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« Pas de démocratie sans égalité » : C'est le slogan lancé par les Tunisiennes pendant les manifestations. La démocratie avec une pleine égalité entre les femmes et les hommes constitue un enjeu fondamental pour les femmes dans les transitions en cours dans le monde arabe. Lors des soulèvements en Tunisie et en Égypte, elles étaient présentes dans les manifestations, sur les blogs et dans les réseaux sociaux ; des femmes manifestent également au Bahreïn, au Yémen, en Jordanie... Elles sont partout actives dans les associations de défense des droits des femmes.

« Il faut aujourd'hui être vigilant afin d'assurer la pleine participation des femmes dans les nouveaux paysages politiques », a souligné Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH. «Nous sommes très préoccupés par le fait qu'il n'y ait aucune femme dans le nouveau Comité constitutionnel créé en Égypte, après la chute de Moubarak».

Que revendiquent les femmes ? Ces révolutions sont-elles une chance pour elles ? Seront-elles entendues ? Les législations pourront-elles enfin avancer dans le sens d'une égalité pleine et entière ? Les réserves à la Convention sur l'élimination des discriminations à l'égard des femmes, seront-elles enfin levées ?

Autant de questions sur lesquelles la FIDH souhaite faire la lumière dans le dossier aujourd'hui, réalisé en collaboration avec Egalité (www.egalite-infos.fr).

Alors que les femmes avaient participé massivement aux luttes pour la décolonisation, par exemple en Algérie, elles ont été largement oubliées lors des indépendances. Il ne faut pas qu'elles le soient après les soulèvements actuels ! Partout dans le monde arabe, le combat des associations de défense des droits des femmes pour l'égalité est plus important que jamais : il y a là une opportunité unique à saisir pour faire avancer dans la région le respect de leurs droits. La FIDH donne la parole à des associations qui luttent depuis longtemps pour les droits des femmes en Tunisie, en Égypte, en Algérie, au Maroc, à Bahreïn, au Yémen, en Jordanie... Des articles seront publiés tout au long du mois de mars sur le site de la FIDH pour que ne soient pas oubliés les droits de la moitié de la population des pays arabes. Et parce que comme le dit Sophie Bessis, Secrétaire générale adjointe de la FIDH : « Une démocratie sans égalité des sexes serait une démocratie tronquée ».

Interview de Leila Hammarneh, Directrice de projets, Arab Women Organisation

Interview avec une militante des droits humains à Bahreïn : « Je crains une guerre civile ici, à Bahreïn »