Africa for Women's Rights | L'afrique pour les droits des femmes

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Friday 5 March 2010

Cahier d'exigences : Togo

Ratifier ! Si le Togo a ratifié la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW) en 1983 et le Protocole à la Charte Africaine des droits de l’Homme et des peuples relatif aux droits des femmes en Afrique (Protocole de Maputo) en 2005, l’Etat n’a toujours pas ratifié le Protocole facultatif à la CEDAW.
Respecter ! La Coalition de la campagne est particulièrement préoccupée par : la persistance de dispositions législatives discriminatoires ; les pratiques traditionnel- les néfastes, telles que les mariages précoces et forcés et les mutilations génitales féminines ; les violations des droits à l’héritage et à la propriété ; l’accès limité des femmes à l’éducation et au marché du travail ; les carences des services de santé.

QUELQUES AVANCÉES...
La Coalition de la Campagne reconnaît quelques développements positifs relatifs aux droits des femmes au Togo au cours des dernières années, tels que :

  • La ratification du Protocole de Maputo le 26 octobre 2005 ;
  • L’adoption en 2007 d’une loi sur la santé de la reproduction qui prohibe, notamment, le viol, les MGF, les mariages et grossesses précoces et forcés, l’exploitation et le harcèlement sexuels ;
  • L ’adoption, dans les domaines de l’éducation et de l’emploi, de mesures temporaires spéciales, telles que la baisse des frais de scolarité pour les filles et l’institution de quotas d’entrée pour les femmes dans des secteurs traditionnellement réservés aux hommes, comme la police, le service des eaux et forêts et l’armée ;
  • L’adoption en 2009 d’une loi créant une aide juridictionnelle.


MAIS LES DISCRIMINATIONS ET LES VIOLENCES PERSISTENT

Dans la Loi
Plusieurs dispositions du Code des personnes et de la famille adopté en 1980, concernant notamment :

La polygamie (art. 42): elle est reconnue et autorisée en cas de stérilité définitive de la femme médicalement constatée (art 51), même si le régime de monogamie a été choisi par les époux.
L’âge légal du mariage (art. 43) : l’âge minimum du mariage pour les hommes est fixé à 20 ans et à 17 ans pour les femmes. Les mariages précoces sont donc autorisés par la loi, d’autant plus que “le président du tribunal ou le juge de section peut accorder des dispenses d’âge pour des motifs graves”.
Le délai de viduité (art. 53) : fixé à 300 jours pour la femme à compter de la dissolution du précédent mariage.
Le lévirat (art. 54) : implicitement autorisé par l’article 54 en cas de décès du mari, en ne prohibant cette pratique que lorsque “l’alliance a été dissoute par le divorce”.
L’autorité parentale (art. 101) : “le mari est le chef de famille”. En tant que tel, c’est lui qui choisit le lieu de résidence de la famille (art. 104) et il peut s’opposer à ce que sa femme exerce une profession séparée de la sienne (art. 109).
L’héritage : si la loi nationale est égalitaire (art. 402), l’article 391 prévoit qu’elle ne s’applique qu’à ceux qui auront déclaré renoncer au statut coutumier en matière de successions. Il existe donc une présomption en faveur du droit coutumier qui n’est pas le même pour tous, et est souvent discriminatoire à l’égard des femmes.

Dans la pratique
Certaines normes, coutumes et traditions culturelles préjudiciables aux femmes demeurent fortement enracinées, telles que le mariage forcé ou précoce, la pratique des MGF, la servitude rituelle, le lévirat et la répudiation.

• Discriminations dans la famille
L’âge légal du mariage est souvent ignoré et les mariages coutumiés précoces et parfois forcés, coutumiers sont fréquents. En 2004, on estimait à 20 % le pourcentage de filles entre 15 et 19 ans qui étaient mariées, divorcées ou veuves. Dans les zones où les mariages coutumiers sont majoritaires, notamment les zones rurales, ceux-ci se terminent souvent par la répudiation de la femme. Elle perd alors la garde de ses enfants, ainsi que tous ses biens et doit retourner vivre chez ses parents. Les rites de veuvage sont également très répandus au Togo et comportent tous des points communs comme une période d’isolement et de réclusion obliga- toire, des épreuves infligées, des cérémonies de purification souvent contraignantes, des rites d’intégration et le remariage de la veuve, généralement à un membre de la famille du défunt (lévirat).

• Violences
Les togolaises sont également victimes de violence familiale et de viol conjugal. Les lacunes en matière d’information des femmes quant aux lois et mécanismes existant pour les protéger, conjuguées à la perception extrêmement stigmatisante des victimes de viol, constituent des obstacles majeurs à la dénonciation par les femmes des violences dont elles sont victimes. Le harcèlement sexuel a été prohibé par un décret présidentiel mais demeure très important dans le monde du travail. Une mission d’enquête internationale des Nations Unies mandatée pour établir la qualification et la responsabilité pour les violations commises en 2005 à l’occasion de l’élection présidentielle de mai 2005, a constaté que des tortures, viols et autres sévices sexuels avaient été perpétrés contre des femmes togolaises. Malgré l’adoption en 1998 et 2007 de lois prohibant les MGF, ces pratiques ont tou- jours largement cours, puisqu’elle touchent toujours 12 % des filles au Togo selon les statistiques de 2006. Si l’excision est pratiquée principalement dans le Nord du pays, c’est dans la région Centrale que le pourcentage de femmes excisées est plus fort (33,4 %) suivie par la région des Savanes (23,1 %), et celles de Kara (14,1 %), des Plateaux (10,6 %) et Maritime (1,4 %).

• Obstacles à l’accès à l’éducation
Le taux d’analphabétisme est extrêmement élevé chez les femmes (60,5 % en zones rurales et 27,6 % en milieu urbain en 1998). Par ailleurs, si 72% des filles sont scolarisées dans le primaire, elles ne sont plus que 14% dans le secondaire (2003- 2008) correspondant à un taux d’abandon scolaire record dont une des causes est le nombre important de grossesses et de mariages précoces. En cela, la circulaire n° 8478/MEN-RS interdisant aux élèves enceintes la fréquentation des établissements scolaires a un effet catastrophique.

• Obstacles à l’accès à la santé
L’accès à des soins de santé adéquats notamment pré et post-natals est déficient au Togo particulièrement dans les zones rurales. Le taux de mortalité maternelle est alarmant (480 pour 100 000) témoignant de la conjugaison désastreuse de l’ab- sence de services obstétriques et des conséquences d’avortements provoqués et de grossesses précoces non suivies. L’éducation sexuelle est inexistante, tout comme l’emploi de contraceptifs et la planification familiale.

• Sous représentation dans la vie publique et politique
Malgré les dispositions de l’Accord politique global (APG - août 2006), feuille de route du dialogue inter-togolais, aucune loi en faveur de quotas pour assurer la représen- tation des femmes en politique, n’a été adopté et le nombre de femmes occupant des postes de décision sur la scène politique ou dans la vie publique demeure faible. Lors des élections législatives (2007), à peine 10% (7 sièges) des 81 députés élus étaient des femmes. La seule mesure prise par le gouvernement pour augmenter la représen- tativité des femmes en politique a été de réduire la caution des femmes candidates aux élections législatives de 25%. Dans le domaine du travail, les femmes se heurtent à une forte discrimination, comme en attestent les procédures de recrutement, les inégalités salariales et la ségrégation dans l’emploi.

• Obstacles à l’accès à la justice
Pour les femmes togolaises, faire valoir ses droits est une procédure exceptionnelle, en raison du manque d’information sur les lois qui les protègent, du coût des procédures, mais également de la corruption du milieu judiciaire et de la crainte de la justice. Le manque de formation des personnels de police et de justice dans le traitement des problèmes spécifiques et leur manque de connaissance des règles applicables visant à protéger les droits des femmes accroissent le faible taux de résolution des affaires et dissuadent les victimes de recourir à la justice.


LA COALITION DE LA CAMPAGNE DEMANDE AUX AUTORITÉS DU TOGO DE :

  • Abroger ou réformer toutes les lois et législations discriminatoires en conformité avec la CEDAW et le Potocole de Maputo
  • Renforcer les lois et politiques pour lutte rcontre les violences à l’égard des femmes,et notamment : adopter une loi prohibant le viol conjugal, le harcèlement sexuel et toutes les formes d’abus sexuel ; y allouer des moyens financiers supplémentaires ; multiplier la création de centres d’écoute et mettre en place des programmes de sensibilisation.
  • Éliminer les obstacles à l’éducation des filles et des femmes, notamment : abroger la circulaire interdisant aux filles enceintes de fréquenter les établissements scolaires ; assurer aux filles un accès égal à tous les niveaux d’éducation, leur maintien dans le système éducatif notamment par l’octroi de bourses d’études ; et sensibiliser les populations à la nécessité de la scolarisation obligatoire des filles ; mettre en place des cours pour adultes destinés à réduire le fort taux d’analphabétisme féminin.
  • Favoriser l’accès à l’emploi pour les femmes et leur participation dans les sphères publiques et politiques, notamment : instaurer des quotas pour augmenter la présence des femmes dans la fonction publique, la magistrature, le corps diplomatique et à tous les postes de prise de décision ; et le nombre de femmes candidates présentées par les partis politiques aux élections législatives.
  • Assurer à toutes les femmes un accès à des soins de santé, y compris des services de soins obstétriques et de planification familiale, et notamment : mettre en place des campagnes de sensibilisation pour informer la population et assurer l’accès des femmes aux différents moyens de contraception, et les sensibiliser aux effets néfastes des grossesses précoces, en particulier dans les zones rurales ; adopter une nouvelle politique contre la propagation du VIH/Sida et assurer une meilleure prise en charge des personnes infectées, notamment les femmes.
  • Assurer l’accès des femmes à la justice et lutter contre l’impunité, notamment : poursuivre et condamner les auteurs d’actes de violence à l’égard des femmes ; réaliser des campagnes de sensibilisation et de formation pour améliorer le niveau d’information des femmes sur leurs droits, ainsi que du personnel de police, de santé, judiciaire.
  • Ratifier le Protocole facultatif à la CEDAW.
  • Mettre en œuvre toutes les recommandations émises par le Comité CEDAW en janvier 2006.


PRINCIPALES SOURCES

  • Points focaux au Togo : LTDH, WILDAF-Togo
  • Recommandations du comité CEDAW, février 2006
  • République togolaise, “Suivi de la déclaration d’engagement sur le VIH: Rapport sur les indicateurs de base”, 2008,
  • UNHCR, www.unhcr.org
  • UNICEF, www.unicef.org


LES POINTS FOCAUX DE LA CAMPAGNE AU TOGO

Ligue Togolaise des Droits de l’Homme (LTDH) La Ligue Togolaise des droits de l’Homme (LTDH) a été créée le 20 juillet 1990 à Lomé. Première organisation de promotion, de protection et de défense des droits de l’Homme au Togo, elle est représentée sur tout le territoire national par des sections locales. Elle compte aujourd’hui 4254 adhérents. www.ltdhtogo.com

WILDAF-Togo WILDAF-Togo fait partie du réseau panafricain de WILDAF. www.wildaf-ao.org

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Thursday 10 December 2009

International Human Rights Day: Firm Political Will Required to End Violence Against Women

VERSION FRANÇAISE

The Coalition of the Campaign “Africa for Women's Rights Ratify and Respect” demands immediate action from governments

10 December 2010, Nairobi, Paris - On International Human Rights Day, as NGO's across Africa conclude their actions marking 16 days of activism against gender violence, the Coalition of the Campaign “Africa for Women's Rights Ratify and Respect” calls upon all African governments to take urgent measures to eliminate violence against women.

Africa is the continent that records the highest levels of violence perpetrated against women. Patriarchy, sexism and misogyny are widespread across the 53 countries. Harmful traditional practices, insufficient legal protection and extensive impunity for acts of violence perpetuate violations of women's rights. In periods of conflict or political unrest, crimes of sexual violence continue to be committed on a massive scale.

From November 25th (International Day on Violence Against Women) until 10th December (International Human Rights Day), NGO's have been intensively campaigning for an end to such atrocities. The Coalition of the Campaign “Africa for Womens Rights Ratify and Respect” lends its support to the theme for this year's mobilisation: Commit ▪ Act ▪ Demand: We CAN End Violence Against Women! The Campaign emphasizes the need for all actors, starting with governments, to give full support to efforts to end sexual and gender based violence.

The Coalition of the Campaign issues specific recommendations to the governments of Burundi, Botswana, Democratic Republic of Congo (DRC), Togo and Mali, which have been a particular focus of the Campaign in 2009, and where sexual and domestic violence remain highly prevalent.

In Burundi, perpetrators of sexual and domestic violence benefit from widespread impunity. There is no specific law prohibiting domestic violence. Extrajudicial settlement of cases of rape favours practices such as marriage between the rapist and the victim. Amongst the root causes of persistent violence, are profoundly discriminatory laws, in particular provisions of the Code of the Person and the Family and the Penal Code, as well as the continued application of customary law.

The Coalition of the Campaign calls on the government of Burundi to:

  • abolish or reform discriminatory laws including provisions of the Code of the Person and the Family and the Penal Code and customary laws;
  • enact legislation criminalizing domestic violence;
  • adopt a comprehensive strategy to combat all forms of violence against women; and
  • ratify the Protocol to the African Charter on the Rights of Women in Africa.

In Botswana, customary law, which profoundly discriminates against women, is applied alongside common law. While Botswana has adopted legislation criminalising violence against women (Domestic Violence Act 2008), under customary law men are perceived to have the right to “chastise” their wives. Furthermore, the Domestic Violence Act contains significant gaps. For example, it does not penalise marital rape.

The Coalition of the Campaign therefore calls on the government of Botswana to:

  • abolish or reform discriminatory laws including customary laws and ensure that common law is superior to customary law;
  • enact legislative provisions criminalizing marital rape; and
  • adopt a comprehensive strategy to combat all forms of violence against women.

In Democratic Republic of Congo, crimes of sexual violence continue to be committed on a massive scale, both in areas of ongoing conflict and areas of relative stability. Two laws on sexual violence adopted in 2006 have so far been ineffectively implemented and perpetrators continue to enjoy impunity. Harmful traditional practices such as dowry, levirate, polygamy, forced and early marriage, female genital mutilation and domestic violence, remain widespread.

The Coalition of the Campaign calls on the Democratic Republic of Congo to implement the recent recommendations on combating violence against women issued by the United Nations Committee on Economic, Social and Cultural Rights (November 2009). In particular, it urges the government to:

  • accelerate the adoption of the law on gender equality and reform of discriminatory provisions within the Family Code;
  • enact legislation prohibiting harmful traditional practices;
  • raise the minimum age of marriage for girls to 18 years;
  • implement the comprehensive strategy against sexual violence endorsed by the Government in April 2009; and
  • ensure provision of compensation, psychological support and health care to survivors of sexual violence.

In Mali, discriminatory laws, in particular in the area of the family, place women in a situation of extreme vulnerability. Harmful traditional practices persist including female genital mutilation, forced and early marriage and levirate. Following ten years of drafting, reforms to the Family Code were passed by parliament in August 2009 but, following widespread protests by ultra-conservative groups, the President sent the law back to Parliament for a second reading.

The Coalition of the Campaign therefore calls on the government of Mali to:

  • ensure that the proposed reforms of the Family Code, are adopted, in full, without further delay;
  • criminalise female genital mutilation and marital rape;
  • adopt the Protocol to the African Charter on the Rights of Women in Africa.

In Togo, discriminatory customs and traditions, including forced and early marriage, female genital mutilation, ritual bondage, levirate and repudiation are widespread. Patriarchal attitudes persist that consider the physical chastisement of family members, including women, acceptable. Proposed reforms to the Personal and Family Code, which would amend some of the discriminatory provisions, have been stalled.

The Coalition of the Campaign therefore calls on the government of Togo to:

  • reform all discriminatory legislation including the Personal and Family Code
  • enact legislation on domestic violence, including marital rape, and on all forms of sexual abuse, including sexual harassment
  • introduce immediate measures to modify and/or eliminate customs and cultural practices that discriminate against women
  • ratify the Optional Protocol to the Convention on the Elimination of All Forms of Discrimination Against Women.

“As we mark International Human Rights Day, we remind all governments of the fundamental rights of women to be protected from all forms of violence. It is abhorrent that women continue to suffer such atrocities, and on a daily basis, whilst governments fail to act”, stated Souhayr Belhassen, FIDH President. “Eliminating violence against women is a question, first and foremost, of political will”, she concluded.

Journée internationale des droits de l'Homme : Une volonté politique ferme est nécessaire pour mettre fin aux violences contre les femmes

ENGLISH VERSION

La coalition de la campagne « L’Afrique pour les droits des femmes : Ratifier et Respecter » demande des mesures immédiates aux gouvernements

10 Décembre 2010, Nairobi, Paris – À l’occasion de la Journée internationale des droits de l’Homme, et alors que les ONG à travers l’Afrique concluent leurs actions marquant les 16 jours d’activisme contre les violences à l’égard des femmes, la Coalition de la Campagne « L’Afrique pour les droits des femmes : Ratifier et Respecter » appelle tous gouvernements africains à prendre des mesures urgentes pour éliminer les violences contre les femmes.

L’Afrique est le continent qui enregistre les niveaux les plus élevés de violences commises contre les femmes. Des pratiques traditionnelles néfastes, une protection juridique insuffisante et une impunité généralisée perpétuent les violences à l’égard des femmes. En période de conflit ou d’instabilité politique, les crimes sexuels continuent d’êtres commis à grande échelle.

Du 25 novembre (Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes) au 10 décembre (Journée internationale des droits de l’Homme), les ONG ont fait activement campagne pour mettre fin à de telles atrocités. La Coalition de la Campagne « L’Afrique pour les droits des femmes : Ratifier et Respecter » prête son soutien au thème de mobilisation de cette année : S’engager – Agir – Demander : Nous POUVONS mettre fin aux violences contre les femmes ! La Campagne souligne les besoins pour tous les acteurs, en commençant par les gouvernements, de donner leur entier soutien aux efforts entrepris pour mettre fin aux violences basées sur le genre et violences sexuelles.

La Coalition de la campagne a émis des recommandations spécifiques aux gouvernements du Burundi, du Botswana, de la République démocratique du Congo (RDC), du Togo et du Mali qui ont été l’objet d’une attention particulière lors de la Campagne de 2009.

Au Burundi, les auteurs de violences sexuelles et domestiques bénéficient d’une impunité généralisée. Il n’y a pas de loi spécifique pour réprimer les violences domestiques. Le règlement extrajudiciaire des cas de viols favorisent le mariage entre l’auteur du viol et la victime. Parmi les causes de ces violences persistantes se trouvent des lois profondément discriminatoires, et en particulier les dispositions du Code des personnes et de la famille ainsi que du Code pénal, de même que les coutumes locales.

La Coalition de la campagne demande donc au gouvernement du Burundi de :

  • d' abroger ou réformer les lois discriminatoires, notamment les dispositions du Code des personnes et de la Famille, du Code Pénal et des coutumes locales ;
  • de mettre en place une législation criminalisant les violences domestiques ;
  • d' adopter une stratégie compréhensive de lutte contre toutes les formes de violence contre les femmes ; et,
  • de ratifier le Protocole additionnel à la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples relatif aux droits des femmes

Au Botswana, le droit coutumier, qui contient de nombreuses dispositions particulièrement discriminatoires à l’égard des femmes, continue d’être appliqué à côté du droit commun. Selon le droit coutumier, par exemple, les hommes sont perçus en tant que détenteur d’un droit de « châtier » leur femmes.

La Coalition de la campagne demande donc au gouvernement du Botswana :

  • d' abroger ou réformer les lois discriminatoires de même que le droit coutumier et de s’assurer que le droit commun prévaut sur le droit coutumier ;
  • de criminaliser le viol conjugal et ;
  • d’adopter une stratégie compréhensive de lutte contre toutes les formes de violence contre les femmes.

En République démocratique du Congo, les crimes de violence sexuelle continuent d’être commis sur une large échelle, aussi bien dans les zones de conflits que dans les zones de relative stabilité. Les deux lois sur les violences sexuelles adoptées en 2006 ont été jusque là mise en place de manière inefficace et les auteurs de violence continuent de bénéficier de l’impunité. Les pratiques traditionelles néfastes telles que la dot, le lévirat, la polygamie, les mariages forcés ou précoces, les mutilations génitales féminines et les violences domestiques restent étendues.

La Coalition de la campagne demande à la République Démocratique du Congo de mettre en place les récentes recommandations sur la lutte contre les violences contre les femmes émises par le Comité sur les Droits Economiques, Sociaux et Culturels (Novembre 2009). En particulier, elle enjoint le gouvernement à :

  • accélérer l’adoption de la loi sur l’égalité des sexes et réformer les dispositions discriminatoires du Code de la Famille ;
  • mettre en place une législation qui interdit les pratiques traditionelles néfastes ;
  • élever l’âge minimum du mariage pour les filles à 18 ans ;
  • mettre en place la stratégie compréhensive de lutte contre les violences sexuelles adoptée par le gouvernement en Avril 2009 ; et
  • s’assurer de l’existence de réparation, de soutien psychologique et de soins médicaux pour les victimes de violence sexuelles.

Au Mali, les lois discriminatoires en particulier dans le domaine de la famille, mettent les femmes dans une situation de vulnérabilité extrême. Les pratiques traditionelles néfastes persistent, notamment les mutilations génitales féminines, les mariages forcés ou précoces et le lévirat. Après dix années de travail, la réforme du Code de la Famille a été adoptée par le Parlement en Août 2009 mais, suite à des protestations massives de la part de groupes ultraconservateurs, le Président a renvoyé la loi devant le Parlement pour une seconde lecture.

La Coalition de la campagne demande donc au gouvernement du Mali :

  • de s’assurer que la réforme proposée du Code de la Famille soit adoptée pleinement et sans délais ;
  • de criminaliser les mutilations génitales féminines et le viol entre époux ;
  • de ratifier le Protocole additionnel à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits des femmes.

Au Togo, les coutumes ou pratiques discriminatoires, notamment le mariage forcé ou précoce, les mutilations génitales féminines, le servage rituel, le lévirat et la répudiation sont étendues. Les attitudes patriarcales persistent et considèrent comme acceptable le châtiment des membres de la famille, notamment des femmes. Les réformes proposées du Code des Personnes et de la Famille qui auraient amendé certaines des dispositions discriminatoires ont été bloquées.

La Coalition de la campagne demande donc au gouvernement du Togo :

  • de réformer toutes les dispositions législatives discriminatoires notamment celles du code des Personnes et de la Famille
  • d' adopter des lois sur les violences domestiques, notamment le viol entre époux et sur toutes les formes d’abus sexuels, en particulier le harcèlement sexuel ;
  • d’ introduire immédiatement des mesures pour modifier et/ou éliminer les coutumes ou pratiques culturelles discriminatoires à l’encontre des femmes ;
  • de ratifier le Protocole additionnel à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits des femmes.

« Alors que nous célébrons la Journée internationale des droits de l’Homme, nous rappelons aux gouvernements le droit fondamental des femmes à être protégées contre toutes les formes de violence. Il est intolérable que les femmes soient encore victimes de telles atrocités, et ce de façon quotidienne, pendant que les gouvernements n’agissent pas », a souligné Souhayr Belhassen, Présidente de la FIDH. « Eliminer les violences contre les femmes avant tout une question de volonté politique » a-t-elle conclu.

Tuesday 17 March 2009

8 mars - Les ONG togolaises se mobilisent pour les droits des femmes

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Au Togo, les points focaux de la campagne (la Ligue togolaise des droits de l'homme et Wildaf-Togo) ont mis en place une caravane qui a silloné les artères de la ville de Lomé afin de porter à la connaissance du public le message de la campagne.

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Thursday 5 March 2009

Le Togo doit réformer son droit de la famille et condamner les violences envers les femmes et les pratiques traditionnelles néfastes

Au Togo, le droit de la famille demeure profondément discriminatoire. Malgré sa validation en 2007, l’avant projet de Code des personnes et de la famille n’a pas été adopté. Ce Code doit instituer l’égalité en matière de succession ainsi que la possibilité de divorce par consentement mutuel, supprimer la polygamie et donner aux femmes la possibilité de refuser de se soumettre aux rites de veuvage. Aujourd’hui 54% des femmes mariées au Togo sont dans une union polygame.

La campagne appelle les autorités togolaises à :

  • incorporer la Convention CEDAW au droit togolais et ratifier le Protocole à la CEDAW;
  • adopter une loi sur les violences envers les femmes, condamnant notamment les violences conjugales, le viol, y compris conjugal, le harcèlement sexuel et autres formes d’abus sexuels;
  • prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre un terme à certaines coutumes et traditions telles que le mariage forcé ou précoce, qui favorisent la déscolarisation des filles, les mutilations génitales féminines, la servitude rituelle ou la répudiation.