"Umoja, le village interdit aux hommes", un film de Jean-Marc Sinclair et Jean Crousillac (Manta Productions)

Le village d'Umoja créé en 1991, accueille une cinquantaine de femmes, dont la plupart ont été violées par des militaires britanniques puis répudiées par leurs maris, et près de 130 enfants. Depuis 30 ans, près de 1600 femmes samburus disent avoir été violées par des soldats de l'armée britannique. Rebecca Lolosoli, co-fondatrice du village, élue ambassadrice des femmes samburus, enseigne aux femmes de la région leurs droits fondamentaux. Les femmes d'Umoja vivent du tourisme, et de la vente des bijoux qu'elles fabriquent. Elles ont construit une école où leurs enfants suivent un enseignement en anglais, dans le respect de l'égalité des sexes. Umoja a servit d'exemple, et les femmes d'autres villages, bien qu'elles vivent toujours avec leurs maris, ont voulu acquérir le droit à la propriété et au respect et ont adopté le même mode de fonctionnement.

Le gouvernement kenyan s'engage à nouveau chaque année à laisser les soldats britanniques revenir dans la région. Les femmes du district ont été interrogées sur les violences qu'elle ont subies mais aucune information ne leur a été communiquée quant à l'état d'avancement de leurs plaintes. Les soldats n'ont été jugés ni au Royaume-Uni, ni au Kenya. Suite aux violences entraînées par les élections présidentielles de décembre 2007, les étrangers ont été rapatriés et le petit flot de touristes, unique source de revenus du village, s'est asséché de jour en jour. Aujourd'hui les femmes d'Umoja n'ont plus de ressources et sont affamées.

Interview des Réalisateurs pour http://www.obiwi.fr

FIPA d'argent 2009 catégorie "Grands Reportages & Faits de Société".

DVD disponible sur www.mantaprod.com

Le but de la campagne n'est pas d'encourager des initiatives comme la création du village de femmes d'Umoja, mais plutôt de dénoncer la détresse dans laquelle les femmes se trouvent après avoir été violées et rejetées par leur communauté. Nous voulons montrer que pour survivre, lorsqu'elles ont été exclues de leur foyer, et pour échapper à la violence des hommes, certaines femmes sont contraintes de vivre reclues, en marge de la société, à l'écart des hommes. Cette situation est déplorable et nous demeurons convaincus que le meilleur moyen d'acquérir l'égalité entre les sexes et de mettre fin aux violences et aux discriminations à l'égard des femmes, est d'adopter des lois de protection des droits des femmes en s'assurant de leur mise en oeuvre. Cet objectif ne pouvant être atteint qu'en associant les hommes à ce combat et en luttant ensemble. Néanmoins, nous apportons tout notre soutien aux femmes du village d'Umoja et à toutes les femmes que la violence et l'incompréhension des hommes ont poussées à entreprendre de telles initiatives.