Africa for Women's Rights | L'afrique pour les droits des femmes

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Friday 29 January 2010

Bafing Kul à la Scène Bastille

e493zrhxqw.jpgLe 16 Janvier dernier, Bafing Kul, parrain de la campagne L'Afrique pour les droits des femmes, Ratifiez, Respectez!, s'est produit à la Scène Bastille, avec Tata Milouda, dans une soirée dédiée à l'Afrique.

Bafing Kul, musicien engagé dans la défense des droits des femmes, a ainsi réuni une centaine de personnes, dans une ambiance cordiale et animée. Ce concert fut aussi l'occasion de rappeler son engagement associatif, notamment dans la campagne « L'Afrique pour les droits des femmes ».

Nous adressons à Bafing Kul nos sincères encouragements dans ce combat.

Bafing Kul a ouvert son concert par le titre « Plus que des fleurs pour toi », véritable appel à la mobilisation pour les droits des femmes.



Thursday 21 January 2010

An evaluation of the situation of women's rights in Uganda: developments and challenges

In Uganda, the Africa for Women's Rights Campaign is in partnership with the Foundation for Human Rights Initiative(FHRI) . Livingstone Sewanyana, Executive Director, takes us through his experience as an advocate for women’s human rights.By Pouline Kimani.

Why are you engaging in the Africa for women’s rights campaign?

The question of women’s rights is cross cutting, we say that “developing women is developing a nation’’. It is vital that legal frameworks are conducive to the advancement of women rights. Yet, although the principle of equality between men is enshrined in the country’s constitution, women in Uganda continue to face legal and traditional discrimination as well as unequal treatment in education, employment and access to public services. FHRI seeks to ensure that all women including women in conflict, women in prison, women living with HIV can access the full range of fundamental rights, while reiterating the importance of promoting and protecting all women’s rights as a way to realize development for Uganda. We believe that the human rights of Ugandan women are interlinked and interdependent on all other issues of national concern. Our work therefore involves ensuring that these issues are mainstreamed in all our priority areas of work: electoral democracy, juvenile justice, right to health, recognition and promotion of people living with disabilities; challenging the death penalty, torture and freedom of the media.

What have been your moments of satisfaction in the combat for women's human rights in Uganda?

I was very pleased when they introduced the idea of reforming the existing family laws in Uganda which remain very discriminatory. A bill on marriage and divorce law was presented to parliament at the end of 2009 following many years of advocacy work by Ugandan NGOs. Although it has not yet been enacted into law, it represents an important milestone for women and all citizens of Uganda.

What would you ask for from your government?

Firstly, that the marriage and divorce bill is enacted into law. Secondly that the domestic violence bill that was approved by the National Assembly in December is signed into law by the President as well as the sexual offences bill, as these are crucial in beginning to challenge violations of women's rights since victims currently lack legal recourse. I would like to see the government of Uganda ensure that women can participate effectively in electoral processes. Special attention also needs to be paid to the situation of women in prison, especially those that are incarcerated with children. Finally, the government must put an end to ritual killings of children in “witchcraft”. This issue is also central to the wellbeing of women and their human rights. Women endure a lot of discrimination that leads to violation of their rights and using children as a trade object for witchcraft is first and foremost a gross violation of these children’s rights and additionally a reinforcement of the oppression on women by cultural practices who in most circumstances have no choice or right in decision making within the traditional Ugandan family set up.

Interview with Valentine Kalende, Spokesperson for The Civil Society Coalition on Human Rights and Constitutional Law

What are your main concerns as a woman and a defender of women rights in Uganda?

My concerns as a woman, a human rights defender and citizen of Uganda are that the rights of all women are protected, including lesbian women.For me, it is impossible to separate women's rights and sexual rights. And you cannot deal with one while neglecting the other. Lesbian women are women first before any consideration of their sexual orientation. I am concerned that the Domestic Relations legislation must be fully implemented and not just remain on paper. I would love to see a Uganda where women's sexual and health rights are fully protected.

What are your thoughts on the newly tabled marriage and divorce bill?

The new marriage and divorce bill is bound to face a lot of resistance from religious conservatives who do not agree with the principle of divorce. The Catholic Church has indicated that it does not support this bill because they consider that it promotes divorce as a mechanism of conflict resolution in marriages. But this bill creates an environment for justice and equality for both men and women. Men should not see this bill as a threat to manhood but should welcome it as a step to development.

What is your hope for women’s rights in Uganda?

The Government should work towards the Millennium Development goals to which it has committed itself. Without an enabling social and political environment for women to empower themselves, development is impossible for Uganda.

Wednesday 20 January 2010

Sénégal, Entretien avec Coumba Fary Diouf : "Notre rôle est de leur dire qu'il y a des limites, qu'elles doivent savoir dire Stop !"

Coumba Fary Diouf est membre active de la SWAA (Society for Women and Aids in Africa) depuis 2009. Chargée de l'accompagnement des projets, elle assiste les porteurs de projet dans leurs demandes de financement et les écritures de projet. Parallèlement, elle anime les événements de l'association, tels que les pôles et les repas communautaires, et plus récemment, la projection de films sur la thématique des violences faites aux femmes, à l'occasion des 16 jours d'activisme contre les violences de genre.

Coumba Fary Diouf est une femme très active dans la défense des droits des femmes : elle monte en 1994 l'association Femmes Volontaires pour l'Alphabétisation (FVPA), dont elle est Présidente, qui forme femmes et enfants des rues, en partenariat avec le Comité Consultatif de la femme du Ministère de la famille. Elle anime par ailleurs régulièrement des émissions sur Manoré Fm, la radio des femmes, où elle parle d'entreprenariat des femmes, et surtout d'éducation des femmes.


Que signifie être un défenseur des droits des femmes dans votre pays?

Être un défenseur des droits des femmes, c'est être engagé à défendre la cause des femmes. En Afrique, les femmes connaissent toutes leurs devoirs, mais presque jamais leurs droits. Elle suivent la culture qu'on leur apprend, à savoir que « Ce que mari veut, Dieu veut », et donc que les volontés des hommes sont incontestables. Elles ne s'opposent ni aux mariages forcés, ni aux violences et aux viols. Notre rôle est de leur dire qu'il y a des limites, qu'elles doivent savoir dire Stop ! Les femmes ont leurs droits, que ce soit au travail, à la BONNE terre. Il faut leur donner la force de se lever !

On peut donc dire que vous faîtes face au poids de la culture et des coûtumes? Comment les combiner dans votre lutte?

Oui, bien sûr que la culture est un obstacle. Tous les leaders, les chefs religieux, les chefs de quartiers et les responsables de famille sont concernés, C'est pourquoi je pense qu'il faut faire des formations pour éveiller les femmes, mais aussi les hommes. Il faut les amener à voir que les femmes ont leur place et leurs droits.

Quel a été le moment le plus gratifiant de votre combat pour les droits des femmes?

J'ai eu un parcours et un milieu familial très difficiles. J'ai beaucoup souffert, tout comme mon entourage. J'ai donc décidé d'accéder à l'éducation pour pouvoir m'exprimer correctement. Je me suis dit que je devais me battre, pas seulement pour moi, mais pour mes amies et pour la cause des femmes. C'est alors que je me suis inscrite au Comité des droits des femmes. A mes débuts, j'ai aidé une femme mariée qui travaillait. Son mari avait des terres, mais pas d'argent pour y construire. Il a donc fait démissionner sa femme pour qu'elle puisse l'y aider. Seulement, une fois la construction terminée, il a décidé de se marier avec une autre femme et de chasser cette première femme. Cette femme est venue me voir et on s'est BATTUES. Je me suis battue, j'ai mobilisé le comité consultatif, j'ai mobilisé les femmes. Nous nous sommes battues sans relâche et nous avons GAGNE, le juge a tranché en notre faveur. C'était mon premier combat et je l'ai gagné.

Quel a été celui qui vous a le plus déçu?

Avant de fonder la FVPA, j'étais membre d'une association défendant les femmes, AMAPA. L'association était très bien partie, nous avions quelques classes d'alphabétisation, et beaucoup de femmes étaient impliquées. Un jour, les femmes se sont retournées contre moi. En fait, les hommes étaient derrière tout ça : ils les avaient payées, et elles ne m'ont plus défendue. J'ai donc quitté l'association avec un goût amer. C'est à partir de là que j'ai décidé de mettre en place la FVPA. Face à la corruption, notre meilleure arme est l'éducation et l'alphabétisation.

Quels sont selon vous les impacts de la CEDEF et du Protocole à la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples en Afrique, sur la discrimination et la violence contre les femmes?

La CEDEF a eu des impacts positifs sur les femmes ici. Auparavant, les femmes n'osaient pas dénoncer ce qu'elles subissaient. Les victimes de viol, les femmes battues n'osaient pas se montrer. Maintenant elles ont moins peur, elles osent parler, et se sentent plus protégées et suivies. Par exemple, elles appellent à la radio pour être écoutées. C'est un grand progrès.

Qu'attendez-vous de la campagne «  L'Afrique pour les droits des femmes – Ratifiez et Respectez ! »?

Nous attendons de cette campagne qu'elle nous appuie au niveau de notre assocation. Nous avons beaucoup de progrès à faire, dans l'éducation des hommes en plus de celle des femmes. Nous avons beaucoup à faire contre la violence homme-femme.

Quelles sont les priorités dans votre pays, quant au respect des droits des femmes?

Les priorités sont d'appuyer certains droits : le droit à l'éducation est le premier, suivi de près par le droit à la santé. Aujourd'hui, les femmes ne peuvent aller se faire soigner qu'avec la permission de leur mari. J'ai rencontré cette femme souffrante qui me disait qu'elle n'osait pas en parler à mari. Nous devons leur expliquer que se soigner est un Droit. Comme priorités nous avons aussi le droit à l'autorité parentale, et le droit à l'accès aux terres. On peut en fait dire que la priorité est le droit à l'épanouissement.

Si vous aviez une demande à faire à votre Président, quelle serait-elle? Si vous pouviez changer UNE chose ( une loi, une pratique, une politique ) pour les femmes dans votre pays, quelle serait-elle?

Je demanderais à ce que les hommes se sacrifient pour donner aux femmes du poids, pour qu'elle puisse s'exprimer, qu'elles connaissent et fassent respecter leurs Droits, qu'elles se fassent enfin respecter.

Entretien réalisé par Claire Hoi

Tuesday 19 January 2010

Témoignage du Libéria : "Le droit de vote mais aussi le droit d'être éligible..."

ENGLISH VERSION

Regional Watch for Human Rights au Libéria
Interview de Thompson Adebayort.
Par Pouline Kimani

Quel a été le moment le plus satisfaisant dans votre combat pour les droits des femmes?

Ma plus grande satisfaction, dans mon combat en tant que défenseur des droit des femmes au Liberia, fut lorsque les Libériens ont commencé à impliquer les femmes dans la vie politique, non seulement au travers du droit de vote, mais aussi celui d'être éligible.

Quelles sont, selon vous, les priorités au Libéria pour atteindre le respect des droits des femmes? Quelle demande-clé soumettriez vous au Président de votre pays? La priorité serait de renforcer notre système judiciaire afin de nous adresser efficacement aux problèmes liés au genre, tels que la violence, la violence sexuelle, et le viol. Il faudrait que mettre en place une prise en charge médicale des victimes de viol, ainsi qu'un processus de justice accéléré. Parallèlement, je demanderais la participation de 30% de femmes dans la législature.

Si vous pouviez changer une seule chose ( une loi, une politique, une pratique ) en faveur des femmes dans votre pays, quelle serait-elle? Je voudrais voir la pratique du mariage forcé, et particulièrement en ce qui concerne les mineures changer, étant encore aujourd'hui pratiquée dans certaines parties reculées du pays. Cette pratique est bien sûr un héritage de la loi coutumière.

Pourquoi êtes vous engagés dans la campagne « L'Afrique pour les droits des femmes – Ratifiez, respectez ! » ?

Travailler sur les droits des femmes est un engagement de notre institution. Nous croyons que l'égalité n'est pas possible sans que l'on se soit assurés préalablement, dans chacune de nos actions, que tous les êtres humains soient libres et égaux.

Testimony from Liberia: "The Right to vote but also to be voted for"...

VERSION FRANÇAISE

Regional Watch for Human Rights in Liberia
Interview of Thompson Adebayort.
By Pouline Kimani

What was the moment of greatest satisfaction in your combat for women's rights in Liberia?

My greatest satisfaction in my combat as an advocate for women rights in Liberia was the time when Liberians began to involve women in political participation, not only through the right to vote but also the right to be voted for.

What do you think are the priorities in Liberia to improve respect for women's rights? What key demands would you make to the President of your country ?

Priority attention should be given to improving actions our judicial system in order to address adequately all forms of gender based violence, sexual violence and rape etc. The government should improve health care for victims of rape and maybe install a fast-track court. There should also be a quota of at least 30% women participation in the legislature.

 If you could change a one thing (a law, a policy, a practice) for the women in your country, what would it be ?

I would like to see the practice of forced marriage to be changed, in particular of minors. This practice, continues in the interior parts of the country.

Why are you engaged in the campaign " Africa for women's rights – Ratify and respect!"?

Working on women's rights is a commitment of Regional Watch For Human Rights, we believe we cannot achieve equality without ensuring that all human beings are free and equal in the work that we do.

Wednesday 13 January 2010

Une avancée pour les femmes en Ouganda ?

ENGLISH VERSION

Source : Womensnews
Par Claire Hoi

Le 11 novembre dernier, l'Assemblée Nationale Ougandais a finalement adopté une loi incriminant les violences domestiques. Parallèlement, le 10 décembre dernier a marqué une victoire pour les défenseurs des droits des femmes quand une loi s'opposant aux violences génitales faites aux femmes fut de même acceptée.

On espère que ces développements ouvriront la voie à l'adoption d'autres réformes sur les droits des femmes, en particulier celles concernant les discriminations dans les domaines du mariage et du divorce.

Un projet de loi sur le mariage et le divorce est actuellement devant l' Assemblée Nationale. Il octroiera aux femmes le droit de divorce pour violence, le liberté de choix de l'époux, ainsi que l'abolition de la pratique traditionnelle du lévirat. Par ailleurs, la polygamie sera interdite.

De plus, il instaurera un partage équitable des biens et propriétés dans le cas de divorce.

Cependant, cette loi s'appliquerait aux chrétiens, aux hindouistes et aux mariages traditionnels, excluant les mariages musulmans. Ainsi, de nombreuses femmes en Ouganda – où la population musulmanne est estimée à 12 % - seraient exclues de son application.

Enfin, le projet de loi ne s'oppose pas à la pratique traditionnelle de la dot, aussi appellée « le prix de la mariée », qui a tendance à dissuader les femmes victimes d'abus à quitter leur mari, par peur de devoir rendre cette dot. Cependant le projet interdit le remboursement de cette dot en cas de divorce.

Steps forward for women in Uganda?

VERSION FRANÇAISE

Source: Womensnews
By Claire Hoi

On 11 November 2009, The Ugandan National Assembly finally adopted a law criminalising domestic violence. On 10 December, defenders of women's rights won a further victory when a bill prohibiting female genital mutilation flew through parliament. These two new laws are currently awaiting signature by the President to take effect.

It is hoped that these developments may also pave the way for the adoption of further reforms on women's rights, in particular concerning discrimination in the areas of marriage and divorce.

A draft law on marriage and divorce is currently before Parliament. The draft law grants women the right to divorce spouses for cruelty, the right to choose their spouse and the abolition of the customary practice of widow inheritance. Polygamy is prohibited. It also provides for equal division of property and finances in the event of divorce.

However, the proposed law would govern Christian, Hindu, and traditional marriages but not Muslim marriages. Thus many women in Uganda - where an estimated 12 % of the population are Muslims - would be excluded from its application.

Furthermore, the current bill does not prohibit the traditional practice of the husband's family giving marriage gifts to the wife's family, the so-called « bride price »,which can inhibit abused woman from leaving their husbands for fear that they could demand refund of the gifts. However, in the proposed legislation, bride price will not be returnable in the event of divorce.

Thursday 17 December 2009

18 décembre 2009 : 30ème anniversaire de l'adoption de la Convention de l'ONU sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW)

Aujourd'hui, Nadine Gordimer, Maryse Conde, Wole Soyinka, Shirin Ebadi, Mary Robinson et d'autres personnalités, rejoignent la Campagne et appellent les gouvernements africains à agir pour les droits des femmes.

Lettre Ouverte aux chefs d'Etat africains

ENGLISH VERSION

Excellences,

Le 18 décembre 2009, nous célébrerons le 30ème anniversaire de l'adoption de la Convention des Nations unies sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW). Nous saisissons cette occasion pour vous appeler, au nom de tous les acteurs de la campagne, «L'Afrique pour les droits des femmes: Ratifier et Respecter!*», à respecter les engagements que vous avez pris en ratifiant cet instrument et les autres traités internationaux de protection des droits humains des femmes. Nous vous appelons à saisir cette occasion pour annoncer la mise en oeuvre de mesures concrètes visant à garantir le respect des droits humains des femmes dans votre pays et ainsi pouvoir contribuer à mettre un terme aux violences et discriminations à l'égard des femmes, qui demeurent malheureusement répandues sur le continent.

La campagne «L'Afrique pour les droits des femmes: Ratifier et Respecter!» a été lancée le 8 mars 2009 par plus d'une centaine d'organisations africaines dans plus de 40 pays du continent. Elle appelle à la ratification, sans réserves, de la CEDAW et du Protocole à la Charte africaine des droits de l'Homme et des peuples relatif aux droits des femmes (Protocole de Maputo), à l'harmonisation des lois nationales avec les dispositions de ces instruments et à l'adoption de toutes les mesures nécessaires visant à les mettre en oeuvre.

La ratification de la CEDAW a directement contribué à l'adoption de réformes non négligeables dans plusieurs Etats africains dont l'abolition des mutilations génitales féminines, la réforme de législations discriminatoires ou encore l'adoption de lois pour protéger les femmes de la violence et des discriminations.

Bien que ces avancées encouragent notre mouvement, elles restent malheureusement insuffisantes, les lois et pratiques discriminatoires à l'égard des femmes étant toujours aussi répandues sur le continent. Si tous les Etats africains, à l'exception de la Somalie et du Soudan, ont ratifié la CEDAW, les dispositions de cette Convention demeurent largement inappliquées, notamment en raison d'un manque de volonté politique. Nous vous appelons une fois de plus à saisir cette occasion du 30ème anniversaire de la CEDAW pour annoncer et prendre des mesures urgentes pour:

  • Ratifier sans réserves le Protocole à la Charte africaine des droits de l'Homme et des peuples relatif aux droits des femmes, la CEDAW et son protocol facultatif ;
  • Conformer votre législation nationale avec les dispositions des instruments internationaux et régionaux de protection des droits des femmes, en abolissant les lois discriminatoires et en adoptant des lois pour protéger les droits humains des femmes ;
  • Prendre toutes les mesures nécessaires visant à garantir la mise en oeuvre effective de ces lois.

Nous vous encourageons à considérer cet appel à l'action et à prendre des mesures concrètes pour enfin mettre un terme aux discriminations et violences à l'égard des femmes sur le continent africain.

Bien cordialement,

Nadine Gordimer, Prix Nobel de littérature, 1991
Wole Soyinka, Prix Nobel de littérature, 1986
Maryse Conde, Ecrivaine
Shirin Ebadi, Prix Nobel de la paix, 2003
Mary Robinson, ancien Haut Commissaire de Nations unies aux droits de l'Homme
Soyata Maiga, Rapporteure Spéciale sur les droits des femmes, Commission Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples
Reine Alapini Gansou, Présidente Commission africaine des droits de l'homme et des peuples
Yakin Erturk, Ancien Rapporteuse Spéciale des Nations Unies sur les violences faites aux femmes
Angela Melo
Pierre Sane

18 December 2009: 30th Anniversary of the adoption of the UN Convention on the Elimination of All Forms of Discrimination Against Women (CEDAW)

Today Nadine Gordimer, Maryse Conde, Wole Soyinka, Shirin Ebadi, Mary Robinson and others join the campaign "Africa for Women's Rights" in calling on African governments to protect the human rights of women in law and practice.

Open Letter to African Heads of State

VERSION FRANÇAISE

Your Excellencies,

18 December 2009 will mark the 30th anniversary of the adoption of the United Nations Convention on the Elimination of All Forms of Discrimination Against Women (CEDAW). We are writing to you in the name of all the actors of the campaign “Africa for Women’s Rights: Ratify and Respect!” to call upon you to respect the obligations to which you committed yourselves when ratifying this and other international treaties. We urge you to take this occasion to announce concrete measures to implement the human rights of women in your country and thereby to contribute to ending persistent and widespread discrimination and violence against women across the continent.

The campaign “Africa for Women’s Rights: Ratify and Respect!” was launched on 8 March 2009, by over one hundred African organizations in over 40 countries across Africa. The campaign aims to achieve the ratification without reservations of CEDAW and the African Charter on Human and Peoples’ Rights on the Rights of Women in Africa (the Maputo Protocol), the harmonization of national laws with their provisions and adoption of all necessary measures to implement them.

Ratification of CEDAW has directly contributed to positive reforms in many African states, including the abolition of female genital mutilation, reform of discriminatory legislation, the adoption of legislation to protect women from violence and discrimination.

While these signs of progress provide encouragement to our movement, they remain woefully insufficient and across the continent discriminatory laws and practices remain widespread. Although, all African states except Somalia and Sudan have now ratified CEDAW, its provisions remain widely unimplemented, principally as a result of a lack of political will. We reiterate the campaign’s call upon you and your government to take the occasion of the 30th anniversary of the CEDAW to announce and to take urgent measures to:

  • Ratify without reservations, the Protocol to the African Charter on Human and Peoples' Rights on the Rights of Women in Africa, CEDAW, and the Optional Protocol to CEDAW
  • Bring national legislation in conformity with the provisions of international and regional women’s human rights protection instruments, by abolishing discriminatory laws and adopting laws to protect women’s human rights
  • Put in place all necessary measures to ensure the effective application of these laws.

We urge you to heed our call to action and take concrete steps to end the persistent and widespread discrimination and violence against women across Africa.

Yours sincerely,

Nadine Gordimer, Nobel Literature Prize Laureate, 1991
Wole Soyinka, Nobel Literature Prize Laureate, 1986
Shirin Ebadi, Nobel Peace Prize Laureate, 2003
Mary Robinson, former United Nations High Commissioner for Human Rights
Maryse Conde, Writer
Soyata Maiga, Special Rapporteur of the African Commission on Human and Peoples' Rights on the Rights of Women
Reine Alapini Gansou, Chairperson of the African Commission on Human and Peoples' Rights (ACHPR)
Yakin Erturk, Former UN Special Rapporteur on Violence against Women
Angela Melo
Pierre Sane

Wednesday 16 December 2009

African Union women and gender experts adopt key instruments

AU experts on Women and Gender Affairs will submit their recommendations to establish the African Union Women’s Trust Fund feasibility study, the African Union Commission Gender Action Plan, and the Roadmap for the African Women’s Decade: 2010-2020 to Ministers in charge of gender and women’s affairs on November 21st. In order to disseminate and monitor the implementation of the Action Plan the meeting proposed using faith-based groups, Imams, and the media to sensitize and transmit messages to women and the society at large.

African Union (AU) experts of Women and Gender Affairs ended their meeting which started on November 13 in Banjul, The Gambia by adopting the African Union Women’s Trust Fund feasibility study, the African Union Commission Gender Action Plan, and the Roadmap for the African Women’s Decade: 2010-2020. www.africa-union.org/root/au/index/index.htm

Monday 14 December 2009

16 days of activism against gender violence 2009

VERSION FRANÇAISE

SWAAdec2009

The 16 Days of Activism Against Gender Violence is an international campaign. The dates, from November 25, International Day Against Violence Against Women until December 10, International Human Rights Day, were chosen in order to emphasize that acts of violence against women are violations of women's fundamental human rights. The 16 Days Campaign has been used as a mobilization opportunity by individuals and groups around the world to call for the elimination of all forms of violence against women.

SWAAdec20092 On this occasion, our focal point in Senegal, SWAA ( Society for Women and Aids in Africa ), was selected for the UNIFEM ( United Nations Development Fund for Women ) project, to organize a film projection on violence against women and girls at Keur Massar, followed by consultations proposed by Mrs Coumba Fary Diouf, active member of SWAA and director of the film, at which she answered questions from the public.

The event underlined that gender violence is one of the most widespread violations of the fundamental human rights of women.

16 jours d'activisme contre la violence de genre 2009

ENGLISH VERSION

SWAAdec2009

Du 25 novembre (Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes) au 10 décembre (Journée internationale des droits de l’Homme), les acteurs engagés dans la défense des droits de l'Homme et des droits des femmes se sont mobilisés dans une campagne de 16 jours afin de dénoncer toutes les formes de violence liée au genre.

En cette occasion, notre point focal au Sénégal, le SWAA ( Society for Women and Aids in Africa ), a été sélectionné par l'UNIFEM ( Fond de développement des Nations Unies pour la Femme ) pour organiser une projection de films à Keur Massar, sur le thème de la violence faite aux femmes et aux jeunes filles, à laquelle ont assisté des femmes et aussi des hommes.


SWAAdec20092 Suite à cette projection, Mme Coumba Fary Diouf, membre du SWAA à l'origine du film, a pu dispenser des consultations de sensibilisation, afin de répondre aux nombreuses interrogations des personnes présentes.

Ce regroupement a marqué une mobilisation et une réflexion importante, sachant que la violence fondée sur le genre est l’une des plus graves et des plus répandues violations des droits fondamentaux des femmes.

Thursday 10 December 2009

International Human Rights Day: Firm Political Will Required to End Violence Against Women

VERSION FRANÇAISE

The Coalition of the Campaign “Africa for Women's Rights Ratify and Respect” demands immediate action from governments

10 December 2010, Nairobi, Paris - On International Human Rights Day, as NGO's across Africa conclude their actions marking 16 days of activism against gender violence, the Coalition of the Campaign “Africa for Women's Rights Ratify and Respect” calls upon all African governments to take urgent measures to eliminate violence against women.

Africa is the continent that records the highest levels of violence perpetrated against women. Patriarchy, sexism and misogyny are widespread across the 53 countries. Harmful traditional practices, insufficient legal protection and extensive impunity for acts of violence perpetuate violations of women's rights. In periods of conflict or political unrest, crimes of sexual violence continue to be committed on a massive scale.

From November 25th (International Day on Violence Against Women) until 10th December (International Human Rights Day), NGO's have been intensively campaigning for an end to such atrocities. The Coalition of the Campaign “Africa for Womens Rights Ratify and Respect” lends its support to the theme for this year's mobilisation: Commit ▪ Act ▪ Demand: We CAN End Violence Against Women! The Campaign emphasizes the need for all actors, starting with governments, to give full support to efforts to end sexual and gender based violence.

The Coalition of the Campaign issues specific recommendations to the governments of Burundi, Botswana, Democratic Republic of Congo (DRC), Togo and Mali, which have been a particular focus of the Campaign in 2009, and where sexual and domestic violence remain highly prevalent.

In Burundi, perpetrators of sexual and domestic violence benefit from widespread impunity. There is no specific law prohibiting domestic violence. Extrajudicial settlement of cases of rape favours practices such as marriage between the rapist and the victim. Amongst the root causes of persistent violence, are profoundly discriminatory laws, in particular provisions of the Code of the Person and the Family and the Penal Code, as well as the continued application of customary law.

The Coalition of the Campaign calls on the government of Burundi to:

  • abolish or reform discriminatory laws including provisions of the Code of the Person and the Family and the Penal Code and customary laws;
  • enact legislation criminalizing domestic violence;
  • adopt a comprehensive strategy to combat all forms of violence against women; and
  • ratify the Protocol to the African Charter on the Rights of Women in Africa.

In Botswana, customary law, which profoundly discriminates against women, is applied alongside common law. While Botswana has adopted legislation criminalising violence against women (Domestic Violence Act 2008), under customary law men are perceived to have the right to “chastise” their wives. Furthermore, the Domestic Violence Act contains significant gaps. For example, it does not penalise marital rape.

The Coalition of the Campaign therefore calls on the government of Botswana to:

  • abolish or reform discriminatory laws including customary laws and ensure that common law is superior to customary law;
  • enact legislative provisions criminalizing marital rape; and
  • adopt a comprehensive strategy to combat all forms of violence against women.

In Democratic Republic of Congo, crimes of sexual violence continue to be committed on a massive scale, both in areas of ongoing conflict and areas of relative stability. Two laws on sexual violence adopted in 2006 have so far been ineffectively implemented and perpetrators continue to enjoy impunity. Harmful traditional practices such as dowry, levirate, polygamy, forced and early marriage, female genital mutilation and domestic violence, remain widespread.

The Coalition of the Campaign calls on the Democratic Republic of Congo to implement the recent recommendations on combating violence against women issued by the United Nations Committee on Economic, Social and Cultural Rights (November 2009). In particular, it urges the government to:

  • accelerate the adoption of the law on gender equality and reform of discriminatory provisions within the Family Code;
  • enact legislation prohibiting harmful traditional practices;
  • raise the minimum age of marriage for girls to 18 years;
  • implement the comprehensive strategy against sexual violence endorsed by the Government in April 2009; and
  • ensure provision of compensation, psychological support and health care to survivors of sexual violence.

In Mali, discriminatory laws, in particular in the area of the family, place women in a situation of extreme vulnerability. Harmful traditional practices persist including female genital mutilation, forced and early marriage and levirate. Following ten years of drafting, reforms to the Family Code were passed by parliament in August 2009 but, following widespread protests by ultra-conservative groups, the President sent the law back to Parliament for a second reading.

The Coalition of the Campaign therefore calls on the government of Mali to:

  • ensure that the proposed reforms of the Family Code, are adopted, in full, without further delay;
  • criminalise female genital mutilation and marital rape;
  • adopt the Protocol to the African Charter on the Rights of Women in Africa.

In Togo, discriminatory customs and traditions, including forced and early marriage, female genital mutilation, ritual bondage, levirate and repudiation are widespread. Patriarchal attitudes persist that consider the physical chastisement of family members, including women, acceptable. Proposed reforms to the Personal and Family Code, which would amend some of the discriminatory provisions, have been stalled.

The Coalition of the Campaign therefore calls on the government of Togo to:

  • reform all discriminatory legislation including the Personal and Family Code
  • enact legislation on domestic violence, including marital rape, and on all forms of sexual abuse, including sexual harassment
  • introduce immediate measures to modify and/or eliminate customs and cultural practices that discriminate against women
  • ratify the Optional Protocol to the Convention on the Elimination of All Forms of Discrimination Against Women.

“As we mark International Human Rights Day, we remind all governments of the fundamental rights of women to be protected from all forms of violence. It is abhorrent that women continue to suffer such atrocities, and on a daily basis, whilst governments fail to act”, stated Souhayr Belhassen, FIDH President. “Eliminating violence against women is a question, first and foremost, of political will”, she concluded.

Journée internationale des droits de l'Homme : Une volonté politique ferme est nécessaire pour mettre fin aux violences contre les femmes

ENGLISH VERSION

La coalition de la campagne « L’Afrique pour les droits des femmes : Ratifier et Respecter » demande des mesures immédiates aux gouvernements

10 Décembre 2010, Nairobi, Paris – À l’occasion de la Journée internationale des droits de l’Homme, et alors que les ONG à travers l’Afrique concluent leurs actions marquant les 16 jours d’activisme contre les violences à l’égard des femmes, la Coalition de la Campagne « L’Afrique pour les droits des femmes : Ratifier et Respecter » appelle tous gouvernements africains à prendre des mesures urgentes pour éliminer les violences contre les femmes.

L’Afrique est le continent qui enregistre les niveaux les plus élevés de violences commises contre les femmes. Des pratiques traditionnelles néfastes, une protection juridique insuffisante et une impunité généralisée perpétuent les violences à l’égard des femmes. En période de conflit ou d’instabilité politique, les crimes sexuels continuent d’êtres commis à grande échelle.

Du 25 novembre (Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes) au 10 décembre (Journée internationale des droits de l’Homme), les ONG ont fait activement campagne pour mettre fin à de telles atrocités. La Coalition de la Campagne « L’Afrique pour les droits des femmes : Ratifier et Respecter » prête son soutien au thème de mobilisation de cette année : S’engager – Agir – Demander : Nous POUVONS mettre fin aux violences contre les femmes ! La Campagne souligne les besoins pour tous les acteurs, en commençant par les gouvernements, de donner leur entier soutien aux efforts entrepris pour mettre fin aux violences basées sur le genre et violences sexuelles.

La Coalition de la campagne a émis des recommandations spécifiques aux gouvernements du Burundi, du Botswana, de la République démocratique du Congo (RDC), du Togo et du Mali qui ont été l’objet d’une attention particulière lors de la Campagne de 2009.

Au Burundi, les auteurs de violences sexuelles et domestiques bénéficient d’une impunité généralisée. Il n’y a pas de loi spécifique pour réprimer les violences domestiques. Le règlement extrajudiciaire des cas de viols favorisent le mariage entre l’auteur du viol et la victime. Parmi les causes de ces violences persistantes se trouvent des lois profondément discriminatoires, et en particulier les dispositions du Code des personnes et de la famille ainsi que du Code pénal, de même que les coutumes locales.

La Coalition de la campagne demande donc au gouvernement du Burundi de :

  • d' abroger ou réformer les lois discriminatoires, notamment les dispositions du Code des personnes et de la Famille, du Code Pénal et des coutumes locales ;
  • de mettre en place une législation criminalisant les violences domestiques ;
  • d' adopter une stratégie compréhensive de lutte contre toutes les formes de violence contre les femmes ; et,
  • de ratifier le Protocole additionnel à la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples relatif aux droits des femmes

Au Botswana, le droit coutumier, qui contient de nombreuses dispositions particulièrement discriminatoires à l’égard des femmes, continue d’être appliqué à côté du droit commun. Selon le droit coutumier, par exemple, les hommes sont perçus en tant que détenteur d’un droit de « châtier » leur femmes.

La Coalition de la campagne demande donc au gouvernement du Botswana :

  • d' abroger ou réformer les lois discriminatoires de même que le droit coutumier et de s’assurer que le droit commun prévaut sur le droit coutumier ;
  • de criminaliser le viol conjugal et ;
  • d’adopter une stratégie compréhensive de lutte contre toutes les formes de violence contre les femmes.

En République démocratique du Congo, les crimes de violence sexuelle continuent d’être commis sur une large échelle, aussi bien dans les zones de conflits que dans les zones de relative stabilité. Les deux lois sur les violences sexuelles adoptées en 2006 ont été jusque là mise en place de manière inefficace et les auteurs de violence continuent de bénéficier de l’impunité. Les pratiques traditionelles néfastes telles que la dot, le lévirat, la polygamie, les mariages forcés ou précoces, les mutilations génitales féminines et les violences domestiques restent étendues.

La Coalition de la campagne demande à la République Démocratique du Congo de mettre en place les récentes recommandations sur la lutte contre les violences contre les femmes émises par le Comité sur les Droits Economiques, Sociaux et Culturels (Novembre 2009). En particulier, elle enjoint le gouvernement à :

  • accélérer l’adoption de la loi sur l’égalité des sexes et réformer les dispositions discriminatoires du Code de la Famille ;
  • mettre en place une législation qui interdit les pratiques traditionelles néfastes ;
  • élever l’âge minimum du mariage pour les filles à 18 ans ;
  • mettre en place la stratégie compréhensive de lutte contre les violences sexuelles adoptée par le gouvernement en Avril 2009 ; et
  • s’assurer de l’existence de réparation, de soutien psychologique et de soins médicaux pour les victimes de violence sexuelles.

Au Mali, les lois discriminatoires en particulier dans le domaine de la famille, mettent les femmes dans une situation de vulnérabilité extrême. Les pratiques traditionelles néfastes persistent, notamment les mutilations génitales féminines, les mariages forcés ou précoces et le lévirat. Après dix années de travail, la réforme du Code de la Famille a été adoptée par le Parlement en Août 2009 mais, suite à des protestations massives de la part de groupes ultraconservateurs, le Président a renvoyé la loi devant le Parlement pour une seconde lecture.

La Coalition de la campagne demande donc au gouvernement du Mali :

  • de s’assurer que la réforme proposée du Code de la Famille soit adoptée pleinement et sans délais ;
  • de criminaliser les mutilations génitales féminines et le viol entre époux ;
  • de ratifier le Protocole additionnel à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits des femmes.

Au Togo, les coutumes ou pratiques discriminatoires, notamment le mariage forcé ou précoce, les mutilations génitales féminines, le servage rituel, le lévirat et la répudiation sont étendues. Les attitudes patriarcales persistent et considèrent comme acceptable le châtiment des membres de la famille, notamment des femmes. Les réformes proposées du Code des Personnes et de la Famille qui auraient amendé certaines des dispositions discriminatoires ont été bloquées.

La Coalition de la campagne demande donc au gouvernement du Togo :

  • de réformer toutes les dispositions législatives discriminatoires notamment celles du code des Personnes et de la Famille
  • d' adopter des lois sur les violences domestiques, notamment le viol entre époux et sur toutes les formes d’abus sexuels, en particulier le harcèlement sexuel ;
  • d’ introduire immédiatement des mesures pour modifier et/ou éliminer les coutumes ou pratiques culturelles discriminatoires à l’encontre des femmes ;
  • de ratifier le Protocole additionnel à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits des femmes.

« Alors que nous célébrons la Journée internationale des droits de l’Homme, nous rappelons aux gouvernements le droit fondamental des femmes à être protégées contre toutes les formes de violence. Il est intolérable que les femmes soient encore victimes de telles atrocités, et ce de façon quotidienne, pendant que les gouvernements n’agissent pas », a souligné Souhayr Belhassen, Présidente de la FIDH. « Eliminer les violences contre les femmes avant tout une question de volonté politique » a-t-elle conclu.

Wednesday 25 November 2009

Journée internationale contre les violences à l'égard des femmes : Les crimes sexuels perpétrés dans le cadre des conflits armés de l’est de la RDC ne doivent pas rester impunis

La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et ses trois organisations membres en République démocratique du Congo (RDC), l’Association africaine des droits de l’Homme (ASADHO), le Groupe Lotus et la Ligue des électeurs, se félicitent de l’ouverture, aujourd’hui à La Haye, du deuxième procès de la Cour pénale internationale (CPI), qui, pour la première fois depuis sa création, poursuit les responsables présumés de crimes sexuels perpétrés dans le cadre d’un conflit armé.

Germain Katanga, commandant présumé des Forces de résistance patriotique en Ituri (FRPI), et Mathieu Ngudjolo, ancien dirigeant présumé du Front des nationalistes et intégrationnistes (FNI), sont accusés d’avoir planifié et orchestré des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité en Ituri, RDC, lors de l’attaque lancée contre le village de Bogoro, en février 2003. Les troupes sous leur commandement auraient perpétré, entre autres, des actes de viol à l’encontre de la population civile. Des femmes auraient également été soumises à l’esclavage sexuel.

« L’ouverture de ce procès est un signal fort à tous ceux qui ordonnent ou pratiquent des violences sexuelles pour faire la guerre, en particulier dans l’Est de la RDC où tous les belligérants utilisent encore les viols comme arme de guerre », a déclaré Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH.

La FIDH et ses organisations membres en RDC rappellent que les Etats ont l’obligation première de poursuivre les crimes

Sunday 11 October 2009

هل رفع المغرب تحفظاته على اتفاقية سيداو؟ خطاب الخارج وخطاب الداخل

VERSION FRANÇAISE

منذ الرسالة الملكية، المؤرخة بعاشر ديسمبر 2008 ، بمناسبة الذكرى الستين للإعلان العالمي لحقوق الإنسان، والتي تم الإعلان فيها عن " رفع الدولة المغربية لتحفظاتها على اتفاقية القضاء على جميع أشكال التمييز ضد المرأة" (سيداو)، ونحن نتوصل من شخصيات ومنظمات عدة، برسائل التهاني على الخطوة النوعية الجديدة لبلادنا نحو تكريس مبدأ المساواة. لكن، وكلما أردنا الجواب على تلك الرسائل، أو طلب منا في تظاهرات إقليمية أو دولية أن نتحدث عن التجربة المغربية في مجال رفع التحفظات، إلا وتجددت حيرتنا. فإلى اليوم، وبعد مرور عشرة شهور بالضبط، لم يعلن بعد، وبشكل رسمي، على التدابير والإجراءات العملية التي اتخذتها الحكومة المغربية بشأن تفعيل ذلك الإعلان .

كل الذين أتيحت لهم فرصة الاستماع لتصريحات المسؤولين المغاربة في المحافل الدولية، من جنيف الى نيويورك، أو أي محافل أخرى في العالم، يقفون، انطلاقا من خطابات هؤلاء، على إرادة المغرب الحقيقية للإيفاء بالالتزامات التي أعلن عنها مرارا، وعلى استجابته أخيرا لتوصيات لجنة سيداو، المتكررة منذ أن أصبح دولة طرف في الاتفاقية سنة 1993، وذلك برفع التحفظات... كل التحفظات.

أما أولائك الذين يتقصون الأمر في الداخل، باستفسار الجهات المعنية عن مصير التحفظات، فإن ما يستشف من ردود الأفعال، يقول أن المغرب قد اكتفى في الواقع، بإعداد وثائق رفع بتلك التحفظات الجزئية التي صرح بها سنة 2006، عندما قدم ترشيحه لعضوية مجلس حقوق الإنسان، مبقيا على جوهرها المتمثل في المواد 2 و15 و 16 ، أو على أحسن تقدير، تغيير التحفظات بإعلانات تفسيرية.

بالمناسبة، وعلى هامش اليوم الوطني للنساء المغربيات، الذي يصادف هذه السنة، الذكرى الثلاثين لاتفاقية سيداو، وفي سياق الحملة الوطنية والاقليمة " المساواة دون تحفظ"، يحق لنا أن نتسائل كي نرد على المهنئين والمهنئات:

- هل نأخذ بخطاب الخارج الذي يوحي بالتزام غير منقوص بمقتضيات الاتفاقية ؟ - أم نكتفي، بما يوحي به خطاب الداخل، من تعامل انتقائي مع تلك المقتضيات.. و بخيبة الأمل؟

الجمعية الديمقراطية لنساء المغرب 10 أكتوبر 2009

Le Maroc a-t-il levé les réserves sur la CEDAW ? Les ambiguïtés d’un double discours

Association Démocratique des Femmes du Maroc

Communiqué de presse

VERSION ARABE

Depuis le message royal du 10 décembre 2008 à l’occasion du 60ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme qui annonçait la levée par le Maroc, état partie à la CEDAW depuis 1993, de ses réserves sur cette convention, nous n’avons pas cessé de recevoir des messages de félicitations de la part de personnalités et organisations nationales et internationales à propos de la nouvelle étape franchie par notre pays en matière de consécration du principe de l’égalité.

Mais à chaque fois que nous sommes sollicitées pour participer à une manifestation, parler de l’expérience marocaine ou pour répondre aux messages de félicitations, nous sommes confrontées à un dilemme. En effet, à ce jour, 10 mois après, aucune information officielle n’a filtré sur les mesures opérationnelles prises par le gouvernement marocain pour la mise en œuvre de cette déclaration.

Tous ceux et celles qui ont eu l’occasion d’écouter les discours des responsables marocains devant les instances internationales à Genève, à New-York ou ailleurs, sont rassurés quant à la volonté réelle du Maroc d’honorer les engagements pris et de répondre aux recommandations du comité CEDAW en matière de levée des réserves….. de toutes les réserves.

Quant à ceux qui suivent la situation de l’intérieur, les informations disponibles laissent croire que le Maroc s’est contenté en réalité de préparer les instruments d’une levée partielle sur les réserves, annoncée déjà en mars 2006 et à l’occasion de la candidature du Maroc au Conseil des droits de l’homme en 2007. Or, selon certaines sources autorisées, les réserves sur les dispositions qui ont directement trait au but et à l’objet de la CEDAW, à savoir les articles 2, 15 et 16 seront maintenues ou, au mieux, remplacées par des déclarations explicatives.

Ainsi, à l’occasion de la célébration de la journée des femmes marocaines qui coïncide cette année avec le 30ème anniversaire de la CEDAW et dans le cadre de la campagne nationale et régionale « Egalité sans réserve », nous sommes en droit de poser les questions suivantes afin d’être en mesure de répondre aux messages de félicitations:

- Faut-il prendre en considération le discours adressé à l’extérieur qui laisse supposer un engagement total de l’Etat marocain en matière de levée de toutes les réserves? - Ou alors, faut-il plutôt croire au discours dirigé vers l’intérieur qui renvoie, selon toute vraisemblance, à une levée limitée et sans réelle portée de certaines réserves ?

Association Démocratique des Femmes du Maroc ADFM Rue Ibn Mokla, n° 2 Quartier des Orangers. Rabat Tél : +212 537 70 60 81 / +212 537 73 71 65 Fax : +212 537 26 08 13 site web:www.adfm.ma Email: contact@adfm.ma ; association.adfm@menara.ma

Thursday 24 September 2009

Mali : Deuxième lecture du projet de Code de la famille et de la Personne

Lettre publique au Président de la République du Mali, M. Amadou Toumani Touré : La FIDH rappelle le Mali à ses obligations internationales concernant les droits des femmes

Monsieur le Président de la République,

La Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) a pris acte de votre décision, le 26 août 2009, de ne pas promulguer et de renvoyer en deuxième lecture devant l'Assemblée nationale le Code des personnes et de la famille.

Tout en sachant que votre décision est parfaitement conforme à la Constitution malienne, nous n'exprimons pas moins notre inquiétude au vu des circonstances qui ont conduit à cette décision: des manifestations des forces les plus conservatrices du pays, opposées à toute avancée pour les droits des femmes. L'adoption de ce code, le 3 août 2009 par l'Assemblée nationale, après dix longues années de réflexion et de concertation entre les acteurs de la société malienne, constituait une avancée notable pour le respect des droits des femmes maliennes.

En effet, son adoption permettrait d'incorporer dans la législation malienne certaines des dispositions contenues dans les textes internationaux et régionaux que le Mali s'est engagé à respecter, notamment la Convention des Nations unies sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes, ratifiée en 1985, le Protocole à la Charte africaine des droits de l'Homme et des peuples relatif aux droits des femmes, ratifié en 2005, ainsi que la Convention des Nations unies relative aux droits de l'enfant, ratifiée en 1990. A ce jour encore, les femmes maliennes ne jouissent pas des droits universels, énumérés dans ces instruments.

Nous espérons que le texte sera examiné par l'Assemblée nationale dans les plus brefs délais, et que sa relecture ne se traduira pas par une révision à la baisse. Ces réformes, en ce qu'elles tendent vers l'égalité entre les sexes, sont indispensables au respect des droits humains des femmes maliennes et honoreraient la République du Mali.

Nous avons confiance dans votre volonté de promouvoir les droits des femmes maliennes et comptons sur vous pour éviter tout recul en deuxième lecture de la loi adoptée en première lecture.

Nous vous prions d'agréer, Monsieur le Président de la République, l'expression de notre haute considération.

Souhayr Belhassen
Présidente de la FIDH

Thursday 3 September 2009

5 Questions to Matrine Chuulu from WLSA

5 questions to Matrine Chuulu - regional Coordinator of Women and Law in Southern Africa (WLSA), based in Zambia

What are the obstacles which you meet as a woman in your fight for women's rights?

There are many violations of women's rights here in Southern Africa and the struggle is very hard. At times, you even feel your life is threatened, especially when you work on cases that are linked to the government. This is very stressful and sometimes you feel like dropping everything. But we cannot give up. We have made some progress: there are more and more institutions and laws to protect women. But there is still a very- long way to go in terms of enforcement.

Why are you engaged in the campaign " Africa for women's rights – Ratify and respect! "?

We chose to get involved in the Campaign because we are the people that are on the ground. We experience women's rights violations in our every day life. We have all these instruments on women's rights but they are not implemented, so something needs to be done. This campaign will enable us to have more impact to get these instruments enforced.

What do you think are the priorities in Southern Africa to improve respect for women's rights? What key demands would you make to the President of Zambia (Rupiah Banda), as regional Coordinator of WLSA, and as a woman?

One of our main priorities is to stop violence against women. We are particularly preoccupied with the issue of human trafficking. We are currently leading a campaign to raise people's awareness about this problem, because we anticipate that things will get worse during the World Cup next year. We want to protect women and children from sexual exploitation during this period. We have made preliminary investigations and we know that women have already been taken from Zimbabwe to South Africa to work in the sex industry, as prostitutes. We also know that lodges and hotels are advertising women to their clients who are planning to come for the World Cup. We also work to prevent violations of women's economic rights, to make sure that they have the necessary resources to provide for themselves. If I met our President, I would ask him to increase efforts to empower women economically, so that they are able to support themselves. Currently, women are forced to depend on their husbands and when they are abused they have no escape. I would also call for more centres to be built to provide refuge for women victims of violence and increased efforts to ensure women's access to justice.

If you could change a one thing (a law, a policy, a practice) for the women in Zambia, what would it be?

We would like Zambia to pass a law on domestic violence. We are pushing for that right now. We also need to put an end to negative customary laws, in order to stop violations such as early marriage and genital mutilation.

See the Red Light 2010 Campaign website against human trafficking exploitation and abuse of women and children in Southern Africa.

Tuesday 1 September 2009

Call for EU Support in the Trial of Lubna Ahmed Al Hussein

Open Letter from the Women Human Rights Defenders International Coalition
to the Ambassador of Sweden

PDF VERSION

1 September 2009

Your Excellency,

We are writing to you as members of the Women Human Rights Defenders International Coalition to urge the EU Mission in Sudan to continue its support for the trial of Ms. Lubna Ahmed Al Hussein who was arrested along with twelve other girls and women at the Um Kulthoum restaurant in the Riyadh area, east of Khartoum, on 3 July and later, sentenced to a public flogging and a fine under Article 152 of the Sudanese Penal Code of 1991.

We greatly welcome the attendance by representatives of EU missions at the two hearings held to date. We would like to encourage continued EU intervention, particularly from your office in Sudan, on behalf of Ms. Hussein. Considering that she refused Presidential pardon and chose to stand trial even though she could have benefited from immunity from her UN staff position, Ms. Hussein is a defender of women’s rights entitled to all forms of assistance provided for under the EU Guidelines on Human Rights Defenders.

Ms. Hussein is not just a victim of discrimination against women, but a woman human rights defender asserting her rights. Ignoring real risks of being punished and stigmatized, Ms. Hussein is using the court to press for the repeal of gender discriminatory laws such as imposed dress codes on women. She is tackling a manifestation of discrimination that is too rarely questioned effectively, yet affecting the lives of women in Sudan everyday. The presence by many women who attended the recent hearings of Ms. Hussein, many of whom wore trousers in solidarity with her and in opposition to the law, signify that this case is a broader struggle of the Sudanese women to challenge oppressive laws in their country.

As a Coalition, we join Ms. Hussein and many other Sudanese activists in demanding that the Sudanese government repeal Article 152 because it is in violation of fundamental human rights as enshrined in international law, as well as in breach of the Bill of Rights in the Sudanese Interim Constitution 2005. We also call for a halt to the court proceedings under Article 58 of the Sudanese Criminal Proceeding Act that gives the Minister of Justice the authority to stop the trial.

We expect that EU Missions will be able to show their support at Ms. Hussein’s next scheduled hearing on 7 September. This will be important to ensure impartial judicial proceedings and to acknowledge that Ms. Hussein’s confrontation of the discriminatory provisions in the legal system is a legitimate exercise of her human rights. The presence of EU member states could also prevent any attempts to further curtail the rights of those arrested or involved in this case.

The recently updated version of the EU Guidelines on Human Rights Defenders maintained that EU Missions should also look into “violations against women human rights defenders and the political, legal, economic and social contexts enabling the persistence of such abuse”. Therefore, we would greatly encourage EU Mission staff in Sudan to maintain contact and ensure support and protection for women human rights defenders, particularly those working on marginalised or ‘unpopular’ issues. Other concrete suggestions are provided in the attached Gender-Specific Recommendations for EU Guidelines on Human Rights Defenders drafted by the members of the Coalition.

As lead representative of the European Union in Sudan, we expect your leadership in sustaining the support of the EU Mission to Ms. Hussein and all other women and human rights defenders in the country.

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