Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH et Sidiki Kaba, président d'Honneur de la FIDH ont été invités à participer aux cérémonies d'ouverture et de clôture du Congrès Extraordinaire de l'Union interafricaine des droits de l'Homme (UIDH) qui s'est tenu à Bamako (Mali), du 15 au 17 juillet 2009. Accompagnés des membres du bureau de Coordination de l'UIDH, ils ont saisi cette occasion pour rencontrer les autorités maliennes et leur faire part des recommandations de la FIDH concernant l'adoption du projet de réforme du Code de la Famille et de la Personne. La délégation de la FIDH en a également profité pour marquer la publication du rapport annuel 2009 de l'Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l'Homme.

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Souhayr Belhassen remet le badge de la campagne "L'Afrique pour les droits des femmes: Ratifier et Respecter" au Premier Ministre du Mali, M. Modibo Sidibé.

Le Mali a ratifié la Convention CEDAW en 1985 sans pour autant incorporer ses dispositions en droit interne. Le Mali a également ratifié le Protocole à la Charte africaine relatif aux droits des femmes en Afrique en 2005 et a soumis, en 2006, son rapport périodique au Comité CEDAW. La FIDH espère que ces initiatives accéléreront le respect des droits des femmes dans ce pays.

Car force est de constater que, faute d'un cadre législatif conforme à ces instruments, les femmes maliennes continuent d'être l'objet de discriminations et de pratiques néfastes: persistance des mutilations génitales féminines, violence à leur égard perpétrée en toute impunité, âge légal du mariage inférieur à celui des hommes, autorisation de la polygamie ou encore absence d’interdiction de la pratique du lévirat. Préoccupé par la persistance de législations discriminatoires, le Comité CEDAW a ainsi appelé les autorités maliennes à «accorder un rang de priorité élevé à la réforme de la législation et, en particulier, à mener à terme le processus nécessaire pour adopter au premier trimestre 2006 le projet de code de la personne et de la famille», une recommandation qui figurait également dans la note publiée en 2006 par la FIDH sur la situation des femmes au Mali..

Au cours d'une audience accordée le 15 juillet 2009 à la FIDH ainsi qu'aux représentants de son organisation membre au Mali, l'Association malienne des droits de l'Homme (AMDH), le Premier Ministre, Monsieur Modibo Sidibé, a annoncé l'adoption, en Conseil des Ministres, du projet de réforme du Code de la Famille et de la Personne. La FIDH a accueilli avec satisfaction la présentation du projet devant l'Assemblée nationale du Mali. L'adoption du nouveau Code de la famille constituera en effet une avancée importante pour le respect des droits humains des femmes maliennes.

Au nom de toutes les organisations et personnalités signataires de la campagne «L'Afrique pour les droits des femmes: Ratifier et Respecter» la FIDH appelle l'ensemble des parlementaires maliens, en cette trentième année de la Convention CEDAW, à affirmer leur engagement en faveur des droits des femmes au Mali en adoptant ce projet de réforme.

La FIDH déplore toutefois le fait que, contrairement aux obligations internationales et régionales du Mali, ce projet de réforme reste silencieux sur plusieurs violations graves des droits des femmes, notamment les mutilations génitales féminines et le viol conjugal.

La FIDH et les organisations signataires de la campagne espèrent que l'Assemblée Nationale ne tardera pas à respecter les engagements pris par le Mali et appelle les autorités et les législateurs à assurer la mise en conformité pleine et entière des lois internes avec les instruments internationaux et régionaux de protection des droits humains de femmes.