinabée pour franchir ce pas important. Nous restons solidaires jusqu'à l'obtention de la parité ! » a déclaré le Comité de pilotage de la campagne.

« Chaque signe de progrès est un encouragement et renforce notre mouvement, mais nous sommes conscientes que le plus dur reste à faire », a conclu le Comité de pilotage de la campagne, « A l'occasion de la journée des femmes africaines, au nom de toutes les organisations qui soutiennent la campagne à travers le continent, nous demandons aux autorités africaines de profiter de cette occasion symbolique pour progresser vers l'égalité et le respect intégral des droits humains des femmes ».

Press contact: Karine Appy 00 33 1 43 55 14 12 / 00 33 1 43 55 25 18