Le pape Benoît XVI, qui a entamé, mardi 17 mars, au Cameroun, son premier voyage en Afrique, a d'emblée abordé le grave problème du sida qui frappe durement ce continent, en campant sur la position de l'Eglise catholique contre l'usage du préservatif.

Dans l'avion qui le conduisait à Yaoundé, capitale du pays, il a estimé que l'on ne pouvait "pas régler le problème du sida avec la distribution de préservatifs". "Au contraire (leur) utilisation aggrave le problème", a-t-il ajouté.

Cette phrase anticipe le sens de son voyage et gèle, dès le départ, tout espoir de changement de la position officielle de l'Eglise sur le sujet. Elle confirme ainsi une condamnation de sa part des moyens contraceptifs qui dure depuis des décennies, qui a soulevé des doutes et des critiques à l'intérieur même du monde catholique et qui continue à orienter l'action des missionnaires catholiques en les opposant au travail des organisations humanitaires internationales, qui insistent sur la nécessité de combattre le sida avec les préservatifs, mais pas seulement.

Si le pape a certainement raison lorsqu'il dit que l'épidémie "ne peut se vaincre avec la distribution de préservatifs" et qu'il demande des soins gratuits pour les malades du sida, ses propos sont discutables lorsqu'il ajoute que "les préservatifs aggravent même les problèmes". N'est-il pas vrai qu'il protège les femmes et peut empêcher la transmission du virus du sida ? Alors, pourquoi s'obstiner à en interdire l'usage ? Pourquoi ne pas dispenser une éducation à la sexualité qui, entre les mains des puissants réseaux de missionnaires catholiques, aurait des incidences rapides et profondes ?

L'Afrique est la région la plus durement touchée par le VIH et représente 67 % du total des personnes vivant avec le virus et 72 % des décès dus au sida en 2007. Parmi les jeunes Africains, le pourcentage de personnes contaminées tend à être nettement plus élevé chez les femmes que chez les hommes : 60 % des adultes de plus de 15 ans qui vivent avec le VIH sont des femmes. Dans le monde, le nombre d'enfants de moins de 15 ans porteurs du virus est passé de 1,6 million en 2001 à 2 millions en 2007. Près de 90 % d'entre eux vivent en Afrique subsaharienne. (Source: Le Figaro 20/03/09).

De plus, au début du mois de mars, la dureté atroce et inhumaine de l'excommunication par l'Eglise de la mère d'une petite fille brésilienne de 9 ans qui avait été violée par son beau-père, ainsi que des médecins qui lui ont sauvé la vie en la faisant avorter, avait suscité de vives réactions dans le monde entier, jusqu'au Vatican. Le violeur n'avait par contre pas été excommunié car "le viol est moins grave que l'avortement" avait expliqué Le cardinal Giovanni Battista Re, préfet de la congrégation pour les évêques.

Sources: Le monde 17.03.09 Lire l'article - Courrier international, 18.03.09: Adriano Prosperi, La Repubblica Lire l'article - Le Nouvel Observateur 9.03.09 Lire l'article