Africa for Women's Rights | L'afrique pour les droits des femmes

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Tag - CEDAW

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Friday 9 December 2011

Mali : Le nouveau Code de la famille malien - droits fondamentaux bafoués, discriminations consacrées

Communiqué conjoint

La Campagne « L'Afrique pour les droits des femmes »** - Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) - WILDAF/MALI - Association malienne des droits de l'Homme (AMDH)

http://www.fidh.org/Le-nouveau-Code-de-la-famille

Paris, Bamako, le 8 décembre 2011 - Depuis plus de dix ans, les femmes maliennes attendent l'adoption d'un Code de la famille pour que leurs droits fondamentaux soient respectés. Or, le 2 décembre 2011, l'Assemblée nationale malienne a adopté un texte qui, au contraire, perpétue les discriminations. Un premier projet du Code de la famille, qui avait fait l'objet de longues années de réflexion et de concertation entre les différents acteurs de la société malienne, avait été adopté par l'Assemblée nationale en août 2009. Sans consacrer l'égalité des sexes, il contenait toutefois d'importantes avancées. Mais à la suite de manifestations des forces les plus conservatrices, le Président Amadou Toumani Touré avait décidé de ne pas le promulguer et l’avait renvoyé en deuxième lecture. Au cours de la révision du texte, les dispositions centrales concernant l'âge du mariage, la garde des enfants, l'héritage ont subi des modifications telles qu'elles vont à l'encontre du principe même d'égalité des sexes.

Selon le nouveau Code, « la femme doit obéissance à son mari » et l’homme est consacré comme unique chef de famille (« puissance paternelle »). L'âge légal du mariage est de 18 ans pour l'homme et de 16 ans pour la femme. Par ailleurs, dans certains cas, le mariage peut être autorisé à partir de 15 ans. En outre, le mariage religieux est désormais juridiquement reconnu.

Le nouveau code viole gravement les obligations internationales du Mali, consacrées par la Convention des Nations unies sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW), ratifiée en 1985, et le Protocole à la Charte africaine des droits de l'Homme et des peuples relatif aux droits des femmes, ratifié en 2005.

Nos organisations**, n'ont cessé d'appeler à l'adoption d'un Code garantissant les droits des femmes. Nous n'avons cessé d'alerter des conséquences néfastes d'une révision à la baisse de ce texte. Alors que les revendications du Haut Conseil islamique ont été prises en compte, nous déplorons que celles des acteurs et des actrices de la société civile malienne aient été ignorées.

Avec l'adoption de ce texte, le Mali a raté une occasion de progresser vers le respect des droits des femmes. Nos organisations continueront à se battre pour faire évoluer ce texte.


** Cette campagne, réunissant plus de 100 organisations dans 40 pays africains, a été initiée par la FIDH en collaboration avec 4 organisations régionales : Femmes Africa Solidarités (FAS), Women in Law in South Africa (WLSA), African Center for Democracy and Human Rights Studies (ACDHRS), Women in Law and Development in Africa (WILDAF).


*** Voir, par exemple, les communiqués de la campagne « L'Afrique pour les droits des femmes : ratifier et respecter » :

Wednesday 13 April 2011

Parité sur les listes électorales : la Tunisie montre l'exemple

Paris, Tunis, le 13 avril 2011 - La FIDH se félicite de la décision consacrant la parité sur les listes électorales prise le 11 avril 2011 par la Haute Instance chargée de préparer l'élection de l'Assemblée constituante tunisienne le 24 juillet prochain. Ce vote, qui a fait l'objet d'une très large majorité, prévoit que toutes les listes doivent impérativement être paritaires et faire figurer en alternance des candidats hommes et femmes. Cette décision prévoit l'invalidation de la liste si la parité n'est pas respectée. La Tunisie est aujourd'hui à l'avant garde en ce qui concerne la participation des femmes à la vie politique.

« Nous avons remporté une grande victoire. C'est une grande première dans le monde arabe et même ailleurs. Les femmes ont participé à la révolution, sur le même pied d'égalité, elles participeront désormais à forger l'avenir politique de la Tunisie », a déclaré Sophie Bessis, Secrétaire générale adjointe de la FIDH.

La FIDH, poursuit, aux côtés de ses organisations membres en Tunisie le combat pour l'égalité en droit et en fait. « Il s'agit assurément d'une étape décisive. Nous devons maintenant travailler à la participation de toutes les femmes aux élections du 24 juillet. Tout doit être fait pour que la nouvelle constitution tunisienne consacre l'égalité et la non-discrimination entre hommes et femmes », a ajouté Khadija Chérif, Secrétaire générale de la FIDH.

« La Tunisie a démontré hier par ce vote qu'il n'y a pas de démocratie sans égalité. Il s'agit maintenant d'aller jusqu'au bout et de lever l'ensemble des réserves émises à la Convention de l'ONU pour l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes », a conclu Souhayr Belhassen, Présidente de la FIDH.

Interview de Sophie Bessis, Secrétaire générale adjointe de la FIDH

Tuesday 26 October 2010

Lancement de la "décennie de la femme africaine" : des droits avant tout !

ENGLISH VERSION

Le constat n'est pas nouveau, la discrimination à l'égard des femmes demeure ancrée en droit et en fait dans la majorité des pays africains. Ces discriminations, les femmes les vivent au quotidien lorsqu'elles se voient refuser l’égalité des droits à l’héritage, à la terre, à la garde de leurs enfants et doivent se soumettre à l’autorité de leur mari ; lorsqu'elles n'ont qu'un accès restreint à l’éducation, aux soins, aux affaires publiques ; lorsqu'elles souffrent de violences domestiques et sexuelles, de pratiques traditionnelles néfastes et peinent à faire valoir leurs droits devant la justice...

Non, le constat ne change pas, il reste tout aussi alarmant et intolérable. Il appelle à l'action. A ce titre, la « Décennie de la Femme africaine » lancée par l'Union africaine à Nairobi (Kenya) le 15 octobre 2010 n'aura véritablement de portée que si elle traduit en actes toutes les recommandations issues des conférences régionales et mondiales, de Dakar à Beijing, depuis plus de 15 ans. Cette décennie, nous aimerions l'appeler « Décennie de l'action pour les droits des femmes africaines ». « Action » et « droits » : deux mots d'ordre pour un programme conduisant à un changement concret. En effet, nous n'aurons de cesse de le rappeler, les engagements des États n'ont de substance que lorsqu'ils sont traduits en droit, par des lois effectives qui protègent les femmes. Si l'on peut se réjouir de voir figurer aujourd'hui cette question au cœur de l'agenda politique, la réussite d'une telle initiative ne se mesurera qu'à l'aune de résultats tangibles : quand les Etats - à commencer par le pays hôte de cette initiative - auront abrogé les lois discriminatoires, et criminalisé toutes les formes de violences à l'égard des femmes...en somme, quand « Egalité » ne sera plus un simple mot, mais bien une réalité.

De telles revendications, sont portées haut et fort depuis des années par les femmes à travers tout le continent africain et relayées par nombre d'organisations de la société civile. Ainsi, la campagne « l'Afrique pour les droits des femmes1 » et bien d'autres actions à travers le continent mettent en évidence que des réformes législatives concrètes sont attendues. Ces réformes visent l'accès à la justice, à l'éducation, aux soins, à l'emploi, à la terre, au crédit, à la participation des femmes dans les sphères publiques et politiques. Elles doivent mettre fin à toutes les formes de discriminations et de violences à l'égard des femmes. Elles doivent faire de la poursuite et de la condamnation des auteurs de violences sexuelles une priorité. Enfin, elles doivent protéger les droits des femmes en période de conflit, comme l'exige la Résolution 1325 de l'ONU sur les femmes, la paix et la sécurité, dont nous fêtons le 10ème anniversaire cette année. Ces réformes sont indispensables et urgentes.

D'autant plus urgentes que l'on risque d'assister à de vrais reculs. Le cas malien ne nous incite pas à l'optimisme : les modifications apportées au projet de Code de la famille pourraient aller à l'encontre du principe même d' égalité des sexes.

Le Kenya, en accueillant cette initiative, doit ouvrir la voie et adopter dans les plus brefs délais deux des principaux textes de protection des droits des femmes: le Protocole de Maputo2 - dont le parlement vient d'autoriser la ratification - et le Protocole facultatif à la Convention sur l’Élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes3. Le gouvernement kenyan doit mettre un terme aux discriminations au sein de la famille et à l'impunité des auteurs de violences conjugales. Il doit également assurer un accès à l'éducation de toutes les filles, renforcer la participation des femmes aux postes de décision, assurer leur droit à la propriété et leur accès aux soins.

Cette initiative ne sera effective que si elle accorde une large place aux organisations de la société civile et fait du respect des droits des femmes sa priorité. Les Etats se doivent d'avoir des ambitions à l'échelle des attentes de millions de femmes africaines, le temps est à l'action.

Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH

Maitre Soyata Maïga, Rapporteure spéciale de la CADHP sur les droits des femmes

Moussa Diop, Femmes Africa Solidarité

Kafui Adjamagbo-Johnson, WiLDAF

Muthoni Wanyeki Directrice Executive Kenya Human Rights Commission (KHRC)


Notes
1 Campagne menée par la FIDH en collaboration avec 5 organisations régionales (ACDHRS, FAS, WACOL, WiLDAF, WLSA) et mobilisant près d'une centaine d'ONG sur le continent africain depuis 2 ans (www.africa4womensrights.org)
2 Protocole à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits des femmes
3 Ce protocole ouvre droit aux recours des femmes dont les droits ont été violés devant une instance internationale.

Friday 15 October 2010

Launch of African Women's Decade: Women's rights must top decade's agenda

Link to the op-ed published in The Standard, Nairobi, Kenya

VERSION FRANCAISE

Discrimination against women remains firmly established in law and in practice in the majority of African countries.

Women are denied equal rights to inheritance, land and custody of children; they have limited access to education, health care and politics; they suffer sexual and domestic violence, are subjected to harmful traditional practices and struggle to obtain access to justice.

The situation is alarming and intolerable. It calls for action.

"African Women’s Decade", launched by the African Union in Nairobi from October 10 to 15, will only truly have an impact if it can translate undertakings repeated over the last 15 years, from Dakar to Beijing, into action.

We would like to rename it the "Decade of Action for Women’s Rights in Africa". "Action" and "rights", key words for a programme leading to concrete change. States’ commitments lack substance until they are implemented through effective laws protecting women’s rights.

Whilst we welcome that such issues are being placed firmly on the political agenda, we underline that the success of this initiative can only be measured in tangible results. Governments — starting with the host government of this initiative — must abolish all discriminatory legislation, ban all forms of violence against women and ensure that the word "equality" becomes a reality.

These demands have been voiced by women across Africa and civil society organisations for years.

The Campaign "Africa for women’s rights", alongside numerous other initiatives, highlights the need for concrete legislative reforms to improve access to justice, education, health care, employment, land and inheritance.

Law reforms are needed to allow women to participate fully in public and political life. They are required to ensure the prosecution and sanction of perpetrators of sexual violence.

They are necessary to protect women in periods of conflict, in accordance with UN Resolution 1325 on women, peace and security, which this year marks its 10th anniversary. These reforms are vital and urgent.

All the more urgent in view of real risks of regression. The example of Mali, where proposed amendments to the draft Family Code go against the very principle of gender equality, does not give us cause for optimism.

As host of this initiative, the Kenyan government must lead by example, by adopting two key instruments for the protection of women’s rights in Africa: the Maputo Protocol — which was recently approved by the Kenya Parliament — and Optional Protocol to the Convention on Elimination of all forms of Discrimination Against Women.

The Kenyan government must also take urgent measures to abolish discriminatory family and property laws, and fight domestic violence. It must ensure women’s access to education and health care, promote their political representation, and guarantee their equal rights to land.

This initiative must encourage the active participation of civil society organisations and must make respect for women’s rights the priority.

Governments must have ambitions on a scale commensurate with the expectations of millions of African women. It is time for action.

The writers are: Souhayr Belhassen, President of International Federation for Human rights; Soyata Maiga, Special Rapporteur on Women’s Rights; Muthoni Wanyeki, Executive Director of the Kenya Human Rights Commission; Moussa Diop, Femmes Africa SolidaritÈ; Kafui Adjamagbo-Johnson, Women in Law and Development in Africa.

Monday 11 October 2010

Mali : Deuxième présentation du nouveau Code de la famille au Parlement

La Campagne « L'Afrique pour les droits des femmes »
La Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH)
L'Association malienne des droits de l'Homme (AMDH)
WiLDAF-Mali

COMMUNIQUE

Les députés doivent refuser les amendements contraires au droit international sur les droits des femmes

Bamako, Paris, le 11 octobre 2010 - Le projet du Code de la famille doit être présenté pour la deuxième fois devant le parlement malien, mais il semblerait que les modifications qui ont été apportées au texte compromettent fortement l'espoir de progrès vers le respect des droits des femmes maliennes.

En effet, en réponse aux réactions des forces les plus conservatrices du pays qui avaient manifesté contre l'adoption du texte en août 2009, des amendements auraient été incorporés au projet qui iraient à l'encontre du principe même d'égalité des sexes et maintiendrait des dispositions discriminatoires à l'égard des femmes. Nos organisations soulignent qu'en adoptant le texte ainsi amendé, le Mali violerait le respect des droits humains des femmes les plus fondamentaux.

Nos organisations rappellent aux législateurs que le texte du Code doit se conformer au droit international sur les droits des femmes et notamment, aux dispositions de la Convention des Nations unies sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW), ratifiée par le Mali en 1985, ainsi que du Protocole à la Charte africaine des droits de l'Homme et des peuples relatif aux droits des femmes, ratifié en 2005. Nos organisations exhortent les législateurs à ne pas accepter de révisions du texte qui violeraient les dispositions de ces instruments. Le Mali ne doit pas rater cette opportunité de lutter contre les violations des droits humains des femmes.

Enfin, nos organisations déplorent fortement que les acteurs de la société civile aient été mis à l'écart du processus de réexamen du texte. Les principales organisations de défense des droits humains et des droits des femmes n'ont ni été consultées, ni même été informées du contenu des révisions proposées. Nos organisations appellent le gouvernement malien à assurer la transparence du processus de révision et d'y inclure la société civile.

Contexte

Un premier projet du Code de la famille, qui avait fait l'objet de longues années de réflexion et de concertation entre les différents acteurs de la société malienne, avait été présenté et adopté par l'Assemblée nationale le 3 août 2009. L'adoption de ce texte représentait un pas fondamental vers la mise en conformité de la législation nationale avec les obligations internationales et régionales auxquelles a souscrit le Mali. Mais à la suite de manifestations par les forces conservatrices, le Président a décidé de ne pas le promulguer et de le renvoyer devant l'Assemblée nationale pour une seconde lecture.

Thursday 17 December 2009

18 décembre 2009 : 30ème anniversaire de l'adoption de la Convention de l'ONU sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW)

Aujourd'hui, Nadine Gordimer, Maryse Conde, Wole Soyinka, Shirin Ebadi, Mary Robinson et d'autres personnalités, rejoignent la Campagne et appellent les gouvernements africains à agir pour les droits des femmes.

Lettre Ouverte aux chefs d'Etat africains

ENGLISH VERSION

Excellences,

Le 18 décembre 2009, nous célébrerons le 30ème anniversaire de l'adoption de la Convention des Nations unies sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW). Nous saisissons cette occasion pour vous appeler, au nom de tous les acteurs de la campagne, «L'Afrique pour les droits des femmes: Ratifier et Respecter!*», à respecter les engagements que vous avez pris en ratifiant cet instrument et les autres traités internationaux de protection des droits humains des femmes. Nous vous appelons à saisir cette occasion pour annoncer la mise en oeuvre de mesures concrètes visant à garantir le respect des droits humains des femmes dans votre pays et ainsi pouvoir contribuer à mettre un terme aux violences et discriminations à l'égard des femmes, qui demeurent malheureusement répandues sur le continent.

La campagne «L'Afrique pour les droits des femmes: Ratifier et Respecter!» a été lancée le 8 mars 2009 par plus d'une centaine d'organisations africaines dans plus de 40 pays du continent. Elle appelle à la ratification, sans réserves, de la CEDAW et du Protocole à la Charte africaine des droits de l'Homme et des peuples relatif aux droits des femmes (Protocole de Maputo), à l'harmonisation des lois nationales avec les dispositions de ces instruments et à l'adoption de toutes les mesures nécessaires visant à les mettre en oeuvre.

La ratification de la CEDAW a directement contribué à l'adoption de réformes non négligeables dans plusieurs Etats africains dont l'abolition des mutilations génitales féminines, la réforme de législations discriminatoires ou encore l'adoption de lois pour protéger les femmes de la violence et des discriminations.

Bien que ces avancées encouragent notre mouvement, elles restent malheureusement insuffisantes, les lois et pratiques discriminatoires à l'égard des femmes étant toujours aussi répandues sur le continent. Si tous les Etats africains, à l'exception de la Somalie et du Soudan, ont ratifié la CEDAW, les dispositions de cette Convention demeurent largement inappliquées, notamment en raison d'un manque de volonté politique. Nous vous appelons une fois de plus à saisir cette occasion du 30ème anniversaire de la CEDAW pour annoncer et prendre des mesures urgentes pour:

  • Ratifier sans réserves le Protocole à la Charte africaine des droits de l'Homme et des peuples relatif aux droits des femmes, la CEDAW et son protocol facultatif ;
  • Conformer votre législation nationale avec les dispositions des instruments internationaux et régionaux de protection des droits des femmes, en abolissant les lois discriminatoires et en adoptant des lois pour protéger les droits humains des femmes ;
  • Prendre toutes les mesures nécessaires visant à garantir la mise en oeuvre effective de ces lois.

Nous vous encourageons à considérer cet appel à l'action et à prendre des mesures concrètes pour enfin mettre un terme aux discriminations et violences à l'égard des femmes sur le continent africain.

Bien cordialement,

Nadine Gordimer, Prix Nobel de littérature, 1991
Wole Soyinka, Prix Nobel de littérature, 1986
Maryse Conde, Ecrivaine
Shirin Ebadi, Prix Nobel de la paix, 2003
Mary Robinson, ancien Haut Commissaire de Nations unies aux droits de l'Homme
Soyata Maiga, Rapporteure Spéciale sur les droits des femmes, Commission Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples
Reine Alapini Gansou, Présidente Commission africaine des droits de l'homme et des peuples
Yakin Erturk, Ancien Rapporteuse Spéciale des Nations Unies sur les violences faites aux femmes
Angela Melo
Pierre Sane

18 December 2009: 30th Anniversary of the adoption of the UN Convention on the Elimination of All Forms of Discrimination Against Women (CEDAW)

Today Nadine Gordimer, Maryse Conde, Wole Soyinka, Shirin Ebadi, Mary Robinson and others join the campaign "Africa for Women's Rights" in calling on African governments to protect the human rights of women in law and practice.

Open Letter to African Heads of State

VERSION FRANÇAISE

Your Excellencies,

18 December 2009 will mark the 30th anniversary of the adoption of the United Nations Convention on the Elimination of All Forms of Discrimination Against Women (CEDAW). We are writing to you in the name of all the actors of the campaign “Africa for Women’s Rights: Ratify and Respect!” to call upon you to respect the obligations to which you committed yourselves when ratifying this and other international treaties. We urge you to take this occasion to announce concrete measures to implement the human rights of women in your country and thereby to contribute to ending persistent and widespread discrimination and violence against women across the continent.

The campaign “Africa for Women’s Rights: Ratify and Respect!” was launched on 8 March 2009, by over one hundred African organizations in over 40 countries across Africa. The campaign aims to achieve the ratification without reservations of CEDAW and the African Charter on Human and Peoples’ Rights on the Rights of Women in Africa (the Maputo Protocol), the harmonization of national laws with their provisions and adoption of all necessary measures to implement them.

Ratification of CEDAW has directly contributed to positive reforms in many African states, including the abolition of female genital mutilation, reform of discriminatory legislation, the adoption of legislation to protect women from violence and discrimination.

While these signs of progress provide encouragement to our movement, they remain woefully insufficient and across the continent discriminatory laws and practices remain widespread. Although, all African states except Somalia and Sudan have now ratified CEDAW, its provisions remain widely unimplemented, principally as a result of a lack of political will. We reiterate the campaign’s call upon you and your government to take the occasion of the 30th anniversary of the CEDAW to announce and to take urgent measures to:

  • Ratify without reservations, the Protocol to the African Charter on Human and Peoples' Rights on the Rights of Women in Africa, CEDAW, and the Optional Protocol to CEDAW
  • Bring national legislation in conformity with the provisions of international and regional women’s human rights protection instruments, by abolishing discriminatory laws and adopting laws to protect women’s human rights
  • Put in place all necessary measures to ensure the effective application of these laws.

We urge you to heed our call to action and take concrete steps to end the persistent and widespread discrimination and violence against women across Africa.

Yours sincerely,

Nadine Gordimer, Nobel Literature Prize Laureate, 1991
Wole Soyinka, Nobel Literature Prize Laureate, 1986
Shirin Ebadi, Nobel Peace Prize Laureate, 2003
Mary Robinson, former United Nations High Commissioner for Human Rights
Maryse Conde, Writer
Soyata Maiga, Special Rapporteur of the African Commission on Human and Peoples' Rights on the Rights of Women
Reine Alapini Gansou, Chairperson of the African Commission on Human and Peoples' Rights (ACHPR)
Yakin Erturk, Former UN Special Rapporteur on Violence against Women
Angela Melo
Pierre Sane

Thursday 30 July 2009

Les droits des femmes au Mozambique

En juin 2007, le Comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes (CEDAW) a émis des recommandations à l'attention des autorités du Mozambique afin que soit mis un terme aux discriminations et aux violences à l'égard des femmes, en droit et en pratique.

Lisez le Communiqué de presse émis par la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) et la Ligue Mozambicaine des droits de l'Homme (LMDH) qui résume ces recommandations.

Lisez également le rapport de la mission d'enquête effectuée par la FIDH et la LMDH au Mozambique en mai 2007 "Les droits des femmes au Mozambique: lutter contre les pratiques illégales".

Tuesday 21 July 2009

Lettre ouverte de la FIDH au Président du Mali et à l'Assemblée nationale : adoption du nouveau Code de la Famille et de la Personne

Le 8 mars 2009, plus d'une centaine d'organisations africaines ont lancé la campagne « L'Afrique pour les droits des femmes: Ratifier et Respecter» appelant les États africains à ratifier les instruments régionaux et internationaux de protection des droits des femmes que sont le Protocole à la Charte africaine des droits de l'Homme et des peuples relatif aux droits des femmes en Afrique, la Convention des Nations unies pour l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (Convention CEDAW), dont nous célébrerons cette année le trentième anniversaire, ainsi que son Protocole facultatif.

Soutenue par de nombreuses personnalités aussi remarquables que le Prix Nobel de la paix Mgr Desmond Tutu ou le Prix Nobel de la littérature et défenseur des droits humains M. Wole Soyinka, ainsi que par de hauts fonctionnaires de l'Union africaine, telle Mme Soyata Maiga, Rapporteure spéciale de la Commission africaine des droits de l'Homme et des peuples sur les droits des femmes en Afrique, cette campagne demande aux États africains de prendre toutes les mesures nécessaires pour respecter les dispositions de ces instruments, notamment en abrogeant les lois discriminatoires et en adoptant des lois protectrices des droits des femmes.

La Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH), qui coordonne cette campagne en coopération avec cinq organisations régionales africaines** constate que le Mali a ratifié la Convention CEDAW en 1985 sans pour autant incorporer ses dispositions en loi interne. La FIDH prend acte que le Mali a ratifié le Protocole à la Charte africaine relatif aux droits des femmes en Afrique en 2005 et a soumis, en 2006, son rapport périodique au Comité CEDAW. La FIDH espère que ces initiatives accéléreront le respect des droits des femmes dans votre pays.

Car force est de constater que, faute d'un cadre législatif conforme à ces instruments, les femmes maliennes continuent d'être l'objet de discriminations et de pratiques néfastes: persistance des mutilations génitales féminines, violence à leur égard perpétrée en toute impunité, âge légal du mariage inférieur à celui des hommes, autorisation de la polygamie ou encore absence d’interdiction de la pratique du lévirat. Préoccupé par la persistance de législations discriminatoires, le Comité CEDAW a ainsi appelé les autorités maliennes à «accorder un rang de priorité élevé à la réforme de la législation et, en particulier, à mener à terme le processus nécessaire pour adopter au premier trimestre 2006 le projet de code de la personne et de la famille»***, une recommandation qui figurait également dans la note publiée en 2006 par la FIDH sur la situation des femmes au Mali****.

Au cours d'une audience accordée le 15 juillet 2009 à la FIDH ainsi qu'aux représentants de son organisation membre au Mali, l'Association malienne des droits de l'Homme (AMDH), le Premier Ministre, Monsieur Modibo Sidibé, a annoncé l'adoption, en Conseil des Ministres, du projet de réforme du Code de la Famille et de la Personne. La FIDH a accueilli avec satisfaction la présentation du projet devant l'Assemblée nationale du Mali. L'adoption du nouveau Code de la famille constituera en effet une avancée importante pour le respect des droits humains des femmes maliennes.

Au nom de toutes les organisations et personnalités signataires de la campagne «L'Afrique pour les droits des femmes: Ratifier et Respecter» la FIDH appelle l'ensemble des parlementaires maliens, en cette trentième année de la Convention CEDAW, à affirmer leur engagement en faveur des droits des femmes au Mali en adoptant ce projet de réforme.

La FIDH déplore toutefois le fait que, contrairement aux obligations internationales et régionales du Mali, ce projet de réforme reste silencieux sur plusieurs violations graves des droits des femmes, notamment les mutilations génitales féminines et le viol conjugal.

La FIDH et les organisations signataires de la campagne espèrent que l'Assemblée Nationale ne tardera pas à respecter les engagements pris par le Mali et appelle les autorités et les législateurs à assurer la mise en conformité pleine et entière des lois internes avec les instruments internationaux et régionaux de protection des droits humains de femmes.

Nous nous tenons à votre disposition pour toute information complémentaire. Veuillez agréer, Monsieur le Député, l'expression de notre haute considération.

Souhayr Belhassen Présidente de la FIDH

** Femmes Africa Solidarités (FAS), Women in Law in South Africa (WLSA), African Center for Democracy and Human Rights Studies (ACDHRS), Women in Law and Development in Africa (WILDAF) et Women's Aid Collective (WACOL).

*** Observations finales du Comité CEDAW, 2006

**** Note sur la situation des femmes au Mali, 2006

Monday 16 February 2009

MAP / CARTE RATIFICATIONS

L'un des principaux objectifs de la campagne est d'amener les Etats du continent africain à ratifier:

  • la Convention des Nations Unies sur l'élimination de toutes les formes de discriminations à l'égard des femmes (CEDAW)
  • le Protocole à la CEDAW
  • Le Protocole à la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples relatif aux droits des femmes

Pour en savoir plus sur ces conventions

Vert: les pays qui ont ratifié ces 3 instruments
Jaune: ceux qui en ont ratifié seulement 2
Orange: ceux qui n'en ont ratifié qu'1
Rouge: ceux qui n'en ont ratifié aucun

Le fait qu'un pays ait ratifié une convention ne signifie pas forcément qu'il la respecte.