Portraits de femmes par Titouan Lamazou
By FIDH on Friday 17 April 2009, 15:08 - Permalink
Titouan Lamazou, navigateur, parrain de l'association Lysistrata et artiste a décidé de se consacrer depuis maintenant huit ans au projet "femmes du monde". Il parcourt les continents afin d'interviewer des femmes de tous horizons sur leur condition, leur vie. Il réalise des portraits de chaque femme qu'il rencontre, en vidéo, photo et aquarelle.
L’association Lysistrata a pour mission de soutenir des initiatives dont le but est de défendre les femmes dans le monde et d’améliorer leur sort. Ce soutien, technique ou financier, favorise les initiatives locales.
Dans ce film, Adak , soudanaise, raconte que lorsque son
mari est décédé pendant la guerre, tout ce que le couple possédait lui a été
retiré. « Selon les coutumes qui existent ici, lorsque le mari meurt,
c’est le beau-frère qui hérite de tout et de la femme aussi. Cette loi
familiale a été faite pour favoriser les hommes et considérer les femmes comme
leur propriété, au même titre que le bétail. Donc les femmes n’ont aucun droit.
Et ces lois sont reconnues jusque devant la Cour suprême. Les femmes ne sont
pas des objets, mais des êtres humains. Je pense aussi que le changement doit
passer par les lois et pas seulement par les mentalités. C’est au parlement de
voter une loi spécifiant que les femmes ont des droits et ne sont pas la
propriété de l’homme. Tout le monde devrait être traité avec équité devant la
loi ».
En RDC, Françoise raconte les circonstances de son viol par
des militaires en 2003... Cathy, membre de Solidarité des Associations
Féminines pour les Droits de la Femme (SAFDF), une organisation
congolaise qui lutte pour l’accès des femmes à la justice, aborde les divers
problèmes liés au viol: l'indifférence des autorités, constituées pour la
plupart d'hommes, la contamination des femmes violées par le virus du sida,
l’exclusion des victimes rejetées par leurs familles, la prise en charge des
enfants issus du viol et l’impunité des auteurs de crimes sexuels. Pour palier
à l’absence des femmes dans les services de police et de justice, et contrer
les réticences des victimes agressées par des hommes à exposer leurs problèmes
devant d’autres hommes, l’association de Cathy accompagne ces femmes pour
« les rapprocher de la justice ».
Zanouba est réfugiée au Tchad pour fuir les persécutions du
régime de Khartoum. Elle explique les conditions de vie des femmes dans le camp
d'Iriba qui accueille environs 15 000 réfugiés: les guerres entre les
différentes familles au sein des camps, la violence des hommes, les longues
jounées des femmes qui sont souvent les seules à travailler, les marches
interminables pour aller chercher du bois et de l'eau au cours desquelles les
viols sont fréquents.
A Gulu, au Nord Est de l’Ouganda, Rose Marie soigne les victimes du conflit qui oppose l’Armée de Résistance du Seigneur (un groupe armé rebelle) aux forces gouvernementales. Les garçons sont enrôlés comme soldats de Dieu, les filles les plus jolies offertes aux combattants, les autres abattues. Le dispensaire de Rose Marie accueille ces jeunes filles qui ont été kidnappées, violées, esclavagisées et tente de les aider à se réinsérer dans la société et à vivre après de telles souffrances. « Depuis tant d’années, sans jamais baisser les bras devant le cynisme épouvantable des pouvoirs, sans céder à la peur et aux menaces, Rose Marie s’applique à réparer des vies dévastées ».




