Africa for Women's Rights | L'afrique pour les droits des femmes

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RESPECT! / RESPECTER!


The RESPECT of international and regional women's human rights protection instruments requires the abolition of discriminatory laws and the adoption of laws to protect women from violence and discrimination. Legislative reforms must be accompanied by all necessary measures to ensure their effective implementation: including publication, the allocation of sufficient human and financial resources, training of judges, police and health workers...

RESPECTER !

Le RESPECT des instruments internationaux et régionaux de protection des droits humains des femmes passe par l'abrogation des lois discriminatoires à l'encontre des femmes et par l'adoption de lois protectrices de leurs droits devant s'accompagner de toutes les mesures nécessaires à leur mise en oeuvre effective: la diffusion des lois afin qu'elles soient connues de toutes et de tous, l'allocation de budgets et de ressources humaines suffisants, la formation des personnels judiciaires, de police et de santé...


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Monday 7 March 2011

DECLARATION DE L’ASADHO A L’OCCASION DE LA JOURNEE INTERNATIONALE DE LA FEMME

« L’ASADHO appelle le Parlement congolais à voter la loi de mise en œuvre de la parité Homme - Femme en République Démocratique du Congo ».

Le 08 mars, Journée Internationale de la femme, est l’occasion de faire le point sur la condition des femmes.

Cette année, les Nations Unies ont choisi le thème suivant : «Egalité d’accès à l’éducation, à la formation, à la science et à la technologie : la voie vers un travail décent pour les femmes».

Adaptant ce thème à sa situation, la RDC s’est proposé la formule suivante : « Egal accès des hommes et femmes, des garçons et filles à la formation, égal accès aux mêmes opportunités pour un Congo paritaire ».

A cet égard, l’ASADHO note une avancée significative au niveau de la Constitution de la RDC qui consacre la parité homme/femme, à son article 14, qui stipule : « Les pouvoirs publics veillent à l’élimination de toute forme de discrimination à l’égard de la femme et d’assurer la protection et la promotion de ses droits. Ils prennent dans tous les domaines, notamment dans les domaines civil, politique, économique, social et culturel, toutes les mesures appropriées pour assurer le total épanouissement et la pleine participation de la femme au développement de la nation. La femme a droit à une représentation équitable au sein des institutions nationales, provinciales et locales - l’Etat garantit la mise en œuvre de la parité homme-femme dans les dites institutions. La loi fixe les modalités d’application de ces droits ».

Depuis la promulgation de cette Constitution le 18 février 2006, aucune loi fixant les modalités d’application de cette parité n’a été adoptée.

C’est pour quoi l’Association Africaine de Défense des Droits de l’Homme, ASADHO en sigle, appelle le Parlement de la République Démocratique du Congo à voter la loi de mise en œuvre de la parité Homme- Femme afin de favoriser la participation et la représentation justes des femmes dans les institutions politiques qui seront mises en place à l’issue des élections de 2011-2012.

Il convient de rappeler qu’en dépit du fait que les femmes congolaises représentent plus de 51% de la population, elles continuent à subir une forte disparité en ce qui concerne leur représentativité dans les institutions publiques telles que le Gouvernement, le Parlement, les Gouvernements et assemblées provinciaux…

Par exemple : A l’Assemblée Nationale, sur 500 députés nationaux il n’y a que 40 femmes, soit 8%. Au Gouvernement Central, sur 43 de ses membres il n’y a que 5 femmes, soit 11%. Cette situation est pareille au sein des assemblées et Gouvernements provinciaux. Cette disparité consacre une injustice qui n’honore pas la République Démocratique du Congo

Ce traitement discriminatoire et l’absence de loi devant fixer les modalités d’application de la parité telle que prescrit par l’article 14, alinéa 5 de la Constitution de la RDC traduit un manque de volonté de la majorité au pouvoir de faire participer les femmes à la gestion des affaires publiques.

L’ASADHO considère qu’au regard de l’engagement actif des femmes congolaises (intellectuelles, commerçantes, maraichères, paysannes, ménagères, activistes de la société civile…), durant les 20 dernières années dans tous les domaines de la vie familiale et nationale, elles ont droit à une représentation juste et équitable dans les institutions publiques de la R.D.Congo.

Les élections de 2011-2012 devront constituer une opportunité importante qui s’offre pour que la femme soit équitablement représentée dans toutes les institutions politiques. Pour cela, il faut que le Parlement Congolais adopte en urgence, à sa prochaine session ordinaire, la loi portant fixation des modalités d’application de la parité Homme–Femme, en tant que l’une des lois essentielles avant l’organisation des élections en RDC.

L’ASADHO appelle le Parlement à inscrire à l’agenda de ses priorités, pour la session de mars, le vote de cette loi.

L’ASADHO recommande à toutes les organisations de la société civile de rester mobilisée sur cette question.

Fait à Kinshasa, le 7 mars 2011

Tuesday 14 December 2010

Zambia - UN Special Rapporteur on Violence Against Women Statement on Conclusion of Visit to Zambia

10 December 2010

Zambia-Lusaka – In conclusion of her official visit to Zambia the Special Rapporteur of the United Nations Human Rights Council on violence against women, its causes and consequences, Ms. Rashida Manjoo, delivered the following preliminary findings:

“At the outset, I would like to express my appreciation for the cooperation extended to me by the Government. I am grateful to all my interlocutors, including State officials, representatives of civil society organisations, representatives of United Nations agencies, and individual victims of violence that shared their personal experiences with me.

I could not have a better opportunity to conclude my visit on the same day when we commemorate the end of the 16 Days of Activism against Gender Based Violence and human rights day. And I could not have a better opportunity to recall some of the international obligations the Zambian State committed to when it ratified most of the major international and regional human rights instruments, including the Convention on the Elimination of All Forms of Discrimination against Women and the Protocol to the African Charter on Human and People’s Rights on the Rights of Women in Africa.

It is an exciting time for this country, a time which is seeing important constitutional and law review processes aimed at strengthening and accelerating efforts to eradicate violence against women and uphold women’s rights. These processes demonstrate political will and openness to tackle the current challenges that women still face in Zambia.

Yet I am saddened to learn that, according to the draft Constitution of 27 August 2010 which was shared by the Government, existing article 23.4 which permits discriminatory laws and practices in the area of personal laws and customary law may be retained despite the guarantee of equal status of women found in article 11 of the current Constitution. Back in 2002 the Committee on the Elimination of Discrimination against Women (CEDAW) called on the Government to repeal article 23.4 as it permits discrimination in the areas of law that most affect women. In 2007 the Human Rights Committee also reiterated this call, and recently CEDAW requested the State to provide information on the follow-up to its earlier recommendation.

The Gender Based Violence Bill currently before Parliament is an important step forward in providing frameworks that should be ultimately conducive to strengthening the fight against all forms of violence. All stakeholders I interacted with are hopeful that this Bill may be adopted soon. While understanding these hopes, I encourage all stakeholders to be ready with a plan for implementation of the Bill including financial and capacity-building plans. Experiences in other countries have shown that some legislation remains good on paper only, despite its intention to prevent, protect, punish and provide reparation for women who have been subjected to violence. This is part of the due diligence obligation of Zambia according to international law and more specifically the Convention on the Elimination of All Forms of Discrimination against Women and the UN Declaration on Violence against Women.

We know that law is not a panacea for social problems and the persistence of negative customary and religious practices continues to exacerbate discrimination against women and women’s position of dependence and subordination. I welcome the efforts taken by State institutions to regulate some of these practices, including inheritance practices, sexual cleansing, marriage and land tenure systems. Legislative efforts must be continuously pursued alongside massive endeavours to educate and change the mindsets of men, women and children, through all available means including schools, traditional and religious leaders, and the media.

Zambia does not seem to be immune from practices of violence against women committed or condoned by State agents. In this regard I was informed that female detainees, whether in police custody or in prisons, have to endure harsh living conditions, including little medical attention for pre-natal and post-natal care and treatment, and for HIV/AIDS and tuberculosis testing, and with little or no adequate nutrition support. Women in detention facilities are also subjected to abuse, violence and humiliating and degrading punishment in order to extract confessions. Women are also offered release in exchange for sex.

Zambia is a vibrant society which is not afraid of change. I encourage all stakeholders to take advantage of this moment in order to promote human rights for all and keep violence against women on the national agenda. I also call on all duty bearers to take on their responsibilities to translate laws and policies into reality for all rights-holders. The challenging of negative practices which violate women’s equality and non-discrimination rights requires action at both the state and non-state level.

My findings will be discussed in a comprehensive way in the report I will present to the United Nations Human Rights Council in June 2011.


####

Ms. Rashida Manjoo (South Africa) was appointed Special Rapporteur on Violence against women, its causes and consequences in June 2009 by the UN Human Rights Council, for an initial period of three year. As Special Rapporteur, she is independent from any government or organization and serves in her individual capacity. Ms. Manjoo is also a Professor in the Department of Public Law at the University of Cape Town.

Tuesday 26 October 2010

10ème anniversaire de l’adoption de la Résolution 1325 des Nations Unies

DE GRAVES VIOLATIONS PERSISTENT: LES ETATS DOIVENT AGIR MAINTENANT

http://www.fidh.org/DE-GRAVES-VIOLATIONS-PERSISTENT-LES-ETATS-DOIVENT

ENGLISH VERSION

25 octobre 2010, Paris, New York – Il y a dix ans, en adoptant la Résolution 1325, le Conseil de sécurité des Nations Unies a affirmé la nécessité urgente des Etats d'intensifier leurs efforts afin de protéger les femmes contre les violences en période de conflit et d'assurer leur pleine participation aux processus de paix. Aujourd'hui, alors que le Conseil de sécurité se réunit pour discuter de sa mise en œuvre, la FIDH dénonce la faiblesse des mesures prises et appelle les Etats à passer aux actes. La FIDH appelle également à l'établissement d'un mécanisme international de contrôle de la mise en œuvre de cette résolution.

La Résolution 1325 a été adoptée à l’unanimité par le Conseil de sécurité, le 31 octobre 2000. Son adoption a marqué une étape importante dans la reconnaissance par les Etats de l’impact des conflits armés sur les femmes et de leur rôle important dans la prévention et la résolution des conflits. Sur cette base, les Résolutions 1820 et 1888, adoptées en 2008 et 2009, reconnaissent explicitement, pour la première fois, l'utilisation des violences sexuelles comme tactique de guerre, nécessitant des réponses politiques et sécuritaires spécifiques.

Mais ces engagements forts n'ont pas été suivis d'actes. Si une poignée d’Etats a adopté des Plans d’action nationaux (environ 20 Etats sur 192), nombre d’entre eux n’ont pris aucune mesure concrète. De plus, aucun mécanisme spécifique n’existe à ce jour pour évaluer la mise en œuvre de ces résolutions.

Or, les pires formes de violences à l'égard des femmes persistent dans les zones de conflit. Dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) les viols sont toujours perpétrés en masse. Les récents évènements dans la région de Walikale, où des groupes armés ont terrorisé la population pendant quatre jours d’affilée, violant plus de 300 personnes, rappellent ce terrible état de fait. De l’Afghanistan au Soudan, de la Tchétchénie à la Colombie, les violences sexuelles continuent d’être utilisées comme armes de guerre.

Malgré les engagements pris par les Etats, les femmes ne sont toujours pas présentes aux tables de négociations des accords de paix et aucune n'a été désignée médiatrice dans les processus de résolution des conflits.

Bien que la FIDH se félicite de certaines avancées récentes, notamment la création du poste de Représentante spéciale du Secrétaire général sur les violences sexuelles dans les conflits armés, la FIDH estime que les Etats et l’Organisation des Nations Unies doivent aller beaucoup plus loin.

Afin d'accélérer la mise en œuvre de la Résolution 1325, le Conseil de sécurité doit mettre en place un mécanisme efficace de contrôle, de suivi et d’évaluation. La FIDH appelle le Conseil de sécurité à adopter des indicateurs et à déterminer des échéances pour atteindre des objectifs spécifiques. Enfin, la FIDH demande aux Etats qui ne l’ont pas encore fait, d’adopter des Plans d’action nationaux sur la mise en œuvre de cette résolution.

« L’établissement d’un mécanisme de contrôle devrait permettre de faire de ces déclarations de volonté, un véritable outil d'action, afin d'apporter des changements réels dans la protection des femmes et la mise en place d’une paix durable” a déclaré Souhayr Belhassen, Présidente de la FIDH. « Les Etats réunis au sein du Conseil de sécurité ont aujourd'hui l'occasion de démontrer la sincérité de leurs engagements à mettre un terme aux violences sexuelles en temps de guerre et à assurer la participation des femmes aux processus de paix. »

Autres développements récents

Plusieurs développements récents dans la lutte contre les discriminations et les violences à l'égard des femmes suscitent un certain espoir. La Cour pénale internationale (CPI) mène actuellement plusieurs enquêtes et poursuites à l'encontre d'auteurs présumés de crimes sexuels, y compris de viols. A cet égard, la FIDH se félicite de la récente arrestation en France (en octobre 2010) de Callixte Mbarushimana, dirigeant des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), en exécution d’un mandat d’arrêt délivré par la CPI. Mbarushimana est accusé de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, y compris de viols, commis par les membres du FDLR dans les provinces du Kivu, dans l’est de la RDC 1. La FIDH espère que les activités de la CPI contribueront à la prévention de ces crimes et appelle le Procureur de la CPI à inclure de manière systématique les violences sexuelles dans sa stratégie de poursuite.

La FIDH se félicite également de l’adoption par le Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies, le 10 octobre 2010, d’un nouveau mécanisme de contrôle des lois discriminatoires à l'égard des femmes. La création de ce nouveau mécanisme constitue une étape importante dans la lutte contre les discriminations et représente un maillon supplémentaire dans la chaîne de responsabilité 2.

Notes
1 Voir le Communiqué de presse de la FIDH : Première arrestation d'un présumé responsable de crimes commis aux Kivus, 12 octobre 2010, www.fidh.org/Premiere-arrestation-d-un-presume-responsable-de

2 Voir la Note de position de la FIDH sur la création d'un nouveau mécanisme des Nations Unies sur les lois discriminatoires à l'égard des femmes, septembre 2010, http://www.fidh.org/Note-de-position-relative-a-la-creation-d-un ; et le Communiqué de presse de la FIDH (en anglais), 7 octobre 2010, FIDH welcomes establishment of new mechanism on laws that discriminate against women by United Nations Human Rights Council, 7 octobre 2010, www.fidh.org/FIDH-welcomes-establishment-of-new-mechanism-on

10th anniversary of the adoption of UN Resolution 1325 on Women, Peace and Security

GRAVE VIOLATIONS PERSIST: STATES MUST TAKE ACTION!

http://www.fidh.org/GRAVE-VIOLATIONS-PERSIST-STATES-MUST-TAKE-ACTION

VERSION FRANCAISE

25 October 2010, Paris, New York - As we mark the 10th anniversary of UN resolution 1325 on Women, Peace and Security, and the UN Security Council meets to discuss its implementation, FIDH calls upon states to intensify efforts to ensure that women are protected from grave abuses in times of conflict and can fully participate in preventing and resolving conflict and building lasting peace. FIDH calls for the creation of an international mechanism to monitor and evaluate implementation of this key instrument.

Resolution 1325 was unanimously adopted by United Nations Security Council on 31 October 2000. Its adoption represented an important milestone in the recognition by states of the impact of armed conflict on women and the importance of their roles in conflict prevention and resolution. Resolutions 1820 and 1888, adopted in 2008 and 2009 respectively, built upon these foundations, for the first time explicitly recognising sexual violence as a tactic of war, requiring specific political and security responses.

Yet progress in implementation has been slow, intolerably slow. While a handful of states has adopted National Action Plans (approximately 20 of 192 states), many states have failed to take any measures to promote implementation. Annual reports on Resolution 1325 have been submitted to the Security Council, but no focus has been determined and no specific targets have been fixed. No single mechanism exists to hold states and UN bodies accountable for results.

Meanwhile, women continue to suffer the most horrific abuses in times of conflict. The last year has seen the persistence of brutal rapes on a massive scale in eastern Democratic Republic of Congo (DRC) of which recent events in the Walikale region, where armed groups terrorized the population over four days, raping over three hundred people, were yet another appalling reminder. From Afghanistan to Sudan, Iraq, Chechnya and Colombia, sexual violence continues to be used as a weapon of war.

And women are still not at the negotiating tables for peace agreements. There are no women mediators and very few signatures for peace treaties are done by women.

Whilst FIDH has welcomed some recent steps, including the establishment of the post of Special Representative of the Secretary-General on Sexual Violence in Conflict, FIDH considers that states and the UN itself must do much more. FIDH considers that in order to accelerate the implementation of Resolution 1325, the Security Council must establish an effective monitoring, accountability, and evaluation system.

FIDH calls on the Security Council to adopt the set of indicators, prepared in accordance with Resolution 1889, which will serve to objectively analyse progress and to identify persisting obstacles. FIDH further calls upon the Security Council to establish time-bound goals for implementation of specific UNSCR 1325 provisions and a mechanism to monitor whether targets are being met. Finally, FIDH urges all states that have not yet done so to adopt National Action Plans to guide implementation.

“The establishment of a monitoring mechanism should transform the resolution from a paper declaration into a tool for action to make real change to protect women in conflict and achieve lasting peace for all”, declared Souhayr Belhassen, FIDH President. “States meeting at the UN Security Council have an opportunity to demonstrate whether they are really serious about ending sexual violence in war and empowering women to prevent conflict and contribute to peace”.

Other recent developments

Several recent developments in the fight against violence and discrimination against women have given some cause for encouragement. The International Criminal Court (ICC) is increasingly investigating and prosecuting crimes of sexual violence including rape. FIDH welcomed the recent arrest in October 2010, in France, of Callixte Mbarushimana, a leader of the Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), in execution of an ICC warrant. Mbarushimana is accused of war crimes and crimes against humanity, including rape, committed by members of the FDLR in the Kivu provinces in eastern DRC 1. FIDH hopes that the ICC's activities will contribute towards prevention of these crimes and calls on the ICC Prosecutor to integrate crimes of sexual violence systematically into his prosecution strategy.

FIDH also welcomed the adoption by the UN Human Rights Council in October 2010 of a new mechanism to monitor laws that discriminate against women, in the face of resistance from several states that maintain discriminatory laws. The first step in ending discrimination against women is to establish laws that guarantee gender equality and women's rights. The creation of this new mechanism represents an important step in the fight against discrimination and a further link in the accountability chain 2.

Notes
1 See further FIDH Press Statement Première arrestation d'un présumé responsable de crimes commis aux Kivus (in French), 12 October 2010, www.fidh.org/Premiere-arrestation-d-un-presume-responsable-de
2 See further FIDH Press Statement, FIDH welcomes establishment of new mechanism on laws that discriminate against women by United Nations Human Rights Council, 7 October 2010, www.fidh.org/FIDH-welcomes-establishment-of-new-mechanism-on ; and FIDH Position Paper on the creation of a new UN Mechanism on laws that discriminate against women, October 2010, www.fidh.org/Position-Paper-on-the-creation-of-a-new-UN

Lancement de la "décennie de la femme africaine" : des droits avant tout !

ENGLISH VERSION

Le constat n'est pas nouveau, la discrimination à l'égard des femmes demeure ancrée en droit et en fait dans la majorité des pays africains. Ces discriminations, les femmes les vivent au quotidien lorsqu'elles se voient refuser l’égalité des droits à l’héritage, à la terre, à la garde de leurs enfants et doivent se soumettre à l’autorité de leur mari ; lorsqu'elles n'ont qu'un accès restreint à l’éducation, aux soins, aux affaires publiques ; lorsqu'elles souffrent de violences domestiques et sexuelles, de pratiques traditionnelles néfastes et peinent à faire valoir leurs droits devant la justice...

Non, le constat ne change pas, il reste tout aussi alarmant et intolérable. Il appelle à l'action. A ce titre, la « Décennie de la Femme africaine » lancée par l'Union africaine à Nairobi (Kenya) le 15 octobre 2010 n'aura véritablement de portée que si elle traduit en actes toutes les recommandations issues des conférences régionales et mondiales, de Dakar à Beijing, depuis plus de 15 ans. Cette décennie, nous aimerions l'appeler « Décennie de l'action pour les droits des femmes africaines ». « Action » et « droits » : deux mots d'ordre pour un programme conduisant à un changement concret. En effet, nous n'aurons de cesse de le rappeler, les engagements des États n'ont de substance que lorsqu'ils sont traduits en droit, par des lois effectives qui protègent les femmes. Si l'on peut se réjouir de voir figurer aujourd'hui cette question au cœur de l'agenda politique, la réussite d'une telle initiative ne se mesurera qu'à l'aune de résultats tangibles : quand les Etats - à commencer par le pays hôte de cette initiative - auront abrogé les lois discriminatoires, et criminalisé toutes les formes de violences à l'égard des femmes...en somme, quand « Egalité » ne sera plus un simple mot, mais bien une réalité.

De telles revendications, sont portées haut et fort depuis des années par les femmes à travers tout le continent africain et relayées par nombre d'organisations de la société civile. Ainsi, la campagne « l'Afrique pour les droits des femmes1 » et bien d'autres actions à travers le continent mettent en évidence que des réformes législatives concrètes sont attendues. Ces réformes visent l'accès à la justice, à l'éducation, aux soins, à l'emploi, à la terre, au crédit, à la participation des femmes dans les sphères publiques et politiques. Elles doivent mettre fin à toutes les formes de discriminations et de violences à l'égard des femmes. Elles doivent faire de la poursuite et de la condamnation des auteurs de violences sexuelles une priorité. Enfin, elles doivent protéger les droits des femmes en période de conflit, comme l'exige la Résolution 1325 de l'ONU sur les femmes, la paix et la sécurité, dont nous fêtons le 10ème anniversaire cette année. Ces réformes sont indispensables et urgentes.

D'autant plus urgentes que l'on risque d'assister à de vrais reculs. Le cas malien ne nous incite pas à l'optimisme : les modifications apportées au projet de Code de la famille pourraient aller à l'encontre du principe même d' égalité des sexes.

Le Kenya, en accueillant cette initiative, doit ouvrir la voie et adopter dans les plus brefs délais deux des principaux textes de protection des droits des femmes: le Protocole de Maputo2 - dont le parlement vient d'autoriser la ratification - et le Protocole facultatif à la Convention sur l’Élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes3. Le gouvernement kenyan doit mettre un terme aux discriminations au sein de la famille et à l'impunité des auteurs de violences conjugales. Il doit également assurer un accès à l'éducation de toutes les filles, renforcer la participation des femmes aux postes de décision, assurer leur droit à la propriété et leur accès aux soins.

Cette initiative ne sera effective que si elle accorde une large place aux organisations de la société civile et fait du respect des droits des femmes sa priorité. Les Etats se doivent d'avoir des ambitions à l'échelle des attentes de millions de femmes africaines, le temps est à l'action.

Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH

Maitre Soyata Maïga, Rapporteure spéciale de la CADHP sur les droits des femmes

Moussa Diop, Femmes Africa Solidarité

Kafui Adjamagbo-Johnson, WiLDAF

Muthoni Wanyeki Directrice Executive Kenya Human Rights Commission (KHRC)


Notes
1 Campagne menée par la FIDH en collaboration avec 5 organisations régionales (ACDHRS, FAS, WACOL, WiLDAF, WLSA) et mobilisant près d'une centaine d'ONG sur le continent africain depuis 2 ans (www.africa4womensrights.org)
2 Protocole à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits des femmes
3 Ce protocole ouvre droit aux recours des femmes dont les droits ont été violés devant une instance internationale.

Friday 15 October 2010

Launch of African Women's Decade: Women's rights must top decade's agenda

Link to the op-ed published in The Standard, Nairobi, Kenya

VERSION FRANCAISE

Discrimination against women remains firmly established in law and in practice in the majority of African countries.

Women are denied equal rights to inheritance, land and custody of children; they have limited access to education, health care and politics; they suffer sexual and domestic violence, are subjected to harmful traditional practices and struggle to obtain access to justice.

The situation is alarming and intolerable. It calls for action.

"African Women’s Decade", launched by the African Union in Nairobi from October 10 to 15, will only truly have an impact if it can translate undertakings repeated over the last 15 years, from Dakar to Beijing, into action.

We would like to rename it the "Decade of Action for Women’s Rights in Africa". "Action" and "rights", key words for a programme leading to concrete change. States’ commitments lack substance until they are implemented through effective laws protecting women’s rights.

Whilst we welcome that such issues are being placed firmly on the political agenda, we underline that the success of this initiative can only be measured in tangible results. Governments — starting with the host government of this initiative — must abolish all discriminatory legislation, ban all forms of violence against women and ensure that the word "equality" becomes a reality.

These demands have been voiced by women across Africa and civil society organisations for years.

The Campaign "Africa for women’s rights", alongside numerous other initiatives, highlights the need for concrete legislative reforms to improve access to justice, education, health care, employment, land and inheritance.

Law reforms are needed to allow women to participate fully in public and political life. They are required to ensure the prosecution and sanction of perpetrators of sexual violence.

They are necessary to protect women in periods of conflict, in accordance with UN Resolution 1325 on women, peace and security, which this year marks its 10th anniversary. These reforms are vital and urgent.

All the more urgent in view of real risks of regression. The example of Mali, where proposed amendments to the draft Family Code go against the very principle of gender equality, does not give us cause for optimism.

As host of this initiative, the Kenyan government must lead by example, by adopting two key instruments for the protection of women’s rights in Africa: the Maputo Protocol — which was recently approved by the Kenya Parliament — and Optional Protocol to the Convention on Elimination of all forms of Discrimination Against Women.

The Kenyan government must also take urgent measures to abolish discriminatory family and property laws, and fight domestic violence. It must ensure women’s access to education and health care, promote their political representation, and guarantee their equal rights to land.

This initiative must encourage the active participation of civil society organisations and must make respect for women’s rights the priority.

Governments must have ambitions on a scale commensurate with the expectations of millions of African women. It is time for action.

The writers are: Souhayr Belhassen, President of International Federation for Human rights; Soyata Maiga, Special Rapporteur on Women’s Rights; Muthoni Wanyeki, Executive Director of the Kenya Human Rights Commission; Moussa Diop, Femmes Africa SolidaritÈ; Kafui Adjamagbo-Johnson, Women in Law and Development in Africa.

Monday 11 October 2010

Mali : Deuxième présentation du nouveau Code de la famille au Parlement

La Campagne « L'Afrique pour les droits des femmes »
La Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH)
L'Association malienne des droits de l'Homme (AMDH)
WiLDAF-Mali

COMMUNIQUE

Les députés doivent refuser les amendements contraires au droit international sur les droits des femmes

Bamako, Paris, le 11 octobre 2010 - Le projet du Code de la famille doit être présenté pour la deuxième fois devant le parlement malien, mais il semblerait que les modifications qui ont été apportées au texte compromettent fortement l'espoir de progrès vers le respect des droits des femmes maliennes.

En effet, en réponse aux réactions des forces les plus conservatrices du pays qui avaient manifesté contre l'adoption du texte en août 2009, des amendements auraient été incorporés au projet qui iraient à l'encontre du principe même d'égalité des sexes et maintiendrait des dispositions discriminatoires à l'égard des femmes. Nos organisations soulignent qu'en adoptant le texte ainsi amendé, le Mali violerait le respect des droits humains des femmes les plus fondamentaux.

Nos organisations rappellent aux législateurs que le texte du Code doit se conformer au droit international sur les droits des femmes et notamment, aux dispositions de la Convention des Nations unies sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW), ratifiée par le Mali en 1985, ainsi que du Protocole à la Charte africaine des droits de l'Homme et des peuples relatif aux droits des femmes, ratifié en 2005. Nos organisations exhortent les législateurs à ne pas accepter de révisions du texte qui violeraient les dispositions de ces instruments. Le Mali ne doit pas rater cette opportunité de lutter contre les violations des droits humains des femmes.

Enfin, nos organisations déplorent fortement que les acteurs de la société civile aient été mis à l'écart du processus de réexamen du texte. Les principales organisations de défense des droits humains et des droits des femmes n'ont ni été consultées, ni même été informées du contenu des révisions proposées. Nos organisations appellent le gouvernement malien à assurer la transparence du processus de révision et d'y inclure la société civile.

Contexte

Un premier projet du Code de la famille, qui avait fait l'objet de longues années de réflexion et de concertation entre les différents acteurs de la société malienne, avait été présenté et adopté par l'Assemblée nationale le 3 août 2009. L'adoption de ce texte représentait un pas fondamental vers la mise en conformité de la législation nationale avec les obligations internationales et régionales auxquelles a souscrit le Mali. Mais à la suite de manifestations par les forces conservatrices, le Président a décidé de ne pas le promulguer et de le renvoyer devant l'Assemblée nationale pour une seconde lecture.

Tuesday 24 August 2010

Amadou & Mariam lend their support to the campaign "Africa for Women's Rights"

We are honored to include Amadou & Mariam amongst the patrons who support our campaign. Amadou & Mariam

Amadou Bagayoko & Mariam Doumbia are a musical duo from Mali. The pair met at Mali's Institute for the Young Blind in 1977 and found they shared an interest in music. To this day, Amadou & Mariam play an annual benefit concert for the Institute. In 2009, they became the Zeitz Foundation Ambassadors for Culture. In June 2010, Amadou & Mariam appeared in FIFA's World Cup's Kickoff Celebration in South Africa.

In August 2010, Amadou & Mariam added their voices to the cause to combat discrimination and violence against women in Africa by joining the campaign "Africa for Women's Rights: ratify and respect!".

Thursday 15 July 2010

La Coalition de la campagne appelle à l'adoption du projet de Code des personnes et de la famille conformément aux obligations internationales du Mali

La Coalition de la campagne « L’Afrique pour les droits des femmes : ratifier et respecter », se félicite que le projet de Code des personnes et de la famille passe enfin en deuxième lecture devant l’Assemblée nationale du Mali. Le projet de Code avait été adopté par l’Assemblée nationale le 3 août 2009, après de longues années de réflexion et de concertation entre les différents acteurs de la société malienne. Néanmoins, à la suite de manifestations par des forces conservatrices du pays, le Président de la République malienne a décidé de ne pas promulguer le Code et l’a renvoyé pour une deuxième lecture devant l’Assemblée nationale.

Aujourd’hui, alors que la première conférence régionale « sur le rôle de la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples (CADHP) dans la promotion et la protection des droits des femmes en Afrique » s’ouvre à Bamako, la Coalition réitère son appel en faveur de l’adoption du projet de Code dans les plus brefs délais, sans appauvrissement des dispositions qui tendent vers une mise en conformité de la législation malienne avec les obligations internationales et régionales auxquelles a souscrit le pays.

En effet, malgré la ratification par le Mali de la Convention des Nations unies sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes en 1985, du Protocole à la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples relatif aux droits des femmes en 2005, ainsi que de la Convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant en 1990, le cadre législatif malien continue à violer les droits fondamentaux des femmes.

« L’adoption du Code, tel que formulé lors de la première lecture, représenterait un premier pas fondamental vers le respect par le Mali de ses obligations internationales et des droits universels des femmes » a déclaré Souhayr Belhassen, Présidente de la FIDH, « En aucun cas, l’adoption du Code doit se faire au détriment de son contenu », a-t-elle ajouté.

Enfin, la Coalition souligne l’importance de la mise en place par le gouvernement malien de programmes de sensibilisation au profit de la population visant à expliquer le contenu du projet de Code et à dissiper les incompréhensions.

Tuesday 15 June 2010

Mali : Appel à l'adoption urgente du Code des personnes et de la famille sans appauvrissement de ses dispositions

Les ONG réunies lors du Forum des ONG précédant la 47ème session de la Commission africaine des droits de l'Homme et des peuples, à Banjul en mai 2010, expriment leurs préoccupations

ENGLISH VERSION

Nous, ONG réunies lors du Forum des ONG de la Commission africaine des droits de l'Homme et des peuples (CADHP) et acteurs de la campagne « L'Afrique pour les droits des femmes : ratifier et respecter », exprimons nos préoccupations concernant la non-adoption au Mali du Code des personnes et de la famille, suite à la décision du Président, le 26 août 2009, de le renvoyer devant l'Assemblée nationale pour une seconde lecture. En effet, nous déplorons que, près d'un an après cette décision, la deuxième lecture n'ait toujours pas eu lieu et qu'aucun acte significatif pour faciliter la compréhension et l'acceptation de ce texte par certaines franges de la population malienne n'aient été, à ce jour, mis en œuvre.

Le texte du Code des personnes et de la famille, tel qu'adopté par l'Assemblée nationale le 3 août 2009, avait fait l'objet de longues années de réflexion et de concertation entre les différents acteurs de la société malienne. L'adoption de ce texte, qui dispose de garanties cruciales concernant les droits universels des femmes maliennes, représenterait un premier pas fondamental vers la mise en conformité de la législation malienne avec les obligations internationales et régionales auxquelles a souscrit le Mali, en ratifiant la Convention des Nations unies sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes en 1985, le Protocole de la Charte africaine des droits de l'Homme et des peuples relatif aux droits des femmes en 2005, ainsi que la Convention des Nations unies relative aux droits de l'enfant en 1990.

Il est désolant que ce texte, indispensable pour faire valoir les droits des Maliennes, soit ainsi mis en suspens. Les violations des droits humains des femmes maliennes restent favorisées par ce déficit législatif. Insistant sur l'urgence de l'adoption d'un tel Code au Mali, nous demandons que la République du Mali s'engage véritablement à remédier à ce déficit législatif et appelons à ce que le Code des personnes et de la famille soit promulgué, en l'état, dans les plus brefs délais, sans appauvrissement de ses dispositions telles qu'adoptées en première lecture.

Nous espérons que les autorités maliennes manifesteront ainsi leur volonté de promouvoir les droits des femmes maliennes.

Saturday 12 June 2010

Call for Signatures - Petition for Peace & Implementation of SC Res 1325

Link to Sign Petition Online.

Women and girls hardly ever fight the world's wars, but they often suffer the most. Increasingly, they are the direct targets of fighting, when sexual violence is deliberately used as a tactic of warfare.

And yet fewer than 10 percent of the people who negotiate peace deals are women, and only about three dozen individuals have been convicted and jailed by international war crimes tribunals for committing or commanding widespread sexual violence.

Sexual violence in conflict is NOT inevitable. It can be stopped.

Ten years ago, in its landmark resolution 1325, the United Nations Security Council called for women's full and equal participation in all elements of peacemaking, and for prevention of this kind of violence. But implementation of this historic resolution has been too slow. Make Women Count for Peace

Add your name to this petition and ask your government to support three steps to implement Security Council resolution 1325:

  • Prosecute those who command and/or commit sexual violence and exclude them from armies and police forces after conflict.
  • Ensure that women participate in peace negotiations and all post-conflict decision-making institutions.
  • Increase the number of women in troops, police forces and civilians within international peacekeeping efforts.

http://www.saynotoviolence.org/make-women-count-for-peace

Wednesday 24 March 2010

Study reveals human trafficking as a serious problem in South Africa

Source: Human Sciences Research Council

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Friday 19 March 2010

Landmark case secures victory for Swaziland women's land rights

For the first time in the history of Swaziland, women married under community of property will now be able to have “immovable property, bonds, and other real rights” registered in their name.

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Friday 5 March 2010

Cahier d'exigences : Sénégal

Respecter ! Malgré la ratification par le Sénégal des principaux instruments internationaux et régionaux de protection des droits humains des femmes, force est de constater qu’un nombre important des dispositions de ces instruments n’est respecté ni en droit interne, ni dans la pratique.
La Coalition de la campagne est particulièrement préoccupée par : la persistance de dispositions législatives discriminatoires, en particulier dans le Code de la famille; les violences à l’égard des femmes, y compris les pratiques traditionnelles néfastes, telles que les mariages précoces et forcés et les mutilations génitales féminines (MGF) ; leur accès limité à la propriété foncière, à l’éducation, à la prise de décision et à la santé.

QUELQUES AVANCÉES...
La Coalition de la campagne reconnaît quelques développements positifs pour le respect des droits des femmes au cours des dernières années, tels que :

  • La nomination de femmes à des postes à haute responsabilité, notamment au niveau du secteur de la justice. Cependant les femmes demeurent largement sous-représentées dans les affaires publiques et politiques (voir ci-dessous).
  • L’adoption, en janvier 1999, de la loi modifiant le Code pénal et réprimant plus sévèrement les violences faites aux femmes. Cette loi définit et sanctionne de nouveaux crimes : l’inceste, le viol, le harcèlement sexuel : l’excision et les violences conjugales. Cependant la Coalition de la campagne dénonce l’incompatibilité des peines prévues, à savoir des travaux forcés, avec le Pacte international relatif aux droits civils et politiques ratifié par le Sénégal en 1978.
  • L’élaboration en 2005 de la Stratégie Nationale pour l’Egalité et l’Equité de Genre, s’étendant jusqu’en 2015, articulée autour de la valorisation de la position sociale de la femme et le renforcement de ses potentialités, ainsi que de la promotion économique des femmes en milieux rural et urbain, et la mise en place d’ateliers d’échange et de sensibilisation.

MAIS LES DISCRIMINATIONS ET LES VIOLENCES PERSISTENT


Dans la Loi
La législation sénégalaise demeure profondément discriminatoire, notamment dans le domaine de la famille. De nombreuses dispositions au sein du Code de la famille de 1972, demeurent discriminatoires:

  • L’autorité maritale et parentale : Selon l’article 152, le mari a le statut de chef de famille et le pouvoir sur le ménage et les enfants. Selon l’article 277, “Durant le mariage l’autorité parentale est exercée par le père en qualité de chef de famille”. Il est également prévu que le choix de la résidence du ménage appartienne au mari, la femme étant tenue d’y habiter avec lui et lui de l’y recevoir (art. 153). Selon l’article 3, “L’enfant légitime porte le nom de son père. En cas de désaveu, il prend le nom de sa mère”. Selon l’article 4, “L’enfant naturel porte le nom de sa mère. Reconnu par son père, il prend le nom de celui-ci”.
  • Le mariage : Dans le cadre du mariage, la femme est sujette à de nombreuses mesures discriminatoires, à commencer par l’âge minimum légal de mariage, qui selon l’article 111, “ne peut être contracté qu’entre un homme âgé de plus de 18 ans et une femme âgée de plus de 16 ans”. Une femme ne peut se remarier qu’à l’expiration d’un délai de viduité de 300 jours à compter de la dissolution du précédent mariage (art. 112). L’autorisation du paiement d’une dot par le mari (art. 132), favorise le sentiment de propriété à l’égard de l’épouse. Aussi, bien que l’article 110 prévoit qu’il y a prohibition de mariage entre beau-frère et belle-sœur, il autorise le lévirat et le sororat lorsque l’union qui provoquait l’alliance se trouve dissoute par le décès. Enfin, l’article 133 autorise la pratique de la polygamie. Selon l’article 375, les charges du ménage pèsent à titre principal sur le mari. En matière de régimes matrimoniaux, si le régime dotal s’applique, selon l’article 385, les biens donnés à la femme lors de son mariage par d’autres personnes que son conjoint et soumis au régime dotal (immeubles, valeurs mobilières déposées à la banque, animaux) sont remis au mari. Il les administre, pendant le mariage, “en bon père de famille”.


Dans la pratique
• Violences
Bien que l’article 320 du code pénal de 1999 punisse le viol, il n’est considéré que comme simple délit et non comme un crime. Par ailleurs, en dépit de la loi interdisant la pratique de l’excision sous toutes ses formes (loi N°99 05 de 1999), l’excision demeure très pratiquée (28 % des femmes disent en être victimes sur la période 2002-2007), faute de mesure de sensibilisation. Il en est de même pour les violences conjugales, reconnues et punies depuis 1999, mais socialement toujours acceptées, et dont la prohibition reste encore inconnue d’un grand nombre de femmes. Les mariages forcés, interdits selon l’article 108 du Code de la famille, ainsi que les mariages précoces sont toujours pratiqués au Sénégal. En outre, les mariages religieux sont toujours très répandus en milieu rural, par méconnaissance et manque d’accès aux mariages civils. Cette persistance des mariages en dehors du cadre légal creuse les discriminations entre hommes et femmes notamment en cas de divorce, délaissant les femmes sans droit de garde de leurs enfants ou de pension du mari.

• Obstacles à l’accès à la propriété foncière
Bien que le Code de la famille de 1972 attribue un accès égal à la terre aux hommes et aux femmes, l’application de la coutume fait obstacle à l’égalité dans la pratique. La tradition empêche les femmes d’hériter de terres, tout comme elle permet aux maris de s’opposer à leur acquisition de terres.

• Obstacles à l’accès à l’éducation
Bien que la loi instaure une obligation scolaire des enfants de 6 à 16 ans dispensée gratuitement dans les établissements publics (loi 2004-37 de 2004), les données statistiques mettent en avant une insuffisance dans son application. En plus d’une notable sous-scolarisation avec un taux de fréquentation de l’école primaire de 58 %, 57 % des adultes restent analphabètes, dont une majorité de femmes, défaut de scolarisation expliqué en partie par des motifs économiques et la persistance des mariages précoces. En effet, les jeunes filles sont souvent obligées de travailler pour subvenir aux besoins de la famille.

Obstacles à l’accès à la santé
L’accès aux soins notamment prénataux et postnataux reste largement insuffisant notamment en raison des coûts élevés. L’important taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans illustre cette déficience, atteignant près de 12 % en 2007.

Sous-représentation dans la vie publique et politique
Lors des dernières élections législatives de juin 2007, 33 femmes sur 150 députés ont été élues, soit 22 %. Depuis les élections d’août 2007, le Sénat compte seulement 40 femmes sur 100 sénateurs ; 37 ont été désignées par le Président de la République (sur 65 sénateurs nommés) et 3 ont été élues (sur 35). À ce jour, il n’existe pas de projet de loi tendant à l’institution de la parité. Par ailleurs, malgré l’ouverture des corps de gendarmerie et de douane depuis 2007, l’accès des femmes à la douane n’est toujours pas effectif.

LA COALITION DE LA CAMPAGNE DEMANDE AUX AUTORITÉS DU SÉNÉGAL DE :

  • Réformer toutes les dispositions discriminatoires du droit interne, en conformité avec la CEDAW et le Protocole de Maputo, et notamment les dispositions du Code de la famille concernant le pouvoir marital, l’autorité parentale, le choix de résidence, la propriété, le divorce, l’âge minimum de mariage, le lévirat, le sororat et la polygamie.
  • Renforcer les lois et politiques pour lutter contre les violences à l’égard des femmes et soutenir les victimes, notamment et adoptant une loi spécifique criminalisant toutes formes de violence ; en renforçant l’accueil et le soutien aux femmes victimes de violences (services adaptés, création de structures d’accueil); en favorisant leur accès à la justice, par la mise en place de services d’écoute téléphoniques gratuits, de formation du personnel judiciaires, services de police et médicaux spécialisés et de services d’aide juridique ; et en mettant en place des programmes de sensibilisation de la population.
  • Renforcer les mesures visant à améliorer l’accès des femmes à l’éducation et à la formation en instaurant un mécanisme strict de suivi de l’éducation primaire des filles afin d’assurer leur maintien à l’école, notamment dans les zones rurales.
  • Renforcer les mesures visant à améliorer l’accès des femmes à la santé, en portant une attention particulière à la situation des femmes en zones rurales.
  • Renforcer l’accès des femmes à des postes de prise de décision, notamment en adoptant des mesures spéciales temporaires, tel qu’un système de quotas avec pour but l’atteinte de la parité.
  • Mettre en place des programmes de sensibilisation aux droits des femmes auprès de la population, afin d’éliminer les stéréotypes et traditions discriminatoires.
  • Mettre en œuvre toutes les recommandations émises par le Comité CEDAW en 1994 et toujours non appliquées à ce jour et soumettre le 3e rapport périodique au Comité CEDAW, dû depuis plus de 10 ans.

PRINCIPALES SOURCES

  • Points focaux : ONDH, Wildaf-Sénégal, SWAA Sénégal, RADDHO
  • UNICEF, “Situation des enfants dans le monde en 2009”
  • UNICEF, “L’excision au Sénégal”, août 2008


LES POINTS FOCAUX DE LA CAMPAGNE AU SÉNÉGAL

L’Organisation Nationale des Droits de l’Homme (ONDH) L’ONDH est une association de défense des droits humains fondamentaux, créée en 1987, indépendante de tout pouvoir politique, économique ou religieux. Ses activités dans le cadre de la défense des droits des femmes comprennent une assistance judiciaire aux femmes victimes de violences ; des actions de plaidoyer et des formations régulières en droits humains.

www.ondh-radiab.org

WILDAF Sénégal Le WILDAF-Sénégal fait partie du réseau panafricain WILDAF. Basé à Dakar, il a été créé en 1992. Parmi ses principales activités figurent : l’organisation de programmes de sensibilisation ; des campagnes pour la parité hommes/femmes dans les organes décisionnaires; ainsi que la sensibilisation, l’orientation et l’aide aux victimes de violences.

www.wildaf-ao.org

Society for Women Against AIDS in Africa (SWAA Sénégal)

La SWAA, créée 1988 à Harare (Zimbabwe), est une ONG regroupant 33 pays africains dans la lutte contre le sida. La section sénégalaise de la SWAA est née en 1989. Elle s’est engagée dans le processus de contrôle de l’infection à VIH au Sénégal en menant des activités d’information, d’éducation, de formation de conseil, de recherche, ainsi que de plaidoyer.

www.swaainternational.org

Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme (RADDHO) La RADDHO, ONG laïque et non partisane, créée à Dakar en 1990, a pour but de promouvoir, défendre et protéger les droits de l’Homme au Sénégal et en Afrique. Elle veille au respect de la vie et de la dignité humaine, promeut le plein exercice de la citoyenneté, notamment l’égalité effective des droits entre citoyens, et contribue à la consolidation de l’Etat de droit et de la démocratie en Afrique.

www.raddho.africa-web.org

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Cahier d'exigences : Niger

Ratifier ! Si le Niger a ratifié la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW) il y a plus de 10 ans, il y a émis de nombreuses réserves, qui vont jusqu’à vider cet engagement de son sens. De plus, le Niger n’a toujours pas ratifié le Protocole à la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples relatif aux droits des femmes en Afrique (Protocole de Maputo).

Respecter ! La Coalition de la campagne demeure particulièrement préoccupée par : la superposition de différentes sources de droit créant une insécurité juridique; l’absence de réglementation en matière de mariage et de divorce; les pratiques traditionnelles néfastes telles que les mariages précoces et forcés et les mutilations génitales féminines; la traite des femmes et des filles; et l’accès limité des femmes à l’éducation, au marché du travail et à la justice.

QUELQUES AVANCÉES...

La Coalition de la campagne reconnaît plusieurs développements positifs relatifs aux droits des femmes au Niger au cours des dernières années, tels que :

  • L’adoption en juin 2006 de la loi sur la Santé de la reproduction, relative à l’amélioration des soins et des services de santé en matière de reproduction et de sexualité, bien qu’interdisant l’interruption volontaire de grossesse, excepté en cas de danger vital pour la femme enceinte, ou de risque d’affection grave de l’enfant à naître.
  • La loi de 2000 sur le quota de femmes dans la vie politique, augmentant la proportion des femmes au sein du parlement nigérien de 1,2 % (soit 1 femme sur 83 députés) à 12,3 % (soit 14 femmes sur 113 députés) entre l’élection de 1999 et celle de 2004. Toutefois, ces proportions restent très faibles et le gouvernement et l’administration eux mêmes sont restés en deçà des minimas fixés par la loi (seulement 6 femmes sont ministres sur 27 membres du gouvernement, soit 23,07 %).
  • L ’adoption en 2008, par le ministère de la Promotion de la femme et de la protection de l’enfant d’une Politique nationale de genre, afin de lutter contre les discriminations à l’égard des femmes.


MAIS LES DISCRIMINATIONS ET LES VIOLENCES PERSISTENT

Dans la Loi

Une insécurité juridique particulièrement préjudiciable aux droits des femmes est due à la multiplicité de sources de droit reconnues par la Constitution du Niger : le droit législatif, le droit coutumier et le droit religieux (islamique). Aucune décision judiciaire n’a été publiée depuis 1996. Parmi les nombreuses législations discriminatoires qui persistent au Niger, figurent :
– Dans le domaine de la famille : Un Code de la famille reste en cours d’élaboration depuis 1976. Malgré des amendements apportés à la Loi réglementant certains aspects du droit de la personne et de la famille selon les règles coutumières (Loi n° 62-11), plusieurs dispositions discriminatoires en matière de divorce, de garde des enfants et de succession persistent. La polygamie est autorisée, tout comme la répudiation, bien que le projet de Code de la famille envisage son interdiction.
– La Loi sur la nationalité interdisant la transmission de nationalité d’une nigérienne à son mari étranger.
– Le Statut général de la fonction publique qui empêche les femmes d’avoir accès à certaines institutions.

Dans la pratique

• Violences
Faute d’âge minimum de mariage, les mariages précoces et forcés sont très répandus.

Une jeune fille de 15 ans inscrite en classe de 5e a été retirée de force de l’école et mariée à un riche commerçant. Pour convaincre les parents de la fillette, le prétendant avait fait la promesse de laisser la jeune fille vivre chez ses sœurs jusqu’à l’âge de 17 ans. Mais deux semaines après la célébration du mariage le commerçant est allé récupérer la jeune fille et l’a violée avant de la reconduire chez ses parents. Cas documenté par l’ANDDH

Bien que les mutilations génitales féminines (MGF) (art. 232-1 de la loi de 2003) soient punies d’une amende et d’une peine d’emprisonnement, et qu’il soit estimé qu’entre 1998 et 2006 leur pratique chez les femmes de 15 à 49 ans a diminué de moitié (5 % à 2,2 %), il reste des disparités ethniques et régionales, au détriment du Tillabéri, de la Communauté urbaine de Niamey et de Diffa, partie occidentale du Niger, où 66 % des femmes en sont victimes. L’esclavage, touchant en 2002 environ 870 000 personnes, demeure répandu bien que criminalisé en 2003.

Le 27 octobre 2008, la Cour de justice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a rendu un arrêt tenant la République du Niger “responsable de l’inaction” de ses services administratifs et judiciaires, dans l’affaire Adidjatou Mani Koraou. Saisie pour la première fois pour une affaire d’esclavage, cette instance a estimé que les juges nigériens n’avaient pas rempli leur mission de protection de la victime. La victime avait été vendue comme cinquième épouse à l’âge de 12 ans pour 240.000 francs CFA (366 euros). Cet arrêt historique ouvre la voie de la contestation en justice de ces pratiques non suffisamment combattues par les autorités.

Concernant la traite des femmes, un phénomène récent, le “Hadj à crédits”, selon lequel les femmes sont envoyées par leur famille en Arabie Saoudite pour subvenir aux coûts du pèlerinage (Hadj), est particulièrement préoccupant.

Hadizatou a été vendue comme esclave à un homme qui a abusée d’elle et lui a fait plusieurs enfants, tout en l’obligeant de travailler pour lui aux champs sans aucune rémunération. Cas documentés par l’ONG Dimol

• Obstacles à l’accès à l’éducation et à l’emploi
Victimes de descolarisations forcées dues aux mariages précoces et à l’incitation au travail domestique, les femmes approchaient un taux d’alphabétisation de 15,1 % contre 42,9 % chez les hommes en 2005.
Malgré les lois favorables à l’égalité des sexes en matière d’emploi, les femmes sont sous-représentées dans le secteur public et le secteur privé formel : en 2005, elles ne représentaient que 22,15 % des agents de la fonction publique.

• Obstacles à l’accès à la justice
Par manque d’information sur leurs droits et sur les lois qui les protègent, et en raison des coûts des procédures, les femmes ont un accès limité à la justice, renforcé par le manque de formation des personnels de police et judiciaires. Aussi, les textes islamiques sont souvent interprétés au détriment des droits des femmes.

LA COALITION DE LA CAMPAGNE DEMANDE AUX AUTORITÉS DU NIGER DE :

  • Réformer l’ensemble des lois discriminatoires, en conformité avec la CEDAW, notamment le Code de la Famille, la Loi sur la nationalité et le Statut général de la fonction publique.
  • Harmoniser le droit statuaire, droit coutumier et religieux avec les dispositions de la CEDAW.
  • Prendre des mesures visant à combattre toutes les formes de violences à l’égard des femmes, y compris des actions de sensibilisation des populations; des programmes de formation à l’intention des représentants de l’État, des membres du pouvoir judiciaire et des professions de santé et des travailleurs sociaux; des mesures destinées à assurer aux victimes un soutien juridique, médical et psycho-social; ainsi que la poursuite en justice et la sanction des auteurs d’actes de violence contre des femmes.
  • Intensifier des efforts pour lutter contre la traite, le travail forcé et l’exploitation sexuelle des femmes et des filles, y compris l’adoption d’une législation spécifique, la poursuite en justice et la condamnation des auteurs de ces crimes et l’adoption de mesures de réhabilitation des victimes.
  • Prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir l’accès des filles et des femmes à l’éducation et à l’emploi, y compris la garantie d’une scolarisation obligatoire et gratuite jusqu’à 15 ans; la prise de mesures pour favoriser l’inscription des filles dans l’enseignement supérieur; l’élimination des stéréotypes concernant les rôles de la femme et de l’homme dans les programmes scolaires; la prise de mesures pour favoriser l’alphabétisation des femmes, en particulier dans les zones rurales ; l’adoption si nécessaire d’un mécanisme de quota afin de favoriser l’accès des femmes à l’emploi dans tous les secteurs.
  • Prendre des mesures pour assurer l’accès des femmes à la justice, la vulgarisation de ces textes de manière à les rendre accessibles à toute la population, notamment en milieu rural; la création de structures dédiées à l’assistance juridique ainsi que des aides financières pour permettre aux victimes de violences et de discrimination de saisir la justice.
  • Lever toutes les réserves émises à la CEDAW et accélérer le processus de ratification du Protocole de Maputo.
  • Mettre en œuvre toutes les recommandations émises par le Comité CEDAW en mai 2007, qui à ce jour, dans leur grande majorité, restent sans suite.



PRINCIPALES SOURCES
– Points focaux : ANDDH, Dimol, CONGAFEN
– Liste des préoccupations de la FIDH et de l’ANDDH soumises au Comité CEDAW, 2007, www.fidh.org
– Recommandations du Comité CEDAW, juin 2007
– Timidria ONG
– L'OIF, genre.francophonie.org
– Le PNUD, www.undp.org/french/
– L’Union interparlementaire, www.ipu.org
– L’UNICEF, www.unicef.org



LES POINTS FOCAUX DE LA CAMPAGNE AU NIGER

Association Nigérienne pour la Défense des Droits de l’Homme (ANDDH)
L’ANDDH, ONG de défense des droits de l’Homme créé en 1991, a pour mission de protéger les libertés fondamentales, et de promouvoir la démocratie au Niger. Parmi ses actions figurent : ateliers de plaidoyer sur les droits des femmes; formations sur le Protocole de Maputo; campagnes de sensibilisation et assistance juridique. www.anddh-niger.org

“Dimol”, Santé de la reproduction pour une maternité sans risques L’ONG “Dimol” a été créée en févier 1998, avec pour mission de contribuer à la réduction des risques liés à la maternité par la prévention, la prise en charge précoce des cas et la réinsertion sociale. Ses activités comprennent : plaidoyer auprès des décideurs religieux et politiques, formations aux parlementaires, et campagnes de sensibilisation de masse sur le protocole de Maputo et la CEDAW. www.dimol.c.la

Coordination des ONG et Associations Féminines Nigériennes (CONGAFEN) La CONGAFEN, établie en 1995, a pour mission de coordonner les actions des ONG et associations œuvrant pour la promotion de la femme nigérienne. Le rôle de la CONGAFEN est de renforcer la collaboration entre ONG et associations féminines ; renforcer les capacités des structures membres ; et servir d’intermédiaire auprès de l’Etat et des partenaires. www.congafen.africa-web.org

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Cahier d'exigences : Burkina Faso

Respecter ! Malgré la ratification par le Burkina Faso des principaux instruments internationaux et régionaux de protection des droits humains des femmes, force est de constater que les dispositions de ces instruments ne sont souvent pas respectées, ni en droit interne, ni dans la pratique.

La Coalition de la campagne est particulièrement préoccupée par : la persistance de dispositions législatives discriminatoires ; les pratiques traditionnelles néfastes, telles que les mariages précoces et forcés et les mutilations génitales féminines ; l’accès limité des femmes aux postes à responsabilité ; et le non-respect du droit des femmes à la propriété et à la justice.

QUELQUES AVANCÉES...

La Coalition de la campagne se félicite de l’adoption par l’Assemblée nationale du Burkina Faso en avril 2009, à la suite d’une mobilisation importante de la société civile, d’une loi sur les quotas de représentation des femmes sur les listes électorales, imposant à chaque regroupement ou parti politique de présenter une liste de candidats comprenant au moins 30 % de femmes pour les élections municipales et législatives. Les contrevenants verront leurs financements amputés de 50 %.

Cette nouvelle loi devrait contribuer à l’amélioration de la participation des femmes à la vie politique du pays, qui jusque là demeure largement dominée par les hommes. En effet, malgré la progression du nombre de femmes siégeant à l’Assemblée nationale (3 en 2000, 13 en 2005 puis 17 sur 111 députés en 2009 (soit 15 %)) leur représentation reste encore trop faible. Le chemin vers la parité est encore long, d’autant plus que ces quotas ne s’appliquent qu’aux listes électorales, et non aux postes nominatifs et électifs.

MAIS LES DISCRIMINATIONS ET LES VIOLENCES PERSISTENT

Dans la Loi
Parmi les dispositions législatives discriminatoires qui persistent au Burkina Faso, figurent plusieurs dispositions du Code des personnes et de la famille adopté en 1989 (soit deux ans après la ratification par l’Etat de la CEDAW) :

– Selon l’article 238, l’âge légal du mariage est de 17 ans pour les femmes et de 20 ans pour les hommes. De plus, une dispense d’âge peut être accordée par un tribunal civil pour motif grave à partir de 15 ans pour les femmes et de 18 ans pour les hommes.
– Selon l’article 246, la femme divorcée, veuve ou dont le mariage a été annulé, ne peut contracter un second mariage qu’après l’expiration d’un délai de 300 jours. Ce délai de viduité est réduit à un mois si la femme peut présenter un certificat médical de non-grossesse.
– Selon l’article 294, en cas de désaccord des époux sur le lieu de résidence de la famille, le dernier mot revient au mari.
– L’article 232 autorise la polygamie mais consacre la monogamie comme forme de droit commun du mariage.

Dans la pratique

• Discriminations dans la famille
Malgré l’article 234 du Code des personnes et de la famille interdisant les mariages précoces et forcés, ces pratiques sont très courantes au Burkina Faso. La pauvreté pousse souvent les familles à marier religieusement leurs filles dès qu’elles atteignent l’âge de la puberté vers 11 ans, en échange d’une dot. Ces jeunes filles sont pour la plupart illettrées, ce qui facilite leur soumission au mari et entrave leur accès à l’emploi. Les grossesses précoces ont également des conséquences graves sur la santé des jeunes filles, notamment la fistule obstétricale.

Contrairement à l’article 519 du Code des personnes et de la famille selon lequel lorsque l’un des époux décède, l’autorité parentale est dévolue de plein droit à l’autre, de nombreuses veuves sont dépourvues de facto de ce droit que s’arrogent les parents du défunt mari. La violation des droits successoraux de la conjointe survivante est également très répandue. Le Conseil de famille désigne une personne de la famille du mari pour l’administration des biens des enfants mineurs. Dans certains cas, les beaux-parents refusent d’accorder la tutelle à la veuve mais laissent les enfants à sa charge. Cette pratique coutumière est tellement ancrée dans les mœurs que très peu de femmes, même instruites, exigent auprès des beaux-parents le respect de leurs droits en matière successorale.

• Violences
Les attitudes patriarcales, les stéréotypes enseignés aux enfants, les coutumes et traditions discriminatoires dans la société burkinabée contribuent au maintien de la soumission des femmes à l’autorité maritale et favorisent les violences à leur égard femmes. Par ailleurs, en dépit de la recommandation du Comité CEDAW de 2005, le déficit législatif en matière de violences conjugales favorise l’impunité des auteurs de telles actions.
En outre, malgré les dispositions actuellement en vigueur telles que la loi de 1996 prohibant la pratique des mutilations génitales féminines (MGF) et le Comité national de lutte contre la pratique de l’excision de 1988 (CNLPE), les MGF perdurent de façon préoccupante dans certaines régions, comme au Plateau du Mossi.

• Obstacles à l’accès à la propriété
Bien qu’elles constituent environ 51 % de la population active agricole et jouent un rôle prépondérant dans les activités agropastorales, seul 20 % des terres burkinabées sont sous la propriété de femmes. Cette situation persiste en dépit de la réforme agraire et foncière accordant aux femmes un accès égal aux terres arables et au logement et des dispositions du Code des personnes et de la famille protégeant le droit des femmes à posséder la terre et à en hériter.

Les femmes sont également marginalisées en matière d’accès aux services financiers. En effet, de nombreux types de prêts restent inaccessibles aux femmes, les banques et organismes de crédits les considérant comme des clients à risques : n’étant ni propriétaires ni exploitantes, elles ne disposent pas des garanties habituellement exigées. Cette situation les oblige soit à renoncer à obtenir des crédits soit à s’astreindre à des charges d’intérêt très lourds, tout en les enfermant davantage dans l’endettement et la pauvreté.

• Obstacles à l’accès à la justice
Les femmes burkinabées ont difficilement accès à la justice pour faire valoir leurs droits, notamment en raison du manque d’information sur leurs droits et les lois qui les protègent, et des coûts des procédures. De plus, le manque de formation des personnels de police et judiciaires sur les règles applicables visant à protéger les droits des femmes entrave l’aboutissement des plaintes et dissuade les victimes de recourir à la justice.

LA COALITION DE LA CAMPAGNE DEMANDE AUX AUTORITÉS DU BURKINA FASO DE :

  • Réformer toutes les dispositions législatives discriminatoires, en conformité avec la CEDAW et le Protocole de Maputo, notamment au sein du Code des personnes et de la famille : âge du mariage, polygamie, délai de viduité, choix de résidence et nom de l’enfant.
  • Mettre en place toutes les mesures nécessaires pour assurer la mise en œuvre des lois sur l’héritage et l’autorité parentale.
  • Renforcer les lois et politiques pour lutter contre les violences à l’égard des femmes notamment en : adoptant une loi spécifique sur les violences à l’égard des femmes, incluant les violences conjugales ; prenant toutes les mesures nécessaires pour assurer la mise en œuvre effective de la loi sur les mariages forcés et précoces, et celle sur l’interdiction des mutilations génitales féminines, notamment par la mise en place de programmes d’éducation visant à sensibiliser les populations; mettant en place des services adaptés à la prise en charge des victimes de violences et favorisant leur accès à la justice, tels que numéros gratuits d’aide, services de police et médicaux spécialisés, services d’aide juridique et structures d’accueil.
  • Renforcer les mesures visant à assurer l’accès des femmes à l’éducation, à l’emploi, à la terre et au crédit, en portant une attention particulière à la situation de la femme dans les zones rurales.
  • Mettre en œuvre des programmes d’éducation et de sensibilisation adressés aux hommes et aux femmes, y compris aux responsables gouvernementaux, chefs religieux ainsi que dirigeants communautaires et traditionnels, sur les droits des femmes et les voies de recours en cas de violations; mettre en place des formations spécifiques du personnel chargé de faire appliquer les lois sur les violences à l’égard des femmes.
  • Assurer le respect effectif de la Loi sur le quota et élargir son application au niveau des postes nominatifs et électifs, en particulier dans les Ministères, la Haute Administration et les Directions Générales.
  • Mettre en œuvre l’ensemble des recommandations émises par le Comité CEDAW en juillet 2005.

PRINCIPALES SOURCES

  • Points focaux : MBDHP, WILDAF-Burkina Faso et RECIF/ONG-BF
  • Recommandations du Comité CEDAW, juillet 2005
  • MBDHP, Rapport alternatif au Comité CEDAW, juillet 2005, www.fidh.org
  • WILDAF-AO, “Situation des femmes au Burkina Faso”, décembre 2004, www.wildaf-ao.org/fr/
  • L’Union interparlementaire, www.ipu.org



LES POINTS FOCAUX DE LA CAMPAGNE AU BURKINA FASO

Le Mouvement Burkinabé des Droits de l’Homme et des Peuples (MBDHP) Le MBDHP est une ONG de défense des droits humains, créée en 1989 et basée à Ouagadougou. Ses actions visant à promouvoir les droits des femmes se traduisent par un service de conseil juridique, ainsi que des programmes de plaidoyer, de formation et de sensibilisation.

WILDAF-Burkina Faso WilDAF-Burkina Faso fait partie du réseau panafricain WILDAF. WILDAF-Burkina Faso existe depuis 1998 à Ouagadougou et compte plusieurs associations-relais dans les provinces (27 associations membres), dispensant conseil juridique, formations, études, enquêtes de terrain, aide sociale et économique, vulgarisation des textes de loi. www.wildaf-ao.org

Réseau de Communication d’information et de formation des femmes dans les ONG (RECIF/ONG-BF) Le RECIF au Burkina Faso vise à contribuer au renforcement de la position et du pouvoir de décision des femmes dans les associations à travers des actions de communication, d’information et de formation, dans le but d’amener les femmes à être davantage prises en compte, intégrées et reconnues socialement. www.recif.bf

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Dossier of Claims: South Africa

RESPECT! Over the past decade South Africa has ratified the main international and regional women’s rights protection instruments; and national statutory laws tend to respect the principle of equality between women and men. Yet, the continued application of discriminatory customary laws and persistent patriarchal traditions lead to widespread violations of women’s human rights. The Coalition of the Campaign remains particularly concerned about: discrimination within the family; violence against women, including trafficking; unequal access to property; discrimination in employment; and access to health services.

SOME POSITIVE DEVELOPMENTS...

In addition to the ratification of all the main women’s rights protection instruments, the Coalition of the Campaign acknowledges several other developments in recent years concerning women’s rights:

  • The adoption of the Criminal Law (Sexual Offences) Amendment Act 2007 which modifies the definition of consent and the evidential requirements for proving rape (including abolition of the cautionary rule against complainants’ evidence and providing that no negative inference can be drawn from a delay in reporting rape).
  • The adoption of the Criminal Law (Sentencing) Amendment Act 2007, which establishes minimum sentences for rape. This amendment was intended in particular to prevent courts failing to impose minimum sentences on the basis of absence of physical injuries, the “cultural beliefs” of the perpetrator, or the behavior of the victims or her relationship to the perpetrator.
  • The adoption of National Instructions for Police on Sexual Offences, which sets out how police investigations should be conducted in such cases.
  • Concerning representation of women in parliament, following the 2009 parliamentary elections, 178 out of a total of 400 members of the lower house are women (44.5%). In the upper house, 16 of 54 members are women (29.6%). At ministerial level and deputy minister level respectively 42% and 39% are women.

BUT DISCRIMINATION AND VIOLENCE PERSIST

South Africa has a hybrid legal system composed of statutory and customary law. Laws protecting women’s rights are ineffectively implemented, due to lack of training of law enforcement personnel, general lack of awareness of women’s human rights and generalised impunity for violations.

Discrimination in the family

Legally both civil and customary marriages are recognised. Religious marriages have been recognised by the courts and laws recognising such marriages are currently under consideration. Under customary law, polygamy is authorized (although it is rarely practised). Indeed, the current President, Jacob Zuma, whose role is to guarantee the application of the Constitution, which provides for equality between men and women, openly defends polygamy and married his fifth wife in 2010.

The Recognition of Customary Marriages act requires a court application if a spouse in an existing customary marriage wants to take on a new wife. However, the need to register customary marriages is not well-known and many women within customary marriages do not know about their rights as outlined in the new legislation.

Violence

Despite the adoption of specific legislation to protect women from domestic violence, including marital rape, (Domestic Violence Act 1998), such violence remains widespread. The implementation of the law is curtailed, due to deeply rooted social attitudes which condone violence against women, lack of resources, and inadequate training of doctors, police and court personnel. Efforts undertaken by the government, including the financing of shelters for victims and training for police, have so far proved inadequate.

South Africa has the highest recorded incidence of rape in the world. Over a nine month period, during 2007-2008, 36,190 complaints of rape were recorded by the police. Yet, the large majority of rapes committed go unreported. Reported cases are generally not effectively investigated and prosecuted, in part due to lack of training of law enforcement officials. According to a 2008 study, only 4.1% of reported cases result in convictions. The government abolished specialist sexual offences units in favour of a decentralized approach to the investigation of these cases. This has lead to deterioration in how rape cases are dealt with by the police. In 2009, the Minister of Police announced government’s intention to reverse this decision but this has not been implemented.

There are extensive reports of rape, sexual abuse, sexual harassment and assaults of girls at school by teachers, students, and other persons in the school community. Although the law requires schools to disclose sexual abuse to the authorities; administrators often conceal sexual violence or delay disciplinary action.

Violence against those accused of witchcraft occurs, especially amongst elderly women. There have been reports of women accused of witchcraft being driven from their villages in rural communities, assaulted, exiled, and in some cases, murdered.

The Children’s Act 2005 (signed into law in 2008) prohibits trafficking of children, and the new Sexual Offences Act of 2007 prohibits any trafficking for sexual purposes. The Prevention of Trafficking Bill is currently at parliamentary stage and aims to comply with government’s international obligations in relation to trafficking. The precise extent of trafficking operations in South Africa is unknown.

Obstacles to access to health

Poverty and HIV/AIDS remain the two key inter-linked drivers of maternal and infant mortality. South Africa has the highest prevalence of HIV/AIDS worldwide. In 2009, the Government announced that it would expand access to anti-retroviral treatment for women and children who are living with HIV/AIDS.

THE COALITION OF THE CAMPAIGN CALLS ON THE AUTHORITIES OF SOUTH AFRICA TO:

  • Harmonise statutory and customary laws in conformity with CEDAW and the Maputo Protocol and ensure that, where conflicts arise between statutory legal provisions and customary law, the statutory provisions prevail.
  • Strengthen measures to protect women from violence and support victims, including by ensuring effective prosecution and punishment of perpetrators; implementing training for all law enforcement personnel, in particular concerning implementation of the Domestic Violence and Sexual Offences Acts and the related National Instructions; reinstating specialist sexual offences units; adopting a policy to increase the responsiveness of health services to domestic violence cases; and implementing awareness-raising programme informing the population of women’s rights and mechanisms of access to justice.
  • Take all necessary measures to increase women’s access to employment, including by addressing socio-economic and cultural factors and enforcing legislation on sexual harassment.
  • Adopt all necessary measures to reform or eliminate cultural practices and stereotypes that discriminate against women,including through awareness-raising programmes targeting women and men, traditional and community leaders and the media.
  • Implement all recommendations issued by the CEDAW Committee, in June 1998, and submit the long overdue combined 2nd and 3rd periodic report to the CEDAW Committee.

PRINCIPAL SOURCES

  • Lawyers for Human Rights (LHR)
  • First monitoring report of the Shukumisa Campaign, Sexual violence, calling the system to account, available at www.tlac.org.za
  • Inter Parliamentary Union, www.ipu.org
  • Wikigender, www.wikigender.org

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Cahier d'exigences : Tunisie

Ratifier ! Bien que la Tunisie ait ratifié la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW), l’Etat y a émis une déclara- tion générale, en précisant que seuls les articles en conformité avec la Constitution tunisienne seraient appliqués. La Tunisie a également émis des réserves aux articles suivants : 9(2) concernant la transmission de la nationalité ; 16 concernant le mariage et l’héritage; et 15(4) concernant le choix de résidence. La Coalition de la campagne souligne que ces réserves violent le droit international, dans la mesure où elles ne sont pas compatibles avec l’objet et le but de la Convention. La Coalition déplore également le fait que la Tunisie n’ait pas ratifié le Protocole de Maputo.

Respecter ! La Coalition de la campagne est particulièrement préoccupée par les discriminations persistantes, telles que : le statut de la femme au sein de la famille et du mariage; l’accès limité des femmes à l’héritage, aux études supérieures, aux postes de décision, et au paysage politique et publique; l’insuffisance d’accès et de mise en œuvre des lois contre la violence et le harcèlement au travail.

QUELQUES AVANCÉES...
La Coalition de la campagne reconnaît quelques développements positifs relatifs aux droits des femmes en Tunisie au cours des dernières années, tels que :

  • La criminalisation des violences domestiques au sein du Code pénal tunisien en 2005 (art. 218) et la mise en place en 2008 d’un plan national de lutte contre les violences à l’égard des femmes.
  • La ratification en 2008 du Protocole facultatif à la CEDAW.

MAIS LES DISCRIMINATIONS ET LES VIOLENCES PERSISTENT

Dans la Loi
De nombreuses dispositions discriminatoires persistent dans le droit écrit, notamment au sein du Code du Statut personnel. De plus, les juges font souvent appel à la Sharia comme base du droit coutumier en matière de droit de la famille et d’héritage.

Mariage :Bien que l’âge minimum de mariage soit fixé à 18 ans, le mariage du mineur reste autorisé dans certains cas, sous le consentement d’un tuteur et de sa mère (art. 5, Code du Statut personnel). L’obligation du paiement d’une dot permettant la consommation du mariage favorise la perception de l’épouse comme une propriété (art. 3, 12 et 13, Code du Statut personnel). Bien que le Code du Statut personnel prévoit deux régimes possibles de mariage, le régime de communauté de biens et le régime de la séparation des biens, le mariage est conclu par défaut sous le régime de la séparation des biens (art. 7 Loi n° 98-91 de 1998).

Autorité familiale et parentale : Bien que les parents aient tous deux la tutelle et la garde de l’enfant, l’homme reste le chef de famille, tenu de subvenir aux besoins de celle-ci (art. 37 et 38).

Divorce : En cas de divorce, la femme est soumise à un délai de viduité allant de trois à quatre mois avant de pouvoir se remarier (art. 20 et Livre III). Aussi, tandis qu’elle peut reprendre seule le droit de garde des éventuels enfants elle ne doit pas être mariée, le mari doit lui “avoir à sa disposition une femme qui assure les charges de la garde” (art.58).

Transmission de la nationalité aux enfants : Selon le Code de la nationalité, le père transmet automatiquement sa nationalité à l’enfant alors que ce n’est pas le cas pour la mère (art. 6).

Obstacles à l’accès à la propriété : En matière d’héritage, le Code du Statut personnel privilégie les individus de sexe masculin en ce qui concerne la part “entière”. En ce qui concerne les successions quote-part l’homme hérite d’une part double voire triple de celle des femmes, choix généralement justifié par l’argument selon lequel les femmes n’ont aucune responsabilité envers leurs maris et enfants.
En outre, l’application de la Sharia en matière d’héritage empêche la femme non- musulmane et l’homme musulman d’hériter entre-eux. Les enfants issus de ce mariage sont considérés comme musulmans et ne peuvent hériter de la mère. Des dispositions discriminatoires fondées sur l’appartenance religieuse à l’égard des femmes non-musulmanes limitent leur droit de posséder, de gérer, d’hériter et de transmettre leurs biens (circulaire de 1973).

Dans la pratique

• Discriminations dans la famille
Au cours du mariage les biens acquis par la femme sont souvent détenu au nom du mari par tradition. Le recours au mariage de communauté de biens reste très faible par manque de connaissance. En dépit du fond de “garantie de la pension alimentaire et de la rente de divorce” en soutien des femmes seules démunies ayant des enfants à charge (loi n°93-0065 de 1993), des cas de détresse restent sans assistance, par manque de moyens financiers, et d’information sur cette mesure.

• Violences
De manière générale, l’application des lois contre les violences domestiques reste limitée, par refus d’intervention de la police les considérant comme d’ordre privé. De plus, l’article 218 du Code pénal dispose que le désistement d’une victime met fin aux poursuites. Alors que le viol conjugal est criminalisé, aucun cas de poursuite n’a été signalé en 2008.

• Obstacles à l’accès à l’éducation
Un manque d’orientation des femmes vers les structures universitaires contribue à leur mise à l’écart et limite leur promotion sociale. L’accès des femmes à l’emploi est entravé par les discriminations dans la promotion professionnelle notamment à l’égard des femmes enceintes ou des mères, liées entre autres aux traditions. En dépit de la reconnaissance du harcèlement sexuel comme délit (loi 2004-73 de 2004), celle-ci reste importante dans le milieu du travail pour les femmes.

• Sous représentation dans la vie publique et politique Bien que la loi établisse un quota de 30 % de représentation féminine du parti majo- ritaire au pouvoir au Parlement, la mesure reste insuffisante, car trop ciblée.

• Obstacles à l’accès à la santé
L’accès des femmes à la santé reste limité en raison des prix croissants des soins et de l’insuffisance des centres de planification familiale. La stigmatisation par le personnel médical des femmes ayant recours aux procédures d’avortement reste importante et très répandue, du fait du manque de sensibilisation de celui-ci.

LA COALITION DE LA CAMPAGNE DEMANDE AUX AUTORITÉS DE LA TUNISIE DE :

  • Réformer toutes les dispositions discriminatoires du droit écrit, en conformité avec la CEDAW et notamment les dispositionsdu Code du Statut personnel concernant le mariage, l’autorité familiale et parentale, le divorce, ainsi que les dispositions du Code de la nationalité concernant la transmission de la nationalité aux enfants.
  • Renforcer les mesures pour lutter contre les violences à l’égard des femmes, notamment en assurant la poursuite et la condamnation des auteurs.
  • Renforcer les mesures visant à améliorer l’accès des femmes à l’éducation et à l’emploi,y compris en assurant leur accès aux études supérieures ; en réformant la loi du harcèlement au travail afin de la rendre plus effective.
  • Renforcer l’accès des femmes à des postes de prise de décision, notamment en étendant la loi sur les quotas à tous les aspects de la vie politique et publique.
  • Renforcer les mesures visant à améliorer l’accès des femmes à la santé, en renforçant leur accès aux centres de planning familial, aux soins à bas coûts ; et en sensibilisant le personnel de santé aux pratiques telles que l’avortement.
  • Ratifier le Protocole de Maputo.
  • Lever toutes les réserves à la CEDAW.
  • Mettre en œuvre toutes les recommandations émises par le Comité CEDAW en juin 2002.


PRINCIPALES SOURCES

  • Points focaux de la campagne : ATFD, LTDH
  • Recommandations du Comité CEDAW, juin 2002
  • www.jurisitetunisie.com

LES POINTS FOCAUX DE LA CAMPAGNE EN TUNISIE

Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD)
Association créée en 1989 luttant pour l’atteinte de l’égalité, de la démocratie et de la laïcité, l’ATFD dispense une aide aux femmes sur le plan juridique, notamment par la mise en place d’un centre d’écoute encadrant psychologiquement et juridiquement les femmes, tout en assurant un suivi des femmes notamment concernant la recherche d’emploi.

Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH)
Fondée en 1976, la LTDH vise est une ONG visant à l’observation et la défense des droits de l’homme en Tunisie.

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Dossier of Claims: Mozambique

RESPECT! Although Mozambique has ratified the main international and regional women’s rights protection instruments, their provisions are often violated in law and practice. The Coalition of the Campaign is particularly concerned by the following continued violations of women’s rights in Mozambique: the persistence of discriminatory laws; violence against women; limited access to property, education and healthcare; and obstacles to access to justice.

SOME POSITIVE DEVELOPMENTS…

The Coalition of the Campaign acknowledges the recent adoption of several laws and policies aimed at improving respect for women’s rights, including:

  • The adoption of the new Family Code in December 2004 which provides for gender equality in all matters of family law (consent to marriage, divorce procedures, custody of children, sharing of household assets, etc.) and prohibits all practices that discriminate against women concerning polygamy, inheritance, minimum legal age for marriage, treatment of widows etc.
  • Improvements in women’s political representation. During the December 2004 elections, 87 women were elected to the National Assembly, of a total of 250 members (34.8%). The Prime Minister, 24 ministers, 2 deputy ministers and 2 province governors are women.
  • The adoption on 21 July 2009 of a law on domestic violence.
  • The ratification of the Optional Protocol to CEDAW in 2008.

BUT DISCRIMINATION AND VIOLENCE PERSIST

In Law

Although Mozambique has adopted several laws to protect women from discrimina- tion and violence, several discriminatory laws and regulations persist:

Several provisions of the Criminal Code, which dates back to the 19th century, are still awaiting reform.

Amendments to the law on domestic violence (arts. 35 and 36) which stipulate that the law must be applied taking into consideration the need to “protect the family”. Furthermore, the law on domestic violence does not sanction marital rape.

Abortion is only allowed under limited circumstances according to a Ministerial Decree of 1978 (only three hospitals are permitted to perform abortions). The criminalization of abortion in the vast majority of situations causes the deaths of thousands of girls each year. The Minister of Health submitted a law to parliament in 2009, but it remains pending.

The inheritance law, awaiting review, contradicts the new Family Code concerning women’s property rights.

The new Family Code of 2004 has been amended to delete provisions regarding the recognition of common law marriage. Yet, in Mozambique, 54% of “unmarried” couples are in de facto marriages.

In Practice

The weight of traditions, which continue to be protected in order to safeguard the “Mozambican identity”, together with the patriarchal vision of society, keep Mozambican women in a position of inferiority and impede the effective application of laws protecting their rights. Furthermore, it is not unusual for representatives of religious communities and traditional leaders to accuse women’s associations of advocating “immorality” and “wanting to destroy the family”.

Discrimination in the family

Although forbidden by law (article 30 of the Family Code sets the minimum age for marriage at 18 years, for both girls and boys), early marriage is common, especially in the rural areas (in 2004, it was estimated that 21% of girls were married by the time they were 15). This is one of the main reasons for the low school enrolment rate for girls and the very high rate of early pregnancy (it is estimated that 24% of women between ages 15 and 19 already have 2 children). The government has taken measures to raise awareness of the general population on these problems, but there are no specific penalties for forced marriage.

Furthermore, although article 16(2) of the Family Code requires marriages to be monogamous, polygamy remains common, especially in rural areas. Regarding inheritance, customs are especially discriminatory. Widows are often expelled from their family home and receive no inheritance from their husbands.

Violence

Although the adoption of the law on domestic violence in 2009 represents signifi- cant progress, its impact on the Mozambican society has been limited. A “domestic violence” unit has been created within the Ministry of the Interior but its means are too meagre to allow for effective action.

Domestic violence enjoys considerable social legitimacy stemming from a widespread view that the man, as the head of family, has the prerogative to use force to solve marital disputes conflicts. WLSA Mozambique Rape accounts for half the reported cases of violence against women. Sexual abuse at school, including harassment of girl students by their teachers or by fellow stu- dents, has increased alarmingly. According to the Mozambican law, incest is rape with aggravating circumstances, but there is no specific government policy to control this type of violence. There is no sanction for marital rape.

Obstacles to access to property

Although the Land Law adopted in 1997 and the Family Code 2004, explicitly provide for equal property rights, in practice the application of these provisions is problem- atic. Yet women account for more than half of those working the land. In this area, resistance to the law is especially strong due to the weight of traditions.

Obstacles to access to education

Many schools and health care facilities were destroyed during the civil war and by the natural disasters that struck the country in 2000, 2001 and 2007. Lack of schools is one of the reasons for the massive female illiteracy and the low female enrolment rate although, theoretically, primary school education (7 years) is compulsory. The annual national budget allocates 20% to education but only some 40% of children go to school. Notwithstanding the state’s awareness-raising campaign (radio and TV flashes, input from national celebrities and religious leaders) and the creation of boarding houses for girls who live too far away from school, most families still only consider sending their sons to school. Early marriage is also a major cause for girls to drop out of school.

Obstacles to access to health

Besides the common health problems facing the whole population – 52% of the coun- try benefits from health coverage – women also have to confront problems linked to maternal, sexual and reproductive health. Furthermore, AIDS affects more women than men. Although the government has introduced free prenatal care, the maternal death rate is still a high (480 per 100,000 births), although only half of what it was ten years ago.

Obstacles to access to justice

Women’s access to justice is impeded due to a lack information on their rights and the laws that protect them, the cost of proceedings and the lack of training of police and legal personnel. The creation of community tribunals to make up for the shortage of judges and lighten the burden of the official state courts has not improved the situation. The community tribunals are composed of only 10% women and are apply traditional law, which is particularly discriminatory against women.

THE COALITION OF THE CAMPAIGN CALLS ON THE AUTHORITIES OF MOZAMBIQUE TO:

  • Reform all discriminatory legislation in conformity with CEDAW and the Maputo Protocol, particularly the discriminatory provisions of the Criminal Code, the Family Code, the law on domestic violence and inheritance law.
  • Strengthen laws and policies to protect women from violence and support victims, including by: adopting all necessary measures to ensure the effective implementation of the law on violence against women, including domestic violence, and adopting measures to sanction marital rape; allocating additional financial resources to the fight against domestic violence; adopting measures, including severe sanctions, to eliminate sexual abuse of young girls in school.
  • Eliminate obstacles to the education of girls and women, in particular by: ensuring equal access to all levels of education; adopting measures to retain girls within the education system, including pregnant pupils; and launching awareness raising programmes to overcome stereotypes and traditional attitudes.
  • Take measures to guarantee women’s access to adequate health care, including obstetrical care and family planning; ensure access to contraception.
  • Take all necessary measures to ensure women’s access to justice, in particular by addressing the shortage of judges, facilitating women’s access to these positions and ensuring training of police and legal personnel.
  • Adopt all necessary measures to reform or eliminate discriminatory cultural practices and stereotypes, including awareness-raising programmes targeting men and women, governmental, traditional and community leaders.
  • Ensure the implementation of all recommendations issued by the CEDAW committee in June 2007.

PRINCIPAL SOURCES

  • Focal Point: WLSA-Mozambique
  • Liga Moçambicana dos direitos humanos (LMDH), www.lmdh.org.mz
  • FIDH and LMDH, Women’s rights in Mozambique, May 2007, www.fidh.org
  • CEDAW Committee Recommendations, June 2007
  • Inter-Parliamentary Union, www.ipu.org

THE CAMPAIGN FOCAL POINT IN MOZAMBIQUE

WLSA-Mozambique

WLSA-Mozambique is a member of the regional network Women and Law in Southern Africa (WLSA). The organisation seeks to promote gender equality through the identification of favourable initiatives and obstacles to legislative and political changes. www.wlsa.org.mz

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Dossier of Claims: Tanzania

RESPECT! Although Tanzania has ratified the main international and regional women’s rights protection instruments, many of their provisions continue to be violated in both law and practice. The Coalition of the Campaign remains particularly concerned about the following violations in Tanzania: the persistence of discriminatory laws; violence against women; unequal access to education, employment and health services; and violations of the right to property.

Some positive developments…

The Coalition of the Campaign acknowledges the adoption in recent years of a number of laws and policies aimed at improving respect for women’s rights, including the reform of property laws to establish equal rights to acquire, own and use land (Village Lands Act No. 5) and the implementation of programmes to promote women’s access to education (Education Sector Development Programme (2000-2015)).

Advances have also been made in women’s political participation. In 2005, the 14th amendment to the Constitution increased the number of seats reserved for female Members of Parliament from 15 to 30 percent. After the 2005 general elections, 98 of a total of 321 MPs were women (30.4%). The Tanzanian government has stated that it aims to increase the number of female MPs to 50 percent by 2010 in conformity with the Southern African Development Community’s (SADC’s) Protocol on Gender and Development of 2008. However, the representation of women in other areas of public and professional life remains low.

The Coalition also welcomes the ratification of the Optional Protocol to CEDAW in 2006 and the Maputo Protocol in 2007.

DISCRIMINATION AND VIOLENCE PERSIST

In Law

Many discriminatory legislative provisions remain in force in Tanzania. Propositions for amendments to some of these laws, which would remove some discriminatory provisions, have met with strong resistance and reforms have stalled. Examples of discriminatory legislation include:

Family laws

Under the Law of Marriage Act 1971, polygamy is authorised (s. 10), whilst women are expressly prohibited from having more than one husband (s. 15). Proposed amendments to the Marriage Act would not remove these provisions. The legal minimum age for marriage is 15 years for girls and 18 years for boys (s. 13). A marriage contract can be concluded without the consent of the bride, on the basis of an agreement reached between the father of the bride and the groom (s.17).

The Penal Code allows for the marriage of girls under 15 provided that the marriage is not consummated before the age of 15 (s.138).

The Law of Persons Act allows for the payment of a bride price. Upon payment, the wife becomes the “property” of the husband and the husband’s family.

Property laws

Three systems of law apply to inheritance according to the Judicature and Application of Laws Act 1920:

Statutory law: the Indian Succession Act 1865 provides for one-third of the estate to pass to the widow and two-thirds to the children. If there are no children, then the widow is entitled to half of the estate (the other half passes to the deceased’s parents or other blood relatives).

Islamic law: provides for widows to receive one-eighth of the deceased husband’s property if there are children and one-fourth if there are no children.

Customary laws: under the Local Customary Law (Declaration No. 4) Order 1963, a widow cannot inherit property of the deceased husband. The government has stated its intention to review discriminatory laws that prevent women from inheriting property, but no amendments have yet been introduced.

Nationality laws The Citizenship Act limits women’s right to transfer their nationality to their children and foreign husbands (ss. 7(5), 10, 11).

In Practice

• Violence

Domestic violence and sexual violence are highly prevalent in Tanzania. Customs and traditional practices condone the harassment and abuse of women and a culture of impunity prevails. Cases of violence are underreported and those that are reported are often settled out of court. Existing laws do not adequately protect women from violence. The Penal Code does not contain a specific provision on domestic violence and does not criminalise marital rape. In 2001, the Tanzanian government adopted a National Plan of Action to Combat Violence Against Women and Children (2001 –2015), but the effective implementation of this plan has been hindered by inadequate funding and the lack of a comprehensive legal aid system that can be accessed by women. In 2008, the Government announced its intention to amend laws that perpetuate gender-based violence but no such reforms have been introduced.

Despite the adoption of the Sexual Offences Special Provisions Act (SOSPA) in 1998 which prohibits female genital mutilation (FGM) of girls under the age of 18 years, and the National Plan of Action to Combat FGM (2001- 2015), FGM continues to be practised, in particular in the regions of Arusha, Dodoma, Kilimanjaro, Kigoma, Manyara, Mara and Morogoro. The continued legality of the practice upon women over 18 years of age is also of grave concern. In addition, the law does not provide for a minimum sentence, which has resulted in courts exercising their discretion to impose marginal sentences on offenders.

• Obstacles to access to education and employment

Although some progress has been made in increasing girls’ access to education, including the recent achievement of gender parity in primary school enrolment, fewer girls enter secondary school and university as well as vocational and technical education. Traditional attitudes represent significant obstacles to girls’ education and there are high drop-out rates due to early marriages, pregnancies and domestic responsibilities. Girls who become pregnant are often expelled from Tanzanian schools.

The public sector remains male dominated and the majority of women are in lower or middle level jobs. Many women in the informal sector are in a precarious situation, in particular those working in the agricultural sector, as well as small business, food processing and handicrafts. They lack job security and access to social benefits. Sexual harassment also constitutes a serious problem for women workers.

• Obstacles to access to health

The maternal mortality rate remains very high (950 per 100,000 births in 2005), and life expectancy of women has decreased in recent years. Many women do not have access to sexual and reproductive health services and there are no family planning services.

• Obstacles to access to justice

Under the Constitution of 1977, every person in Tanzania is entitled to own property. The Land Act No. 4 of 1999, as amended in 2004, and the Village Lands Act No. 5 of 1999 reversed discriminatory customary practice connected with women’s rights to land. However, despite these provisions, women, in particular those in rural areas, lack effective access to ownership of land, largely due to a lack of awareness of these laws or on how to enforce their rights. Whilst 63% of the female labor force is engaged in agricultural labor, only 19% of women own titled land. Furthermore, the amended land laws do not address the issue of discriminatory inheritance rights.

THE COALITION OF THE CAMPAIGN CALLS ON THE AUTHORITIES OF TANZANIA TO:

Reform or repeal all discriminatory legislation in conformity with CEDAW and the Maputo Protocol, including discriminatory provisions within the Law of Marriage Act, the Penal Code, the Law of Persons Act, the Indian Succession Act 1865, the Local Customary Law Order and the Citizenship Act.

Harmonise civil, religious and customary law, in conformity with CEDAW and the Maputo Protocol and ensure that where conflicts arise between statutory legal provisionsand customary law, the statutory provisions prevail.

Strengthen laws and policies to protect women from violence including by: amending the Penal Code to add a specific provision on domestic violence, criminalizing marital rape and all other sexual offences; establishing a legal aid system to provide assistance to victims; implementing training for all law enforcement personnel on violence against women and providing gender-sensitive support; and establishing shelters for women victims of violence.

Strengthen measures aimed at eliminating FGM, including by: extending the prohibition to include women over 18 and establishing a minimum sentence commensurate with the seriousness of the crime; ensuring the effective prosecution and punishment of offenders; and implementing awareness-raising programmes particularly targeting the most affected regions.

Reform or eliminate discriminatory cultural practices and stereotypes, including through awareness-raising programmes targeting women and men, traditional and community leaders.

Eliminate obstacles to the education of girls and women, including by adopting measures to retain girls in school; and implementing awareness-raising programmes to overcome stereotypes and traditional attitudes.

Ensure women’s equal access to employment, including by strengthening measures to combat sexual harassment in the workplace.

Strengthen efforts to increase women’s access to health-care facilities, to increase knowledge of and access to affordable contraceptive methods, improve sex education and establish family planning services.

Eliminate discrimination against women with respect to ownership of land, including by raising awareness on land and property rights, especially of rural women.

Implement all recommendations issued by the CEDAW Committee in July 2008.

Principal sources

• Focal Point: LHRC

• CEDAW Committee, Concluding Comments, July 2008

• Alternative report to the CEDAW Committee 2008, Tanzania CEDAW NGO Coalition

THE CAMPAIGN FOCAL POINT IN TANZANIA

Legal and Human Rights Centre (LHRC) LHRC is an independent NGO with the mission of achieving a just and equitable society, by empowering the public and promoting, reinforcing and safeguarding human rights and good governance in Tanzania. www.humanrights.or.tz

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