Le Scorpion, 22/07/2009

Les activistes en chef de l’Union interafricaine des droits de l’homme (UIDH) ont mis à profit leur congrès extraordinaire tenu du 15 au 17 juillet à Bamako pour accabler violemment les princes autocrates. Me Brahima Koné, président de cette Union et de l’Association Malienne de Droits de l’Homme (AMDH), a rappelé que jusqu’à une date récente, la gouvernance était considérée comme un sujet tabou avec une coloration politique. « De nos jours, les militants des droits de l’Homme ont rompu avec cette tradition, estimant qu’ils ont le devoir de parler de ce qui est, de dire en toute sérénité ce qui doit être », a-t-il affirmé. Et d’ajouter : «Face au recul démocratique en Afrique, où les dirigeants sont imprégnés du soupçon de n’être là que par l’appât du gain, pour se servir et non pour répondre à l’intérêt général, nous devons aider les populations à donner une correction démocratique à tous ces vendeurs d’illusions qui pensent qu’on peut nourrir le peuple avec des discours et se maintenir au pouvoir par la force ».

Selon la présidente de la FIDH, Souhayr Belhassen, «nous devons relever deux défis majeurs pour aider à la reconstruction de l’Etat de droit et ainsi permettre le dialogue pour des avancées dans la promotion et la protection des droits de l’Homme ». Elle précise que le premier défi essentiel est la lutte contre l’impunité des crimes les plus graves aux fins de répondre au droit des victimes à la justice. S'agissant du second, non moins important, la défenseuse des droits de l’Homme prend fait et cause pour ces femmes africaines. Pour elle, celles-ci font l’objet de discriminions ancrées en droit et en fait. Ces couches vulnérables se voient refuser l’égalité des droits à l’héritage, à la propriété, à la tutelle et à la garde des enfants, et doivent se soumettre à l’autorité du mari. Elles ont un accès restreint et inégalitaire à l’éducation, aux soins, aux affaires publiques et peinent à faire valoir leurs droits devant la justice.

Souhayr Belhassen a révélé que la FIDH et plusieurs organisations régionales de protection des droits de l’Homme généralisées ou spécialisées dans la défense des droits des femmes, se sont unies pour lancer une campagne spécifique appelée «L’Afrique pour les droits des femmes». C’est une invitation aux décideurs politiques à ratifier sans réserve et respecter les textes régionaux et internationaux de protection des droits humains des femmes.

A noter que les activistes infatigables ont présenté le rapport annuel 2009 de l’Observatoire pour la protection des Défenseurs de Droits de l’Homme. Il ressort que certains serviteurs des « sans voix » brillent par leur degré d’engagement et d’autres sont sous l’orage noir du ramollissement à cause du fait de prince.

M.Maïga

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