Africa for Women's Rights | L'afrique pour les droits des femmes

To content | To menu | To search

Monday 31 August 2009

Bafing Kul écrit à la presse malienne pour l'adoption du nouveau Code de la famille

OBJET : Lettre ouverte sur le nouveau code des personnes et de la Famille-Mali

Monsieur,

Je me permets d’écrire à votre journal à travers ce mail pour donner mon opinion sur le Code des personnes et de la Famille du MALI

Je n'arrive pas à comprendre que des voix s'élèvent contre ce code dans notre pays, qui est une grande avancée de notre société. Je prie tous les Maliens de réfléchir et de conclure.

A quoi bon dire :

- que les Femmes sont nos mères,
- que nous les respectons et vouloir ne lui laisser qu’une seconde place dans notre société ?
Refusons cela, chaque société doit évoluer positivement, la femme doit bénéficier des mêmes droits que l'homme dans ce monde actuel. Le monde ne se limite pas au MALI et le Mali vit avec le monde.
Ne nous laissons pas guider par les extrémistes de tout bord, aucune société n'a le monopole de la justice et de la liberté.
Toutes les bonnes idées ne viennent pas de l'occident, il y a des personnes bonnes et justes au Mali, depuis toujours, écoutons-les enfin. N'instrumentalisons pas la religion, l'Humanité doit primer sur les traditions, car celles-ci n'existent que si l'homme existe, et l’Homme ne pourra pas exister, sans justice, sans droit, sans paix.
Est-il juste qu'une épouse ne puisse pas bénéficier des biens de son époux après son décès ? Qu’une mère ne puisse pas avoir autant de droits sur son propre enfant que son Mari ?
Qu’une femme ne puisse pas dire non  à un mariage? Demander le divorce ?

De quoi avons-nous peur ? de nous même ?
Nous avons le choix de ne pas choisir le même chemin que nos Parents, sans pour autant les nier.
Croyiez moi je suis un vrai Bambara, j'aime le" Tô ", j’aime et je suis fier de ma culture. Mes ancêtres avaient beaucoup de femmes et peut-être n'avaient-elles pas droit à la Parole. Seulement, j'aimerai corriger certaines injustices que mes ancêtres ignoraient ou qu'ils ne voulaient pas savoir. Aujourd'hui, nous savons donc nous pouvons.
Ne blâmons pas nos enfants et nous même.
Laissons cette chance à nos mères, à nos femmes, à nos sœurs, nos filles, ainsi que toutes les femmes au Mali, grâce à ce nouveau code des personnes et de la famille.

En espérant que vous publierez cet article dans votre journal,

Veuillez, agréer, Monsieur, mes salutations distinguées

Bafing kul
Auteur -Compositeur-Interprète
www.myspace.com/bafinkul

Thursday 20 August 2009

RDC : La Ligue des Electeurs (LE), l'ASADHO et le Groupe LOTUS mobilisés pour la journée de la femme africaine

Kinshasa, Kisangani, le 31 juillet 2009 - La Ligue des électeurs, en collaboration ave l'ASADHO, a organisé le 31 juillet 2009, une conférence de presse à l'occasion de la journée des femmes africaines. Au total, 6 organes de presse écrite étaient au rendez vous (Tempête des Tropiques, Potentiel, Agence Congolaise de presse ACP, APA, Prospérité, La dépêche de Brazzaville), ainsi qu'une radio (RTNC) et une Télévision (Canal Numérique Télévision CNTV). Des membres des ONG soeurs et organisations communautaires de base étaient aussi présents.

Le point de presse a été co-animé par Grâce LULA (Ligue des Electeurs) et Maître JOSEPHAT (ASADHO), points focaux de la campagne "L'Afrique pour les Droits des Femmes, Ratifier et Respecter!". Elles ont parlé de la motivation, du pourquoi de la campagne, du lancement de la campagne le 8 mars (temps forts de la campagne), des actions de sensibilisation menées, des préoccupations (cahier d'exigeances), du plaidoyer fait avec la Présidente de la FIDH, Souhayr Belhassen, lors de sa dernière mission en RDC, des organismes qui soutiennent la campagne et des personnalités qui la portent. Elles ont particulièrement parlé de la journée du 31 juillet, des avancées timides au niveau de la RDC pour ratifier certains instruments, et ont longuement évoqué le protocole de Maputo qui vient d'être ratifié en février 2009 et du travail qui reste à faire pour la ratification du Protocole à la CEDAW.

Le communiqué de presse de la journée de la femme africaine, ainsi que la déclaration de campagne et la charte de coopération ont été largement diffusés. Un échange très interressant s'en est suivi et la presse audio et visuelle ont accordé des interviews.

A Kisangani, Betty LIKOKE du groupe LOTUS a elle aussi organisé une activité pour commémorer la journée des femmes africaines; et c'est avec la radio OKAPI et quelques membres des organisations de la société civile que cela s'est tenue.

Wednesday 19 August 2009

Launch of the Red Light 2010 Campaign

The Red Light 2010 Campaign is a call to action challenging everyone to act against trafficking by standing together and rejecting the exploitation and abuse of women and children.

The Red Light 2010 Campaign abides by the premise that human beings are not for sale; women and children rights to freedom, dignity and life, must be respected by all.

By working with partners in all fourteen (14) countries in the Southern African Development Community (SADC) region we are asking governments to take measures to combat trafficking, to put in place policies and laws to protect women and children, and strengthen the government institutions responsible for putting these laws and policies into practice.

We know that real and lasting change occurs when citizens are informed of their rights and are able to claim their rights. With this in mind, Red Light 2010 aims to contribute to increased awareness of human rights, gender, the law and human trafficking in the Southern African region.

While the campaign references the FIFA 2010 World Cup, the issue of human trafficking extends beyond that event, and therefore, our efforts will aim to tackle policy issues surrounding human trafficking and sexual exploitation after the final game of the World Cup. This lasting change will have an important impact on the region, and will safeguard the lives of those who would otherwise fall to this terrible vice.

The Campaign has been launched by Women and Law in Southern Africa (WLSA), member of the Africa for Women's Rights Campaign Steering Committee, and Southern Africa Network Against Trafficking and abuse of children (SANTAC),

For more information on the campaign visit the Redlight 2010 campaign website

Wednesday 5 August 2009

Le Comité des droits de l’Homme des Nations unies préoccupé par les discriminations et les violences à l'égard des femmes au Tchad

Genève-Ndjaména, le 5 août 2009 – Lors de son examen de la situation générale des droits de l'Homme au Tchad, le Comité des droits de l'Homme des Nations unies a exprimé son inquiétude concernant la situation des femmes dans ce pays.

Les préoccupations de la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) et ses organisations membres au Tchad, la Ligue tchadienne des droits de l'Homme (LTDH) et l'Association tchadienne pour la promotion et la défense des droits de l'Homme (ATPDH), concernant les discriminations et les violences à l'égard des femmes ont fait l'objet de recommandations fortes de la part du Comité des droits de l'Homme des Nations unies. Le Comité, dans ses conclusions finales du 30 juillet 2009, a appelé le Tchad à mettre fin aux mutilations génitales féminines ainsi qu'aux nombreuses discriminations à l'encontre des femmes découlant de l'application du droit coutumier, y compris dans le cadre du régime successoral et de la propriété.

Le Comité a appelé le Tchad à prendre des mesures efficaces pour éradiquer la violence domestique, en encourageant les victimes à dénoncer les faits et en leur octroyant une assistance effective. Le Tchad devrait aussi adopter un texte d’application permettant un recours accru à la loi sur la santé et la réproduction de 2002, et veiller à ce que les auteurs de violence domestique soient effectivement sanctionnés.

Le Comité a appelé le Tchad à prendre les mesures nécessaires, y compris législatives, pour l’abolition de la polygamie, et adopter et appliquer des mesures éducatives susceptibles de la prévenir.

Le Comité s'est également prononcé préoccupé par la faible représentation des femmes dans la vie publique et à appelé le Tchad à promouvoir davantage leur participation, renforcer leur éducation et garantir leur accès à l’emploi.

Concernant les femmes déplacées à l'intérieur du pays, le Comité a noté avec préoccupation qu'elles sont souvent victimes de viols et d’autres formes de violences sexuelles de la part de milices et de groupes armées. Le Comité a notamment appelé le Tchad à renforcer sa capacité à assurer la protection des femmes déplacées, mener des enquêtes, entamer des poursuites, sanctionner tout auteur de violences sexuelles et octroyer aux victimes toute l’assistance nécessaire.

Enfin, le Comité a évoqué avec préoccupation le cas particulier de la mineure Khadidja Ousmane Mahamat, qui a été forcée à un mariage précoce à l’âge de 13 ans et demi et accusée d’avoir empoisonné son mari de 70 ans. Non encore jugée, elle est en prison depuis 2004, où elle a été violée par un responsable de prison des œuvres duquel elle a eu un enfant, et où elle continue à être victime d’abus sexuels. "(Le Tchad) devrait protéger Khadidja Ousmane Mahamat, lui octroyer toute l’assistance nécessaire et juger et sanctionner les auteurs des violences perpétrées à son égard," a déclaré le Comité.

La FIDH et ses organisations membres appellent donc les autorités tchadiennes à mettre en œuvre dans les plus brefs délais l’ensemble des recommandations du Comité, qui feront l'objet d'un suivi attentif non seulement de la part du Comité onusien, mais également de nos organisations.

Friday 31 July 2009

Journée des femmes africaines : « Nous exigeons de l'action ! »

Communiqué

VERSION PDF

ENGLISH VERSION

Le 31 juillet 2009 - A l'occasion de la journée de la femme africaine, la coalition de la campagne, soit plus d'une centaine d'organisations présentes sur l'ensemble du continent africain, soutenues par des Prix Nobel de la paix, Desmond Tutu et Shirin Ebadi, des Prix Nobel de littérature, Wole Soyinka et Nadine Gordimer, et de nombreux artistes (comme Youssou N'Dour, Angélique Kidjo ou Tiken Jah Fakoly...), renouvellent leurs appels aux autorités pour la ratification des instruments internationaux et régionaux de protection des droits des femmes et leur respect en droit et en pratique. Les organisations de la campagne organiseront des conférences, des manifestations, des émissions sur les radios nationales...etc, afin de sensibiliser leurs populations et porter le message de la campagne haut et fort.

Cette journée est également l'occasion de dresser un bilan des avancées accomplies depuis le lancement de la campagne « l'Afrique pour les droits des femmes » début 2009.

RATIFIER ! La Coalition de la campagne se félicite tout d'abord de la ratification par la République démocratique du Congo (DRC) en février et par le Cameroun en mai 2009 du Protocole à la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples relatif au droit de la femmes en Afrique.

« Si ces engagements constituent des pas importants vers le respect des droits humains des femmes, ils ne suffisent pas. Nous demandons qu'ils soient suivis de réformes des lois et des politiques dans ces deux pays où les droits des femmes continuent à être bafoués au quotidien » a souligné le Comité de pilotage de la campagne.

RESPECTER ! Considérant que le respect concret et durable des droits des femmes passe par la modification de l'environnement législatif, la Coalition de la campagne se félicite de l'adoption de nouvelles lois destinées à promouvoir et protéger les droits des femmes, comme la loi du 16 avril sur les quotas au Burkina Faso qui exige un minimum de 30% de personnes de chaque sexe sur les listes électorales municipales et législatives.

« Nous reconnaissons le travail de longue haleine mené par les organisations de la société civile burkinabée pour franchir ce pas important. Nous restons solidaires jusqu'à l'obtention de la parité ! » a déclaré le Comité de pilotage de la campagne.

« Chaque signe de progrès est un encouragement et renforce notre mouvement, mais nous sommes conscientes que le plus dur reste à faire », a conclu le Comité de pilotage de la campagne, « A l'occasion de la journée des femmes africaines, au nom de toutes les organisations qui soutiennent la campagne à travers le continent, nous demandons aux autorités africaines de profiter de cette occasion symbolique pour progresser vers l'égalité et le respect intégral des droits humains des femmes ».

Press contact: Karine Appy 00 33 1 43 55 14 12 / 00 33 1 43 55 25 18

Thursday 30 July 2009

Les droits des femmes au Mozambique

En juin 2007, le Comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes (CEDAW) a émis des recommandations à l'attention des autorités du Mozambique afin que soit mis un terme aux discriminations et aux violences à l'égard des femmes, en droit et en pratique.

Lisez le Communiqué de presse émis par la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) et la Ligue Mozambicaine des droits de l'Homme (LMDH) qui résume ces recommandations.

Lisez également le rapport de la mission d'enquête effectuée par la FIDH et la LMDH au Mozambique en mai 2007 "Les droits des femmes au Mozambique: lutter contre les pratiques illégales".

Saturday 25 July 2009

Congrès de l’UIDH : Des princes autocrates accablés

Le Scorpion, 22/07/2009

Les activistes en chef de l’Union interafricaine des droits de l’homme (UIDH) ont mis à profit leur congrès extraordinaire tenu du 15 au 17 juillet à Bamako pour accabler violemment les princes autocrates. Me Brahima Koné, président de cette Union et de l’Association Malienne de Droits de l’Homme (AMDH), a rappelé que jusqu’à une date récente, la gouvernance était considérée comme un sujet tabou avec une coloration politique. « De nos jours, les militants des droits de l’Homme ont rompu avec cette tradition, estimant qu’ils ont le devoir de parler de ce qui est, de dire en toute sérénité ce qui doit être », a-t-il affirmé. Et d’ajouter : «Face au recul démocratique en Afrique, où les dirigeants sont imprégnés du soupçon de n’être là que par l’appât du gain, pour se servir et non pour répondre à l’intérêt général, nous devons aider les populations à donner une correction démocratique à tous ces vendeurs d’illusions qui pensent qu’on peut nourrir le peuple avec des discours et se maintenir au pouvoir par la force ».

Selon la présidente de la FIDH, Souhayr Belhassen, «nous devons relever deux défis majeurs pour aider à la reconstruction de l’Etat de droit et ainsi permettre le dialogue pour des avancées dans la promotion et la protection des droits de l’Homme ». Elle précise que le premier défi essentiel est la lutte contre l’impunité des crimes les plus graves aux fins de répondre au droit des victimes à la justice. S'agissant du second, non moins important, la défenseuse des droits de l’Homme prend fait et cause pour ces femmes africaines. Pour elle, celles-ci font l’objet de discriminions ancrées en droit et en fait. Ces couches vulnérables se voient refuser l’égalité des droits à l’héritage, à la propriété, à la tutelle et à la garde des enfants, et doivent se soumettre à l’autorité du mari. Elles ont un accès restreint et inégalitaire à l’éducation, aux soins, aux affaires publiques et peinent à faire valoir leurs droits devant la justice.

Souhayr Belhassen a révélé que la FIDH et plusieurs organisations régionales de protection des droits de l’Homme généralisées ou spécialisées dans la défense des droits des femmes, se sont unies pour lancer une campagne spécifique appelée «L’Afrique pour les droits des femmes». C’est une invitation aux décideurs politiques à ratifier sans réserve et respecter les textes régionaux et internationaux de protection des droits humains des femmes.

A noter que les activistes infatigables ont présenté le rapport annuel 2009 de l’Observatoire pour la protection des Défenseurs de Droits de l’Homme. Il ressort que certains serviteurs des « sans voix » brillent par leur degré d’engagement et d’autres sont sous l’orage noir du ramollissement à cause du fait de prince.

M.Maïga

Lire l'article sur maliweb.net

Wednesday 22 July 2009

La FIDH rencontre les autorités maliennes: la réforme du Code de la famille sera-t-elle enfin adoptée ?

Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH et Sidiki Kaba, président d'Honneur de la FIDH ont été invités à participer aux cérémonies d'ouverture et de clôture du Congrès Extraordinaire de l'Union interafricaine des droits de l'Homme (UIDH) qui s'est tenu à Bamako (Mali), du 15 au 17 juillet 2009. Accompagnés des membres du bureau de Coordination de l'UIDH, ils ont saisi cette occasion pour rencontrer les autorités maliennes et leur faire part des recommandations de la FIDH concernant l'adoption du projet de réforme du Code de la Famille et de la Personne. La délégation de la FIDH en a également profité pour marquer la publication du rapport annuel 2009 de l'Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l'Homme.

Mali1
Souhayr Belhassen remet le badge de la campagne "L'Afrique pour les droits des femmes: Ratifier et Respecter" au Premier Ministre du Mali, M. Modibo Sidibé.

Le Mali a ratifié la Convention CEDAW en 1985 sans pour autant incorporer ses dispositions en droit interne. Le Mali a également ratifié le Protocole à la Charte africaine relatif aux droits des femmes en Afrique en 2005 et a soumis, en 2006, son rapport périodique au Comité CEDAW. La FIDH espère que ces initiatives accéléreront le respect des droits des femmes dans ce pays.

Car force est de constater que, faute d'un cadre législatif conforme à ces instruments, les femmes maliennes continuent d'être l'objet de discriminations et de pratiques néfastes: persistance des mutilations génitales féminines, violence à leur égard perpétrée en toute impunité, âge légal du mariage inférieur à celui des hommes, autorisation de la polygamie ou encore absence d’interdiction de la pratique du lévirat. Préoccupé par la persistance de législations discriminatoires, le Comité CEDAW a ainsi appelé les autorités maliennes à «accorder un rang de priorité élevé à la réforme de la législation et, en particulier, à mener à terme le processus nécessaire pour adopter au premier trimestre 2006 le projet de code de la personne et de la famille», une recommandation qui figurait également dans la note publiée en 2006 par la FIDH sur la situation des femmes au Mali..

Au cours d'une audience accordée le 15 juillet 2009 à la FIDH ainsi qu'aux représentants de son organisation membre au Mali, l'Association malienne des droits de l'Homme (AMDH), le Premier Ministre, Monsieur Modibo Sidibé, a annoncé l'adoption, en Conseil des Ministres, du projet de réforme du Code de la Famille et de la Personne. La FIDH a accueilli avec satisfaction la présentation du projet devant l'Assemblée nationale du Mali. L'adoption du nouveau Code de la famille constituera en effet une avancée importante pour le respect des droits humains des femmes maliennes.

Au nom de toutes les organisations et personnalités signataires de la campagne «L'Afrique pour les droits des femmes: Ratifier et Respecter» la FIDH appelle l'ensemble des parlementaires maliens, en cette trentième année de la Convention CEDAW, à affirmer leur engagement en faveur des droits des femmes au Mali en adoptant ce projet de réforme.

La FIDH déplore toutefois le fait que, contrairement aux obligations internationales et régionales du Mali, ce projet de réforme reste silencieux sur plusieurs violations graves des droits des femmes, notamment les mutilations génitales féminines et le viol conjugal.

La FIDH et les organisations signataires de la campagne espèrent que l'Assemblée Nationale ne tardera pas à respecter les engagements pris par le Mali et appelle les autorités et les législateurs à assurer la mise en conformité pleine et entière des lois internes avec les instruments internationaux et régionaux de protection des droits humains de femmes.

Monday 20 July 2009

Les points focaux de la campagne marquent la journée des femmes africaines

english version

A l'occasion de la journée des femmes africaines, le 31 juillet 2009, les points focaux de la campagne organisent des actions de mobilisation, de sensibilisation et de plaidoyer afin d'amener leurs autorités à ratifier les principaux instruments internationaux et régionaux de protection des droits des femmes et de les respecter en droit et en pratique. Le thème de cette édition 2009 est « Promouvoir l’autonomisation des femmes et leur accès aux services de la Santé de la Reproduction dans un contexte de crise économique »

Au Sénégal, l'Organisation nationale des droits de l'Homme (ONDH), organisera une grande conference au centre culturel Douta Seck de Dakar sur la nécessité d harmoniser le Code de la famille sénégalais avec les conventions internationales ratifiées par le Sénégal et le Protocole de Maputo, notamment en ce qui concerne l'age de mariage des jeunes filles et l'égalite des époux en matiere d'autorité familiale.

SWAA/Senegal obtiendra des temps d'antenne sur des radios communautaires pour lancer un appel à toute la population sénégalaise, surtout aux femmes, sur l'importance de la journée de la femme africaine.

Au Togo, le 28 juillet, WILDAF sera l'invitée d'émissions radiophonique sur 2 radios urbaines et 2 radios communautaires. Le 29 juillet, l'organisation organisera une action de salubrité dans la matinée, et une action de sensibilisation de masse dans l’après –midi dans la préfecture de Vo (enceinte de la mairie de la ville de Vogan).

Plus d'informations à suivre...

Friday 10 July 2009

ENGAGEZ VOUS POUR LES DROITS DES FEMMES !

Communiqué de presse

La coalition l'Afrique pour les droits des femmes : ratifier et respecter lance un appel aux Etats n'ayant toujours pas ratifié le Protocole à la Charte africaine relatif aux droits de la femme en Afrique

english version

Le 11 juillet 2009 - Aujourd'hui le Protocole à la Charte africaine des droits de l'Homme et des peuples relatif aux droits de la femme en Afrique fêtera ses six ans. Adopté en 2003 à Maputo, Mozambique, et entré en vigueur en 2005, le Protocole a désormais été ratifié par la majorité des Etats africains qui se sont engagés à «éliminer toutes formes de discrimination à l'égard des femmes et (à) assurer la protection des droits de la femme». Cependant 26 Etats n'ont toujours pas ratifié le Protocole** .

Ce texte extrêmement important, à l'instar de la Convention des Nations unies sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (Convention CEDAW) ratifiée par la quasi totalité des Etats africains, offre un cadre juridique de référence pour assurer le respect des droits humains des femmes: élimination des discriminations et des pratiques néfastes; droit à la vie et à l'intégrité physique; égalité des droits en matière civile et familiale ; accès à la justice; droit de participation au processus politique; protection dans les conflits armés; droits économiques et protection sociale; droit à la santé et à la sécurité alimentaire, etc.

Convaincues que la lutte contre les discriminations et les violences à l'égard des femmes passe par la modification du cadre législatif, plus d'une centaine d'associations ont lancé, le 8 mars dernier la campagne «L'Afrique pour les droits des femmes: Ratifier et Respecter» appelant les États africains à ratifier le Protocole de Maputo et les autres instruments de protection des droits humains des femmes et à tout mettre en oeuvre pour garantir le respect de leurs dispositions.

Menée par la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH), en coopération avec cinq organisations régionales africaines*** , cette campagne est soutenue par de nombreuses personnalités, telles les prix Nobel de la paix Mgr Desmond Tutu et Shirin Ebadi, les prix Nobel de littérature, Wole Soyinka et Nadine Gordimer, par les artistes Angélique Kidjo, Tiken Jah Fakoly et Youssou N'Dour ou encore par Mme Soyata Maiga, Rapporteure spéciale de la Commission africaine des droits de l'Homme et des peuples sur les droits des femmes en Afrique.

Toutes les organisations et personnalités signataires de la campagne vous appellent par conséquent à saisir l'occasion de l'anniversaire du Protocole à la Charte africaine sur les droits de la femme en Afrique pour le ratifier et ainsi affirmer vos engagements en faveur des droits des femmes dans vos pays.


** Algérie, Botswana, Burundi, Cameroun, Congo-Brazzaville, Côte d'Ivoire, Egypte, Erythrée, Ethiopie, Gabon, Guinée, Guinée équatoriale, Kenya, Madagascar, Maurice, Niger, Ouganda, République centrafricaine, Sao Tome et Principe, Sierra Leone, Somalie, Soudan, Swaziland, Tchad, Tunisie


*** Femmes Africa Solidarités (FAS), Women in Law in South Africa (WLSA), African Center for Democracy and Human Rights Studies (ACDHRS), Women in Law and Development in Africa (WILDAF) et Women's aid Collective (WACOL)

Thursday 25 June 2009

"L'Afrique pour les droits des femmes" est soutenue par...


youssou_ndour1.jpgl17464025945_9875.jpgl19432794385_1990.jpgKidjo.jpgmaryseconde.jpgn629895569_3046230_7556.jpg42.jpgJane_b.jpgwole_soyinka_image.jpgBafing_Kul.jpgantoinette_fouque.jpgnews_tiken-jah.jpgSalif KeitaAmadou & Mariam

  • Youssou N'Dour, Artiste
  • Tiken Jah Fakoly, Artiste
  • Desmond Tutu, Prix Nobel de la paix, 1984
  • Nadine Gordimer, Prix Nobel de littérature, 1991
  • Angélique Kidjo, Artiste
  • Maryse Condé, Ecrivaine
  • Shirin Ebadi, Prix Nobel de la paix, 2003
  • Rachid Taha, Artiste
  • Jane Birkin, Artiste
  • Wolé Soyinka, Prix Nobel de littérature, 1986
  • Bafing Kul, Artiste
  • Antoinette Fouque, Fondatrice du MLF et défenseure des droits des femmes
  • Salif Keita, Artiste
  • Amadou & Mariam, Artistes
  • Juge Sanji Monageng, Présidente de la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples
  • Yakin Ertürk, Ex-Rapporteur Spécial des Nations Unies sur les violences faites aux femmes
  • Soyata Maiga, Rapporteur Spécial sur les droits des femmes, Commission Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples
  • Reine Alapini-Gansou, Rapporteure spéciale sur les défenseurs des droits de l'Homme en Afrique, Commission africaine des droits de l'homme et des peuples
  • Zainabo Sylvie Kayitesi, Présidente du Groupe de travail sur la peine de mort, Commission africaine des droits de l'homme et des peuples
  • Pramila Patten,Expert des Nations Unies, Comité sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW)
  • Angela de Melo, Directrice de la Division des droits de l'homme, de la sécurité humaine et de la philosophie, UNESCO
erturk.jpgCIMG0203.JPGd936f3b3b0.jpgspeakers5.gifReine_alapini_gansou.jpgJusticeSanjiMmasenonoMON.jpg

Friday 22 May 2009

144 organisations ont signé la Déclaration de campagne / have signed the Campaign Declaration!


Après le 8 mars, date de la journée internationale de la femme et du lancement de la campagne, 138 ONG locales réparties dans 34 pays du continent africain et 6 ONG à vocation internationale ont accepté de signer la déclaration de la campagne, et ainsi d'agir auprès des autorités et des populations pour relayer le message de la campagne au niveau national :

Following the actions undertaken across the continent to mark 8 March 2009, International Women's Day and the launch of the Campaign "Africa for Women's Rights", 138 grassroots NGO's in 34 countries across Africa and 6 international NGO's have signed the Campaign Declaration. They will call upon their national authorities to "ratify and respect" international texts guaranteeing women's rights and raise public awareness at the national level:

Afrique du Sud / South Africa
Le point focal de la campagne / Campaign focal point: Lawyers for Human Rights (LHR)

Bénin
Les points focaux de la campagne / Campaign focal points: La Ligue pour la Défense des Droits de l'Homme, Wildaf Benin

Botswana
Le point focal de la campagne / Campaign focal point: The Botswana Centre for Human Rights

Les organisations qui soutiennent la campagne / Organisations supporting the Campaign: Women Against Rape, Kagisano Women’s Shelter Project, the Botswana Council of Women

Burkina Faso
Les points focaux de la campagne / Campaign focal points: le Mouvement Burkinabe des droits de l'Homme et des Peuples, Wildaf Burkina Faso, Réseau de Communication d’information et de formation des femmes dans les ONG

Burundi
Les points focaux de la campagne / Campaign focal points: la Ligue burundaise des Droits de l'Homme (ITEKA), Centre de paix pour Femmes, Dushirehamwe,

Les organisations qui soutiennent la campagne / Organisations supporting the Campaign: Association des femmes juristes du Burundi, Action pour le développement des familles rurales

Cameroun / Cameroon
Le point focal de la campagne / Campaign focal point: Maison des Droits de l'homme

Les organisations qui soutiennent la campagne / Organisations supporting the Campaign: ACAT-Littoral, les Chrysalides du Nkam, Women's conselling and information group, JAPHEC (association des femmes journalistes du Cameroun), ALVF Maroua, PRODOH, Association des filles et femmes de Bonadoumbe, Ligue des femmes catholiques du Cameroun, Association des femmes musulmane du Cameroun, Association Bora Nsoke, Crappa Douala (pour les femmes), Ngo MBE Maximilienne, ACAT-Bamenda

Cap vert / Cape Verde
Les points focaux de la campagne / Campaign focal points: Rede de Mulheres Economistas de Cabo Verde (REDEMEC), Associaçao Caboverdiana de Mulheres Juristas

Congo
Le point focal de la campagne / Campaign focal point: Observatoire Congolais des Droits de l'Homme

Côte d’Ivoire
Les points focaux de la campagne / Campaign focal points: Mouvement ivoirien des droits humains, Wildaf Côte d'Ivoire, Association des Femmes Juristes de la Côte d'Ivoire

Les organisations qui soutiennent la campagne / Organisations supporting the Campaign: Action pour la Protection des Droits de l'Homme (APDH), Organisation des Femmes Actives de Côte d'Ivoire (OFACI), Organisation pour l'Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA), Conseil supérieur des rois et chefs traditionnels de Côte d'Ivoire (CSRCT-CI), Syndicat national de la presse privée de Côte d'Ivoire (Synappci), Parti Ivoirien des Travailleurs (PIT), Forum International des Femmes pour la paix, l'Egalité et le Développement (FIFEM Côte d'Ivoire), Femmes CI experience

Djibouti
Le point focal de la campagne / Campaign focal point: Ligue Djiboutienne des Droits Humains

Ethiopie
Le point focal de la campagne / Campaign focal point: Ethiopian Human Rights Council (EHRCO)

Gambie / Gambia
Le point focal de la campagne / Campaign focal point: Female Lawyers Association Gambia (FLAG)

Ghana
Le point focal de la campagne / Campaign focal point: Wildaf Ghana

Guinee Bissau
Le point focal de la campagne / Campaign focal point: Liga Guineense dos direitos do homen (LGDH)

Guinée Conakry
Les points focaux de la campagne / Campaign focal points: Organisation Guinéenne pour la défense des droits de l'Homme, Wildaf Guinée Conakry, Coalition Nationale de Guinée pour les Droits de la Citoyenneté des Femmes (CONAG-DCF)

Kenya
Le point focal de la campagne / Campaign focal point: Kenya Human Rights Commision (KHRC)

Les organisations qui soutiennent la campagne / Organisations supporting the Campaign: Hope Africa, Satima Consultants Nairobi

Lesotho
Le point focal de la campagne / Campaign focal point: Wlsa Lesotho

Libéria
Les points focaux de la campagne / Campaign focal points: Liberia Watch for Human Rights, Association of Female Lawyer (AFELL)

Les organisations qui soutiennent la campagne / Organisations supporting the Campaign: WIPNET

Malawi
Le point focal de la campagne / Campaign focal point: Wlsa Malawi

Mali
Le point focal de la campagne / Campaign focal point: Wildaf Mali, Association Malienne des Droits de l'Homme

Mauritanie / Mauritania
Les points focaux de la campagne / Campaign focal points: Association Mauritanienne des Droits de l'Homme (AMDH), Association des femmes chefs de famille (AFCF)

Mozambique
Le point focal de la campagne / Campaign focal point: Wlsa Mozambique

Niger
Les points focaux de la campagne / Campaign focal points: Coordination des ong et Associations Féminines Nigériennes (CONGAFEN), ONG Dimol, Association Nigérienne des Droits de l'Homme (ANDH)

Nigeria
Les points focaux de la campagne / Campaign focal points: Civil Liberties Organisation, BAOBAB for Women's Human Rights, Wildaf-Nigeria

Les organisations qui soutiennent la campagne / Organisations supporting the Campaign: WANEP

Ouganda / Uganda
Le point focal de la campagne / Campaign focal point: Foundation for Human Rights Initiative (FHRI)

Les organisations qui soutiennent la campagne / Organisations supporting the Campaign: Akina Mama Waa Africa, BAWA WFP

RDC / DRC
Les points focaux de la campagne / Campaign focal points: ASADHO, Ligue des Electeurs, Groupe Lotus

Les organisations qui soutiennent la campagne / Organisations supporting the Campaign: Cause rurale, LIFDED, SOFEPADI

Rwanda

Les organisations qui soutiennent la campagne / Organisations supporting the Campaign: Rwanda Womens Network

Sénégal
Les points focaux de la campagne / Campaign focal points: Organisation nationale des droits de l'homme, RADDHO, SWAA Senegal, Wildaf Senegal

Sierra Leone
Les points focaux de la campagne / Campaign focal points: Women's Forum, Forum for African Women Educationalists (FAWE)

Les organisations qui soutiennent la campagne / Organisations supporting the Campaign: Advocacy Movement Network, Civil Society Movement, Democracy and Development Associated, Human Rights Commission of Sierra Leone, Mano River Women Peace Network, Hope, Amputee Association, Catholic Women's Association, Federation of Muslim Women's Association, Women in Action, Women in Need, UAF Global, National Commission for Democracy, Sisters in Development, Family Support Unit, Seventh Day Adventist Women, UAF Africa, WASN Marate, Christian Aid, WARDA, BATWO, Forum of Conscience, YAPAD, Human Rights International, War Wounded Association, Motor Drivers Union, International Rescue Committee, ENCISS, CARE (SL), Action Aid International Sierra Leone, Positive Women's Network S.A., Partners Women Commission, UMC Women's Organisation, Market Women' s Organisation, Inter Religious Council of Sierra Leone, Peace Building Commission, Commission for Good Governance, SLPP Women's Wina, Academic Staff Association (Niala University), Journalists for Human Rights, TEDEWOSIL, Brima Sierra Leone

Somalie / Somalia

Les organisations qui soutiennent la campagne / Organisations supporting the Campaign: Play Therapy, SSWC

Swaziland
Le point focal de la campagne / Campaign focal point: Wlsa Swaziland

Tchad / Chad
Le point focal de la campagne / Campaign focal point: Ligue Tchadienne des Droits de l'Homme

Togo
Les points focaux de la campagne / Campaign focal points: Ligue togolaise des droits de l'homme, Wildaf Togo

Zimbabwe
Les points focaux de la campagne / Campaign focal points: Zimrights, Wlsa Zimbabwe

ONG internationales / International NGOs
Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH), African Centre for Democracy and Human Rights Studies (ACDHRS), Femmes Africa Solidarité (FAS), Women and Law in South Africa (WLSA), Women in Law and Development in Africa (WILDAF), Women's Aid Collective (WACOL)

Tuesday 19 May 2009

WLSA Zambia launch a campaign against women trafficking during the World Cup 2010 in South Africa

WLSA Zambia and its partners at national level will be launching the Red Light 2010 Campaign on Friday 22nd May, at Chipata Community Football Grounds in Chipata Compound, Lusaka (Zambia), from 8:30 to 12:30 hrs, to prevent migrations of girls and women across southern Africa to satisfy football supporters sexual appetite in South Africa.

Women and Law in Southern Africa Research and Educational Trust (WLSA) is an action- oriented research organization whose main objective is to improve the socio-legal, political and economic position of women and children in Zambia. WLSA together with partners is addressing the global concern on human trafficking and gender based violence, through the Red Light 2010 Campaign Initiative. The aim of the Campaign is to build a social movement that contributes to reducing the incidences of human trafficking and gender based violence in Southern Africa by ensuring that the 2010 world cup does not lead to increased vulnerabilities of women and children to trafficking, exploitation and abuse.

To further this end, WLSA will adopt various strategies and activities. One such strategy is a community public education and awareness campaign. In this campaign WLSA will organize and hold grass roots football matches combined with education on human rights, gender, migration, the law and human trafficking. The launch will adopt such a strategy.

logo_wlsa.gif

Syfia Grands Lacs/RD Congo - Kananga : les femmes portent davantage plainte contre leurs maris

14.05.2009 par Henriette Kumakana

À Kananga, chef lieu de la province du Kasaï Occidental, les femmes sont de plus en plus nombreuses à traduire leur mari en justice lorsqu’elles s’estiment lésées. C’est le résultat des actions menées pour le respect des droits et contre les violences faites aux femmes.

"J’élève seule les enfants depuis plus de 5 ans. J’ai le droit de recevoir le salaire de leur père pour leur survie et leur éducation. Que la justice tranche pour lui rappeler ses devoirs et mes droits", affirmait en avril dernier une femme qui venait de porter plainte contre son mari au tribunal de paix (Tripaix) de Kananga, au Kasaï occidental, au centre de la RD Congo. Selon Gilbert Mulumba, greffier principal, il était rare, naguère, que les femmes accusent ainsi leurs maris en justice.
C’est depuis 2007 que le nombre de plaintes a augmenté pour atteindre 5 à 6 par mois alors qu’il fallait plusieurs mois, dans le temps, pour en avoir autant. C’est le résultat d’actions de sensibilisation menées pour la défense des droits humains et la lutte contre les violences. La division provinciale Genre, familles et enfants est totalement engagée dans cette dynamique, appuyant des structures qui mènent à leur tour des actions de sensibilisation pour encourager les femmes à connaître et défendre leurs droits. Selon Innocent Mbumba, président de Ligue de la Zone Afrique pour la Défense de Droits des Enfants et des Femmes, le progrès à Kananga s’explique par l’intensification des actions menées, tandis qu’à l’intérieur de la province, le manque de moyens et le poids des coutumes, plus lourd qu’en ville, constituent des freins. La clinique juridique de cette Ligue a accompagné 18 femmes en justice en 2008 et déjà 7 depuis le début de l’année, précise Innocent Mbumba.

Résultat encourageant
VK, une jeune femme enceinte qui a porté plainte contre son mari, explique timidement: "Je connais mes droits suite aux actions menées dans les églises, dans le quartier et par les médias. Je l’ai accusé par amour pour qu’il s’amende." Elle précise que son mari la frappe pour qu’elle avoue être une sorcière et qu’elle reconnaisse son infidélité. Il l’oblige à s’habiller à la mode, sans jamais, pour autant, lui acheter de vêtements. Le mari ainsi accusé admet qu’une femme a le droit de traîner son époux en justice, mais seulement pour des cas frappants comme l’abandon du foyer ou la privation de pensions alimentaires.
Les activistes des droits humains et les structures locales et internationales impliquées en matière de droits se félicitent du résultat obtenu. Chantal Bakambila, chef de division intérimaire de Genre, famille et enfants, explique que la connaissance des droits des femmes par celles-ci et par les hommes est déjà un grand pas en avant : "Ils disent comprendre et respecter les droits de leurs conjointes mais demandent qu’elles ne confondent pas liberté et libertinage". Pour Joséphine Bitota, doyenne de la faculté de droit à l’Université de Kananga (UKA), en effet, "Nous sommes dans un pays régi par des lois qui doivent être appliquées". La hausse des actions en justice a aussi un effet indirect, selon Paul Loma, préposé à l’État civil de la commune de Katoka : elle accroît l’enregistrement de mariages à l’État civil, puisqu’un certificat de mariage est exigé pour aller en justice. On compte actuellement trois fois plus d’enregistrements par mois qu’avant.

La justice corrige
Les femmes qui accusent leurs époux sont pourtant mal vues. Les gens préfèrent des arrangements à l’église ou selon les traditions, afin de préserver l’intimité, la cohabitation, les croyances et les coutumes. Certains n’optent donc pour la justice qu’en cas d’échec de ces médiations. Comme cette travailleuse qui dit connaître ses droits, mais s’abstient de recourir à la justice de peur qu’une malédiction ne tombe sur ses enfants. Son conjoint, dit-elle, gagne plus de 200 $ par mois, mais lui en envoie seulement 10 depuis qu’il a une autre femme, mère d’un enfant, tandis qu’elle en a sept. "Je ne cherche pas la vengeance. Je conscientise mon mari pour qu’il revienne à la raison. En cas d’échec, j’irai en justice."
Selon le greffier du Tripaix, les difficultés viennent souvent des belles-familles et des Églises qui lancent des prophéties et ont recours à la parole de Dieu pour faire prier ces femmes toute la journée. Francy Mbombola, pasteur du Rhema, une Église de réveil, s’en défend, mais dit privilégier l’éducation : "Les études, dit-il, favorisent l’équilibre conjugal car une famille instruite connaît les droits et évite le pire." De son coté, José Muboyayi, secrétaire provincial des autorités traditionnelles, favorise la palabre qui "punit et arrange des situations apparemment insolubles, pour éviter des perturbations pires et arriver à un terrain d’entente".
La doyenne de l’UKA, qui opte pour la justice, rétorque cependant qu’invoquer l’argument de la paix sociale revient à minimiser les blessures des victimes. La justice est là pour corriger. Mieux vaut vivre seule qu’être mal mariée, conclut-elle. De nombreux juristes et des partisans de la médiation, estiment cependant, à l’inverse, que porter plainte est parfois un moindre mal, mais toujours le signe d’un échec.

Source: Lire l'article sur le site de Syfia Grands Lacs, Agence de Presse couvrant la RDC, le Rwanda et le Burundi.

Guinée-Conakry « Le gouvernement a été mis sous pression et cela a payé ! »

Portrait de la Coalition nationale de Guinée pour les droits et la citoyenneté des femmes (CONAG-DCF) et de sa représentante Mme Binta NABE.

GuineeCky2.JPG

Créée en 2002, à la suite d'un projet de 5 ans sur les femmes, la CONAG-DCF qui est composée de 8 organisations féminines a pour objectif de péréniser les acquis pour les droits des femmes en Guinée-Conakry et travaille sur 3 thématiques en particulier :

  • les violences faites aux femmes
  • La citoyenneté des femmes et leur participation au pouvoir
  • L'égalité entre les femmes et les hommes, les filles et les garçons

Quelles activités mènent votre organisation ?

- La formation et le déployement de para-juristes pour les former aux droits et afin qu'ils les vulgarisent. 876 para-juristes ont été formés dans les 7 régions et les 33 préfectures que compte la Guinée. Notre objectif est maintenant d'être présent dans les 303 sous-préfectures du pays.

- La formation des animateurs et animatrices pour la sensibilisation à la citoyenneté et aux pièces d'état civil car de nombreuses femmes ne connaissent pas ces pièces et n'y ont pas accès, ce qui leur pose ensuite de nombreux problèmes pour participer à la vie politique et sociale du pays. Le processus est le suivant : au cours d'une campagne de 6 mois par exemple, une équipe foraine composée d'un officier de police chargé de l'identification judiciaire, d'un magistrat (le greffier en chef), d'un photographe et d'un agent qui édite les cartes d'identité parcourt le pays et se rend dans les villages. Ils y établissent les dossiers d'état civil et de retour dans les préfectures les émettent. Ensuite, les animateurs et animatrices les récupèrent et les ramènent dans les villages. De même pour d'autres actes, tels que les actes de naissances, les inscriptions sur les listes électorales, de mariage, etc.

Cette année nous avons d'ailleurs fait une campagne spécifique d'observation et de sensibilisation pour l'inscription des femmes sur les listes électorales. Les femmes constituent 53% de la population et participent très peu aux élections. Il s'agit aussi de les faire s'engager au niveau des partis politiques, il ne suffit pas uniquement qu'elles votent, elles doivent aussi être élues. Il n'y a aujourd'hui que 19 femmes sur les 114 députés que compte l'Assemblée nationale! Au niveau de l'administration, seulement 16% des postes de décision au sein de l'administration sont occupés des femmes. C'est pourquoi, nous avons procédé, le 27 août dernier à l'occasion de la fête nationale des femmes, à une sévère interpellation du gouvernement pour la promotion des femmes au sein de l'administration. Un décret de nomination aux postes administratifs était en préparation au niveau du gouvernement, le 27 août le gouvernement a dû revoir sa copie et le soir même, 168 femmes étaient nommées par décret au sein de l'administration! Le gouvernement a été mis sous pression et cela a payé !

Quelles est la situation des droits des femmes en Guinée-Conakry ?

Sur le plan juridique, les textes nationaux protègent les femmes à quelques dispositions près. Le pays a ratifié la CEDAW prouvant une réelle volonté politique de protéger les droits des femmes. Nous avons par ailleurs réalisé tout un travail de révision du Code pénale pour corriger les dispositions discriminatoires qu'il contenait. Nous sommes aussi allées jusqu'à proposer une loi sous le gouvernementt Kouyaté pour la parité des femmes et des hommes. Le document à été examiné en conseil des ministres qui a pris en compte nos observations. Malheureusement, la prise de pouvoir par les militaires a stoppé net ce processus. De même pour le protocole additionnel à la Charte africian sur les droits des femmes qui a été ratifié par l'Assemblée nationale, mais dont les instruments de ratification n'ont toujours pas été déposés et demeurent au niveau du Ministère des Affaires étrangères.

Le grand problème en Guinée demeure la juxtaposition des trois droits : le droit coutumier, religieux et positif. Concernant le dernier qui est le plus protecteur en ce qu'il a été modifié selon le droit régional et international, si la justice n'est pas saisie, elle ne peut rien faire. Or, pour des questions sociales, culturelles ou financières, la justice est peu saisie des cas de violations à l'égard des femmes. La pression des familles, des maris et de l'entourage est un des aspects du problème. Même une femme intellectuelle qui connait ses droits et veut aller déposer plainte subit une très forte pression et généralement n'engage pas de procédure. Même lorsqu'elle a le courage de porter plainte, la procédure ne va jamais jusqu'au bout. Les pressions et l'impunité font que d'une façon ou d'une autre, la plainte est retirée ou ne suit pas son cours. Par exemple, prenons le cas d'une jeune fille qui a été violé, et en raison de son âge, elle ne peut pas porter plainte seule. C'est alors à ses parents de saisir la justice en son nom. Personne ne le fait.

L'impunité des auteurs de viols et violences à l'égard des femmes a d'ailleurs depuis quelques années engendré une recrudessence de ces violences. Nous l'avons démontré dans une étude réalisée entre 2000 et 2008 dans trois juridictions, au nivau de la police mondaine, du ministère de la femme et de la médecine légale. Nous avons mis en valeur plusieurs aspects : le très faible niveau de dénonciation par les femmes des violences subies (8 cas de viols en 2008 !). Aussi, lors de la grande grève de 2008, les femmes ont été particulièrement vicitmes de la répression (viols, agressions). Enfin, l'impunité des auteurs de viols est totale ! Puisque sur la centaine de cas de viols recencés et suivis, aucune condamnation n'est intervenue contre les auteurs, même ceux qui ont malgré tout été arrêtés ! Voir même, les responsables de ces exactions continuent à menacer leurs victimes, et parfois depuis la prison. Actuellement il y a un seul cas d'un homme détenu pour le viol et le meurtre d'une de ses filles. Il menace depuis la prison sa femme et son autre fille qu'il va les tuer dès qu'il sortira!

C'est pourquoi nous voulons ouvrir une clinique juridique pour aider les femmes et surtout déposer une proposition de loi permettant aux organisations de défense des droits des femmes et de défense des droits humains de déposer plainte au nom des victimes et de se porter partie civile. Car même si la femme se désiste (cf. pression des familles), les organisations pourraient alors aller jusqu'au bout de la procédure et faire condamner les auteurs de crimes contre les femmes et faire ainsi reculer l'impunité.

Qu'attendez-vous de la Campagne ?

Cette campagne permet de faire la promotion des actions de plaidoyer pour permettre aux femmes d'oser dénoncer les violations qu'elles subissent. Cela n'est possible que si, nous, organisations de la société civile nous nous mettons ensemble pour dégager des synergies d'actions, d'entraide et des échanges. Cette campagne est un formidable outil pour renforcer nos capacités d'action et découvrir les réalités de tous les pays.

Soudan / Darfour : « La journaliste à qui les arbres parlent »

Awatif Ahmed Isshag, journaliste, rédactrice et éditrice d'Al Raheel News Paper, 27 ans, vient du Nord Darfour, elle soutient la campagne « l'Afrique pour les droits des femmes » et écrit des articles sur la vie et les peines des femmes et des hommes....et des arbres au Darfour. Lors de la Commission des droits de l'Homme et des Peuples qui se tient à Banjul (Gambie) du 13 au 27 mai, nous l'avons rencontrée et lui avons demandé pourquoi elle soutient cette campagne.

Darfour2.JPG

Son expérience de femme qui telle une reporter de la guerre quotidienne au Darfour nous livre un exemple de la créativité et du courage des femmes africaines en situation de conflit.

Quelle est votre activité ?

J'ai un petit journal, qui est dédié à la mémoire de ma soeur qui est décédée il y a quelques années. Mon journal s'appelle « Al Raheel » qui signifie, « changer, évoluer, bouger ». J'ai commencé ce journal avant que la guerre n'arrive. J'écris les histoires que je vois, que me racontent les vieilles femmes par exemple. Je raconte les mythes et légendes du Darfour, de l'époque du roi. Depuis que la guerre est arrivée, j'ai choisi de raconter aussi comment les femmes souffrent, comment les enfants meurent dans les combats, les bombardements, comment les soldats du gouvernement et les milices tuent les gens. Bref, je raconte la vie quotidienne au Darfour. Avant, j'écrivais mon journal de façon manuscrite et le distribuait de la main à la main. Maintenant, j'ai un ordinateur et j'imprime le journal qui passe de main en main. Les arbres me parlent aussi ! En fait, je laisse des carnets dans les arbres pour que les gens puissent écrire et raconter ce qu'ils veulent, raconter ce qui ne va pas, leur peines et leurs souffrances et j'en fais des articles et des histoires. C'est pour cela que je parle aussi de détentions, de viols, de guerre et des peines des femmes.

Justement, quelle est la situation des femmes au Darfour ?

La situation est critique pour les femmes, surtout dans les camps et en dehors. Il y a tout le temps des viols. En plus la loi soudanaise ne fais pas de distinction entre viol et adultère qui est, lui, durement réprimé. Donc quand une femme va voir la police pour dénoncer un viol, c'est elle qui se fait arrêter pour adultère!!! En plus, la police sait très bien la plupart du temps qui est l'auteur de ces viols, et ils ne font rien. Alors moi, je fais des articles pour raconter aussi cela.

Tu as des problèmes avec les autorités à cause de tes articles ?

Oui, souvent, ils me disent « hé ! Arrête d'écrire ». J'ai d'ailleurs été arrêtée quatre fois. Je leur dis que je vais stopper d'écrire, et je rentre rapidement pour raconter tout ça, ma détention, les gens que j'ai vu pendant ce temps...

Quelle est la meilleur façon d'aider les femmes au Darfour aujourd'hui ?

Notre situation s'améliorera quand le gouvernement arrêtera sa politique actuelle, parce que la plupart des femmes considèrent que le gouvernement leur veut du mal. Les ONG ont pour cela leur rôle à jouer pour essayer de stopper les violations. Comme la campagne « l'Afrique pour les droits des femmes », comme l'action du Kharthoum Center for Human Rights and Developpement (KCHRD – point focal de la campagne), et le Amal center qui sont les seules ONG nationales qui travaillent vraiment au niveau local mais qui ont été interdites par le gouvernement. Car si vous voulez aider les femmes aux Darfour, le gouvernement vous prendra pour cible pour cela.

Pourquoi venir à la Commission des droits de l'Homme et des Peuples ?

Pour délivrer mon message.

Lequel ?

Que les gens prennent soin du Darfour et des femmes sur place. Il faut que les choses changent. Ils faut que tout le monde sache que la situation est terrible là-bas et ce que le gouvernement est en train de faire à tous les darfouriens et les darfouriennes. Pour moi, c'est vraiment important et il est de mon devoir de leur apporter de l'information. Je veux changer la vie au Darfour par l'information, sur la Cour pénale internationale bien sur, mais aussi la vie quotidienne. J'ai cet espoir que les choses changent, que le gouvernement et les hommes mauvais puissent « Al Raheel », « changer leurs esprit, bouger, évoluer ».

"L'union fait la force, en tant que burundaises, seules, on ne peut rien..."

Perpetue Kanyange, présidente du Centre de paix pour femmes nous parle de son expérience en tant que défenseure des droits des femmes au Burundi


Qu'est ce que d'être une femme défenseure au Burundi ? Quelles ont été les expériences les plus marquantes dans votre combat pour les droits des femmes ?

Etre une femme défenseure est une expérience positive. La lutte pour les droits des femmes aboutit, lentement, sur de nombreux plans à des résultats positifs. Toutefois, certains défis sont plus complexes que d'autres. En tant que défenseurs des droits des femmes nous devons nous unir et travailler en collaboration pour éviter de perdre du temps et de l'énergie à faire des plaidoyer qui n'aboutissent pas. Certains combats ne passent pas ou difficilement dans les mentalités et il ne faut pas s'y aventurer seul. L'une des expériences les plus marquantes a été le plaidoyer que nous avons mené pour le droit des femmes à hériter de la terre: nous nous sommes heurtées à des critiques provenant de toutes parts, de toute la population, politiques, collègues... Nous nous sentions découragées. Nous nous demandions si nous devions continuer, abandonner, attendre? Nous étions frustrées parce que cet enjeu représente la base de notre lutte. Les femmes subissent des violences parce qu'elles sont déconsidérées dans la société burundaise. Cette dévalorisation est dûe au fait qu'elles n'ont pas accès à la gestion du quotidien, en raison des discriminations, comme en matière d'héritage, qui les empêchent de devenir propriétaires.

Pourquoi vous êtes vous engagée dans la campagne « l'Afrique pour les droits des femmes »?

Nous avons évalué ce qui a été fait par les femmes au Burundi, et depuis l'indépendance, un pas considérable a été franchi. Les changements sont lents mais positifs. Mais nous nous rendons compte qu'individuellement, nous ne pouvons rien. L'union fait la force, en tant que burundaises, seules, on ne peut rien. Si nous nous unissions, notre plaidoyer aura plus de poids. De plus, certains problèmes ne peuvent se résoudre qu'au niveau africain. Le fait que notre pays s'engage dans de grands ensembles, sous-région, région, est positif. Certains problèmes, comme les discriminations et les violences à l'égard des femmes sont des défis communs que nous devons affronter ensemble. Les luttes régionales permettent de faire pression sur le Burundi, qui ne veut pas être stigmatisé comme un pays ne respectant pas les droits de l'homme, dont les droits des femmes font partie.

Quelles sont d'après vous les luttes prioritaires à mener au Burundi pour les droits des femmes?

Les textes internationaux doivent être ratifiés, les textes nationaux doivent respecter l'égalité entre les hommes et les femmes et ne plus comporter de discrimination envers les femmes. Et ils doivent surtout être appliqués! Les domaines où un changement est particulièrement nécessaire sont celui de la gouvernance politique où la représentation des femmes est faible. Nous devons lutter pour décrocher quelques postes, mais rien n'est garantit par la constitution. On se réfère souvent à la coutume. Par ailleurs, le code pénal vient d'être révisé, il comporte des améliorations, mais ce n'est pas suffisant. Avant, les crimes envers les femmes étaient banalisés et les auteurs n'étaient pas sanctionnés. Maintenant, la répression est plus forte, mais des progrès sont encore à faire concernant les définitions des infractions à caractère sexuel et leur répression.

Si vous aviez l'occasion de rencontrer Pierre Nkurunziza, le Président de votre pays, quelles seraient vos revendications principales en tant que présidente du Centre de paix pour femmes et en tant que femme citoyenne du Burundi ?

Je lui demanderai de mettre en application tous les textes qui protègent les femmes, notamment la politique nationale « genre », pour que les femmes puissent se sentir libre de participer à la politique, et que le genre ne soit plus une question annexe.

Si vous pouviez changer une seule chose (une loi, une politique, une pratique...) pour les femmes dans votre pays, laquelle serait elle ?

Ce serait l'accès de la femme à la succession. A partir de là nous pourrions avancer, la femme serait valorisée.

Thursday 14 May 2009

Etat des lieux: les droits des femmes au Congo

Roger Bouka, directeur exécutif de l'Observatoire Congolais des Droits de l'Homme (OCDH) revient sur les raisons de son engagement en faveur des droits de l'Homme et des droits des Femmes.

Il détaille entre autres les obstacles qu'il rencontre au jour le jour dans son combat, ses expériences marquantes, ses revendications principales et parle à coeur ouvert des situations qui l'ont marqué et qui lui font continuer son combat pour le développement des droits humains.

Pour lui, outre la ratification des textes internationaux de protection des droits des femmes et leur respect, les luttes prioritaires à mener au Congo-Brazzaville sont: la révision du code de la famille notamment concernant la polygamie, les discriminations en matière d'adultère. En effet la définition de l'adultère varie selon qu'il s'agit d'une femme qui trompe son mari, dans n'importe quelle circonstance, ou d'un homme qui trompe sa femme seulement dans le lit conjugual. De même, il explique que certaines coutumes, la dot par exemple, entrainent des discriminations; la femme est souvent considérée comme la propriété des hommes en raison de ce transfert d'argent et son "prix" augmente en fonction de son nombre d'années d'études et de son métier. De même renforcer la capacité des femmes à obtenir des postes décisionnels, tant au niveau politique que civil, est l'un des objectifs de l'OCDH.

Thursday 23 April 2009

Burkina Faso - la loi sur le quota de 30% de femmes sur les listes éléctorales adoptée!

Le 16 avril, la loi sur le quota de 30% de femmes sur les listes électorales au Burkina Faso a été adoptée par 87 voix sur 103 députés présents à l'Assemblée nationale.

Cette loi, a expliqué le président de l'Assemblée nationale, Roch Marc Christian Kaboré, vise à lutter contre les inégalités à l'égard des femmes et à promouvoir leur pleine participation à la vie politique.

Selon les statistiques de l'Institut national de la statistique et de la démographie (INSD), les femmes représentent au Burkina plus de 52% de la population mais ne sont que 15% à occuper des postes au sein des sphères décisionnelles.

Cette loi permettra d'assurer la présence effective d'au moins 30% de femmes sur les listes de candidatures présentées par chaque partie politique et ceux qui dépasseront ce pourcentage se verront attribuer une aide financière. Par contre, les partis qui n'auront pas atteint ce quota, verront leurs financements amputés de 50%. De telles incitations et sanctions si elles sont appliquées, devraient logiquement permettre d'assurer le respect de cette loi, considérée par les analystes politiques comme un bond qualitatif dans la gouvernance politique.

La campagne se félicite de cette avancée et rend hommage à l'action menée par les organisations burkinabées de défense des droits des femmes pour faire reculer les discriminations et favoriser la présence des femmes dans la vie politique.

Sources: Africatime et Xinhuanet

290px-Burkina_Faso_carte.png

Wednesday 22 April 2009

La RDC ratifie le Protocole sur les droits des femmes en Afrique!

Depuis le 9 février 2009, la République Démocratique du Congo a ratifié le Protocole à la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples relatif aux droits des femmes.

La RDC est le 26 ème Etat du continent à ratifier le Protocole à la CADHP relatif aux droits des femmes et le second Etat d'Afrique Centrale, après le Rwanda en 2004, à franchir ce pas significatif.

La campagne se félicite de cette avancée. Toutefois, il ne s'agit que d'une promesse qui devra par la suite être suivie d'effets. Les acteurs de la campagne "l'Afrique pour les droits des femmes" attendent maintenant des actions concrètes démontrant la volonté des autorités congolaises de respecter leurs engagements internationaux. Enfin, la campagne appelle la RDC à ratifier et respecter le Protocole à la Convention CEDAW qui permet aux femmes victimes de violations de leurs droits de déposer des plaintes devant un comité des Nations Unies.

A quoi sert ce Protocole ? Cette convention régionale, adoptée sous l'égide de l'Union Africaine à Maputo (Mozambique) en 2003 à la suite d’une lutte acharnée des organisations africaines de défense des droits des femmes, est entrée en vigueur en 2005. Ce texte oblige les Etats à garantir aux femmes leurs droits fondamentaux. Certains des droits et obligations énumérés sont particulièrement pertinents dans le contexte africain comme la prohibition des pratiques traditionnelles néfastes (excision, lévirat, sororat, mariage précoce, forcé...) ou l’obligation d’apporter une protection spécifique aux femmes dans les conflits armés. Ce Protocole représente par ailleurs une avancée considérable en matière de droits reproductifs. Cinq ans après son adoption, 27 Etats ne l'ont toujours pas ratifié.

Congo_Rep_Dem_carte.gif

- page 3 of 5 -