Africa for Women's Rights | L'afrique pour les droits des femmes

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Wednesday 17 October 2012

RDC : DECLARATION DE L’ASADHO A L’OCCASION DE LA JOURNEE INTERNATIONALE DE LA FEMME RURALE

« ASADHO demande au Gouvernement Congolais d’appuyer les activités socio-économiques des femmes rurales »

En marge de la date du 15 octobre, Journée Internationale consacrée aux femmes rurales par l’Assemblée Générale des Nations Unies depuis 2008, l’Association Africaine de défense des Droits de l’Homme, ASADHO en sigle, saisie cette occasion pour rappeler au Gouvernement Congolais les engagements qu’il avait pris au mois de mars 2012 pour faciliter et améliorer le travail des femmes rurales.

Malgré le rôle majeur qu’elles jouent pour assurer la sécurité alimentaire et l’approvisionnement des grands centres urbain en produits agricoles, elles rencontrent beaucoup de difficultés pour accéder aux services essentiels tels que le crédit bancaire, les intrants, les outils de travail, l’eau, la formation et l’éducation.

En plus, il importe d’indiquer que leur contribution au sein de la société est largement méconnue quand bien même elles s’occupent non seulement des tâches agricoles mais également de celles propres à leurs foyers et à la communauté. En effet, la plupart de ces femmes font face à de véritables obstacles pour subvenir aux besoins de leur famille et pour leur épanouissement intégral.

C’est pourquoi, il est important à cette occasion de rappeler au Gouvernement de la R.D.Congo son engagement « d’investir dans la femme rurale et la jeune fille pour un avenir meilleur ».

Dans cette optique, le Gouvernement congolais devrait mettre en place des mécanismes qui permettent aux femmes rurales d’accéder au crédit bancaire à des conditions favorables et de leur fournir des outils et des intrants nécessaires à l’amélioration de leurs conditions de travail.

Face à cette situation, l’ASADHO recommande :

§ Au gouvernement :

- De poursuivre son projet tendant à réhabiliter et d’entretenir les routes de desserte agricole pour faciliter aux femmes rurales l’écoulement de leurs produits agricoles.

§ Au Ministère du genre, de la famille et de l’enfant :

- De mettre en place un programme d’encadrement des femmes rurales en vue de renforcer leur capacité de production ;

- De mettre à la disposition des femmes rurales des facilités tendant à l’amélioration de leurs activités (outils, accès au crédit bancaire, accès à des lopins des terres…)

§ Au Parlement :

- De voter une loi qui facilite l’accès de la femme à la propriété foncière et aux micros crédits ;

§ A la communauté internationale :

- De soutenir matériellement et financièrement les ONG nationales œuvrant dans les actions tendant à promouvoir et à protéger ces femmes rurales ;

DITSHWANELO – The Botswana Centre for Human Rights: Press statement on the landmark customary inheritance law decision

12 October 2012, Gaborone – The Botswana Centre for Human Rights notes with appreciation, today’s High Court decision in the case of Mmusi and Others v Ramantele and Another. Judge Key Dingake ruled that the Ngwaketse customary law inheritance rule, which hitherto has provided for male-only inheritance of the family home, is discriminatory.

Attorney Tshiamo Rantao, representing Mmusi and her sisters, had argued that this provision is discriminatory on a number of grounds. These included section 3 of the Constitution of Botswana which provides for the right to equality and reference to relevant regional and international law. In contrast, Attorney Thabiso Tafila representing the nephew, Ramantele, had argued that this customary law did not discriminate against women, but merely differentiated between men and women. The Court asked the Attorney-General for an opinion to assist it in its decision-making. The Attorney-General argued that Botswana society was not ready for equality even though the customary rule is discriminatory. The Attorney-General argued that the rule should remain.

This ruling is particularly timely as Botswana will be appearing before the Human Rights Council in February 2013 for its second cycle of the Universal Periodic Review (UPR). In the first UPR review in 2008, the Human Rights Council (through Canada) had recommended that ‘Botswana increase efforts to raise awareness of the precedence of constitutional law over customary laws and practices to promote gender equality’. Botswana’s response was that ‘Botswana does not accept the recommendation. Customary law is not in conflict with constitutional law’. The Human Rights Council (through Mexico) had recommended that Botswana ‘adopt measures necessary for harmonising customary laws with international instruments’. Botswana had replied that it ‘does not consider its customary law to be in conflict with international instruments, and therefore does not accept the recommendation’.

Today’s ruling clearly indicates that the customary law inheritance rule which allows for male-only inheritance of the family home by the youngest-born son, is not in conformity with either the Constitution of Botswana or international instruments to which Botswana has committed herself.

Thursday 8 March 2012

Guinée : Nos organisations attendent des engagements forts des autorités sur la protection des droits des femmes

Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme – FIDH Coalition Nationale de Guinée pour le Droit et la Citoyenneté des Femmes - CONAG-DCF Organisation guinéenne de défense des droits de l'Homme et du citoyen - OGDH La Campagne « L'Afrique pour les droits des femmes : ratifier et respecter! »

http://www.fidh.org/Nos-organisations-attendent-des

A l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes, nos organisations, dans le cadre de la campagne « l'Afrique pour les droits des femmes : ratifier et respecter! », appellent les autorités guinéennes à s'engager résolument vers la ratification du Protocole à la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (Protocole à la CEDAW) et du Protocole à la Charte africaine des droits de l'Homme et des peuples sur les droits des femmes en Afrique (Protocole de Maputo) et à prendre toutes les mesures nécessaires pour lutter contre les discriminations et les violences.

« Un engagement ferme du Président Alpha Condé et de son gouvernement pour la protection des droits des femmes serait salué par tous les défenseurs des droits de la personne en Guinée et dans le monde entier. La journée du 8 mars est une formidable occasion pour le pouvoir d'exprimer sa détermination à éliminer toute discrimination entre les hommes et les femmes et à endiguer toutes violences faites aux femmes et de passer aux actes », a déclaré Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH.

Nos organisations sont particulièrement préoccupées par la persistance en Guinée de dispositions législatives discriminatoires à l'égard des femmes et de pratiques traditionnelles néfastes, telles que les mariages précoces et forcés et les mutilations génitales féminines; ainsi que par l’accès limité des femmes à l’éducation, à la santé, au marché du travail, aux postes de décision et à la justice1.

« La Guinée fait aujourd'hui partie de la minorité des pays du continent qui n'ont pas ratifié le Protocole de Maputo, instrument fondamental pour protéger les droits des femmes africaines », insiste Hadja Fatoumata Sall, présidente de la CONAG-DCF, « En outre elle n'a toujours pas ratifié le Protocole à la CEDAW, qui permettrait aux femmes guinéennes victimes de violations, si elle n'ont pas accès à la justice nationale, de saisir le mécanisme international dédié pour faire valoir leurs droits. »

Nos organisations rappellent que si les violences domestiques, tout comme le viol, constituent des infractions d’après le Code pénal, l'impunité des auteurs de ces crimes reste la règle. Elles relèvent néanmoins que les avancées récentes dans la procédure judiciaire menée contre les auteurs du massacre du 28 septembre 2009 où plus de 150 personnes ont été tuées et 100 femmes violées lors de la répression par les forces de sécurité d'une manifestation pacifique de l'opposition constituent un réel espoir dans le combat contre l'impunité en Guinée, notamment pour toutes les femmes victimes de violences sexuelles. « La procédure engagée sur les crimes du 28 septembre 2009 doit pouvoir prospérer en toute indépendance », a ajouté Abdoul Gadiry Diallo, président par intérim de l'OGDH.

Par ailleurs, un effort conséquent doit être fourni par les autorités guinéennes pour permettre l’accès des femmes à la justice rendu quasiment impossible notamment en raison du manque d’information sur les droits et les lois qui protègent les femmes, du fort taux d’analphabétisme chez les femmes, des coûts des procédures trop élevés. Le manque de formation des personnels de police et de justice souvent corrompus entrave l’aboutissement des plaintes et dissuadent les victimes de recourir à la justice pour faire valoir leurs droits.

Aussi, nos organisations appellent à des engagements forts du Président Alpha Condé et de son gouvernement quant à la ratification des conventions de protection des droits des femmes, leur transcription en droit interne et leur application effective pour lutter contre les discriminations et les violences.

Nous recommandons également aux autorités de prendre toutes les mesures nécessaires pour favoriser l'accès des femmes à l'emploi et aux postes de prises de décision.

Nous invitons enfin les hommes et les femmes à se mobiliser pour faire du message de la campagne « L'Afrique pour le droit des femmes : Ratifier et Respecter ! » une réalité en Guinée et dans le monde entier.

Contacts presse :

à Conakry : Abdoul Gadiry DIALLO : + 224 60 34 17 71 Fatoumata SALL : + 224 63 21 00 25

à Paris : Karine APPY : + 33 (0) 6 48 05 91 57 Arthur MANET : +33 (0) 6 72 28 42 94

Sénégal : communiqué de presse de la LSDH à l'occasion du 8 mars 2012

La Ligue Sénégalaise des Droits Humains (LSDH) saisit la journée du 08 Mars pour dénoncer plus que jamais les nombreuses atteintes aux droits des femmes au Sénégal dont les plus phénoménales demeurent incontestablement les atteintes à la vie, les atteintes à l’intégrité corporelle, les agressions sexuelles et toutes sortes de violations psychologiques et morales.

La Ligue Sénégalaise des Droits Humains (LSDH) fustige plus particulièrement les viols perpétrés sur des jeunes filles, les cas d’inceste, causes de traumatismes non prises en charge par la société et les mariages précoces compromettant irrémédiablement les ambitions scolaires des jeunes filles prédisposées à des études poussées.

La Ligue Sénégalaise des Droits Humains (LSDH) appelle en fin à l’harmonisation de notre droit positif notamment le Code de la Famille par rapport aux Conventions Internationales ratifiées par les autorités sénégalaises et singulièrement le Protocole Additionnel à la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples relatif aux droits des femmes en Afrique, ou Protocole de Maputo en vue d’une éradication définitive de toutes formes de discriminations subsistantes dans nos législations malgré les nombreuses avancées enregistrées ces dernières années.

CONTACT LSDH : Maitre Fatimata SALL, Avocate à la cour, Chargée de communication LSDH, +221 77 644 11 19

Monday 16 January 2012

Lettre ouverte à Monsieur le Président de la République du Mali: Nous sommes indignés!

Lettre ouverte envoyée par l’Espace d’Echanges, de Dialogue et d’ Actions des femmes du Mali

Bamako, le 12 janvier 2012

Monsieur le Président de la République,

Nous sommes indignés!

Indignés face au nouveau Code des personnes et de la famille, qui vient d'être adopté en seconde lecture par l’Assemblée Nationale, le 2 décembre 2011. Ce Code, qui était censé corriger les discriminations et améliorer le statut de la femme malienne et des enfants maliens, en réduisant les inégalités et en harmonisant les lois internes avec les conventions régionales et internationales ratifiées, a été une véritable déception et un vrai recul en matière de droits humains des femmes et des enfants. Comment comprendre qu’après la ratification par le Mali des instruments régionaux de protection des droits de la femme, comme le Protocole de Maputo et la Convention des Nations Unies sur l’élimination de toutes les formes de discriminations à l'égard de la femme, le Mali puisse élaborer un Code des personnes aussi discriminatoire et rétrograde, qui légitime les inégalités? Même les droits qui avaient été acquis depuis 1962 et 1973 ont été remis en cause dans ce nouveau Code des personnes et de la famille. Nous avons ainsi reculé de 50 ans.

A titre d’exemples, voici quelques articles.

L’enfant naturel avait un statut stable au Mali depuis 1973. Malheureusement, ses droits viennent d’être remis en cause dans l’Article 481 alinéa 1 du nouveau Code, comme suit: «Tout enfant né hors mariage, autre que celui né d’un commerce adultérin, peut être légitimé par le mariage subséquent de ses père et mère, lorsque ceux-ci les ont reconnus avant leur mariage et les reconnaissent au moment de sa célébration. Dans ce denier cas, l’officier de l’état civil qui procède au mariage constate la reconnaissance et la légitimation dans un acte séparé»; alors que le texte adopté en 2009 disait: «Tout enfant né hors mariage, fût- il décédé, est légitimé de plein droit par le mariage subséquent de ses père et mère…».

Article 282 (2011): «L’âge minimum pour contracter mariage est fixé à dix huit ans pour l’homme et seize ans pour la femme».

Article 285, Alinéa 1 (2011): «Le futur époux ne peut contracter mariage, en cas de dispense d’âge, sans le consentement de ses père et mère. En cas de désaccord, l’avis du père suffit»; Alinéa 2 : « En cas de décès ou d’impossibilité pour le père de manifester sa volonté, le consentement du conseil de famille élargi à la mère suffit».
Article 290 (2011): citant les mariages désormais non prohibés. «- L’homme et l’ancienne épouse de ses oncles paternels et maternels, - La femme et le frère de son mari vivant, - L’adoptant et l’adopté, peuvent se marier». Où est la morale, religieuse comme coutumière, ici ? N’est ce pas la porte ouverte à des conflits familiaux qui vont nécessairement troubler l’ordre public?

L’adoption-filiation n’est plus permise qu’aux Maliens, ce qui exclut l’adoption internationale, malgré tous ces bébés abandonnés qui sont morts cette année à la Pouponnière. Faut-il rappeler à ce sujet que le Mali a ratifié la Convention de la Haye? Dans l’Article 347 sur les causes de divorce, on a ajouté en 2011: «- Le manquement à un engagement substantiel». C’est une cause fourre-tout, non explicitée.

Le Mali est donc un Etat qui ratifie les textes régionaux et internationaux pour faire bonne figure et empêche ensuite ses citoyens d’en jouir. Exemple patent: l’ancien Article 25 (2009) stipulait  que «Les Traités et Conventions régionaux et internationaux relatifs aux droits de la femme et de l’enfant ratifiés par le Mali s’appliquent». Il a été supprimé dans la version 2011. Les dirigeants maliens sont pourtant fiers de clamer que la démocratie malienne est un modèle. Quelle démocratie? Et quel respect des droits de l’homme? Ce code est inique, car il institue de nouvelles discriminations et en légitime d’autres.

Le 3 novembre 2000, à l’issue du Symposium international sur le bilan des pratiques de la démocratie, des droits et des libertés dans l’espace francophone, les Ministres et Chefs de Délégation des Etats et Gouvernements des pays ayant le Français en partage ont adopté la Déclaration de Bamako. Celle-ci affirme: «la démocratie, pour les citoyens, y compris, parmi eux, les plus pauvres et les plus défavorisés, se juge, avant tout, à l’aune du respect scrupuleux et de la pleine jouissance de tous les droits, civils et politiques, économiques, sociaux et culturels, assortis de mécanismes de garanties …». Le Mali a souscrit à cette déclaration, qui contient des engagements qu’il se doit de respecter.

Nous sommes indignés parce que la République du Mali ne respecte pas ses engagements! Aucun pays ne peut atteindre un développement durable en marginalisant la moitié de sa population. C’est pourquoi nous vous invitons, Monsieur le Président de la République, Amadou Toumani Touré, Grand défenseur des droits des femmes, Vos sœurs, et des enfants, Vos amis, à ne pas promulguer ce texte, qui a cessé d’être consensuel et qui viole notre Loi fondamentale, la Constitution. Nous lançons également un vibrant appel aux membres de la Cour Constitutionnelle pour qu’ils déclarent le nouveau Code des Personnes et de la Famille du Mali anticonstitutionnel. Nous réaffirmons aussi notre engagement à ne rien faire qui puisse troubler la paix sociale dans notre pays. Convaincus que les lois ne se décrètent pas dans la rue, nous ne l’occuperons pas, nonobstant notre capacité de mobilisation. Nous préférons interpeller nos autorités exécutives et législatives afin qu’elles mesurent toute la portée néfaste pour le Mali, aux plans national et international, du Code des Personnes et de la Famille adopté le 2 décembre 2011 et que, conformément à leurs engagements et à la laïcité proclamée de notre République, elles lui apportent les amendements nécessaires à sa mise en conformité avec les Traités, Conventions et autres instruments juridiques sous-régionaux, régionaux et internationaux signés et ratifiés par le Mali.

L’Espace d’Echanges, de Dialogue et d’ Actions des femmes du Mali

Tuesday 10 January 2012

Mali: Les associations demandent la non-promulgation du Code de la famille

Communiqué de Presse de l’Espace d’échange et de concertation des femmes du Mali

INDIGNONS-NOUS!

Indignons- nous face au nouveau Code des personnes et de la famille, qui vient d'être adopté en seconde lecture par l’Assemblée Nationale, le 2 décembre 2011.

Ce code, qui était censé corriger les discriminations et améliorer le statut de la femme malienne et des enfants maliens, en réduisant les inégalités et en harmonisant les lois internes avec les conventions régionales et internationales ratifiées, a été une véritable déception et un vrai recul en matière de droits humains des femmes et des enfants.

Comment comprendre qu’après la ratification par le Mali des instruments régionaux de protection des droits de la femme, comme le Protocole de Maputo et la Convention des Nations Unies sur l’élimination de toutes les formes de discriminations à l'égard de la femme, le Mali puisse élaborer un Code des personnes aussi discriminatoire et rétrograde, qui légitime les inégalités? Même les droits qui avaient été acquis depuis 1962 et 1973 ont été remis en cause dans ce nouveau Code des personnes et de la famille. Nous avons ainsi reculé de 50 ans.

Le Mali est donc un Etat qui ratifie les textes régionaux et internationaux pour faire bonne figure et empêche ensuite ses citoyens d’en jouir. Ses dirigeants sont pourtant fiers de clamer que la démocratie malienne est un modèle. Quelle démocratie? Et quel respect des droits de l’homme? Ce code est inique, car il institue de nouvelles discriminations et en légitime d’autres.

Le 3 novembre 2000, à l’issue du Symposium international sur le bilan des pratiques de la démocratie, des droits et des libertés dans l’espace francophone, les Ministres et Chefs de Délégation des Etats et Gouvernements des pays ayant le Français en partage ont adopté la Déclaration de Bamako. Celle-ci affirme: «la démocratie, pour les citoyens, y compris, parmi eux, les plus pauvres et les plus défavorisés, se juge, avant tout, à l’aune du respect scrupuleux et de la pleine jouissance de tous les droits, civils et politiques, économiques, sociaux et culturels, assortis de mécanismes de garanties …». Le Mali a souscrit à cette déclaration, qui contient des engagements qu’il se doit de respecter.

Indignons-nous, parce que la République du Mali ne respecte pas ses engagements!

Aucun pays ne peut atteindre un développement durable en marginalisant la moitié de sa population. C’est pourquoi nous invitons Monsieur le Président de la République, Amadou Toumani Touré, grand défenseur des droits des femmes, ses sœurs, et des enfants, ses amis, à ne pas promulguer ce texte, qui a cessé d’être consensuel et qui viole notre Loi fondamentale, la Constitution.

Indignons-nous !

L’Espace d’échange et de concertation des femmes du Mali

Friday 9 December 2011

Mali : Le nouveau Code de la famille malien - droits fondamentaux bafoués, discriminations consacrées

Communiqué conjoint

La Campagne « L'Afrique pour les droits des femmes »** - Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) - WILDAF/MALI - Association malienne des droits de l'Homme (AMDH)

http://www.fidh.org/Le-nouveau-Code-de-la-famille

Paris, Bamako, le 8 décembre 2011 - Depuis plus de dix ans, les femmes maliennes attendent l'adoption d'un Code de la famille pour que leurs droits fondamentaux soient respectés. Or, le 2 décembre 2011, l'Assemblée nationale malienne a adopté un texte qui, au contraire, perpétue les discriminations. Un premier projet du Code de la famille, qui avait fait l'objet de longues années de réflexion et de concertation entre les différents acteurs de la société malienne, avait été adopté par l'Assemblée nationale en août 2009. Sans consacrer l'égalité des sexes, il contenait toutefois d'importantes avancées. Mais à la suite de manifestations des forces les plus conservatrices, le Président Amadou Toumani Touré avait décidé de ne pas le promulguer et l’avait renvoyé en deuxième lecture. Au cours de la révision du texte, les dispositions centrales concernant l'âge du mariage, la garde des enfants, l'héritage ont subi des modifications telles qu'elles vont à l'encontre du principe même d'égalité des sexes.

Selon le nouveau Code, « la femme doit obéissance à son mari » et l’homme est consacré comme unique chef de famille (« puissance paternelle »). L'âge légal du mariage est de 18 ans pour l'homme et de 16 ans pour la femme. Par ailleurs, dans certains cas, le mariage peut être autorisé à partir de 15 ans. En outre, le mariage religieux est désormais juridiquement reconnu.

Le nouveau code viole gravement les obligations internationales du Mali, consacrées par la Convention des Nations unies sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW), ratifiée en 1985, et le Protocole à la Charte africaine des droits de l'Homme et des peuples relatif aux droits des femmes, ratifié en 2005.

Nos organisations**, n'ont cessé d'appeler à l'adoption d'un Code garantissant les droits des femmes. Nous n'avons cessé d'alerter des conséquences néfastes d'une révision à la baisse de ce texte. Alors que les revendications du Haut Conseil islamique ont été prises en compte, nous déplorons que celles des acteurs et des actrices de la société civile malienne aient été ignorées.

Avec l'adoption de ce texte, le Mali a raté une occasion de progresser vers le respect des droits des femmes. Nos organisations continueront à se battre pour faire évoluer ce texte.


** Cette campagne, réunissant plus de 100 organisations dans 40 pays africains, a été initiée par la FIDH en collaboration avec 4 organisations régionales : Femmes Africa Solidarités (FAS), Women in Law in South Africa (WLSA), African Center for Democracy and Human Rights Studies (ACDHRS), Women in Law and Development in Africa (WILDAF).


*** Voir, par exemple, les communiqués de la campagne « L'Afrique pour les droits des femmes : ratifier et respecter » :

Friday 6 May 2011

Intervention sur les droits des femmes - 49ème Session Ordinaire de la CADHP - Banjul, Gambie, avril-mai 2011

Intervention de M. Mabassa Fall - Représentant permanent de la FIDH auprès de l'Union africaine

Madame la Présidente, Mesdames et messieurs les Commissaires,

En cette année 2011, où de nombreux scrutins électoraux doivent être organisés sur le continent africain, les organisations de la campagne "l’Afrique pour les droits des femmes : ratifier et respecter!", menée aujourd'hui par une centaine d'organisations présentes sur tout le continent, lancent un appel à la Commission africaine des droits de l'Homme et des peuples pour qu'elle fasse avancer l'égalité des droits entre les hommes et les femmes en matière de participation politique.

Lors de l'adoption par l'Union africaine de la Déclaration solennelle sur l’égalité entre les hommes et les femmes en Afrique, à Addis Abeba en 2004, les Etats ont réaffirmé « leur engagement à poursuivre, à intensifier et à accélérer leurs efforts pour promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes à tous les niveaux. » La Déclaration appelle ainsi les Etats à « promouvoir et étendre le principe de la parité entre les hommes et les femmes aux communautés économiques régionales, et aux niveaux national et local, en collaboration avec les partis politiques et les parlements nationaux dans nos pays » . De même, le Protocole à la Charte africaine relatif aux droits des femmes en Afrique, aujourd'hui ratifié par la majorité des Etats du continent, oblige les Etats parties à prendre « des actions positives spécifiques pour promouvoir la participation paritaire des femmes dans la vie politique de leurs pays ».

Certains États africains ont d'ores et déjà pris des initiatives pour se conformer à ces engagements. À l'échelle internationale, seul le Rwanda peut se prévaloir d'une représentation paritaire hommes-femmes au sein de son parlement. L'Afrique du sud, l'Angola, le Mozambique, et la Tanzanie s'y rapprochent, avec une représentation de femmes aux parlements au dessus du tiers. En outre, des avancées ont été enregistrées depuis le lancement de notre campagne, notamment au Sénégal, où, en mai 2010, l’Assemblée nationale a adopté une loi sur la parité homme-femme dans les fonctions électives. Ainsi, lors des prochaines élections nationales et locales au Sénégal, femmes et hommes devront être représentés à part égale sur les listes de candidatures, faute de quoi ces listes pourront être invalidées. Cette décision a été obtenue grâce à un travail de longue haleine des organisations de la société civile sénégalaise. Nous les en félicitons.

En Tunisie, la Haute instance chargée de préparer l’élection de l’Assemblée constituante le 24 juillet prochain a voté à une très large majorité en faveur de la parité sur les listes électorales. Ce vote prévoit en effet que toutes les listes doivent impérativement être paritaires et faire figurer en alternance des candidats hommes et femmes sous peine d'être déclarées invalides. Ainsi, les femmes tunisiennes, qui ont pleinement participé à la révolution, participeront sur le même pied d’égalité à forger l’avenir politique de la Tunisie. Nous en sommes fiers.

Madame la Présidente, si ces pays sont aujourd’hui à l’avant garde au niveau international en ce qui concerne la participation des femmes à la vie politique, force est de constater que sur l'ensemble du continent la représentation des femmes dans les structures de prise de décisions politiques, demeure terriblement faible. Les parlements restent en effet fortement dominés par les hommes et la moyenne continentale, qui s'élève à 19.2%, reste encore en dessous de la moyenne mondiale pourtant elle-même très basse. Nous sommes bien loin de la parité.

Madame la Présidente, alors que près de 20 scrutins doivent être organisés cette année en Afrique, la campagne « L'Afrique pour les droits des femmes » lance un appel à tous les États membres de l'Union africaine pour qu'ils adoptent des lois sur la parité hommes-femmes au sein des instances politiques, ainsi que des mesures affirmatives pour favoriser la pleine participation politique des femmes à tous les niveaux, conformément aux dispositions de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance et des autres instruments régionaux et internationaux pertinents.

Notre Campagne appelle à la mise en place de mesures concrètes, y compris législatives, afin de garantir, conformément au Protocole de Maputo : • La participation des femmes à toutes les élections sans aucune discrimination ; • La représentation des femmes en parité avec les hommes et à tous les niveaux, dans les processus électoraux ; et • Une représentation et une participation accrues, significatives et efficaces des femmes à tous les niveaux de la prise des décisions.

Il faut le souligner Madame la Présidente, il n'y a pas de démocratie sans égalité. Il n'y a pas de démocratie sans la participation pleine et entière de la moitié de la population. La Campagne continuera à porter l'ensemble des recommandations identifiées dans son Cahier d'exigences auprès des autorités compétentes aux niveaux national, régional et international, en les appelant à démontrer la volonté politique nécessaire pour assurer le respect des droits des femmes

Wednesday 13 April 2011

Parité sur les listes électorales : la Tunisie montre l'exemple

Paris, Tunis, le 13 avril 2011 - La FIDH se félicite de la décision consacrant la parité sur les listes électorales prise le 11 avril 2011 par la Haute Instance chargée de préparer l'élection de l'Assemblée constituante tunisienne le 24 juillet prochain. Ce vote, qui a fait l'objet d'une très large majorité, prévoit que toutes les listes doivent impérativement être paritaires et faire figurer en alternance des candidats hommes et femmes. Cette décision prévoit l'invalidation de la liste si la parité n'est pas respectée. La Tunisie est aujourd'hui à l'avant garde en ce qui concerne la participation des femmes à la vie politique.

« Nous avons remporté une grande victoire. C'est une grande première dans le monde arabe et même ailleurs. Les femmes ont participé à la révolution, sur le même pied d'égalité, elles participeront désormais à forger l'avenir politique de la Tunisie », a déclaré Sophie Bessis, Secrétaire générale adjointe de la FIDH.

La FIDH, poursuit, aux côtés de ses organisations membres en Tunisie le combat pour l'égalité en droit et en fait. « Il s'agit assurément d'une étape décisive. Nous devons maintenant travailler à la participation de toutes les femmes aux élections du 24 juillet. Tout doit être fait pour que la nouvelle constitution tunisienne consacre l'égalité et la non-discrimination entre hommes et femmes », a ajouté Khadija Chérif, Secrétaire générale de la FIDH.

« La Tunisie a démontré hier par ce vote qu'il n'y a pas de démocratie sans égalité. Il s'agit maintenant d'aller jusqu'au bout et de lever l'ensemble des réserves émises à la Convention de l'ONU pour l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes », a conclu Souhayr Belhassen, Présidente de la FIDH.

Interview de Sophie Bessis, Secrétaire générale adjointe de la FIDH

Wednesday 9 March 2011

Revolutions in the Arab World : what is at stake for women's rights?

VERSION FRANCAISE

"No democracy without equality" was the slogan of women participating in the Tunisian revolution. In the Tunisian and Egyptian uprisings, women participated massively in demonstrations, on blogs and social networks. Women are also demonstrating in Bahrain, Yemen and Jordan and are active in women's rights organisations across the region.

"We must now be vigilant in order to ensure that women participate fully in the new political landscapes", underlined Souhayr Belhassen, FIDH President. "We are deeply concerned that there is not a single woman on the new Egyptian Constitutional Committee. This is unacceptable".

What are women calling for? Do the transitions underway present new opportunities for women's rights? Will their voices be heard? Will legislation in these countries finally advance towards full equality between the sexes? Will the reservations these states have entered to the Convention on the elimination of discrimination against women finally be withdrawn ?

FIDH seeks to shed light on these questions in the dossier published today on the FIDH website, developed in partnership with Égalité (www.egalite-infos.fr).

While women participated massively in the struggle for de-colonisation in the region, for example in Algeria, they were largely forgotten following independence. They must not be forgotten in the aftermath of the current uprisings. Throughout the Arab world, the fight for equality led by women's rights organisations is more important than ever. There are unique opportunities to be seized to advance respect for their rights in the region.

FIDH relays the voices of those who have fought for years for women's rights in Tunisia, Egypt, Bahrain, Yemen, Jordan, Algeria and Morocco.

Articles will be published throughout the month of March on the FIDH website, to ensure that the rights of those representing half the population of the Arab world are not forgotten. And because, as Sophie Bessis, FIDH Deputy Secretary General, says : " A democracy without equality of the sexes will be a truncated democracy."

Perspectives from Bahrain

Interview with Amal Basha, Chairperson of the Sisters' Arab Forum for Human Rights (SAF), Yemen

Interview with Leila Hammarneh, Projects Director, Arab Women Organization, Jordan

Révolutions arabes : quels enjeux pour les femmes ?

ENGLISH VERSION

« Pas de démocratie sans égalité » : C'est le slogan lancé par les Tunisiennes pendant les manifestations. La démocratie avec une pleine égalité entre les femmes et les hommes constitue un enjeu fondamental pour les femmes dans les transitions en cours dans le monde arabe. Lors des soulèvements en Tunisie et en Égypte, elles étaient présentes dans les manifestations, sur les blogs et dans les réseaux sociaux ; des femmes manifestent également au Bahreïn, au Yémen, en Jordanie... Elles sont partout actives dans les associations de défense des droits des femmes.

« Il faut aujourd'hui être vigilant afin d'assurer la pleine participation des femmes dans les nouveaux paysages politiques », a souligné Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH. «Nous sommes très préoccupés par le fait qu'il n'y ait aucune femme dans le nouveau Comité constitutionnel créé en Égypte, après la chute de Moubarak».

Que revendiquent les femmes ? Ces révolutions sont-elles une chance pour elles ? Seront-elles entendues ? Les législations pourront-elles enfin avancer dans le sens d'une égalité pleine et entière ? Les réserves à la Convention sur l'élimination des discriminations à l'égard des femmes, seront-elles enfin levées ?

Autant de questions sur lesquelles la FIDH souhaite faire la lumière dans le dossier aujourd'hui, réalisé en collaboration avec Egalité (www.egalite-infos.fr).

Alors que les femmes avaient participé massivement aux luttes pour la décolonisation, par exemple en Algérie, elles ont été largement oubliées lors des indépendances. Il ne faut pas qu'elles le soient après les soulèvements actuels ! Partout dans le monde arabe, le combat des associations de défense des droits des femmes pour l'égalité est plus important que jamais : il y a là une opportunité unique à saisir pour faire avancer dans la région le respect de leurs droits. La FIDH donne la parole à des associations qui luttent depuis longtemps pour les droits des femmes en Tunisie, en Égypte, en Algérie, au Maroc, à Bahreïn, au Yémen, en Jordanie... Des articles seront publiés tout au long du mois de mars sur le site de la FIDH pour que ne soient pas oubliés les droits de la moitié de la population des pays arabes. Et parce que comme le dit Sophie Bessis, Secrétaire générale adjointe de la FIDH : « Une démocratie sans égalité des sexes serait une démocratie tronquée ».

Interview de Leila Hammarneh, Directrice de projets, Arab Women Organisation

Interview avec une militante des droits humains à Bahreïn : « Je crains une guerre civile ici, à Bahreïn »

Tunisia: Interview with Souhayr Belhassen, FIDH President: "We must ensure that there are women in all the new political bodies"

VERSION FRANCAISE

How did Tunisian women participate in the revolution ?

Throughout the month of protests in Tunisia we saw a huge presence of women from all walks of life. It was not only those who had lost children, husbands, or other relatives killed during the uprising. We have seen that the torch of calls for democracy and equality has been passed down from our generation to the next. This is just as reassuring as it is moving. This generation has tremendous energy and creativity. They have shown it in the streets, as they have through social networks and blogs.

We must also recognize the role that women have played for many years in resistance to the dictatorship and repression. It is evident that women will play a full role in the construction of a democratic Tunisia.

It is also the “Tunisian exception” that brought about this revolution: Tunisia had the first constitution in the Arab world in the 19th century, the first trade union, the first Arab and African human rights organization and a Personal Status Code which, unfortunately, remains unique in the Arab world, which abolished repudiation and polygamy, access to the contraceptive pill and abortion, as well as to education.

With the recognition of Islamist political parties, is there a risk you think the Personal Status Code risks being challenged?

No, the rights protected by the Personal Status Code of 1956 are established. There is no going back. Now, we need to go beyond this and achieve full legal equality.

Women are fighting to preserve a modern society in Tunisia. We want the Personal Status Code to continue to evolve towards equality and freedom for both sexes. We want women to have equal rights to inheritance. Today, as in the sphere of education, women want equal participation in political life. This is why women are on centre stage. They know that the future of Tunisia depends on their struggle.

How can women’s rights be strengthened in Tunisia today?

First and foremost, we want to ensure that the new Tunisian democracy, which we hope to see emerge from this uprising, guarantees the full rights of women and gender equality. We must remain vigilent. We must remember that protecting human rights and democracy means protecting of the rights of women. We must recall the principle that there can be no genuine democracy without gender equality.

We must ensure that there are women in all the new political bodies. We must call for parity and, at the very least, quotas of women among those elected. Political parties calling themselves democratic will not be able to do less than the former RCD, the party of the ex-President, Ben Ali), which had established quotas of 30% on electoral lists.

We must also call for the reform of laws that remain discriminatory, starting with the provisions on inheritance.

We must support the work and struggle of women’s associations, like the Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), the Association des femmes tunisiennes pour la recherche et le développement (AFTURD) and the Collectif Maghreb Egalité 1995, partners of FIDH, who resisted during the dictatorship, and have always associated the three words: democracy, freedom and equality. These women’s movements are extremely active in the creation of a democratic Tunisia.

Currently they are putting together a dossier of claims that would ensure gender equality and the protection of women’s rights in a democratic Tunisia.

Are there risks that women will be excluded from the transitions in Tunisia and Egypt ?

It is a real fear. There are already some worrying signs that women are being pushed aside in the political transitions. It is deeply concerning that women that there is not a single woman on the new Egyptian Constitutional Committee. This is unacceptable.

We must remember history. In Algeria, for example, in the 1950s women participated in the struggle for independence. However, after independence they were largely excluded from political and public life. Today the Algerian Family Code still discriminates against women, polygamy still exists, men are considered “head of the family” etc.. Women have been forgotten in the “post revolution.”

Political transition first... women’s rights later. We should remember that nothing is guaranteed, in order to ensure that women are not excluded from reconstruction, since women’s rights are never considered a political “priority.” We should not forget that if women have protested and have sacrificed themselves in the name of these revolutions, they will not allow their rights to be forgotten and ignored during the transition.

FIDH will continue to work alongside its member organisations and partners in Tunisia, Egypt and throughout the region so that memory of women’s participation in the revoulations and uprisings is preserved and so that women can obtain equal rights.

Interview with Amal Abdel Hadi, New Woman Foundation, Egypt: "Previous claims that women's voices should not be heard, all of this has been smashed during the revolution"

VERSION FRANCAISE

In what ways were women involved in the protests in Egypt?

Women were involved in every aspect of this revolution: in confrontations on the front line, in confrontations with the security forces, organising, writing slogans, shouting, sleeping in Tahrir Square during the sit-ins... Some women were there throughout the 18 days of the protests.

Women are also among the martyrs of this movement. Women were killed by the security forces. Some women were also arrested and detained.

The majority of the women involved were young women, but there were women of all ages and all walks of life. For example housewives who had never been involved in this type of action before, came to protest with their children, activists from all the political movements, from the Muslim brotherhood to communists, participated in the demonstrations.

Members of our organisation were active in the protests, as individuals, we didn’t go to the demonstrations as the “New Woman Foundation”. But when we spoke with people, they knew we were from NWF. I was in Tahrir Square every day and I slept in the square for several nights.

Women and men were comrades in the protests. This was an incredible, incredible time in Egypt. Millions of people were gathered in the same place. And women were not afraid. We witnessed no instances of sexual harassment for example. There was a sense of complete respect, complete support, and complete solidarity towards the women. Women, particularly the younger ones, slept for days in the square.

Were there any chants or demands specifically relating to women’s rights during the protests?

No, there was nothing specific to any group, there were only the demands of the revolution. Everybody was supporting the same cause: an end to the regime, the overthrow of Mubarak and the establishment of a civil government. This is important. When someone shouted a slogan which was too political or too religious for example, everyone would chant “one hand, one hand”, and people returned to chanting the general slogans on which everyone agreed.

Was there media coverage of women’s participation in the protests?

The media showed women, but they interviewed men more often than women. The majority of those who were invited on talk shows were men.

How are women participating in the political transition?

Women are being ignored! For example, the Constitutional Committee, which was created to revise some of the articles of the Constitution, doesn’t have a single woman member.

But we are mobilising. Several groups issued a statement denouncing the absence of women on the Committee. A Coalition of 12-14 feminist organisations has been formed, which has stressed that women must be represented in every aspect of the process and in all the decision making bodies that are being established.

There has been a call on Facebook for a demonstration of a million women and men on 8 March (International Women’s Day). Some other, newer associations of women have the feeling that they are being left out of the process. We are working with them and I hope that they will use this event as an opportunity to have their voices heard.

What are your main demands for the transition government?

A new government! A democratic government, that has integrity and independence, not the current transition government which is a “patchwork government”. We are calling for a civil presidential council to be established immediately, which should form a civil government and a constitutional committee, responsible for drafting a new constitution. We need a new constitution!

The constitutional committee should be composed of people from a wide range of backgrounds. Women and young people must be represented on the committee. Women and young people were the driving force behind this revolution.

We are calling for equal and fair representation of women and young people in all representative bodies, from the local committees and councils to the national parliament.

We are calling for freedom of expression, starting with the freedom to form political parties, independent syndicates, unions, NGOs, and civil society organisations.

We are calling for those involved in the repression of demonstrations and the killings to be tried. We want those responsible for terrorizing our citizens, for opening the prisons, and for all the crimes conducted during the first 18 days of the revolution to be tried. We want a transparent trial for all those involved in corruption in Egypt. We want all the symbols of the regime, not just Mubarak or his assistants, but all of those who have been involved in the corruption to be tried.

We are calling for the freezing of the assets of Mubarak and all other symbols of the regime. We are pushing the government to take action in this respect.

We are calling for the liberation of all protesters who have been arbitrarily arrested. Arrests by the military police are still taking place today and that needs to end.

We are calling for all those responsible for cutting off the internet, telephone and media communications to stand trial. We call for those, in particular in Egyptian television, who tried to distort and conceal information from the Egyptian people, to be held to account.

The military council (currently running the country) is calling for parliamentary and presidential elections and for the Constitution to be amended within 6 months. This is a real problem because we fear that those responsible for organising elections and reforming the constitution will be from the main existing parties: the National Democratic Party, which is the party of the previous regime, and the Muslim Brotherhood. We don’t want this. We want long term change.

We want a deeper reflection on the new Constitution and what we want for a new Egypt, and this will take a while. It is not to be rushed. Under the current laws, we cannot even form new political parties. We don’t want a new government that is an extension of the previous regime!

Are there groups other than women’s associations supporting demands for the protection of women’s rights ?

Actually, no other groups raise the issues of women’s rights on their own, but when we discuss them they agree with us. When we met, for example, with the military council, no one raised these demands, but no one actually raised any demands relating to any particular political group. Until now, everything has been focused on the transition, because we feel that nothing is moving.

Could you tell us what you think these recent developments will mean for women’s rights? What are your hopes and fears in this regard?

My hopes are that if we really work, if we can really use this opportunity, the situation of women in Egypt will generally get a better. I think there are possibilities, real possibilities, that we can achieve a modern civil government and a parliamentary democracy.

If we move towards this and we move towards greater respect for freedom of association, including for professional and workers unions and NGOs, then this should allow women to participate more effectively in all areas of public life and will provide them with the opportunity to give their perspectives on health, the economy, the environment, working conditions, etc. We feel this change of atmosphere will provide us with better forums for advocating our for our rights.

Previous claims that women’s voices should not be heard, all of this has been smashed during the revolution, smashed! Because women were there, with their beautiful voices, shouting against the regime. Women were there, sleeping on the ground in the streets, and this was appreciated by everyone.

But I think the desire to speed the process along and to rush things may be to the detriment of women. There is a risk we could end up with political parties or parliamentarians who are not really concerned about women and who might even be against women’s rights. That is why we are calling for the process to take time.

Finally, could you give us your perspective on the ongoing events in the rest of the region and their potential implications for women’s rights?

The Tunisians did a marvelous thing in starting this movement and Egyptians had in important impact in proving that it can happen. Most Arab countries are very autocratic and very oppressive. I think that this is a real beginning of a process of deconstruction and of rebuilding, particularly with the youth using the internet. It’s incredible, it is incredible! It is an era of change.

Nothing is going to go back... It is a marvelous feeling, that you are actually witnessing the making of history. And I am glad that I lived to experience that feeling.

And the young people are really determined, they are really mature! They are resisting their own “iconisation”, and they are trying to act, they may lack some experience but they will learn! They are fast learners and I am glad that they have learned actually out of the usual circles, outside of political parties. They have their creativity and their resilience and that is very important. I think that young people are generally more in favour of real democracy, more willing to change and have greater respect for women.

Interview de Amal Abdel Hadi, New Woman Foundation, Egypte : « Les discours qui prétendaient que la voix des femmes ne méritait pas d'être entendue ont été brisés pendant cette révolution ! »

ENGLISH VERSION

De quelle manière les femmes étaient-elles impliquées dans les manifestations en Égypte ?

Les femmes étaient impliquées dans tous les aspects de cette révolution : dans les confrontations en première ligne, dans les confrontations avec les forces de sécurité, la mobilisation, l'écriture des slogans, les cris, elles dormaient dans les tentes sur la Place Tahrir pendant les sit-ins... Certaines femmes sont restées tout au long des 18 jours des manifestations.

Des femmes figurent aussi parmi les martyrs de ce mouvement. Des femmes ont été tuées par les forces de l'ordre. D'autres ont aussi été arrêtées et détenues.

La majorité des femmes qui ont participé à ce mouvement étaient jeunes, mais il y avait aussi des femmes de tous âges et de tous milieux. Par exemple, des femmes au foyer qui n'avaient jamais participé à ce genre d'action auparavant sont venues manifester avec leurs enfants, des militants de tous les partis politiques, des Frères musulmans aux communistes participaient aux manifestations.

Des membres de notre organisation ont également participé à ces manifestations à titre individuel, mais nous n'y sommes pas allés au nom de la « New Woman Foundation ». Mais les gens savaient que nous faisions partie de la NWF. J'étais moi-même sur la Place Tahrir tous les jours et j'y ai passé plusieurs nuits.

Les femmes et les hommes étaient sur pied d'égalité lors des manifestations. C'était une période incroyable en Égypte, incroyable. Des millions de personnes étaient rassemblées au même endroit. Et les femmes n'avaient pas peur. Nous n'avons été témoins d'aucun acte de harcèlement sexuel par exemple. Il régnait un sentiment de respect total, de soutien total, et de solidarité totale envers les femmes. Les femmes, en particulier les plus jeunes, ont dormi pendant des jours sur la place.

Y-avait-il des slogans ou des demandes spécifiques concernant des droits des femmes durant les manifestations ?

Non, il n'y avait rien de spécifique , il n'y avait que des revendications de la révolution. Tout le monde était rassemblé autour de la même cause : la fin du régime, le renversement de Moubarak et la mise en place d'un gouvernement civil. Ceci est important. Si quelqu'un lançait un slogan à connotation trop politique ou trop religieuse, par exemple, tout le monde se mettait à chanter « une main, une main », et tous se remettaient à scander des slogans sur lesquels nous étions tous d'accord.

Parle-t-on des femmes et de leur implication dans les luttes, de leurs revendications spécifiques dans les médias ?

Les médias montraient des femmes présentes dans les manifestations, mais interviewaient plus souvent des hommes que des femmes. La plupart des personnes invitées aux débats télévisés étaient des hommes.

Comment les femmes sont-elles impliquées dans la transition politique ?

Les femmes sont ignorées ! Par exemple, la Commission Constitutionnelle créé pour réviser certains articles de la Constitution, ne compte aucune femme parmi ses membres.

Mais nous sommes mobilisées. Plusieurs associations ont publié un communiqué dénonçant l'absence de femmes dans cette Commission. Une Coalition d'une dizaine d'organisations de défense des droits des femmes a été constituée. Elle souligne que les femmes doivent être représentées dans tous les aspects du processus et dans tous les instances qui sont actuellement mises en place.

Un appel a été lancé sur Facebook pour une manifestation d'un million de femmes et d'hommes le 8 mars Journée Internationale de la Femme.

Quelles sont vos principales revendications pour ce gouvernement de transition ?

Un nouveau gouvernement ! Un gouvernement démocratique, indépendant et vraiment intègre.Pas le gouvernement actuel, ce gouvernement « patchwork ». Nous demandons l'établissement immédiat d'un comité présidentiel civil. Ce comité doit former un gouvernement civil et un comité constitutionnel qui aura la responsabilité d'écrire une nouvelle constitution. Nous avons besoin d'une nouvelle constitution !

Le comité constitutionnel doit être composé de personnes de milieux variés. Les femmes et les jeunes doivent y être représentés.ils ont été la force de cette révolution.

Nous demandons une représentation égale et équitable des femmes et des jeunes dans tous les instances représentatives, des comités et conseils locaux au parlement national.

Nous revendiquons la liberté d'expression, en commençant par la liberté de créer des partis politiques, des syndicats indépendants, des ONG et des organisations de la société civile.

Nous exigeons que tous ceux qui ont été impliqués dans la répression et le massacre des manifestants soient jugés. Nous voulons que les responsables de tous les crimes commis pendant les 18 premiers jours de la révolution soient jugés. Nous voulons un procès transparent pour tous ceux qui ont été impliqués dans la corruption en Égypte. Nous voulons que tous les symboles du régime, - et il ne s'agitpas uniquement de Moubarak ou de ses proches -, et tous ceux qui ont étés impliqués dans la corruption soient jugés.

Nous demandons que tous les avoirs de Moubarak et de tous les autres symboles du régime soient gelés. Nous insistons auprès du gouvernement qu'ils agissent à cet égard.

Nous demandons la libération de tous les manifestants qui ont été arrêtés arbitrairement. La police militaire doit cesser les arrestations qui ont toujours cours aujourd'hui.

Nous demandons que tous ceux qui se sont rendus responsables d'avoir coupé les communications internet, téléphoniques et médiatiques soient jugés. Nous demandons, en particulier, que la télévision egyptienne qui a tenté de déformer et de dissimuler des informations auprès du peuple Égyptien, soit tenue responsable.

Le conseil militaire (actuellement à la tête du pays) demandent que des élections présidentielles et parlementaires et qu'une modification de la constitution aient lieu dans les 6 mois. C'est un vrai problème, nous craignons en effet que dans ce cas de figure, ceux qui organiseront les élections et réformeront la constitution, soit issus des partis existants : le Parti démocratique national et les Frères Musulmans. Ce n'est pas ce que nous souhaitons. Nous voulons des changements à long terme.

Nous voulons une réflexion en profondeur sur la nouvelle constitution et sur ce que nous voulons pour une Égypte nouvelle, et ceci va prendre du temps. Ce n'est pas une étape qu'il faut précipiter. La législation actuelle ne permet même pas de former de nouveaux partis politiques. Nous ne voulons d'un gouvernement qui soit le prolongement du précédent régime.

Y-a- t-il des organisations autres que des associations de femmes, qui soutiennent vos revendications pour la protection des droits des femmes ?

En fait, aucune autre organisation ne travaille sur cette problématique, mais lorsque nous leur parlons de nos revendications elles sont d'accord avec nous. Lorsque nous avons rencontrés, avec d'autres ONG, le Conseil militaire, personne n'a soulevé de revendications concernant les droits des femmes. Pour l'instant nous sommes tous très concentrés sur la transition, car nous avons l'impression que les choses stagnent.

Que représentent, selon vous, les développements récents pour les droits des femmes. ? Quels sont vos espoirs et vos craintes ?

J'espère que si nous travaillons vraiment, nous pourrons saisir cette opportunité pour que la situation des femmes en Égypte s'améliore de manière générale. Je pense que nous pourrons vraiment obtenir un gouvernement civil et une démocratie parlementaire.

Si nous nous dirigeons ainsi vers un plus grand respect de la liberté d'association, y compris pour les syndicats professionnels et ouvriers et les ONG, alors les femmes devraient pouvoir participer plus efficacement à tous les domaines de la vie publique. Celaleur donnera l'opportunité de partager leurs perspectives en termes de santé, d'économie, d'environnement, de conditions de travail...etc. Nous avons le sentiment que cette nouvelle atmosphère nous ouvrira des nouvelles opportunités pour revendiquer nos droits.

Les discours qui auparavant prétendaient que la voix des femmes ne méritait pas d'être entendue ont été brisés pendant cette révolution, brisés ! Parce que les femmes étaient là, avec leurs voix magnifiques, hurlant contre le régime. Les femmes étaient là, elle dormaient par terre dans la rue, et ceci était accepté de tous.

Néanmoins, je pense que le désir d'accélérer le processus et de précipiter les choses risque de nuire aux femmes. Un risque demeure en effet, de nous retrouver avec des partis politiques ou des parlementaires qui ne sont pas concernés par les droits des femmesou pire, qui s'y opposent. C'est pour cela que nous avons besoin de temps.

Enfin, pourriez-vous nous donner votre point de vue sur les évènements en cours dans le reste du monde Arabe et leurs conséquences possibles sur les droits des femmes ?

Les Tunisiens ont fait une chose merveilleuse en commençant ce mouvement et les Égyptiens ont eu un impact important en prouvant que c'était possible. La plupart des pays Arabes ont des gouvernements autocratiques et oppressifs. Je pense que ceci est le vrai commencement d'un processus de dé-construction et de reconstruction, particulièrement avec l'utilisation d'internet par les jeunes. C'est incroyable.C'est une époque de grands changements.

Rien ne sera jamais comme avant... C'est un sentiment merveilleux, celui d'être témoin de l'histoire. Je suis heureuse d'avoir pu vivre cette expérience.

Et les jeunes sont déterminés, ils sont vraiment matures ! Ils essaient d'agir. Ils manquent peut être d'un peu expérience mais ils apprendrons ! Ils apprennent vite et je suis heureuse qu'ils aient pu apprendre en dehors des cercles habituels, en dehors des partis politiques. Ils ont leur créativité ,c'est très important. Je pense que les jeunes de manière générale veulent la démocratie, qu'ils sont plus ouverts aux changements et qu'ils ont un plus grand respect envers les femmes.

Interview de Sophie Bessis, secrétaire générale adjointe de la FIDH : « Les Tunisiennes se battent pour participer pleinement au processus de transition »

ENGLISH VERSION

La Tunisie a été le premier pays à se soulever. Comment les femmes ont-elles participé au soulèvement ?
Quel rayonnement peuvent-elles avoir dans le monde arabe ?

Les mouvements de femmes sont extrêmement actifs dans cette Tunisie en construction. Elles étaient dans la rue, elle manifestaient. Pendant toute l'époque de la dictature, les associations étaient remplies de femmes. Les grandes figures de la société civile tunisienne sont des figures féminines aujourd'hui. Parmi les figures les plus respectées de la société civile tunisienne aujourd'hui sont des femmes, c'est pour vous dire le rôle qu'elles ont pris dans la résistance à la dictature, dans la résistance à la répression, et il est évident que ces femmes ne se laisseront pas dépouiller de leur rôle dans la construction de la démocratie tunisienne, qui, si elle n'est pas une démocratie égalitaire, ne sera pas une démocratie du tout.

Partout dans le monde arabe, les femmes bougent. Il existe depuis quatre ans une grande campagne qui travaille sur la levée des réserves par les Etats arabes à la convention Cedaw, qui s'appelle la Coalition Egalité sans réserves. La coalition est constituée de plusieurs dizaines d'associations de femmes du monde arabe, du Maroc à l'Arabie Saoudite, qui se battent pour leurs droits. Alors, évidemment, parce que les femmes tunisiennes jouissent de droits plus étendus que les autres femmes du monde arabe, parce que le Code du statut personnel de 1956 et les lois qui l'ont suivi sont des lois, non pas égalitaires mais beaucoup moins inégalitaires que dans le reste du monde arabe, il est évident que les femmes tunisiennes peuvent servir de modèle à l'émancipation des femmes ailleurs dans le monde arabe. Cela dit, ce n'est pas parce qu'elles peuvent servir de modèle qu'elles ne doivent pas continuer elles-mêmes leur lutte. Car leur lutte n'est pas terminée puisque l'égalité totale n'est pas acquise.

Quelles sont les revendications actuelles des associations de femmes en Tunisie ?

D'abord, avant tout, faire en sorte que la nouvelle démocratie tunisienne, les nouvelles institutions de cette démocratie garantissent l'intégralité des droits des femmes et l'égalité des sexes. Nous partons du principe qu'une démocratie qui ne garantirait pas l'égalité, serait dès le départ une démocratie tronquée.

Les revendications sont parfaitement claires du côté des associations de femmes en Tunisie, en particulier l'Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), l'Association des femmes tunisiennes pour la recherche et le développement et le Collectif Maghreb Egalité 1995. Ces associations ont résisté à l'époque de la dictature et parce qu'elles ne soutenaient pas la dictature étaient considérés comme faisant partie de l'opposition. Aujourd'hui, nous voyons que leur lutte pendant toutes ces années n'a pas été inutile, parce qu'elles sont actuellement sur le devant de la scène. Elles sont en train d'élaborer un cahier de revendications qui permettrai d'assurer l'égalité des sexes et le maintien des droits des femmes dans la Tunisie démocratique, que l'on espère voir émerger de ce soulèvement et du mouvement actuel.

La FIDH a effectué une mission la semaine dernière justement pour appuyer les revendications des associations féminines et pour appuyer le plaidoyer qu'elles sont en train de faire, au niveau des commissions et au niveau des partis politiques. Pour s'assurer d'abord qu'il y ait des femmes sur leurs listes électorales, dans leurs listes de candidats.

Avec les associations de femmes nous demandons la parité, sachant que malheureusement nous n'y parviendrons pas du premier coup. Mais il y aura probablement dans un premier temps des quotas. Le code électoral, qui est en préparation, qui n'est pas encore adopté, prévoit un quota d'environ 30% de femmes. Je pense que le quota sera de 30% sur les listes électorales et ce qui serait souhaitable, évidemment, c'est qu'il y ait également un quota de femmes dans les instances élues. Les partis qui se disent démocratiques, ne sauraient faire moins bien que l'ancien RCD, l'ancien parti hégémonique au pouvoir qui avait instauré des quotas dans ses rangs de 30% de femmes.

Quel futur pour les droits des femmes en Tunisie ?

Personne n'osera dire aujourd'hui qu'il est contre les droits des femmes, c'est déjà quelque chose. Mais évidemment tous les partis ne sont pas sur la même longueur d'ondes concernant notamment l'égalité juridique totale. Les associations de femmes demandent, entre autres, que l'égalité devant l'héritage soit proclamée dans les nouvelles lois, et certains partis se sont prononcés contre.

Evidemment il faudra qu'elles se battent comme toujours. Les femmes doivent toujours se battre, mais aujourd'hui la révolution tunisienne s'est faite avec les femmes, la construction de la démocratie tunisienne se fera avec elles. Maintenant évidemment elles doivent se battre, parce que ces sociétés demeurent malgré tout patriarcales, la loi est inégalitaire, et les pratiques le sont aussi, comme dans toutes les autres sociétés du monde, il faut bien le dire. Eh bien comme toujours les femmes doivent se battre doublement, triplement pour avoir leur place. Mais il est évident qu'elles se battent aujourd'hui pour participer pleinement au processus de transition.

International Women's Day 2011 : Ratify and respect !

VERSION FRANCAISE

8 March 2011 – On the occasion of the 100th International Women's Day, the Coalition of the campaign "Africa for women's rights : ratify and respect !" calls on States to ratifiy the Protocol to the African Charter on the Rights of Women in Africa.

Adopted in 2003 in Maputo, Mozambique, the Protocol entered into force in 2005 and has now been ratified by the majority of African states which have thereby committed themselves to “ensur(ing) that the rights of women are promoted, realised and protected”. While we welcome the ratifications in 2010 by Uganda and Kenya, we deplore the fact that 24 States have so far failed to ratify this instrument (1).

This Protocol, like the United Nations Convention on the Elimination of all forms of Discrimination Against Women (CEDAW Convention) which has been ratified by almost all African States, provides a legal framework of reference for ensuring respect for women's human rights: elimination of discrimination and harmful practices; right to life and to physical integrity; equality in the domain of the family and civil rights; access to justice; right to participate in the political process; protection in armed conflicts; economic rights and social protection; right to health and food security, etc.

Initiated on 8 March 2009 by the International Federation for Human Rights (FIDH), in cooperation with five African regional organisations (2), the Campaign « Africa for women's rights » has the support of patrons including the Nobel Peace Prize Laureates Archbishop Desmond Tutu and Shirin Ebadi, the Nobel Literature Prize Laureates Wole Soyinka and Nadine Gordimer, the artists Angélique Kidjo, Tiken Jah Fakoly and Youssou N'Dour, as well as Ms. Soyata Maiga, Special Rapporteur of the African Commission on Human and Peoples' Rights on the Rights of Women in Africa.

All the organisations involved in the campaign, and the campaign's patrons, call on the Heads of state of the 24 states that have not yet done so, to seize the occasion of the 100th International Women's Day to take steps towards the ratification of the Protocol and affirm their commitments to respecting the rights of women in their countries. We call on them in particular to implement the recommendations expressed in the Campaign's Dossier of Claims.

Finally, we call on States that have already ratified the Protocol to ensure its effective implementation, including by abolishing remaining discriminatory laws.

(1) Algeria, Botswana, Burundi, Cameroon, Central African Republic, Chad, Congo-Brazzaville, Cote d'Ivoire, Egypt, Equatorial Guinea, Eritrea, Ethiopia, Gabon, Guinea, Madagascar, Mauritius, Niger, Saharawi Arabic Democratic Republic, Sao Tome et Principe, Sierra Leone, Somalia, Sudan, Swaziland, Tunisia

(2) Femmes Africa Solidarités (FAS), Women in Law in South Africa (WLSA), African Center for Democracy and Human Rights Studies (ACDHRS), Women in Law and Development in Africa (WILDAF) et Women's aid Collective (WACOL)

Journée internationale des femmes 2011 : Ratifier et Respecter

ENGLISH VERSION

Le 8 mars 2011 - A l'occasion de la 100ème Journée internationale des femmes, la Coalition de la campagne « l'Afrique pour les droits des femmes : ratifier et respecter » appelle les États à ratifier le Protocole à la Charte africaine relatif aux droits de la femme en Afrique.

Le Protocole adopté en 2003 à Maputo au Mozambique et entré en vigueur en 2005, a été ratifié par la majorité des États africains qui se sont engagés à « éliminer toutes formes de discrimination à l'égard des femmes et (à) assurer la protection des droits de la femme ». Si nous nous félicitons de la décision de l'Ouganda et du Kenya de devenir, en 2010, parties au Protocole, nous déplorons qu'à ce jour 24 États n'aient toujours pas ratifié cet instrument (1).

Ce texte extrêmement important, à l'instar de la Convention des Nations unies sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (Convention CEDAW) ratifiée par la quasi totalité des États africains, offre un cadre juridique de référence pour assurer le respect des droits humains des femmes : élimination des discriminations et des pratiques néfastes ; droit à la vie et à l'intégrité physique ; égalité des droits en matière civile et familiale ; accès à la justice ; droit de participation au processus politique ; protection dans les conflits armés ; droits économiques et protection sociale ; droit à la santé et à la sécurité alimentaire, etc.

Lancée le 8 mars 2009 par la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH), en coopération avec cinq organisations régionales africaines (2), la campagne « L'Afrique pour les droits des femmes » est soutenue par de nombreuses personnalités, telles les prix Nobel de la paix Mgr Desmond Tutu et Shirin Ebadi, les prix Nobel de littérature, Wole Soyinka et Nadine Gordimer, par les artistes Angélique Kidjo, Tiken Jah Fakoly et Youssou N'Dour ou encore par Mme Soyata Maiga, Rapporteure spéciale de la Commission africaine des droits de l'Homme et des peuples sur les droits des femmes en Afrique.

Toutes les organisations et personnalités signataires de la campagne appellent les gouvernements africains à saisir l'occasion de la 100ème Journée internationale des femmes pour ratifier le Protocole à la Charte africaine relatif aux droits de la femme en Afrique et affirmer leurs engagements en faveur des droits des femmes dans leurs pays notamment en mettant en œuvre les recommandations formulées dans le Cahier d'exigences de la campagne. Nous appelons par ailleurs les États d'ores et déjà parties à ce Protocole à respecter leurs engagements en prenant toutes les mesures permettant la mise en œuvre effective de ses dispositions, en particulier en abrogeant les lois discriminatoires encore en vigueur.

Notes

(1) Algérie, Botswana, Burundi, Cameroun, Congo-Brazzaville, Côte d'Ivoire, Égypte, Érythrée, Éthiopie, Gabon, Guinée, Guinée équatoriale, Madagascar, Maurice, Niger, République centrafricaine, Sao Tome et Principe, Sierra Leone, Somalie, Soudan, Swaziland, Tchad, Tunisie

(2) Femmes Africa Solidarités (FAS), Women in Law in South Africa (WLSA), African Center for Democracy and Human Rights Studies (ACDHRS), Women in Law and Development in Africa (WILDAF) et Women's aid Collective (WACOL)

POLICE QUIZZ ZIMBABWE LAWYERS FOR HUMAN RIGHTS (ZLHR) EMPLOYEES, DISRUPT IWD COMMEMORATIONS

Police in Bulawayo on Tuesday 8 March 2011 quizzed two employees of Zimbabwe Lawyers for Human Rights (ZLHR) for organising commemorations to mark International Women’s Day.

Police from Luveve Police Station in the high density suburb of Luveve first quizzed Prisca Dube, the programmes assistant for ZLHR’s Matabeleland Satellite Office before summoning Lizwe Jamela, the senior projects lawyer to the police station.

At the police station, the police quizzed the two about the commemorations.

The police told Jamela and Dube that the “obtaining environment” doesn’t allow for them to hold such commemorations as they could be hijacked by some unruly elements who could turn them into violent protests.

The police told the ZLHR employees to reschedule their commemorations to a later date when the environment permits.

About 27 anti-riot police who were in two truckloads dispersed participants, who had gathered at Luveve Baptist Church for the International Women’s Day festivities.

ZLHR had organised commemorations at Luveve Baptists Church in the high density suburb to mark International Women’s Day. International Women’s Day is celebrated each year on 8 March to mark the economic, political and social achievements of women.

The ZLHR employees were advised that Zimbabwe was liberated as a result of the shedding of blood and that this country is not a “property” of the human rights organisation.

Meanwhile, police on Tuesday 8 March 2011 arrested 16 women at the Zimbabwe Congress of Trade Unions (ZCTU) Bulawayo offices and briefly detained them at the Bulawayo Central Police Station.

The women were later released after the intervention of the ZCTU Paralegal Officer. The women were arrested despite furnishing the police with a court order obtained by ZLHR lawyers on Monday 7 March 2011, allowing the ZCTU to stage a peaceful march in the city to commemorate International Women’s Day.

Tuesday 8 March 2011

MISA PRESS RELEASE - Zimbabwe statement on International Women's Day

Objectification and denigration of women in the media must stop

MISA-Zimbabwe joins the rest of the world in commemorating International Women’s Day (IWD) today.

The 2011 United Nations (UN) theme for 2011 is, Equal access to education, training and science and technology: Pathway to decent work for women.

Guided by the SADC Gender protocols notably Articles 29-31 which relate to the media, information and communications, MISA-Zimbabwe takes opportunity of this day to challenge the continued ‘objectification’ of women by the media and certain sections of Zimbabwe’s advertising industry.

To objectify someone, is to reduce someone exclusively to the level of an object. In Zimbabwe it is women that are mostly objectified in the media. The images that appear in several adverts tend to portray women as physical objects that should simply be admired if not savoured. Such images negatively project women as having no other substantive attributes outside their physical and bodily make-up.

This portrayal of women totally ignores and seems oblivious to the fact that women are also equal subjective beings with independent thoughts, consciences and emotions.

A classical example of the objectification of women is Delta Beverages’ Redds cider advertisement placed in The Standard weekly edition of 6-12 March 2011.

The advert shows the posteriors of four women (they are definitely women as evidenced by their physique and manicured fingers) clad in tight fitting jeans. They are each holding a bottle of Redds smacked on their posteriors. The advert reads: Have great fun.

MISA-Zimbabwe condemns such portrayal of women in the media as reinforcing medieval stereotypes that objectify women. The Redds advert is denigrating as it equates women’s posteriors to objects of ‘great fun’ to be enjoyed with a Redds drink!

MISA-Zimbabwe urges Delta Beverages to drop the advert and apologise to readers and the generality of Zimbabwean women. Ironically, the advert in question is flighted in a supplement to commemorate International Women’s Day!

Although MISA-Zimbabwe cites Delta Beverages’ Redds advert, this negative portrayal of women is not unique to Zimbabwe, but is prevalent throughout the global advertising industry.

MISA-Zimbabwe also notes with great concern the violation of the right to privacy and human dignity in some of the stories carried by the two Zimpapers tabloids H-Metro and B-Metro, especially where it concerns women who are by and large the subjects and sources of the stories.

MISA-Zimbabwe therefore urges the two tabloids to mainstream gender balance in an accurate, fair and balanced manner in their reportage of socio-economic issues.

WOMEN AND MEN OF ZIMBABWE ARISE (WOZA) PRESS RELEASE - Victory for courage in Bulawayo and 4 released 3 arrested

At 10am today, Monday 7 March, Women and Men of Zimbabwe Arise (WOZA) sprang an early International Women’s Day protest. As well as issues related to this special day, members wanted to protest the ongoing arrest and torture of members this last week. As protestors marched they issued a newsletter calling on SA president Jacob Zuma and SADC leaders to help us end the violence.

The five protests began from locations surrounding the High Court. Two of the protests managed to reach the 8th Avenue Court but three protests were dispersed by riot police and army. Three women have been arrested but have not been located at the police station by human rights lawyers. WOZA is concerned for their safety as police are hiding them. The three are Eneles Dube, Janet Dube and Selina Dube.

As Bulawayo awoke to heavy police and army presence in the city, WOZA leaders decided to reduce the protest to the bravest of the brave numbering 500 female and male members. Another strategy adopted was to conduct flash protests, (appear and disappear as soon as police arrive). Additionally, headlines from the daily newspapers revealed an unofficial ban of rally and protests.

Higher numbers of riot police were deployed at the previous target of WOZA protests - The Chronicle. However they quickly heard the loud singing and ran up several city blocks to respond. The song that carried a strong message - Kubi kubi siyaya - noma kunjani - besitshaya; besibopha; besidubula, siyaya. Roughly translated “the situation is bad but we will still get where we are going, even if the beats us, arrest us, or shoot to kill us, we will get there”. One police officer ordering one of the protests to disperse said - what rights are you talking about? - you are lying, you want to start a revolution!

After they dispersed the protests, about 40 uniformed and plain clothed police officers picked up every single placard and newsletter, exposing two of their colleagues who had tortured members. One police officer came across a man holding the placard. He asked the man to show him it and asked why he was writing on it. The man said he needs scrap paper to write something down. The officer took it and proceeded to carefully fold this A2 size placard into the smallest piece imaginable and put it in his pocket telling the man, holding such a thing is not allowed.

The protests taking place around International Women’s Day provide an opportunity to demand respect for Women’s rights and for peace in Zimbabwe. The theme adopted as part of the Constitutional reform process is ‘the rising of the women means the rising of the nation - No more poverty and starvation, many sweating for a few to benefit”.

After the dispersal of members, they did not go home but went straight to Tredgold court to await the appearance of their colleagues. Forcing a further deployment of Riot Police and plain clothed detectives to the remand court where the stalemate seemed to endure.

Over the last week, members have been arrested and tortured by police officers in Bulawayo. Seven members on Monday 28th February and 4 on Saturday 5th March 2011. The four currently in custody all have swollen faces and Nomsa Sibanda could not use her hands to hold her baby. At 10am they were due to attend court but for unknown reasons they had still not attended court by mid afternoon. At 4:30pm, the state refused to prosecute and released the four without them appearing in court to be officially charged.

WOZA and MOZA wish to send a stern message to the police force - there is no basis for a state of emergency in Zimbabwe be it official or unofficial. According to the current constitution we have the right to protest and assembly peacefully. If they are wanting to declare a state of emergency they will have to justify it in law but the only people we see disturbing the peace are units of the Zimbabwe Republic Police, namely Riot squad, Police Internal Security Intelligence (PISI) like Mdawini, Law and Order detectives based at Bulawayo Central like George Levison Ngwenya. If they continue to arbitrarily arrest our members we will respond with more protests and expose those who commit torture.

WOZA leaders pay tribute to the courage of members who seeing the police and army all over could so easily have stayed at home but because of the pressure they brought to bear, their colleagues have walked away without charge when earlier in the week, their seven colleagues were being threatened with prison and had to pay for their freedom.

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