« L’ASADHO appelle le Parlement congolais à voter la loi de mise en œuvre de la parité Homme - Femme en République Démocratique du Congo ».

Le 08 mars, Journée Internationale de la femme, est l’occasion de faire le point sur la condition des femmes.

Cette année, les Nations Unies ont choisi le thème suivant : «Egalité d’accès à l’éducation, à la formation, à la science et à la technologie : la voie vers un travail décent pour les femmes».

Adaptant ce thème à sa situation, la RDC s’est proposé la formule suivante : « Egal accès des hommes et femmes, des garçons et filles à la formation, égal accès aux mêmes opportunités pour un Congo paritaire ».

A cet égard, l’ASADHO note une avancée significative au niveau de la Constitution de la RDC qui consacre la parité homme/femme, à son article 14, qui stipule : « Les pouvoirs publics veillent à l’élimination de toute forme de discrimination à l’égard de la femme et d’assurer la protection et la promotion de ses droits. Ils prennent dans tous les domaines, notamment dans les domaines civil, politique, économique, social et culturel, toutes les mesures appropriées pour assurer le total épanouissement et la pleine participation de la femme au développement de la nation. La femme a droit à une représentation équitable au sein des institutions nationales, provinciales et locales - l’Etat garantit la mise en œuvre de la parité homme-femme dans les dites institutions. La loi fixe les modalités d’application de ces droits ».

Depuis la promulgation de cette Constitution le 18 février 2006, aucune loi fixant les modalités d’application de cette parité n’a été adoptée.

C’est pour quoi l’Association Africaine de Défense des Droits de l’Homme, ASADHO en sigle, appelle le Parlement de la République Démocratique du Congo à voter la loi de mise en œuvre de la parité Homme- Femme afin de favoriser la participation et la représentation justes des femmes dans les institutions politiques qui seront mises en place à l’issue des élections de 2011-2012.

Il convient de rappeler qu’en dépit du fait que les femmes congolaises représentent plus de 51% de la population, elles continuent à subir une forte disparité en ce qui concerne leur représentativité dans les institutions publiques telles que le Gouvernement, le Parlement, les Gouvernements et assemblées provinciaux…

Par exemple : A l’Assemblée Nationale, sur 500 députés nationaux il n’y a que 40 femmes, soit 8%. Au Gouvernement Central, sur 43 de ses membres il n’y a que 5 femmes, soit 11%. Cette situation est pareille au sein des assemblées et Gouvernements provinciaux. Cette disparité consacre une injustice qui n’honore pas la République Démocratique du Congo

Ce traitement discriminatoire et l’absence de loi devant fixer les modalités d’application de la parité telle que prescrit par l’article 14, alinéa 5 de la Constitution de la RDC traduit un manque de volonté de la majorité au pouvoir de faire participer les femmes à la gestion des affaires publiques.

L’ASADHO considère qu’au regard de l’engagement actif des femmes congolaises (intellectuelles, commerçantes, maraichères, paysannes, ménagères, activistes de la société civile…), durant les 20 dernières années dans tous les domaines de la vie familiale et nationale, elles ont droit à une représentation juste et équitable dans les institutions publiques de la R.D.Congo.

Les élections de 2011-2012 devront constituer une opportunité importante qui s’offre pour que la femme soit équitablement représentée dans toutes les institutions politiques. Pour cela, il faut que le Parlement Congolais adopte en urgence, à sa prochaine session ordinaire, la loi portant fixation des modalités d’application de la parité Homme–Femme, en tant que l’une des lois essentielles avant l’organisation des élections en RDC.

L’ASADHO appelle le Parlement à inscrire à l’agenda de ses priorités, pour la session de mars, le vote de cette loi.

L’ASADHO recommande à toutes les organisations de la société civile de rester mobilisée sur cette question.

Fait à Kinshasa, le 7 mars 2011