Africa for Women's Rights | L'afrique pour les droits des femmes

To content | To menu | To search

Tag - Mauritania

Entries feed - Comments feed

Wednesday 22 April 2009

Le lancement de la campagne en Mauritanie

Lors du lancement de la campagne le 8 mars 2009, l’Association Mauritanienne des Droits de l’Homme (AMDH) et l’Association des Femmes Chefs de Famille (AFCF), points focaux de la campagne en Mauritanie, ont organisé une conférence de presse dans les locaux de l’AFCF. Lors de cette activité qui a regroupé des journalistes et des représentants d’ONG mauritaniennes, l’accent a été mis sur l’importance de la levée de la réserve générale émise par la Mauritanie à la CEDAW.

Ouvrant la séance, Madame Aminetou Mint El Moctar, Présidente de l’Association des Femmes chefs de famille a rappelé le contexte dans lequel des femmes se sont battues pour obtenir la célébration de la fête des femmes. Elle a ensuite précisé que le 8 mars ne doit pas seulement être l’occasion de réjouissances pour les femmes, car de nombreux obstacles subsistent encore, empêchant la femme d’être considérée comme un être humain jouissant de l’ensemble des droits que lui confère le droit international. Beaucoup de contraintes d’ordre socio-culturel s’opposent à l’émancipation de la femme en général et des femmes africaines et musulmanes en particulier.

cpress_208_20mars_1_.JPG

De son coté, Madame Houleye Tall, représentante de l’Association Mauritanienne des Droits de l’Homme (AMDH) a insisté sur la nécessité d’impliquer davantage les leaders d’opinion dans cette campagne mondiale, à l’occasion du 8 mars, journée de bilan sur les droits des femmes. Elle a lancé un appel à la concertation et à la collaboration de tous et de toutes pour arriver à faire participer les femmes, qui représentent la majorité de la population, au développement du pays. Elle a estimé par ailleurs que des synergies doivent exister entre les différents acteurs intervenant dans le domaine des droits des femmes notamment l’Etat via ses différents démembrements, la presse, les ONG, les leaders religieux, etc...

Au cours des débats les participants ont insisté sur l’importance de cette campagne internationale pour la société civile, et sur le fait qu'elle doit constituer un cadre de concertation en vue créer une prise de conscience pour que les différents acteurs de la société civile nationale arrivent à établir une dynamique nationale, sous régionale, régionale et internationale afin d'agir pour : - la mise en œuvre effective des différents instruments nationaux, régionaux et internationaux qui protègent les droits de la femme, - la levée des réserves émises par certains Etats, comme la Mauritanie, à la CEDAW, - l’implication des autorités pour mettre en oeuvre les recommandations émises par le comité CEDAW.

Après ces interventions, l’Imam Ball a replacé le sujet dans le contexte de la religion musulmane en précisant certains points du point de vue de l’Islam qui préconise le respect de la femme en lui conférant des droits fondamentaux. Il a aussi mis l’accent sur certains éléments qui selon lui ne peuvent être modifiés et d’autres qui le peuvent.

De façon générale, les journalistes ont reconnu la nécessité d’inclure la presse indépendante dans cette campagne car elle joue un rôle important en matière de vulgarisation et de sensibilisation. Un débat animé et constructif a eu lieu entre les différents participants (avocats, représentants d'ONG...) et l’assemblée a promis de bien profiter de ces deux années pour apporter un changement positif. Au cours de la séance, la déclaration de campagne a été distribuée aux ONG et le dossier de presse remis aux journalistes.

banderole_1_.JPG

Toujours à l'occasion du 8 mars, l'AFCF a élaboré un programme d’activité s'étendant sur 13 jours avec le Centre Culturel Français (CCF), qu’elle a mit au profit de la campagne en diffusant le message de la campagne au public. Les deux Associations ont pris en charge la collecte des signatures et la distribution de la déclaration au plus grand nombre de participants.

Des propositions pratiques a été émises par les points focaux pour animer cette campagne et la rendre effective: - la création d’un comité de gestion de la campagne mauritanien, composé de membres des deux organisations points focaux. - la création d'un site web national de la campagne (en arabe) dès que les moyens matériels seront réunis.

Tuesday 31 March 2009

"L'Afrique pour les droits des femmes" sur RFI

Emission de RFI.fr

Chronique des droits de l'homme 14.03.09

  • Par Véronique Gaymard

Ecoutez le reportage : Campagne droits des femmes en Afrique - 03 min et 41 s

A l'occasion de la Journée internationale des femmes le 8 mars dernier, la Fédération internationale des droits de l'homme, aux côtés de plusieurs dizaines d'organisations présentes sur tout le continent africain, a lancé une campagne pour inciter les états africains qui ne l'ont pas encore fait à ratifier les instruments internationaux ou régionaux qui existent sur la protection des droits des femmes. Jusqu'à présent seuls quelques états de ce continent ont véritablement changé leurs lois nationales et trop peu d'entre eux les appliquent vraiment sur le terrain.

Assane Ndiaye, président de l’Organisation Nationale des Droits de l’Homme au Sénégal (ONDH) explique qu’il est d’usage de consacrer une seule journée aux droits des femmes, le 8 mars qui est une date internationale. Toutefois, sur le continent africain, après avoir constaté la persistance des inégalités de genre, les nombreuses réserves émises par les pays africains aux conventions internationales de protection des droits des femmes et l’absence de volonté réelle des gouvernements africains de mettre en œuvre ces conventions, l’ONDH a décidé, en collaboration avec la FIDH et d’autres organisations de femmes de faire une campagne d’une année (6 mois de sensibilisation et 6 mois de lobbying intensif) pour que les droits des femmes deviennent effectifs.

Selon Fatimata Mbaye, vice présidente de la FIDH et présidente de l’Association Mauritanienne des Droits de l’Homme (AMDH), même si la Mauritanie a ratifié la Convention des Nations Unies contre les discriminations à l’égard des femmes (CEDAW) et le Protocole à la Charte africaine sur les droits des femmes,ces instruments ne sont pas mis en oeuvre. Son travail quotidien est d’accompagner les femmes qui demandent la garde des enfants ou qui demandent le divorce car elles n’arrivent pas à supporter le système de la polygamie. Elle apporte aussi une assistance aux jeunes filles victimes de mariages précoces et de maternité précoce.

Concernant la pénalisation de l’excision imposée par le Protocole à la Charte africaine sur les droits des femmes, Assane Ndiaye explique que le Sénégal tente de montrer l’exemple. Le Sénégal a eu le courage politique de criminaliser l’excision, ce qui représente une réelle avancée. Dans les pays voisins, comme le Mali, la Guinée ou la Mauritanie, aucune mesure n'a été prise pour pénaliser cette pratique néfaste pour la santé des jeunes filles.

Cependant, tant que les femmes ne sont pas conscientes de leurs droits, elles ne peuvent pas les faire valoir. Dans les pays où des droits leur sont reconnus, il est donc important qu’elles en soient informées, ce qui est un des objectifs de la campagne.