Emission de RFI.fr

Chronique des droits de l'homme 14.03.09

  • Par Véronique Gaymard

Ecoutez le reportage : Campagne droits des femmes en Afrique - 03 min et 41 s

A l'occasion de la Journée internationale des femmes le 8 mars dernier, la Fédération internationale des droits de l'homme, aux côtés de plusieurs dizaines d'organisations présentes sur tout le continent africain, a lancé une campagne pour inciter les états africains qui ne l'ont pas encore fait à ratifier les instruments internationaux ou régionaux qui existent sur la protection des droits des femmes. Jusqu'à présent seuls quelques états de ce continent ont véritablement changé leurs lois nationales et trop peu d'entre eux les appliquent vraiment sur le terrain.

Assane Ndiaye, président de l’Organisation Nationale des Droits de l’Homme au Sénégal (ONDH) explique qu’il est d’usage de consacrer une seule journée aux droits des femmes, le 8 mars qui est une date internationale. Toutefois, sur le continent africain, après avoir constaté la persistance des inégalités de genre, les nombreuses réserves émises par les pays africains aux conventions internationales de protection des droits des femmes et l’absence de volonté réelle des gouvernements africains de mettre en œuvre ces conventions, l’ONDH a décidé, en collaboration avec la FIDH et d’autres organisations de femmes de faire une campagne d’une année (6 mois de sensibilisation et 6 mois de lobbying intensif) pour que les droits des femmes deviennent effectifs.

Selon Fatimata Mbaye, vice présidente de la FIDH et présidente de l’Association Mauritanienne des Droits de l’Homme (AMDH), même si la Mauritanie a ratifié la Convention des Nations Unies contre les discriminations à l’égard des femmes (CEDAW) et le Protocole à la Charte africaine sur les droits des femmes,ces instruments ne sont pas mis en oeuvre. Son travail quotidien est d’accompagner les femmes qui demandent la garde des enfants ou qui demandent le divorce car elles n’arrivent pas à supporter le système de la polygamie. Elle apporte aussi une assistance aux jeunes filles victimes de mariages précoces et de maternité précoce.

Concernant la pénalisation de l’excision imposée par le Protocole à la Charte africaine sur les droits des femmes, Assane Ndiaye explique que le Sénégal tente de montrer l’exemple. Le Sénégal a eu le courage politique de criminaliser l’excision, ce qui représente une réelle avancée. Dans les pays voisins, comme le Mali, la Guinée ou la Mauritanie, aucune mesure n'a été prise pour pénaliser cette pratique néfaste pour la santé des jeunes filles.

Cependant, tant que les femmes ne sont pas conscientes de leurs droits, elles ne peuvent pas les faire valoir. Dans les pays où des droits leur sont reconnus, il est donc important qu’elles en soient informées, ce qui est un des objectifs de la campagne.