Genève-Ndjaména, le 5 août 2009 – Lors de son examen de la situation générale des droits de l'Homme au Tchad, le Comité des droits de l'Homme des Nations unies a exprimé son inquiétude concernant la situation des femmes dans ce pays.
Les préoccupations de la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) et ses organisations membres au Tchad, la Ligue tchadienne des droits de l'Homme (LTDH) et l'Association tchadienne pour la promotion et la défense des droits de l'Homme (ATPDH), concernant les discriminations et les violences à l'égard des femmes ont fait l'objet de recommandations fortes de la part du Comité des droits de l'Homme des Nations unies. Le Comité, dans ses conclusions finales du 30 juillet 2009, a appelé le Tchad à mettre fin aux mutilations génitales féminines ainsi qu'aux nombreuses discriminations à l'encontre des femmes découlant de l'application du droit coutumier, y compris dans le cadre du régime successoral et de la propriété.
Le Comité a appelé le Tchad à prendre des mesures efficaces pour éradiquer la violence domestique, en encourageant les victimes à dénoncer les faits et en leur octroyant une assistance effective. Le Tchad devrait aussi adopter un texte d’application permettant un recours accru à la loi sur la santé et la réproduction de 2002, et veiller à ce que les auteurs de violence domestique soient effectivement sanctionnés.
Le Comité a appelé le Tchad à prendre les mesures nécessaires, y compris législatives, pour l’abolition de la polygamie, et adopter et appliquer des mesures éducatives susceptibles de la prévenir.
Le Comité s'est également prononcé préoccupé par la faible représentation des femmes dans la vie publique et à appelé le Tchad à promouvoir davantage leur participation, renforcer leur éducation et garantir leur accès à l’emploi.
Concernant les femmes déplacées à l'intérieur du pays, le Comité a noté avec préoccupation qu'elles sont souvent victimes de viols et d’autres formes de violences sexuelles de la part de milices et de groupes armées. Le Comité a notamment appelé le Tchad à renforcer sa capacité à assurer la protection des femmes déplacées, mener des enquêtes, entamer des poursuites, sanctionner tout auteur de violences sexuelles et octroyer aux victimes toute l’assistance nécessaire.
Enfin, le Comité a évoqué avec préoccupation le cas particulier de la mineure Khadidja Ousmane Mahamat, qui a été forcée à un mariage précoce à l’âge de 13 ans et demi et accusée d’avoir empoisonné son mari de 70 ans. Non encore jugée, elle est en prison depuis 2004, où elle a été violée par un responsable de prison des œuvres duquel elle a eu un enfant, et où elle continue à être victime d’abus sexuels. "(Le Tchad) devrait protéger Khadidja Ousmane Mahamat, lui octroyer toute l’assistance nécessaire et juger et sanctionner les auteurs des violences perpétrées à son égard," a déclaré le Comité.
La FIDH et ses organisations membres appellent donc les autorités tchadiennes à mettre en œuvre dans les plus brefs délais l’ensemble des recommandations du Comité, qui feront l'objet d'un suivi attentif non seulement de la part du Comité onusien, mais également de nos organisations.





